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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 15/01/2014 à 08:25
» Dernière mise à jour le 12/06/2018 à 23:57

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 213 : L'exécuteur des Gardiens
Du fait de l'éloignement massif entre Kanto et Almia, le trajet en volant pris plusieurs jours, car il fallait compter le temps nécessaire pour que Solaris et Dracoraure se reposent. Voler était sans doute déjà assez fatiguant pour en plus porter quelqu'un avec eux. Zeff n'avait pas vraiment se problème lui, vu que c'était son argent qui le portait, mais il devait maintenir un contrôle mental sur ce dernier, et ça nécessitait une concentration qui, si trop utilisée, pouvait conduire à des maux de tête et une irritabilité accrue, comme Solaris, Silas et Eryl en firent les frais. Déjà qu'en temps normal, Zeff n'était pas le plus aimable des hommes...

Ce petit voyage et ces nuits à la belle étoile permirent à Eryl de mieux connaître ses protecteurs. Silas lui raconta pas mal d'anecdotes sur son père et sur les quelques moments passés où Eryl et lui avaient été ensemble. Il lui parla aussi un peu de sa mère, qu'il n'avait pas vraiment connue, mais affirma qu'elle lui ressemblait. Quand Eryl lui demanda quel Agent de la Corruption l'avait tué, Silas répondit d'un air sombre :

- On l'ignore. Ton père la retrouvé morte chez elle, avec le symbole des Agents de la Corruption sur le mur, peint avec son sang. Je ne pense pas que ce fut Funerol. Le Marquis des Ombres ne se déplaçait pas pour tuer de simples civils. De plus, c'était un vieil ami à ton père. Même sous l'emprise d'Horrorscor, je ne pense pas qu'il aurait fait ça lui-même.

- Il a bien tué mon père, pourtant...

- On ne sait pas trop bien ce qu'il s'est passé. On les a retrouvé morts tous les deux, côte à côte. Apparement, ils se sont entretués.

- La tombe de mes parents... Où se trouve-t-elle ?

- Elle est chez nous, au quartier général des Gardiens, lui assura Silas. C'est un grand symbole pour nous tous, et beaucoup de Gardiens vont s'y recueillir. Ton père est une légende pour notre ordre.

Eryl se promit que la première chose qu'elle ferait en allant là-bas serait de s'y rendre elle aussi. Si Silas se révélait être un compagnon agréable et une vraie mine d'information, se rapprocher de Solaris fut plus compliqué. Elle ne parlait pas beaucoup, et semblait même fuir la compagnie. Le seul sujet de conversation qu'elles pourraient avoir en commun serait Mercutio, mais ce ne serait guère diplomatique de sa part de lui parler de ça, vu que Mercutio avait rompu avec elle juste avant de lui faire la guerre. Mais Eryl devait avouer que Solaris l'intriguait. Mercutio ne lui avait jamais vraiment parlé d'elle, et les informations qu'elle avait eu sur elle durant la guerre de Vriff tenaient plus des rumeurs que d'autre chose.

Déjà, Eryl n'avait jamais eu aucun complexe sur son physique. Elle savait qu'elle n'était pas vraiment une bombe de sensualité, mais ne se trouvait pas vilaine non plus. Beaucoup disaient qu'elle était même très jolie. Mais face à la beauté surnaturelle et insultante de Solaris, Eryl ne pouvait s'empêcher d'être jalouse. Ses yeux verts émeraudes si profonds, et d'un vert qui semblait être celui qu'Arceus avait choisi pour la création de son monde. Son visage d'albâtre sculpté aux moindres détails près, sans aucune imperfection. Ses cheveux d'or si brillants, si fins, si lisses. On aurait vraiment dit un ange descendu des cieux, ou une quelconque divinité qui se serait incarnée dans un corps humain. Eryl ne put en vouloir à Mercutio d'avoir succombé à son charme. Tout homme normalement constitué en aurait fait de même.

Mais outre sa beauté parfaite, Eryl savait que cette fille avait quantité de sang sur les mains. Et surtout, qu'elle n'était pas totalement humaine. Difficile de ne pas le remarquer quand des ailes poussaient sur son dos et que ses yeux prenaient une teinte violette tandis que ses pupilles s'étiraient en un trait vertical. D'après ce qu'Eryl avait compris, elle avait eu une vie difficile et un entourage peu recommandable, si bien que Mercutio, qui aurait pu la tuer, avait décidé de l'épargner malgré ses crimes. Et aujourd'hui, l'ancienne impératrice tentait de faire amende honorable en travaillant pour un ordre qui se battait pour la paix dans le monde et le bien commun. Et comme Eryl n'était absolument pas quelqu'un de rancunier, elle avait évidemment pardonné à Solaris.

