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POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre ~ de Cama-Et-Prune



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Informations

» Auteur : Cama-Et-Prune - Voir le profil
» Créé le 27/11/2013 à 00:10
» Dernière mise à jour le 01/06/2016 à 03:33

» Mots-clés :   Absence d'humains   Absence de poké balls   Aventure

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Chapitre IV : Roigada
Trois jours déjà que Vipélierre était partie, et cela ne semblait affecter personne dans la Clairière Fleurie. Personne sauf Baba. Du haut de sa souche, la doyenne avait du mal à trouver le sommeil, malgré les ravages du temps. Le sort de sa protégée l'inquiétait, et elle s'interrogeait quant à savoir s'il avait été raisonnable de sa part de la laisser partir, si jeune, seule à travers le monde. Elle n'était qu'un bébé, et n'avait pas la solidité de l'Herbizarre qu'elle-même avait été du temps de son voyage. Elle n'avait parlé à personne du départ de Vipélierre, si ce n'est à son entourage direct, qui la rassurait depuis lors. Les Bulbizarre chargeaient les Lombre de porter à leur chef un peu d'eau pour rafraîchir ses os et sa peau. La clairière, heureusement, se portait bien, et aucun incident n'était encore survenu depuis l'escapade de Rozbouton. Le chef des Scarabrute – un peu plus diplomate que ses sous-fifres, et bien qu'un peu bourru lui-même – avait accepté de s'entretenir avec le fils aîné de Florizarre afin de négocier un petit armistice et dissiper les tensions.

Ce jour-là, Baba Florizarre reçut une visite des plus inattendues. Roserade lui-même se présentait à la grande souche.
- « Que veux-tu donc, mon enfant ? l'interrogea Baba. Il est rare de te voir t'adresser aux autres le premier, qu'est-ce qui peut troubler ainsi ton cœur ?
- C'est la petite Princesse, mademoiselle Vipélierre, déclara-t-il d'une voix claire et tendre. Je ne la vois plus, ces derniers temps.
- Tu t'inquiètes donc pour Vipélierre ? s'étonna-t-elle. Je ne savais pas que la petite t'intéressait autant, mais après tout, vous vous ressemblez beaucoup tous les deux, hahaha !
- Que voulez-vous dire ?
- Bah, soupira la doyenne. Laissons-là cette affaire. Si tu veux savoir, sache qu'elle a quitté la forêt.
- Que dites-vous ? Mais pourquoi donc voudrait-elle quitter l'endroit sur lequel elle aimait à veiller ?
- Roserade, mon chéri, je suis chef de cette clairière depuis très longtemps. Jadis, lorsque mon âge et mon statut m'y obligèrent, je dus partir de ma colonie pour fonder la mienne à mon tour. Je suis arrivée ici il y a si longtemps que je crois bien que le temps lui-même ne s'en souvient plus. J'étais déjà bien vieille quand j'ai trouvé ce petit Rozbouton effrayé et timide, accroché fermement à ce qui restait d'un arbre noirci par le feu. J'avais peur de le laisser mourir ici, mais peur aussi de l'incompréhension et du rejet des habitants de la clairière. J'ai prié la colonie de l'accepter en son sein, et j'ai moi-même élevé ce petit bout de chou pour en faire le grand et robuste Pokémon que tu es, Roserade. Nous avons cru à de nombreuses reprises que tu ne t'en sortirais pas vivant, car tu étais fragile et malade. Mais ta volonté de vivre a été plus forte que tout et tu t'es rétabli. Puis tu as choisi de montrer ta gratitude en protégeant la clairière à mes côtés. Quand j'ai reçu la visite de Majaspic, la reine de la forêt voisine, et qu'elle me conta la destruction inéluctable de ses contrées par les hommes, je compris, dans le regard perdu de son enfant, que le seul espoir de survie qui lui restait était entre mes lianes. J'ai revu en elle tout le désespoir de son peuple, et toute la fragilité de ce que tu avais été. Je l'ai élevée comme mon enfant. Vous êtes mes enfants, Roserade, elle comme toi. Mais elle est trop téméraire pour son âge, et elle n'a pas eu ta patience. Cette forêt est bien trop petite pour elle, et pour toutes les questions qu'elle se pose sur elle-même. Elle voulait trouver un sens à sa vie et je l'ai laissée partir.
- Mais...fit Roserade, qui avait bu les paroles de Florizarre sans l'interrompre, est-elle seulement prête pour ça ? N'est-elle pas qu'une enfant ? Laissez-moi l'accompagner dans son voyage, nous enverrons un oiseau la localiser, et...
- Je te trouve bien bavard, mon enfant, hahaha ! Non, Roserade, je crois en Vipélierre comme j'ai cru en toi lorsque la maladie menaçait ta vie. Elle serait blessée dans son orgueil si tu l'aidais. Et elle penserait que je t'envoie parce que je n'ai pas confiance en elle. Laisse-la trouver ses propres réponses, ton rôle et de veiller sur nous tous, comme je le fais, tant que j'en ai encore la force.
- Bien, Dame Florizarre, dit-il en s'inclinant.
- Ne soit pas si formel avec moi, je te l'ai toujours dit, soupira-t-elle. Je serai toujours ta vieille Baba. Après tout, c'est toi qui m'a donné ce surnom. »

Roserade sourit, ce qui était rare chez lui. Soulagé, il fit à nouveau la révérence, et s'en retourna dans les profondeurs des feuillages, en sautant silencieusement de branche en branche, sous le regard bienveillant de la doyenne.

