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Team Rocket X-Squad de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 05/05/2013 à 08:26
» Dernière mise à jour le 02/05/2018 à 23:01

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 161 : L'Infini - [Arc VI : Agents de la Corruption]


Roshandia était une ville peu connue de Johto, au nord de Rosalia, dans les montagnes escarpées. Elle était peu habitée et n'attirait guère les touristes. Elle n'avait rien pour. Ni centre commercial, ni arène Pokemon. Comme sous le coup d'une malédiction, il faisait toujours mauvais à Roshandia. Le ciel était toujours couvert de nuage, et peu de ses habitants pouvaient se vanter d'avoir aperçu un rayon de soleil. Il pleuvait quasiment tous les jours de l'année, et quand ce n'était pas la pluie, c'était la neige ou la grêle.

Bref, on comprenait pourquoi Roshandia avait été choisie pour abriter la prison du Pic Démoniaque. On pouvait légitimement se demander quel fonctionnaire un peu emprunt au mélodrame l'avait baptisé ainsi. Pourtant, il n'y avait nulle exagération dans ce nom. Le Pic Démoniaque était une prison mondiale, non pas sous la juridiction du gouvernent de Johkan, mais sous celle de la Police Internationale. Plus que ça, elle était dirigée et gardée par un conseil d'administration qui comprenait des membres des plus puissants pays et des plus puissantes organisations de la planète. C'était l'une des rares occasions où l'on voyait des membres de gouvernement travailler avec des membres d'organisations criminelles comme la Team Rocket ou Stormy Sky. Mais pour les criminels enfermés au Pic Démoniaque, ce genre de collaboration était indispensable.

Si des gouvernements comme celui des Dignitaires acceptaient de travailler avec la Team Rocket - avec qui d'ailleurs ils étaient actuellement en guerre - c'était que cette prison abritait les plus grands et les plus puissants criminels du monde, qui faisaient passer des gens comme Giovanni ou le boss des Stormy Sky comme d'honorables hommes d'affaire. De fait, seule une coopération intégrale avec les plus grandes puissances mondiales maintenait ces gens-là dans le secret et à l'abri de tous. La moitié des cellules avaient été remplies par la Team Rocket, d'ailleurs. L'organisation n'avait aucun intérêt à ce que ces fous dangereux, ces criminels contre l'humanité qui n'obéissaient à personne viennent déranger leurs affaires. Alors oui, la guerre faisait rage entre la Team Rocket et les Dignitaires depuis un an et demi, mais pour ceux qui travaillaient au Pic Démoniaque, ça ne changeait absolument rien. Cette prison devait continuer à fonctionner, quelque soit les circonstances et la situation politique dans le monde.

Aaron Jaxley travaillait justement dans la prison. Il était un capitaine de la Team Rocket à l'origine, bien qu'ici, les gardiens étaient tous égaux, qu'importe ce qu'ils étaient avant. Aaron avait des amis provenant du gouvernement de Johkan, des FPI, et même des Stormy Sky, grands rivaux de la Team Rocket. Bosser au Pic Démoniaque n'était pas ce qu'il pouvait appeler un job de rêve, pourtant, le salaire était très convenable, et il n'avait plus à risquer sa vie tous les jours dans les missions de la Team Rocket.

Mais il ne fallait pas penser qu'être gardien du Pic Démoniaque était de tout repos. Rien qu'apporter le repas aux prisonniers était une tâche qui nécessitait mille précautions. Surtout concernant le prisonnier qu'Aaron gardait. Car selon le niveau de dangerosité des détenus, on pouvait en attribuer qu'un nombre faible à un seul gardien, qui était chargé de surveiller ceux-là et uniquement ceux-là. Aaron avait chopé le gros lot, car lui, il ne devait surveiller qu'un seul prisonnier. Il n'y en avait que quatre dans la prison qui avait une cellule séparée et unique, surveillée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par le même gardien. Sans doute les quatre plus dangereux criminels de l'humanité. Mais depuis qu'Aaron surveillait son homme, il n'avait pas à se plaindre. Ce type, qui s'appelait Esva Nuvos, dit l'Infini, n'avait pas ouvert la bouche une seule fois. Il prenait ses repas gentiment, sans une parole. Il dormait à l'heure, et ne faisait jamais aucune histoire.