De plus, elle le lisait dans ses yeux : une profonde tristesse, une amertume qui la rongeait. C'était quelqu'un qui devait souffrir constamment, tourmentée par des démons intérieurs et un passé qui la rongeait. Eryl ne savait pas bien comment elle faisait pour savoir ses choses, mais, du plus loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours été capable de lire les émotions des gens simplement en les regardant. Elle prenait ce don pour une empathie particulière avec les autres.

Elle aurait bien aimé l'aider. C'était ça aussi dans sa nature. Quand elle voyait quelqu'un qui avait besoin d'aide, que ce soit un humain ou un Pokemon, elle ne pouvait s'empêcher d'intervenir, ce qui d'ordinaire lui attirait pas mal d'ennuis. Mais là, elle savait ce qu'il fallait à Solaris, c'était juste des amis, des gens à qui parler, qui ne la jugent pas par rapport à ce qu'elle était avant. Aussi faisait-elle de son mieux pour se rapprocher d'elle peu à peu. Bien sûr, Solaris était un peu froide et distante, mais Eryl n'en était pas découragée pour autant.

L'occasion pour elles de parler amicalement leur fut donnée après le coup de fil de Mercutio pour s'enquérir de la situation d'Eryl. Elles passèrent un bon moment à rire, comme des filles normales, sur tous les défauts et les mauvaises habitudes de Mercutio. Solaris lui raconta même plusieurs anecdotes marrantes sur lui à l'époque où il devait la raccompagner chez elle dans l'Empire. Solaris n'était apparemment pas gênée de parler de son ancien petit-ami, et ça rassurait un peu Eryl. Si elle pouvait en parler sans rougir, c'était qu'elle n'avait plus aucune vue sur lui.

Eh oui, Eryl était aussi tout une jeune femme amoureuse et qui comptait bien garder son homme. Quoi qu'elle savait qu'elle n'avait pas trop à s'en faire. Même si Solaris s'intéressait toujours à Mercutio, Eryl doutait que ce dernier soit intéressé maintenant. Bref, durant le voyage, elles parvinrent à devenir bonnes amies. Eryl fut sidérée quand Solaris avoua avoir plus de cinquante ans. Elle n'était pas au courant de ce détail. Ça devait être le rêve de toutes les femmes que d'avoir cet âge tout en restant aussi jeune et belle qu'elle. Mais Eryl était certaine que Solaris aurait bien échangé sa jeunesse et sa beauté contre la vieillesse d'une vie normale.

Finalement, ils parvinrent à Almia. C'était une région de l'Est, assez peu peuplée, mais très prisée par les touristes, car en dépit de sa taille toute relative, Almia parvenait à réunir en son sein tous les types de climat. La grande majorité de la région étai tempéré, avec de luxuriantes végétations. Elle avait aussi des glaciers au nord, une île désertique au sud, et une île volcanique un peu plus haut. Il y avait aussi de quoi visiter. La ville de Bonport, l'un des plus grands ports au monde. Le Château d'Almia, haut lieu chargé d'histoire et de mystère. Les temples désertiques d'Alorize. Les ruines souterraines de Chroma. Loyau S.A, l'une des plus grandes multinationales au monde. Et surtout, ce qui faisait la réputation d'Almia : l'école Ranger et la Fédération Ranger.

C'était à Almia que les Pokemon Ranger avaient vu le jour, sous la direction de la présidente Marthe et du professeur Pressand. Bien que les Pokemon Ranger servaient dans le monde entier ou presque, leur quartier général se trouvait ici, et c'était le haut lieu de rassemblement des Top Ranger, les meilleurs Rangers au monde. Et les parents d'Eryl, Dan et Marine, avaient été de ceux-là. Dan venait de Kanto mais Marine était née ici à Almia. C'était quand Dan est venu à la Fédération pour le travail qu'il y avait rencontré Marine, alors une aspirante. Mais Dan avait emmené sa femme vivre avec lui à Kanto. Ils n'étaient pas restés, ce qui avait fait grincer quelques dents à la Fédération.

