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Apocalyptica de Drayker



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Informations

» Auteur : Drayker - Voir le profil
» Créé le 15/03/2014 à 03:03
» Dernière mise à jour le 03/11/2017 à 15:16

» Mots-clés :   Drame   Présence de poké-humains   Région inventée   Science fiction   Suspense

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Chapitre 05 : Trouver sa place
Lyrian restait muet. Cela faisait beaucoup à digérer. Il ne comprenait pas tout, et il savait que certains détails de l'ancienne civilisation lui resteraient à jamais obscurs, mais il parvenait à imaginer ce que ces gens avaient dû traverser.
L'adolescent comprenait la rage de Joshua à son égard. Il comprenait le regard sombre des cobayes, qui se tenaient loin des humains effrayés. Il comprenait l'atmosphère générale, anxieuse, tendue dans l'attente de la prochaine attaque des pillards de Salmyre.

« Et moi ? Qu'est-ce que je suis ? » lâcha soudain le garçon.

Le maire se tourna vers Thrak, qui se tenait toujours adossé à la paroi, bras croisé. Le colosse prit alors la parole de sa voix profonde :

« Un cobaye. Une expérience. Un hybride. Un monstre. Ils nous donnent beaucoup de noms. Au début, même nous, on avait aucune idée de ce qu'ils nous avaient réellement faits. Personne n'a de souvenir de ce qui s'est passé dans ce complexe. Certains se rappellent leur vie d'avant, mais c'est le trou noir dès qu'ils essayent de penser au laboratoire...
Après le carnage de Jakar, Élise s'est mise en tête de comprendre ce qu'ils nous avaient fait. Elle a pris soin de ceux qui développaient des aptitudes étranges, et elle a cherché à savoir quel genre d'expériences menait X-Corp.
- X-Corp ? répéta Lyrian.
- Xenogen Corporation, intervint Andrew. Tout le monde connaissait ce nom, avant le Changement. Pointe de la technologie. Recherches visant à améliorer la condition de l'humanité, lutte contre la pollution, Pokéball d'un nouveau genre, surpuissantes et à bas prix, médicaments plus efficaces que les remèdes traditionnels, ce genre de choses. Toujours les premiers à mettre de nouveaux gadgets innovants sur le marché. C'était la plus grosse entreprise mondiale. Un incontournable. Il faut dire qu'ils avaient révolutionné la vie des Dresseurs. Il faut croire qu'ils faisaient autre chose en parallèle. Je me rappelle que trois mois avant le Changement, à peu près, ils avaient lancé une campagne de recrutement discrète dans la région de Salmyre - et uniquement ici. Ils disaient avoir besoin de volontaires pour tester une nouvelle gamme de produits médicinaux. Sous clause confidentielle. Secret absolu. Comme d'habitude. Les testeurs n'avaient rien le droit de dire, mais étaient payés grassement. Si j'avais su qu'en fait, ils étaient tous envoyés dans des labos près de Salmyre...
- On pense que X-Corp a recruté ces gens pour en faire des cobayes, reprit Thrak. Je sais que ça peut paraître dingue, mais d'après Andrew, c'était très discret et lui-même ne connaissait personne qui avait accepté l'offre. D'après lui, on n'en parlait que sur les réseaux, pas à la télévision, pas dans les journaux... J'ignore combien il y a eu de personnes à accepter en tout, mais ça n'a pas dû dépasser le millier. J'imagine que j'en ai fait partie, comme plusieurs ici...
- Et moi aussi ? interrogea le garçon.
- Il me semble qu'il fallait être adulte, répondit Andrew. Pourtant, vous êtes quelques-uns ici à ne pas êtres majeurs. Ce qui veut dire...
- Qu'ils se fournissaient leurs cobayes autrement qu'en recrutant gentiment. Sûrement de manière moins légale, acheva Lina.
- .. Ça ne me dit pas.. ce qu'ils m'ont fait.
- On ne sait pas, avoua Thrak. On sait seulement que certains cobayes finissent par développer des aptitudes spéciales, qui rappellent celles des Pokémon. Certains changent physiquement. Adam, par exemple, celui dont te parlait Lina... Une sorte de fourrure noire le recouvre petit à petit, et il continue à regarder la lune chaque nuit. Il y a un mois, un certain Kyle s'est suicidé sans qu'on comprenne pourquoi. On s'est rendus compte que des ailes commençaient à lui sortir du dos.
Mais on a tous plus ou moins des capacités étranges. On évite d'en parler, surtout aux humains. Même entre nous. Tu connais les miennes. Élise dit que je suis comparable à un Pokémon roche. Force, endurance, résistance à la chaleur.. C'est aussi grâce à ça que j'ai survécu si longtemps dans le désert, au début. Élise pense qu'on est des espèce de... d'hybrides. Que chacun de nous a, d'une manière inconnue, les caractéristiques d'un Pokémon... Adam, par exemple, ressemble à un Noctali.. Mais on n'en sait rien. On ne sait pas jusqu'où nos transformations peuvent aller, pourquoi est-ce que personne n'a de souvenir des laboratoires, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui encore, certains se réveillent, des mois après le Changement... »