Pourtant, rien qu'entendre sa réputation avait de quoi se trouver mal. Nuvos avait été l'ennemi public mondial numéro un il y a un peu plus de vingt ans. Il avait commit des actes si terribles que plus personne n'osait les raconter. Tous les gouvernements du monde, toutes les organisations, légales ou non, s'étaient liguées pour parvenir à l'arrêter. Mais Nuvos l'Infini n'était pas un humain normal. On le disait un peu sorcier, et il s'était entouré d'autres gars comme lui, provoquant la terreur dans le monde pendant près de cinq ans, avant que le légendaire Karus, le Généralissime de la Team Rocket, ne le batte lui-même et l'envoi pourrir ici.

Aaron essayait tant que possible de ne pas regarder ce type, malgré sa curiosité morbide. Croiser le regard hanté d'Esva Nuvos était promesse de terribles cauchemars la nuit. C'était un homme qui devait avoir la cinquantaine, totalement chauve. Il n'aurait pas été si effrayant en dehors de ce détail : tout son corps était couvert de tatouages rouges, des pieds à la tête, et même sur les yeux. L'iris et la pupille, tous les deux noirs, ressortaient tant sur ce fond écarlate qu'on eût dit qu'ils vous regardaient depuis un autre monde où régnait les flammes et la terreur. Les Enfers, peut-être...

Son corps présentait des couches et des couches de symboles, si épais que sa chair ne semblait tout simplement plus humaine. Partout, des symboles circulaires superposés les uns sur les autres dissimulaient totalement la peau qui devait pourtant bien se cacher quelque part en dessous, mais on n'en voyait pas un seul morceau. Les tatouages du haut étaient plus sombres que ceux d'en bas ; une configuration donnant l'impression que la peau de Nuvos absorbait les tatouages au fur et à mesure qu'il en ajoutait de nouveau. Cette profondeur, bien qu'étant une illusion d'optique, paraissait infini, comme s'il n'y avait aucun support au fond, mais un puits de ténèbres d'où jaillissaient ces figures géométriques torturées. D'ailleurs, nul n'avait réussi à dire ce que représentaient ces tatouages. Sans doute des symboles magiques connus de Nuvos seul. En tous cas, ça fichait sacrément la frousse, de l'avis d'Aaron.

Bref, comme c'était la Team Rocket qui avait arrêté ce type, on laissait à un gars de la Team Rocket le soin de le surveiller. Aaron priait souvent Arceus que Nuvos reste calme comme ça jusqu'à sa mort, car le bonhomme avait été condamné à quatre-cents trente-trois ans de prison. De fait, Aaron n'était pas certain de pouvoir le surveiller pendant tout ce temps. S'il pouvait se tenir tranquille jusqu'à sa retraite, dans dix ou quinze ans, ça lui irait parfaitement.

Aaron bailla, se frotta les yeux, et les ouvrit grands quand il vit quelque chose devant lui. Quelque chose qui ne devrait pas flotter dans les airs, encore moins dans une prison. Un smiley qui lévitait tranquillement au dessus du sol. C'était bien un smiley, une de ces têtes jaunes avec un grand sourire qu'on utilisait tant sur internet. Aaron se demanda avec un certain détachement si la vision de smiley qui flottait dans les airs à l'intérieur d'une prison était un signe très clair attestant qu'il ne dormait pas assez, et se mettait à voir des trucs carrément bizarres. Si tel était le cas, il allait devoir demander des jours de congé au directeur, et vite. Le plus intriguant, c'était que le smiley semblait siffloter un air connu de lui seul, parfois chantonnant à voix basse. Un smiley qui volait, sifflait et chantait. Encore mieux ! Si après ça il n'avait pas droit à au moins une semaine de repos... Le smiley s'arrêta non loin de lui, et sembla regarder la cellule de Nuvos.

