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Garou de GalloViking



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» Auteur : GalloViking - Voir le profil
» Créé le 13/04/2014 à 00:43
» Dernière mise à jour le 13/04/2014 à 12:32

» Mots-clés :   Présence d'armes   Présence de transformations ou de change   Région inventée   Science fiction

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L'autre village
Le matin suivant, je m'étais réveillée avant le pilote. Voyant qu'il dormait encore en ronflant toujours aussi bruyamment, je cherchai quelque chose à faire. Rapidement, je me souvins qu'il avait mentionné la réparation de la radio de son appareil, et je me souvins aussi qu'une boîte à outils se trouvait dans les débris de l'hélicoptère Progressiste. Mon choix fut vite fait. Une fois sortie de la forêt, ayant laissé ma sacoche médicale non loin du blessé pour ne pas me ralentir, je décidai de retourner en courant au site du crash. Je savais ce que j'allais y trouver : des débris et des cadavres. Étrangement, je n'étais pas tellement effrayée par les corps sans vie. Mais ce que je redoutais le plus était les souvenirs liés à ceux-ci, ceux du temps passé avec eux, perdus à tout jamais.

Pour oublier, je me penchai en avant et commençai à sprinter en direction de l'épave, facile à trouver car de la fumée s'en dégageait toujours. Une demi-heure plus tard, une fois arrivée, ce que je vis me fit frémir, et je me jetai à plat ventre pour me cacher.

Un véhicule blindé de transport se trouvait ici. Semblable au précédent, à savoir Marcel, celui-là était dépourvu d'une tourelle et semblait flambant neuf. Il semblait aussi beaucoup plus spacieux. Huit soldats de l'Armée Progressiste patrouillaient et cherchaient je ne sais quoi. Probablement les corps, qu'ils voulaient rapatrier chez eux. Alors que six étaient actifs, deux autres attendaient près du véhicule et, grâce à mon ouïe développée, je pus sans problème les comprendre.

« -Bon, on en a déjà retrouvé six. Le chef, le tireur, le mécano, le pilote de l'hélico, l'éclaireur et l'artilleur. Je me demande où sont passés les deux autres.
-Tu veux parler du sujet de laboratoire et du chauffeur ? Je ne sais pas. On a quadrillé toute la zone depuis plusieurs heures, et impossible de mettre la main dessus. Tu crois qu'ils s'en sont tirés ?
-C'est peu probable mais il ne faut pas écarter cette possibilité. Quand les autres auront fini, on met le cap vers la forêt. Il faut examiner l'épave de l'avion, ordre du QG.
-Compris. (Il cria aux autres:) Bon allez, on se remue ! Vous ramassez la caisse, la motoneige et les cadavres et on met le cap vers la forêt ! »

Je ne m'attendais pas du tout à ça. D'abord, j'étais venue ici pour rien, vu qu'ils avaient ramassé la caisse et la boîte à outils. De plus, si ils se dirigeaient vers l'épave du biplan, ils allaient sans problème trouver le pilote blessé, et je devais absolument le prévenir. Profitant du fait qu'ils soient tous occupés à ramasser les différentes choses au sol, je me relevai et me ruai à une vitesse incroyable vers la forêt.

Moins de vingt minutes plus tard, complètement essoufflée, je trouvai le pilote là, mangeant tranquillement l'une des deux dernières rations. Lorsqu'il me vit affolée, il eut un petit rictus :

« Et bien alors, ça ne va pas ? Tu avais peur que je mange tout ? »

Bien entendu il ne se doutait de rien, et lui expliquer la situation allait être compliqué avec uniquement des gestes. Malgré tout, j'attrapai la petite caisse en métal et je lui montrai l'extérieur de la forêt.

« Quoi ? D'autres rations dehors ? »

Secouant la tête, j'insistai en lui montrant bien le symbole de l'Armée Régulière dessiné sur la boîte. Il se gratta la tête et retenta :

« Il y a l'Armée Progressiste dehors ? »

Je hochai vivement la tête, mais il ne s'inquiéta pas plus que ça.

« Bah, pas de quoi perdre la boule ! Ici, on est bien cachés. Ils repartiront une fois qu'ils auront ce qu'ils sont venus chercher. »

Justement, non. Ils se dirigeaient en ce moment même vers le campement de fortune et n'allaient pas passer à côté, vu l'odeur de combustion qui flottait dans l'air. Et cet homme n'en avait rien à faire... J'essayai encore une fois en lui attrapant l'épaule.