La Fédération... Un immense immeuble au milieu d'une colline, constamment entouré de plein de personnes, humains ou Pokemon. Les Rangers étaient reconnaissables à leurs uniformes rouges et le Capstick qu'ils avaient au poignet, l'objet qui leur permettait de se lier d'amitié avec les Pokemon. Ils avaient tant à faire. La mission des Rangers était de résoudre n'importe quel problème dans le monde et d'aider à la fois les humains et les Pokemon. De ce point de vu là, ils n'étaient pas si différent des Gardiens de l'Innocence, quoi que bien plus nombreux, et surtout reconnus. Eryl n'avait donc aucun mal à croire que son père ait pu être à la fois Ranger et Gardien. Les deux s'accordaient bien. Eryl rentra la première. Comme il s'agissait de son père, elle avait décidé de prendre la tête des opérations ici, et ce fut elle qui alla se renseigner auprès d'un employé. Un jeune homme ventripotent à l'uniforme vert en train de jongler avec plusieurs dossiers à la fois.

- Euh... Excusez-moi... hésita Eryl.

- Bienvenu à la Fédération Ranger, fit l'employé sans lever le regard pour continuer à éplucher ses dossiers. Si vous requérez l'aide d'un Ranger, veuillez-vous adresser au guichet rouge. Si c'est pour une visite, le guichet jaune. Si vous avez rendez-vous avec un membre de la Fédération, le guichet bleu. Enfin, si c'est pour passer un test d'aptitude ou si vous voulez postuler pour un travail ici, merci de vous adresser à notre bureau des enregistrements se trouvant au second étage, aile droite, porte C.

Eryl s'amusa du ton de l'employé. Ça avait l'air d'un récital apprit par cœur.

- Et si ce n'est pour aucune de ces raisons ? Demanda Eryl.

L'homme leva la tête, étonné.

- Alors, je devrai vous avouer mon incompétence. Quel est votre problème, mademoiselle ?

- Mon père était un Pokemon Ranger. Mais il est décédé il y a plusieurs années. Je ne sais pratiquement rien de lui, et je venais voir si vous auriez des documents sur lui, ou des objets personnels.

- Oh, je vois. Pour cela, personne n'est plus compétent que la présidente Marthe. Elle se rappelle de chaque Ranger depuis la création de la Fédération. Sa mémoire fait peur parfois. Je pourrai aussi appeler le professeur Pressand, mais le pauvre ne se souvient même pas de ce qu'il a mangé la veille. Je la fais venir.

- Oh non non ! S'affola Eryl. Je ne veux pas déranger la présidente pour...

- La présidente m'en voudra si je ne l'appelle pas, riposta l'employé. Elle a le plus grand respect pour nos Rangers morts durant leur mission et la plus grande compassion pour leur famille. Elle considère qu'il n'y a rien de plus important.

Si tel était le cas, alors Eryl décida qu'elle apprécierait beaucoup la présidente Marthe. Elle hocha donc la tête et patienta dans le grand hall de la Fédération, où une file de gens se pressaient devant tous les guichets. Elle vit que Zeff commença à avoir la bougeotte. Les lieux publics n'étaient pas vraiment son truc.

- Je vais monter la garde dehors, fit-il.

- La Fédération est gardée par des dizaines de Rangers et autant de Pokemon, lui rappela Silas. Je doute que les Agents de la Corruption s'en prennent à nous dans ce lieu.

- M'en fiche. Faut que je sorte.

- Je viens avec toi, dit Solaris en le rejoignant.

Ça n'avait pas l'air de ravir Zeff, mais il ne dit mot. Apparemment, Solaris non plus n'appréciait pas la foule. Ils manquèrent de peu la présidente Marthe quand elle descendit l'ascenseur. C'était une vieille femme se déplaçant avec une canne, mais qui avait encore une stature imposante. Tous les Rangers qu'elle croisait d'ailleurs se tenaient bien droits et la saluèrent comme un chef militaire. L'employé auquel avait parlé Eryl la désigna, et la présidente se dirigea vers elle et Silas.

- Alors, c'est vous qui recherchez des informations sur votre père ?

Elle avait une voix forte et directe. Le genre de femme à aller toujours droit au but.

- Oui madame, fit pieusement Eryl. Je suis désolée de...