Un silence cotonneux s'installa. Tous fixaient Lyrian, guettant une réaction quelconque de sa part, mais l'adolescent restait muet, se contentant de fixer le sol ocre de la caverne.

« J'ai besoin d'une clope. » lâcha abruptement Lina.

La jeune fille aux cheveux roux sortit une cigarette de son paquet et quitta la grotte sans un regard pour les trois hommes qui la fixaient.

« Tu vas vite te rendre compte qu'on ne t'appréciera pas, ici, Lyrian. Et j'en suis désolé. Ces gens m'ont élu pour prendre leur tête, mais j'ai beau faire tout mon possible, après l'épisode Jakar, ils sont terrorisés par les hybrides. Mais pas Lina. Tu peux te fier à elle. Elle t'aidera à t'installer parmi nous. » déclara Andrew, l'air pensif.

Le garçon acquiesça sans un mot. Décidément, il n'était pas du genre loquace.

~*~
« Et voilà. C'est chez toi. Bon, c'est pas non plus l'hôtel Grand Lac, mais j'espère que ça t'ira, fit Lina en désignant la caverne d'un geste ample.
- L'hôtel Grand Lac ?
- Un truc super luxueux, à Sinnoh. Laisse tomber. »

Lyrian jeta un coup d'œil circulaire à la grotte que Lina venait de lui confier. A la demande d'Andrew, la jeune fille était chargée d'aider son compagnon à s'installer parmi les survivants du canyon. Elle avait commencé par l'emmener vers une caverne tout juste aménagée, à l'extrémité du val, le plus loin possible de la barricade. La grotte était assez régulière, formant un cercle grossier de trois ou quatre mètres de diamètre. Elle comportait déjà un matelas vieilli, recouvert d'une couverture, ainsi qu'une table bancale et une armoire grinçante. La caverne, dont l'extrémité était masquée par un drap blanc, conservait une certaine fraîcheur malgré l'enfer qui régnait dehors.

« Désolée de t'avoir placé aussi loin de l'entrée, mais y'avait pas vraiment le choix. C'est là que vivent tous les cob... gens comme toi. On a été obligés de séparer humains et hybrides. Ça aurait dégénéré sinon. Et les normaux sont moyennement chauds à l'idée de vivre à côté d'une expérience de laboratoire.
- Comment doit-on leur prouver qu'on peut cohabiter s'ils vivent d'un côté... et nous de l'autre ?
- Va dire ça à Jakar. Jamais ils ne pardonneront aux hybrides... Ils ont trop peur. »

Lina soupira et regarda autour d'elle, comme si elle cherchait quelque chose.