« Et oh, doucement ! Même s'ils venaient par ici, tu veux que j'aille où ? J'ai une jambe cassée, un bras inutilisable, et ce n'est pas toi avec ta force de mouche qui va me soulever ! Alors soit gentille et va te cacher quelque part. Ils ne savent pas que tu es là, et s'ils me voient, ils seront trop occupés pour penser à autre chose. »

Alors il avait perdu espoir ? Ou était-il simplement réaliste ? Il avait raison et j'avais du mal à l'admettre, mais le fait était là : il ne bougerait pas, malgré mes soins. Ce n'est pas comme s'il était en danger de mort. En tout cas je l'espérais : deux hommes sont forcés de se battre si l'un pose un danger à l'autre, hors là, cet homme était inoffensif.

« Écoute-moi bien. S'ils te trouvent, ils vont t'emmener avec eux, tu en es consciente ? Mais est-ce que tu sais de quoi ils sont capables ? Tu n'as pas la moindre idée des atrocités qu'ils pourraient te faire subir, dans leurs labos, dans l'espoir de trouver un moyen de contrer le Projet Garou. »

Comment ça ? Ces soldats avaient été si gentils avec moi... Je refusai de penser qu'ils pouvaient se servir de moi comme d'un vulgaire cobaye. Il disait cela pour me faire peur, j'en étais persuadée.

« Alors cache-toi et va-t-en. Peu importe ce qu'ils me font -là aussi, je sais que ça pourrait ne pas être du joli- fuit, loin. Je suis certain que tu trouveras le village de Zvigold niché quelque part dans cette forêt. Là, tu trouveras certainement de quoi envoyer un S.O.S au QG. Dans la paperasse de mon avion tu trouveras les détails dont tu as besoin, comme la fréquence radio. »

Un son de moteur et des crissements dans la neige se firent entendre au loin. Le véhicule de transport était arrivé, et il ne leur faudrait que quelques minutes pour trouver l'avion écrasé. Alors, lançant un dernier regard à l'homme, je m'éloignai de lui pour aller me réfugier plus loin, à l'abri des regards. Rapidement abritée derrière un épais buisson, je n'eus pas le cœur à fuir immédiatement. Trop curieuse, je voulais savoir le sort réservé au pilote. Comme je m'en doutais, six soldats arrivèrent au site du crash quelques minutes plus tard. Rapidement, ils remarquèrent le blessé assis contre un arbre.

« -Toi là, bas la pattes ! Les mains en l'air !
-Du calme, je ne suis pas armé, répliqua le pilote.
-Les DEUX mains en l'air, j'ai dit !
-Je ne peux pas. Je suis blessé.
-Allez voir ça de plus près. »

Rapidement, il fut dépossédé de tout ce qu'il avait sur lui, comme son couteau et sa nourriture. L'homme qui avait ramassé le couteau gravé ne le trouva visiblement pas à son goût et l'envoya valser dans la forêt... Il atterrit à quelques mètres de moi, et, de peur de me faire voir, je me fis encore plus petite.

« -Il est assez salement blessé. D'où tu sors tous ces bandages ? Dans ton état c'est impossible de faire ça. Réponds !
-Vous n'imaginez pas ce qu'un homme en train de mourir est capable de faire.
-Raconte pas de conneries, toi. Regardez, il y a un kit de premiers soins juste là. Il a peut-être vraiment fait ça tout seul. »

Ma sacoche était toujours près du soldat ! Comment avais-je pu oublier de la récupérer ? J'espérais vraiment qu'ils n'allaient pas y toucher, car j'en avais extrêmement besoin... Sans elle, je n'étais rien du tout. L'un des soldats, visiblement le plus gradé, alluma la petite radio qui se trouvait dans l'une des poches de sa veste.

« Allô, QG ? Ici la patrouille de récupération. On a trouvé la carcasse du biplan. Oui. Le pilote a survécu. Son état ? Il est pas mal amoché mais hors de danger. Quels sont vos ordres ? Compris. »

Après avoir éteint sa radio, il s'agenouilla pour se mettre à la hauteur du pilote blessé, et lui dit :

« -Tu es en veine toi.
-Ah bon, pourquoi ? Vous avez ordre de me tuer maintenant au lieu de me fusiller dans quelques jours et vous faire gagner du temps ? Allez-y. J'attends ce moment depuis longtemps.
-Encore mieux. Ils ont décidé de te maintenir un peu plus longtemps en vie histoire de t'extirper des informations. Elle est pas belle la vie ?
-Ordure. »

Le chef de la troupe dut se sentir vexé car il décocha un violent coup de poing dans la mâchoire du pilote, ce qui l'assomma.