- Ah ah ! Je l'ai trouvée ! M'sieur Slender ! Z'êtes où ? J'ai trouvé la cellule d'Esva Nuvos !

Le smiley avait une voix bizarre, un peu comique, qui se portait bien à ce qu'il était d'ailleurs. Mais le fait qu'un smiley cherche la cellule du prisonnier qu'Aaron devait garder était assez suspect, même si c'était une pure hallucination. Aaron se leva et tira son arme. Mais il frémit quand il sentit quelque chose de froid, de gluant et de fin s'enrouler autour de son bras, l'empêchant de le lever.

- Smiley, crétin, ne gueule pas si fort ! On est dans la prison la mieux gardée au monde, je te signale...

Celui qui venait de parler avait lui une voix bien plus effrayante que son collègue le smiley. Une voix rêche et sifflante, qui ne semblait pas humaine. Et pour cause : celui qui avait parlé, le dénommé Slender, ne l'était assurément pas, ou pas tout à fait. Aaron put le voir en tournant la tête, et le cri d'horreur qu'il failli pousser fut retenu par un autre tentacule qui lui servit de bâillon. Slender était un homme très grand. Si grand que ça devenait ridicule. Il devait bien faire trois mètres, dont deux mètres de jambes. Ses membres étaient incroyablement fins, et ses bras n'étaient pas des bras mais plusieurs fins tentacules qui sortaient des manches d'un costume cravate.

Et pour parachever l'horreur, Slender n'avait, en guise de visage, qu'une peau pâle sans nez, yeux, bouches, oreilles, cheveux, sans rien du tout. Ses tentacules continuèrent à se déployer pour serrer de plus en plus le pauvre Aaron, qui avait maintenant les bras collés au corps, et qui commençait à suffoquer. Puis les tentacules de Slender se firent encore plus fins, et vinrent s'infiltrer dans sa bouche, ses narines, ses yeux... Il ne fallu pas longtemps pour qu'Aaron ne rejoigne les ténèbres, presque soulagé.


***


Esva Nuvos vit le cadavre de son gardien tomber par terre quand Slender en avait fini avec lui. Il soupira puis se leva.

- Ça fait un bail, Slender, dit-il d'une voix roque, plus habituée à être utilisée. T'as toujours pas pris du poids hein ?

Slender le dévisagea de son visage sans yeux.

- Et toi, tu as salement vieilli, Nuvos.

- C'est ce que les humains normaux font au bout de vingt ans, qui plus est quand ils sont enfermés dans ce trou puant tout ce temps. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- D'après toi ? On est venu te faire sortir.

Esva Nuvos soupira puis se rassit sur le sol.

- Pourquoi aurai-je envie de sortir ? Je suis bien, là, avec moi-même, la seule personne que j'arrive à supporter. C'est calme.

- Tu prétends finir tes jours dans cette cellule sordide ? Toi, le grand Esva Nuvos l'Infini, comme tu te plaisais à le dire ?! Qu'auras-tu réussi dans ta vie alors ? Ne voulais-tu pas terminer le Phénoména ?

- C'est impossible. J'ai cherché pendant des années un être humain qui serait la clé manquante de mon équation... Et la conclusion, c'est qu'il n'existe pas ! Le Phénoména ne peut être achevé.

Slender n'avait pas de lèvres, mais s'il en avait eu, il les aurait étirées en un sourire sardonique.

- C'est vrai, un tel humain n'existait pas... il y a vingt ans.

Nuvos leva la tête, une lueur d'intérêt revenue dans ses yeux tatoués.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Que le Marquis des Ombre a repéré, rien que pour toi, une jeune humaine qui possède le don que tu recherches pour terminer le Phénoména. Nous allons te faire sortir, et nous te dirons qui elle est. En échange, tu nous offriras tes services quand nous aurons besoin de toi. Notre seigneur Horrorscor nous a appelé. Le temps est venu d'accomplir son œuvre.