- Vous êtes la fille de Dan et Marine Sybel, coupa Marthe.

Ce n'était pas une question.

- En... En effet, acquiesça Eryl. Comment avez-vous...

- Vous ressemblez à votre mère. Vous avez son visage et ses yeux. Vos cheveux sont ceux de Dan, en revanche. Je savais qu'ils avaient une fille bien sûr. Votre nom est Lyre, si je me souviens bien ?

- Euh... Non, c'est Eryl.

Pour la première fois, la présidente eut l'air troublée.

- Vraiment ? Bizarre... pourtant ma mémoire ne m'a jamais fait défaut. Vous êtes sûre ?

Eryl lui sourit, amusée.

- Je pense connaître mon propre prénom, même si je suis parfois tête en l'air.

- Bon, alors c'est moi qui vieilli. On ne peut y échapper, après tout... Enfin bref. Je dois dire que nous n'étions pas au courant du décès de Dan et Marine. Cela m'attriste de l'apprendre. Vos parents étaient de braves et forts Rangers. Nous avons fait des recherches quand nous avons appris leur disparition, mais... Comment sont-ils morts, si ça n'est pas très douloureux pour vous à raconter ?

Eryl se dit qu'elle devait se montrer la plus discrète possible concernant les affaires des Gardiens de l'Innocence.

- C'est assez compliqué, et je ne l'ai appris que tout récemment... Ce qui m'amène ici, pour voir si mes parents avaient conservé des choses, n'importe quoi...

- Nous gardons toutes les affaires de nos Rangers dans notre salle des archives quand nous n'avons personne à qui les transmettre. Comme je l'ai dit, j'étais au courant de votre existence, mais je n'avais aucun moyen de vous trouver. Vos parents ne cessaient de déménager, comme s'ils fuyaient quelque chose.

Elle attendait apparemment qu'Eryl lui explique certaines choses mais comme la jeune femme garda le silence, Marthe soupira et dit :

- Venez, je vais vous accompagner aux archives. Dan et Marine avaient peu de chose ici à la Fédération, mais tout est à vous, de toute façon...


***


Zeff fit le tour trois fois de la Fédération, tâchant de repérer quoi que ce soit de suspect. Certes, le bâtiment était une forteresse, mais ces soi-disant Rangers n'étaient rien d'autre que des humains, de plus sans arme. Il n'aimait pas ça. Il n'avait pas pour habitude de se rendre dans un lieu public quand il savait qu'il était poursuivi. Il espérait que la greluche de Mercutio se bougerait rapidement son joli petit derrière, ou Zeff irait l'embarquer de force. Solaris s'amusa de le voir tourner comme un chien en cage.

- Tu vas finir par creuser une tranchée.

- Tant mieux. Ça fera au moins quelque chose pour défendre un peu plus cette base. Franchement, pour la Fédération Ranger, je m'attendais à mieux.

- Du genre ?

- Des canons, des mitraillettes, des grilles électrifiées, n'importe quoi qui donne une impression de force et de sureté. Mais au lieu de ça, on a n'importe quel civil qui peut entrer sans même se faire fouiller !

- C'est Almia ici, pas Kanto, lui rappela Solaris. Ces gens ne sont pas en guerre, et ne connaissent quasiment aucune criminalité.

- Faudra donc que j'en parle à mes supérieurs à mon retour. Cette région serait très facile à conquérir pour la Team Rocket.

- Si c'était le cas, elle le serait déjà. Je ne crois pas que les votre veulent se frotter aux Pokemon Ranger.

Zeff ne répondit rien, se contentant de regarder partout autour de lui, comme s'il s'attendait à voir surgir quelqu'un à tout moment.

- Au fait, ton pote Silas n'avait pas dit qu'un de vos Gardiens nous rejoindrait ici ?

- Si, c'est ce qu'il a dit.

- Alors qu'est-ce qu'il fout ? J'ai hâte de voir quel genre de pelé ton ordre de bons samaritains a appelé pour se battre, si tant est qu'ils en aient.

Au même moment, un couteau jaillit de nulle part sur Zeff. Ce dernier parvint à le dévier avec sa pistolame et resta sur ses gardes. Solaris aussi s'était levée.

- D'où ça venait ça ?! S'exclama Zeff. Je ne vois personne !

- Lève les yeux, mon garçon, fit une voix.