« Ah, merde, t'as pas de chaise ! Bah, viens, on continue la visite, on t'en ramènera à la fin. »

La jeune fille l'incita à sortir d'un signe de tête et tous deux quittèrent l'atmosphère supportable de la grotte pour la chaleur insoutenable de l'extérieur. Lyrian aperçut une ou deux silhouettes encapuchonnées qui rentraient dans leurs demeures, tandis que le soleil déclinait lentement dans le ciel, annonçant la nuit.

« Pourquoi est-ce qu'ils cachent leur visage ? questionna le garçon tandis que le sable crissait sous leur pas.
- Certains sont... marqués, répondit évasivement Lina.
- Marqués ?
- Changés par les expériences. J'en connais quelques-uns qui ont honte de leur apparence. Élise t'en parlerait mieux que moi, mais... la majorité des hybrides ne change pas des masses. Je crois que pour la plupart, vous n'êtes pas... comment dire... activés. Y'en a pas beaucoup qui développent des aptitudes, et seulement ceux-là se transforment.
- Pourtant, Thrak a l'air normal.
- Quand j'ai rencontré Thrak, il n'était pas aussi musclé. Sa voix était moins grave, et sa peau s'est pas mal assombrie depuis. », fit la jeune fille en secouant la tête.

Elle s'interrompit et désigna une cabane non loin de l'entrée de l'infirmerie, une entrée dans la muraille de roche dont Lyrian ne voyait qu'une simple façade de planches clouées entre elles.

« Tiens. C'est là que je vis. Si jamais t'as un souci, passe me voir, mais frappe avant.
- C'est une vraie cabane ?
- Ah, non. Juste un mur. Y'a une grotte derrière. Je voulais une vraie porte, pas un drap pour cacher l'entrée.
- Pourquoi ? Il y a déjà eu des vols ?
- Des vols ? Non, je crois pas. Personne a quoi que ce soit de valeur. Et malgré les tensions, on a réussi à faire tenir tout le monde ensemble jusqu'à aujourd'hui... et c'est déjà un exploit en soi. Non, non, c'est juste que je voulais un peu plus d'intimité. Tiens, là, c'est le réfectoire. T'y trouveras toujours quelqu'un pour te filer à manger, du lever jusqu'au coucher du soleil. T'attends pas à de la grande cuisine, par contre, hein...
- Où est la source d'eau dont vous parliez la dernière fois ?
- Amara y vit avec son Tortank, pas loin de chez toi. Tu vas forcément la croiser à un moment.
- Amara vit avec les hybrides ?
- Oui. Enfin de votre côté du canyon. C'est une des rares qui ne partage pas la peur des gens pour les hybrides. Peut-être parce qu'elle connaît Thrak depuis le début de tout ça. Viens, on va voir si y'a pas des chaises en rab à l'infirmerie. »

Les deux adolescents gravirent la pente menant à la caverne où Élise officiait - là où Lyrian s'était réveillé. Ce dernier, curieux, observait les allers et venues des gens en contrebas, se demandant si, un jour, s'il se mettait à changer, ils se mettraient à avoir peur de lui. Pour l'instant, il avait l'air normal, humain... Mais combien de temps cela durerait-il ?

« Kate ! Ça faisait longtemps ! » s'exclama Lina depuis la caverne, interrompant les pensées du garçon.

Ce dernier entra à sa suite dans l'infirmerie, rabaissant le rideau rouge derrière lui. A l'intérieur, Élise examinait une jeune femme à la chevelure blonde - probablement la dénommée Kate. Vêtue d'un jean et d'une veste couleur sable, elle agitait ses longues jambes dans le vide, assise sur le lit. Plus âgée que Lina, elle dardait sur cette dernière un regard malicieux qui faisait pétiller ses yeux dorés.

« Salut, Lina. Tiens, tu t'es dégotée un copain ? Contente de voir que y'en a qui prennent du bon temps, même après la fin du monde ! C'est Joshua qui va être jaloux. »

La jeune fille rousse lui décocha un regard noir qui fit rire Kate. Lyrian dansait d'un pied sur l'autre, pas sûr de saisir tout le propos de la femme aux cheveux d'or.