Discuter avec Roserade avait remit les idées en place dans la tête de Florizarre, et à présent, elle se sentait plus sereine. Elle souriait en repensant à son petit Rozbouton devenu si fort et si beau, ainsi qu'à la petite Princesse – son surnom était-il une simple coïncidence ? – à elle si chers et si précieux. À présent qu'elle se sentait mieux, il fallait qu'elle s'occupe des affaires du jour et qu'elle s'assure qu'aucun Pokémon ne s'était attiré d'ennuis.



Vipélierre ouvrit péniblement ses paupières encore lourdes de sommeil. Que lui était-il arrivé ? Une violente douleur traversait sa tête de part en part, et elle peinait à la soulever. Lorsqu'elle ouvrit complètement les yeux, elle constata qu'au-dessus d'elle ni le ciel ni les branches d'un arbre ne se dressaient, mais plutôt une sorte d'étrange cloison. Elle se redressa au prix d'efforts considérables et scruta les alentours. De toute évidence, elle était à l'intérieur, mais elle ignorait de quoi. Diverses formes inconnues s'empilaient çà et là autour d'elle, et elle se demandait ce que ça pouvait bien être. À côté d'elle, une petit ouverture pratiquée dans la cloison permettait de jeter un œil au-dehors, ce qu'elle s'empressa de faire. Elle pouvait distinguer la même étendue d'eau « vivante » qu'elle avait vu il y a environ...au fait, depuis combien de temps dormait-elle ?

Un pan de la cloison pivota comme par magie, et un Pokémon imposant entra. Effrayée, Vipélierre recula de surprise et, par réflexe, brandit férocement ses lianes-fouets, dans une attitude de menace. Le Pokémon leva ses pattes avant dans un geste de diplomatie : « Eh là, eh là ! » fit-il calmement, en souriant. Le reptile dévisagea son hôte et lui trouva un air familier, mais réfléchir lui donna une nouvelle migraine. La créature la rassura et l'allongea de nouveau. Elle appliqua une feuille humide sur son front et prit la parole.

- « Alors tu es revenu à toi, petit bonhomme ? l'interrogea-t-elle de sa voix lente et calme. Comment te sens-tu ?
- J'ai...un peu mal, réussit à dire le petit serpent.
- Je n'ai pas besoin de l'entendre pour le deviner, fit le Pokémon en riant. Tu devrais encore te reposer, ajouta-t-il. As-tu un nom, mon petit ?
- Je m'appelle Vipélierre...de la...Clairière Fleurie...
- Enchanté, Vipélierre, repose-toi encore un peu, je vais te chercher une autre feuille.
- Excu...sez-moi, l'arrêta-t-elle. Qu'est-ce que je fais...ici ? Et...depuis com...bien de temps est-ce que je dors ?
- Tu poses trop de questions, répondit le Pokémon. Ne te fatigue pas. Tu es ici parce que tu as fait une chute interminable et que tu as été gravement blessée. Et ça fait à peu près trois jours que je t'ai...
- Trois jours ?! fit le reptile en se redressant d'un coup. Ça fait trois jours que je dors ? Mais c'est terrible ! Je dois...aïe !
- Je t'ai dit de ne pas te fatiguer, rappela le Pokémon sereinement. Je ne sais pas ce que tu dois faire, mais ça va devoir attendre, ta santé est plus importante que tout.
- Oui, vous devez avoir raison...mais attendez...je crois savoir où je vous ai vu ! Vous êtes le Pokémon qui regardait au loin, devant la grande mare !
- La grande mare ? S'interrogea le Pokémon. Ah, tu veux dire la mer ! Il est vrai que j'aime passer le temps à scruter l'horizon, c'est un peu comme un passe-temps, haha !
- La... « mer » ? demanda Vipélierre, qui ne comprenait plus. Qu'est-ce que c'est que ça ?
- La mer, répondit son interlocuteur, c'est une immense étendue d'eau, si grande qu'on n'en voit jamais le bout. Elle est tout le temps en mouvement, comme si elle respirait, et je suis persuadé qu'elle est vivante. Des milliers de Pokémon la peuplent, et c'est un endroit aussi mystérieux que merveilleux !
- Que c'est beau... Mais alors vous savez aussi sans doute pourquoi la terre est aussi étrange devant la « mer », non ?
- Ce n'est pas de la terre, sourit le Pokémon. C'est du sable. Et s'il est aussi mou, c'est qu'il est composé de plein de grains minuscules, comme de toutes petites pierres.
- C'est incroyable, pensa la Princesse à voix haute, c'est incroyable...
- Maintenant, je vais devoir te laisser, ajouta l'hôte. Repose-toi bien, et si tu as faim, tu peux chercher dans les boîtes, ces objets autour de toi.
- Merci, répondit-elle d'un hochement de la tête. »

Puis, avant que le grand Pokémon ne lui fausse compagnie, elle l'interpella :

- « Dites-moi, quel est votre nom ?
- Moi ? répondit-t-il ? Je m'appelle Roigada ».