« -Tss, il ne manquait plus que ça. Bon les gars, il va falloir le porter jusqu'au VTB.
-On ne peut pas le flinguer maintenant et dire qu'il est mort en route, ou je sais pas quoi ?
-J'y ai pensé. Mais si on le ramène vivant on aura certainement une prime.
-C'est une façon de voir les choses.
-Bon allez bande de feignasses, ramenez-moi ce sac à merde aussi vite que possible, qu'on rentre chez nous pour l'heure du goûter ! »

Il ne leur fallut pas longtemps pour emporter l'homme inconscient avec eux et repartir à bord de leur véhicule. Quant à moi, j'attendis de ne plus pouvoir entendre le son de leur véhicule pour sortir de ma cachette de fortune. Ramassant le couteau au sol et ma sacoche qu'ils n'avaient pas pris la peine d'emporter avec eux, je me demandai où aller. Perdue au milieu de nulle part, je ne pouvais pas me permettre de vagabonder n'importe comment. J'allais suivre les dernières indications données par le pilote et chercher le village pour utiliser une radio et envoyer un message de détresse à l'Armée Régulière. Trouvant facilement le document contenant la fréquence radio, je pliai le papier que je rangeai dans ma sacoche, au milieu du matériel médical.

Je ne saurais dire combien de temps j'ai marché tout droit, m'enfonçant toujours plus profond au milieu des arbres, en cherchant un quelconque signe, qu'il soit visuel, auditif ou odorant, pour trouver le village de Zvigold. Toujours est-il que, au bout d'un moment, j'entendis un son étrange semblable à un sifflement. Me dirigeant vers la source du bruit, je débouchai subitement sur une large route en terre battue couverte par les arbres. Quelqu'un avait-il voulu que je trouve cette route ? Elle devait certainement traverser la forêt en passant par le village et je me décidai donc à la suivre, remerciant intérieurement la chose qui m'avait attirée ici. Prenant au hasard vers la gauche, j'espérais que cette direction n'était pas celle menant à l'extérieur...

Alors que je marchais, je me savais épiée. Le long de la route, dans les fourrés, il y avait certainement des Pokémon sauvages intrigués par ma présence. Peu rassurée, je pressai le pas pour arriver plus vite au village. Là encore, qu'allais-je y trouver ? Ce village avait été abandonné il y a longtemps. Allait-il être dévasté, après avoir été pillé par de quelconques bandits ? J'eus rapidement ma réponse. La route déboucha sur un petit village en ruine. Il n'avait pas été ravagé ni pillé, mais les structures en bois avaient mal supporté le passage du temps. Les toits en chaume étaient troués, certains murs s'étaient effondrés. La route traversait le village et continuait au-delà. De chaque côté se trouvaient quelques-unes de ces maisons mal entretenues. Cependant, il y avait une maison qui se démarquait. Plus grande que les autres, elle était faite de pierre, et semblait avoir appartenu à une personne importante. Alors que je m'avançais, ne sachant pas trop où aller, une voix retentit :

« Salutations, lady. Bienvenue au village de Zvigold. »

Un homme venait de sortir de la bâtisse en pierre. Il était d'un âge moyen, peut-être quarante ans, et était vêtu simplement. Ce village n'était-il pas censé avoir été abandonné ?

« Je suis le maire du village. Et, soit dit en passant, son dernier habitant. J'ai refusé de prendre la fuite avec les autres. »

Logique. Ce qui l'était moins, par contre, c'est qu'il ne soit pas du tout interpellé par ma différence physique.

« Je sais qui vous êtes, Sujet 8F. Vous n'imaginez pas le nombre de choses que l'on apprend en bidouillant sa radio pour écouter les fréquences privées. Je sais tout ce qu'il y a à savoir sur vous. Votre origine, votre handicap, votre enlèvement, et ce que vous faites ici. »

Il savait beaucoup de choses sur moi. Peut-être trop. Pouvais-je vraiment lui faire confiance ? Sans doute oui. S'il avait voulu me dénoncer il l'aurait sans doute déjà fait.