« Je plaisante. Regarde-le, il sait plus où se mettre ! Je crois pas qu'on se soit déjà rencontrés. C'est quoi ton nom ?
- Ly... Lyrian, bafouilla l'adolescent.
- Ah, c'est toi ! J'ai entendu parler de toi. Je suis Kate. Enchantée, petit frère ! »

La jeune femme se releva brusquement du lit où elle était assise et se mit à inspecter Lyrian des pieds à la tête, comme si elle cherchait quelque chose. Elle l'observait sous tous les angles, la tête penchée de côté. Le garçon, un peu intimidé par son interlocutrice survoltée, plus grande que lui d'une demi-tête, n'osa pas s'offusquer de cet examen peu consensuel.

« ... Petit frère ? répéta Lyrian.
- Eh bien toi et moi, on est pareils, non ? Avec les autres hybrides, on forme la joyeuse famille des cobayes de labo ! Y'a de quoi être fier, tu crois pas ?
- Alors vous êtes aussi une... hybride ?
- Pitié, me vouvoie pas... J'ai l'âge d'être ta sœur, pas ta grand-mère. Et oui, je suis une hybride. Ça ne se voit pas ?
- S'ils savaient... sourit Élise, l'air amusée.
- Si on savait quoi, Doc' ? » demanda Lina, curieuse.

Kate lança à Élise un regard de reproche, l'air de dire « Pas un mot de plus ! », mais Lyrian ne fut pas sûr de l'avoir interprété correctement. Un bref moment, son air jovial disparut, et ce fut si bref que le garçon se demanda s'il n'avait pas rêvé. L'instant d'après, la jeune femme aux cheveux d'or arborait à nouveau son air joyeux.

« Bon ! Je dois y aller. Contente de t'avoir rencontré, Lyrian. On discutera plus la prochaine fois, mmh ? »

La jeune femme se dirigea vers la sortie et disparut derrière le rideau rouge avec un sourire malicieux. Lina soupira, mi-amusée, mi-irritée.

« Elle est... tout le temps comme ça ? demanda Lyrian.
- Depuis que je la connais, oui. Elle a toujours été d'humeur taquine, avoua Elise.
- J'confirme. Je l'adore. Dites, pourquoi est-ce qu'elle venait, doc ?
- De quoi est-ce que je me mêle, jeune fille ? Tu lui demanderas toi-même. Vous partez en expédition bientôt, non ?
- Ok, ok, j'lui demanderai, pas la peine de le prendre comme ça ! lança Lina en levant les mains en signes d'innocence.
- Et si tu me disais plutôt ce qui vous amène ? sourit Elise.
- En fait, on venait vous emprunter des chaises. Le maire m'a demandé de donner une grotte à Lyrian, mais elle est pas totalement meublée. »

Après une rapide conversation et les remerciements qui s'imposaient, les deux adolescents quittèrent l'infirmerie avec chacun une chaise poussiéreuse sous le bras. Dehors, le soleil avait cessé de darder sur le monde ses javelots lumineux, et se contentait à présent de descendre lentement vers l'horizon, disparaissant peu à peu derrière les murailles ocres qui formaient le canyon.

L'adolescent grimaça. Une douleur sourde lui vrillait le crâne.

« C'était quoi, cette histoire d'expédition ? demanda Lyrian à brûle-pourpoint.
- Quand on t'as trouvé dans le désert, moi, Joshua et Thrak, on revenait du nord. Ça fait quelques temps qu'on explore ce qui nous entoure. Depuis que le groupe de Salmyre nous a repérés, on a du mal à aller s'approvisionner là-bas. Alors on a pris quelques vieilles cartes d'avant le Changement et on essaye de trouver une autre solution. Mais...
- Mais ? »

Lyrian secoua la tête, espérant chasser la migraine. Il redressa son fardeau, qui commençait à lui échapper, et se tourna vers la jeune fille. Elle semblait pensive et n'avait pas prêté attention à la faiblesse de son compagnon.