Nuvos réfléchit longuement, puis se leva enfin.

- D'accord. Faisons comme ça.

- À la bonne heure.

Slender glissa un de ses fins tentacules dans la serrure de la cellule. Après quelques secondes, elle s'ouvrit, laissant sortir Esva Nuvos.

- Je ne sais pas comment tu as fait pour parvenir jusqu'ici, mais sortir sera une autre paire de manche, surtout avec moi, fit remarquer Nuvos à son sauveur.

- N'ai crainte. C'est pour cela que j'ai amené Smiley avec moi.

Le smiley volant, qui était resté silencieux, ricana.

- Eh oui m'sieur Slender, m'sieur Nuvos, nul n'est plus discret que moi !

Nuvos haussa les sourcils.

- C'est quoi ça au juste ?

- Le dernier arrivé parmi les Agents de la Corruption, répondit Slender. Il est un peu simplet, mais a le pouvoir de se rendre invisible à volonté, ce qui est utile pour les infiltrations.

- Tu veux dire que c'est un vrai mec ? S'interrogea Nuvos en lorgnant le smiley qui flottait dans les airs.

- Oui. Tu ne vois pas son corps, car il le laisse constamment invisible. Il ne porte que ce stupide masque pour qu'on le repère, et se fait appeler Mister Smiley.

- Pour vous servir, ajouta Mister Smiley en regardant le sol, comme s'il s'inclinait. Je suis arrivé jusqu'à vous, m'sieur Nuvos, sans que personne ne me repère, et en me débarrassant des gardes que je croisais. J'ai désactivé les alarmes et ouvert toutes les portes jusqu'à la sortie. On a le champ libre. Je passe devant, si vous permettez.

Mister Smiley retira son masque, ce qui le rendit totalement invisible. Ceci dit, grâce au Flux, Nuvos pouvait plus ou moins le sentir devant lui, et le suivit. Slender, lui, se transforma en un unique fin et long tentacule qui s'infiltra partout pour remonter jusqu'à la surface. Nuvos et Smiley eurent à faire face à plusieurs Pokemon gardiens, tels des Mackogneur et autres Pokemon combats. Nuvos comprit vite qu'à part l'invisibilité, Smiley ne servait à rien, car il se réfugia vite derrière Nuvos en disant :

- Allez-y m'sieur Nuvos ! J'vous soutiens moralement !

Tout en se demandant comment un type pareil avait pu devenir un Agent de la Corruption alors que lui n'avait pas pu il y a vingt ans, Nuvos passa la main le long d'un de ses tatouages, de la poitrine jusqu'à l'épaule droite. Le tatouage s'illumina, puis disparut, sans qu'on ne remarque son absence tellement le corps de Nuvos l'Infini en avait. Les Pokemon furent comme paralysés, puis s'écroulèrent un à un. En passant devant les cellules d'autres détenus, Nuvos se fit acclamer. Personne n'ignorait ici qui il était, et le fait qu'il soit parvenu à s'évader de cette prison réputée la mieux gardée du monde ajoutait à sa légende. Mais Nuvos ne leur accorda même pas un regard. Des larves, voilà ce qu'ils étaient. Nuvos détestait les gens. Il ne pouvait pas les supporter. Il n'aimait que lui. Quand ils furent dehors, ils remarquèrent que Slender était déjà là, avec au sol les cadavres des gardes qu'il avait dû étrangler, ou pire.

- Allons-y, dit-il. Le chef nous attend.

- Oh, Vrakdale a fait le déplacement aussi ? S'amusa Nuvos.