Et quand Zeff s'exécuta, il faillit avoir une attaque. Juste au-dessus de lui, il y avait un homme. Il portait un accoutrement atypique, avec une écharpe et un chapeau qui faisait qu'on ne voyait pas grand-chose de son visage, mais le plus étrange, c'était qu'il marchait dans le ciel, et ce totalement à l'envers. Il les rejoignit au sol en décrochant ses pieds du vide pour atterrir devant eux en planant grâce à un parapluie ouvert. Tout en Zeff hurlait : PAS NORMAL. PAS NORMAL. ATTENTION. DANGER. DANGER. Mais Solaris sembla reconnaître ce type.

- M-monsieur Izizi ?

- Ah, tu t'es souvenue de mon nom, dame aux ailes blanches ? Oui, c'est bien moi, Izizi.

Zeff ne baissa pas son arme pour autant. Ce type ne lui disait rien qui vaille. Déjà, il avait l'air trop bizarre. En plus, bien que son visage soit caché dans l'ombre de son col immense, Zeff pouvait voir l'expression hautaine de ses yeux, qui semblaient leur dire : « Tas de minables, je ne vais pas m'abaisser à vous regarder ! ». Zeff l'examina de plus près avec prudence. Il portait une sorte de cape beige qui était doublée, et un manteau blanc en dessous dans lequel étaient rangés plusieurs couteaux. Il portait un chapeau qui avait le symbole égyptien de l'Ank. Et enfin, tout comme Acutus, les seules parties visibles de son corps, à savoir ses mains, étaient entourées de bandelettes.

- C'est qui ce mec ? Demanda Zeff à Solaris. Il m'a l'air chelou...

Solaris lui donna un coup de coude.

- Un peu de respect. C'est l'un des chefs de notre ordre. Un des six Apôtres d'Erubin.

- Et l'exécuteur officiel des Gardiens, ajouta le dénommé Izizi.

- Et ça exécute quoi, un exécuteur ? Demanda Zeff.

- Les ennemis bien sûr. Je suis un assassin.

Zeff baissa aussitôt son arme.

- Oh. Alors ça va, on pourra nous entendre. Mais ça me surprend que vos fameux Gardiens, si attachés à la paix, au bonheur du monde et aux arc-en-ciel emploient les services d'un assassin.

- Tous ceux qui perturbent la paix doivent en payer le prix, répondit simplement Izizi. Nous, Gardiens, ne manquons pas d'ennemis. D'ailleurs, c'est la raison de ma présence. Le chef Brenwark m'a dit que vous avez été attaqué par deux Agents de la Corruption ?

- C'est exact, monsieur, répondit Solaris. Slender et Mister Smiley. Ils en ont après Eryl. Ils étaient apparemment au courant que nous la cherchions.

- Bien évidement, soupira Izizi. Les Agents en savent plus que nous sur ce qui se passe dans notre propre QG.

- Il y a donc bien une conspiration ?

- Mais bien sûr, qu'il s'agit d'une conspiration, pauvre sotte ! S'écria l'exécuteur en s'agitant et en faisant sursauter Solaris. Les Gardiens traîtres, les Agents de la Corruption, les inspecteurs des impôts ! Tous se sont ligués pour abattre la paix dans le monde et faire régner les troubles intestinaux ! Mais je les ai à l'œil, oh que oui...

Solaris était un peu perdue et Zeff haussa les sourcils. Ce type n'avait pas l'air très bien dans sa tête...

- Euh... je vois, dit finalement Solaris. Nous avons jugé que nous pouvions tenter notre enquête sur Dan Sybel en nous rendant ici. Devons-nous fuir ou...

- Fuir ? Quelle idée saugrenue ! Nous ne fuyons pas. Nous nous battons, envers et contre tout ! Les Agents de la Corruption ne me font pas peur. J'ai déjà tué des centaines d'ennemis de la paix. Et je collectionne les trophées. Vous voulez les voir ?

Izizi souleva sa cape pour leur montrer ce qu'il avait collé derrière. Zeff s'avança, curieux. Il s'attendait à voir des morceaux de corps savamment découpés, mais il ne trouva que... des morceaux de vêtements. Des dizaines de parties de jeans, t-shirts, costumes et autres, découpées et agrafées sur l'intérieur de sa cape, de telles sortes que ça faisait un patchwork des plus grotesques.