« Les cartes sont... obsolètes. Enfin... Le Changement a fait quelque chose. Les tremblements de terre, le soleil... Le terrain a changé. Des dunes se sont déplacées, des routes ont été ensevelies sous le sable... Et on n'a pas encore trouvé la fin du désert. Il s'est agrandi, depuis la catastrophe. D'après le maire, c'est en allant vers le nord qu'on aurait dû en sortir le plus vite, mais en attendant, on n'a toujours pas réussi... D'habitude on partait toujours à deux ou trois volontaires, à moto, pas plus d'une journée... Mais cette fois, on va prendre des fourgons remplis d'eau, de vivres et de matériel, et on va partir à six ou sept jusqu'à ce qu'on en trouve le bout... ou qu'on tombe à court.
- C'est ça que tu fais, pour le camp ? Tu pars en expédition ?
- Ouais. J'aime pas rester ici, contrairement à beaucoup de monde. Je préfère explorer ce qu'il y a dehors. On est pas énormément à se porter volontaires pour ce genre de truc. On doit être, quoi, une douzaine ? Il faut des gens jeunes et en forme. Je fais équipe avec Joshua et Thrak. Normalement, on ne fait pas de mélange entre humains et hybrides. On est l'exception à la règle. Je crois que Joshua tolère Thrak seulement parce qu'il a fait énormément pour le camp... et peut-être aussi parce qu'il pourrait l'écraser comme un Pokémon insecte. En général, on roule toute la journée, sous un soleil de plomb, dans une direction quelconque, en cherchant des routes ou des chemins qui pourraient nous faire sortir de ce désert d'enfer. Les autres groupes d'exploration se content de visiter les environs, au cas où y'aurait un autre labo, ou le refuge d'un autre groupe, des choses comme ça. Le reste monte la garde, défend le camp, participe à l'améliorer, en aménageant les grottes par exemple. Ce genre de trucs. C'est le maire qui gère tout ça. »

Lyrian acquiesça vaguement, la migraine l'empêchant de se concentrer. Petit à petit, il commençait malgré tout à comprendre que la vie au canyon était réglée comme du papier à musique. Il n'y avait pas de place à l'oisiveté, ici. On paraît au plus pressé : nourriture, eau, vêtements, carburant, matériel, armes, voilà ce qui préoccupait les survivants. Il fallait constamment se battre pour survivre, et ces gens le faisaient bien.

« En tout cas, tu dois être la seule réussite d'une de nos maudites expéditions... Jamais on aurait pensé trouver un rescapé dans le désert. T'as eu une sacrée chance. Survivre jusque là avec des jambes pétées, et tomber sur nous comme par magie... »

Lyrian ne répondit pas et s'arrêta de marcher. La douleur lui perforait le crâne. Il lâcha son fardeau et tituba quelques instants, se prenant la tête entre les mains. Il avait l'impression qu'elle allait exploser d'un instant à l'autre. Bon sang, qu'est-ce qui lui arrivait ?

« Lyrian ! Ça va ? » s'exclama la jeune fille, lâchant à son tour son bagage pour aider son compagnon à tenir debout.

Autour de lui, le monde semblait trouble. La voix de Lina, qui criait à ses côtés, devenait de plus en plus sourde. Soudain, une chaleur apaisante entoura son corps tout entier, et il comprit qu'il s'était effondré dans le sable chaud. Devant ses yeux troubles, une silhouette aux cheveux de feu s'agitait, bientôt rejointe par une autre, et encore une autre. Derrière elles, le ciel couleur sang semblait de bien triste augure. Les ombres humaines dansèrent devant lui quelques instants, tandis qu'il s'éloignait du monde.

Et puis ce fut le noir.