« Vous me faites confiance ? Bien. Alors ne perdons pas de temps. J'ai préparé de quoi vous habiller et de quoi manger. Vos loques ne font qu'attirer l'attention et vous avez l'air d'avoir faim. Eh bien, qu'attendez-vous ? Je ne vais pas vous manger. »

Tout de même peu rassurée, je le suivis dans le bâtiment. Sur la table se trouvaient un pantalon et une veste assortis, de couleur vert olive, une chemise blanche, et une paire de bottes noires. Alors qu'il quittait la pièce pour me laisser m'habiller en toute intimité, je remarquai qu'il se déplaçait en évitant tout contact. Étrange. Lorsque je fus habillée, il revint et m'apporta des fruits.

« Mangez ça. Demain, j'utiliserai la fréquence radio en votre possession pour contacter des secours et vous permettre de quitter cet endroit. Vous aurez besoin de toutes vos forces, alors nous allons nous coucher tôt. Vous pouvez utiliser le lit à l'étage, je dormirai sur le fauteuil. »

Respectant l'autorité de cet homme, je grimpai les marches, non sans difficulté. J'avais toujours eu les pieds nus, et me déplacer avec des bottes était un sacré défi, vu que mes pieds n'étaient pas du tout faits pour ça. Alors, refermant la porte derrière moi, j'attendis quelques minutes avant de sortir du lit. J'étais incapable de dormir aussi tôt dans la soirée et je décidai donc de sortir par la fenêtre pour aller faire une petite promenade sous les rayons de la lune. Mes bottes enlevées, je descendis le long du mur avec facilité, et je m'enfonçai dans la forêt. J'allais facilement retrouver ce lieu grâce à son odeur particulière. Marchant au hasard dans le forêt, il ne fallut pas longtemps avant que quelque chose ne m'interpelle :

« Psst, vous ! Oui, vous, la semi-humaine ! »

Cette voix n'avait rien d'humain, et pourtant je la comprenais parfaitement. Profitant de ma vision correcte même dans la nuit, je remarquai que mon interlocuteur était un petit Goupix. De son buisson, il me toisait, et visiblement, je l'intriguais au plus haut point. Il s'impatienta :

« Vous devez me suivre. La reine veut vous voir. C'est loin d'ici alors ne perdez pas de temps. »

Ravie de voir un Pokémon, je le suivis sans poser de questions, trop curieuse de savoir qui était cette « reine ». Il m'emmena très profond dans la forêt, et plus j'avançais, plus les arbres semblaient se resserrer. L'aura même du lieu semblait se changer au fur et à mesure de notre avancée. Finalement, nous débouchâmes sur une grande clairière. Je fus estomaquée : de nombreux Pokémon de tous les types vaquaient à leurs occupations, comme s'ils étaient organisés. Un petit village de Pokémon.

Le Goupix commença à courir un peu partout, me laissant en plan alors que j'examinais le village, pour prévenir tout le monde. Ils se rassemblèrent tous autour de moi, m'empêchant de faire plus de cinq pas. Quelques minutes plus tard, une créature majestueuse fit son apparition. Il s'agissant d'une magnifique Feunard, dont la fourrure était légèrement brillante, comme si elle était faite d'or. Alors, elle s'assit devant moi, imitée par tout le monde. Sans nul doute, elle était la reine mentionnée par le Goupix messager.

« Bonjour. »

Encore une fois, je compris sans problème ce qu'elle me disait. Elle attendait une réponse, mais je ne pouvais pas répondre.

« Vous n'avez pas besoin de parler humain pour vous faire comprendre. »

Les Pokémon n'ont pas besoin de cordes vocales, comment pouvais-je l'avoir oublié ? Mais pouvais-je vraiment répondre quelque chose de compréhensible pour un Pokémon ?

« -Euh... Bonjour.
-Bienvenue au sein de cette petite tribu. Nous vivons cachés ici depuis plusieurs millénaires maintenant et les êtres humains sont interdits ici.
-Alors pourquoi m'avoir attiré ici ? Répondis-je.
-Vous n'êtes pas humaine. Ni Pokémon. J'ai plus de 900 ans et je n'ai encore jamais rencontré de créature telle que vous. Je voudrais comprendre.
-Je peux essayer de vous expliquer ce que je sais...
-Allez-y. Personne ne vous interrompra.
-Il y a environ dix jours, je me suis réveillée sous cette forme. Ma mémoire brisée, j'avais même oublié mon nom. La seule chose dont j'avais la vague impression de me souvenir fut d'avoir été un Pokémon. Je ne sais rien de plus.
-Comment cela est-ce possible ? Me demanda la reine.
-La science des êtres humains est sans limite. Je n'étais pas la seule dans ce cas.
-Les êtres humains... Ils sont un fléau pire que la peste.
-Que vous ont-ils fait ? Demandai-je.
-Il y a fort longtemps, nous vivions en harmonie avec le village aujourd'hui désert. Mais il y a quelques mois, ils ont commencé à venir enlever des créatures innocentes.
-C'est affreux...
-Ils emmenaient avec eux tout ceux qu'ils croisaient. Le village a été déserté pour une raison que seuls des humains peuvent comprendre, mais ils viennent toujours de temps à autre pour enlever d'autres créatures.
-Est-ce la raison pour laquelle vous m'avez fait venir ?
-Nous espérions avoir des réponses de votre part. »