- Vous... vous arrachez des morceaux de vêtements de vos ennemis ? Dit Solaris, stupéfaite.

- Eh oui, confirma Izizi. Ça vous fait peur hein ? Vous me trouvez cruel ? Terrifiant ?

- Absolument, acquiesça Solaris en fusillant du regard un Zeff à moitié hilare. C'est effrayant. Euh, pour en revenir à notre affaire... Eryl est en train de chercher des renseignements sur son père, et donc la Pierre des Larmes. Si ses recherches sont concluantes, devrions-nous continuer à chercher ou rentrerons-nous à la base pour mettre Eryl en sécurité ?

- Pas la base, dit Izizi. Trop de conspirateurs dedans. Nous devrions nous rendre dans mon bunker. Nous y serons parfaitement à l'abri.

- Un bunker ? S'étonna Zeff qui perdait peu à peu le fil de la conversation.

- Evidement. Mon bunker que j'ai préparé à des lieux sous terre en prévision de la fin du monde. Car Horrorscor reviendra, c'est inévitable. Et il faudra se tenir prêt. Moi, j'ai guetté les signes avant-coureurs. Les conspirations qui se multiplient. Un nouveau Marquis des Ombres arrive. L'envolée du prix du gasoil. Et j'ai donc creusé ce bunker impénétrable, en y stockant des réserves d'eaux et de nourriture. J'ai même assez d'armes et de munitions pour tenir tête à une armée de zombies !

- Une armée de zombies ? Répéta Solaris, désemparée.

- On ne prend jamais assez de précaution, souligna Izizi. Ce que je veux dire, c'est que j'ai appris à survivre dans des conditions extrêmes. Saviez-vous par exemple qu'un palmier comporte six parties comestibles ?

- Euh...

- Et je ne risque pas de m'ennuyer dans mon bunker, poursuivit Izizi. J'ai arraché assez de morceaux de vêtements pour tisser des patchworks pendant longtemps. Oui, venez tous avec moi. La fille de Dan Sybel sera à l'abri, je vous enseignerai des méthodes de survie et on tissera des œuvres d'art avec les habits de nos ennemis !

Solaris et Zeff échangèrent un regard inquiet. Ce pauvre gars était totalement cinglé. Zeff avait bien envie de lui faire savoir, mais alors Izizi en conclurait sûrement que lui aussi faisait partie de la conspiration Horrorsco-fiscalo-zombiesque ou quelque chose du genre. Solaris fit preuve de tactique et lui parla comme s'il était un demeuré, ce qui au passage était sûrement le cas.

- Ça m'a l'air d'un plan génial.

- N'est-ce pas ? Fit Izizi, tout fier de lui.

- Oui. Mais avant, nous devrions trouver la Pierre des Larmes, non ? Même si nous survivons à la fin du monde grâce à vos incroyables talents de survie, tous n'auront pas cette chance. Pour eux, nous devons tenter de vaincre Horrorscor, n'est-ce pas ?

- Oui, vaincre Horrorscor, répéta Izizi. Il est à la tête de la conspiration mondiale, j'en suis sûr.

- Sans aucun doute. Mais pour ça, nous devons trouver la Pierre des Larmes. Et protéger Eryl des Agents de la Corruption. Vous qui êtes tellement forts, vous pouvez nous aider ?

Izizi se dandina, retranché dans son orgueil.

- Si c'est demandé si gentiment... Mais alors, quand nous aurons fini, c'est moi qui découperai les habits d'Horrorscor, et personne d'autre !

- Nous vous les laisserons, mon vieux, lui assura Zeff, tout en doutant sérieusement que le Pokemon de la Corruption porte des fringues.

Solaris était en train de se demander elle ce qui était passé par la tête d'Oswald Brenwark quand il leur avait envoyé ce phénomène, surtout pour une mission si importante. D'ailleurs, comment un type pareil avait-il pu devenir l'un des six Apôtres ? Sûrement pas en montrant ses patchworks à Brenwark ou en enseignant aux jeunes Gardiens à se prémunir d'une invasion de zombies. C'était qu'il devait être très important aux Gardiens, car très fort. Solaris l'espérait.





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Image d'Izizi ( oui, j'en avais déjà posté une pour le chapitre où j'ai présenté les Apôtres d'Erubin, mais je ne pouvais m'en empêcher tellement j'aime Izizi^^)