Timidement, un jeune Pokémon sortit du groupe en cercle autour de moi. Il s'agissait d'un Absol. Alors, il me demanda :

« -Vous avez vu mon papa ? Il a été l'un des premiers emportés par les méchants. »

Alors, je compris. Dans les yeux de ce petit être, je vis le même regard puissant que dans ceux du défunt Sujet 18B. Les Pokémon enlevés ici, en tout cas une partie d'entre eux, ont servi de sujets de test. Le Projet Garou trouvait donc ses origines ici... Dans ce cas, étais-je moi aussi un ancien membre de cette petite tribu ?

« -Oui. Il était devenu comme moi. Mi-humain, mi-Pokémon.
-Il est mort, n'est-ce pas ? Je le sais. Je l'ai senti, au plus profond de moi.
-J'ai peur de devoir vous annoncer que les Pokémon enlevés ici ont tous été changés en créatures comme moi... Et que tous sont morts sauf moi et un autre. »

Tous les Pokémon autour de moi s'agitèrent. Nombre d'entre eux avait certainement perdu un ami proche, un frère, ou un père, et la vérité devait leur faire mal à entendre. La reine, après une minute de silence, me demanda :

« Et maintenant ? Que comptez-vous faire ?
-Il y a une chose que je veux savoir. Un Évoli a-t-il été enlevé il y a peu ?
-Vous voulez parler de vous, n'est-ce pas ? La réponse est non. Aucun Évoli n'a vécu dans cette communauté depuis sa création, répondit-elle.
-Alors je vais devoir chercher mes origines ailleurs... Je vais me fier à l'homme que j'ai rencontré il y a peu.
-Il y a une chose que vous devez savoir. Cet homme n'est pas ce qu'il prétend être, mais vous pouvez lui faire confiance.
-Que voulez-vous dire ?
-Vous comprendrez bientôt. Maintenant, partez. Retournez d'où vous venez et faites ce que vous avez à faire. »

Elle ne me laissa pas répondre et partit, me laissant avec les autres. Alors, laissant la petite tribu tranquille, je fis demi-tour. Rapidement, le petit Goupix de tout à l'heure me guida jusqu'au village de Zvigold. Une fois arrivés, il me dit, avant de partir :

« Même si vous n'avez apporté que des mauvaises nouvelles, je vous remercie au nom de tous. Maintenant nous savons ce qui est arrivé aux nôtres... Cela n'arrivera plus. J'espère qu'un jour, mon frère, le fils de la reine Isadoras sera vengé. Il a été enlevé il y a peu de temps. Il était si fier d'avoir évolué qu'il a voulu faire fuir lui-même les humains. Mais il n'a pas réussi... Adieu.»

Et il repartit dans la forêt comme une fusée.

Son frère ? Le fils de la reine Isadoras ? Tout s'assemblait dans mon esprit. Isadore n'était autre que le fils de la reine. Il devait avoir pensé tellement penser fort à elle qu'il avait retenu une bribe de son nom lors de sa transformation et l'avait assimilé au sien... Alors cela voulait tout dire. Voilà pourquoi il avait voulu me protéger : il n'avait pas réussi à protéger les siens, et, instinctivement, il avait cherché à me protéger moi. Ainsi le comportement d'un garou était vraiment lié à ce qu'il avait vécu dans sa vie antérieure. Isadore et le sujet 18B étaient « civilisés » car ils venaient d'une tribu organisée.

Il était extrêmement tard quand je décidai de retourner dormir. Remontant rapidement dans la chambre en escaladant le mur, je remarquai que la porte n'avait pas été ouverte et que ma longue escapade était passée inaperçue. Alors, je m'allongeai sur le lit et je m'endormis rapidement.