Nuvos détestait tout le monde à part lui, mais il devait avouer que Vrakdale, le premier des Agents de la Corruption et prétendu bras droit du Marquis des Ombres, était assez intéressant à étudier. Ils marchèrent un moment à travers ces montagnes sombres et pluvieuses, avec Smiley qui se tapait la chansonnette. Il chantait si faux que ça n'aurait assurément pas arrangé le temps, et les mains de Nuvos le démangeaient beaucoup, comme s'il rêvait de les envoyer dans ce masque jaune absurde. Mais Slender ne dit rien, comme s'il était habitué et lassé des facéties de son confrère. Enfin, ils arrivèrent à une grotte, d'où s'échappait de la fumée. Nuvos savait que Vrakdale était là ; pas parce qu'il le sentait avec son faible Flux, mais parce que le corps de Vrakdale rejetait en constante permanence de la fumée, et sentait la chair brûlée.

- On est rentré, m'sieur Vrakdale ! S'exclama Mister Smiley. On a ramené m'sieur Nuvos, comme vous nous l'avez dit !

- Beau travail, fit une voix rauque.

Vrakdale était bien là, vêtu d'un imperméable noir à col long, d'un chapeau, et de gants, de telle sorte qu'on ne voyait presque rien de son corps. Mais Nuvos savait que derrière tout ça se trouvait un corps terriblement brûlé, et qui le devenait de plus en plus avec les ans. La dernière fois que Nuvos avait vu Vrakdale, c'était il y a un peu plus de vingt ans, et il était déjà bien arrangé à l'époque. Nuvos n'osait pas imaginer comment il était maintenant.

- Cela faisait longtemps, Esva Nuvos, fit le commandant des Agents de la Corruption.

- Ouais... Vous ne vous êtes pas trop souciés de moi durant ces vingt années. Et d'un coup, parce que vous avez besoin de moi, vous avez l'obligeance de me libérer. Pas terrible entre alliés, hein ?

- Alliés ? Nous n'étions pas alliés, Nuvos, répondit Vrakdale. Nous n'étions seulement pas ennemis, nuance. Mais ça peut changer aujourd'hui. Le Marquis des Ombres a eu une révélation de notre seigneur Horrorscor. Il est temps que la corruption domine le monde entier. Et cette fois, nous avons besoins de tous les alliés que nous pourrons trouver. En échange de quelques services, tu t'es battu pour nous, autrefois. Mais cela n'a pas fait de toi l'Agent de la Corruption que tu voulais être. Et tu sais pourquoi ?

- Le Flux, grommela Nuvos.

- Oui. Bien que ton Flux soit faible, et que le sang Mélénis est très limité en toi, notre seigneur Horrorscor ne pouvait pas accepter parmi ses Agents un détenteur du pouvoir qu'il déteste tant. Mais selon le Marquis des Ombres, il a changé d'avis. Sers-nous, et nous t'offrirons ce qui t'es nécessaire pour la réalisation de ton Phénoména. Et quand le seigneur Horrorscor sera revenu, si tu nous as bien servi, il pourra te faire la grâce de te nommer Agent de la Corruption.

- Tout cela selon le Marquis des Ombres, bien sûr...

- Cela va de soi.

Nuvos retint un ricanement. Il doutait depuis longtemps de l'existence de ce fameux Marquis, qui dirigeait dans l'ombre les Agents de la Corruption au nom d'Horrorscor. Personne ne l'avait jamais vu, même parmi les Agents, si ce n'était Vrakdale qui tenait ses ordres directement de lui, du moins c'est ce qu'il affirmait. Nuvos pensait que Vrakdale se servait de ce mythe pour commander tous les Agents, mais qu'en réalité, le seul chef, c'était lui. Mais il s'abstint de le faire remarquer à voix haute.

- Bon, alors que dois-je faire pour contenter le Marquis des Ombres et le seigneur Horrorscor ?

- Tu vas occuper la Team Rocket. Tu la connais bien, non ? Je crois me souvenir que le Mélénis qui t'a vaincu en était son chef des armées.

Nuvos se rembrunit. Il se souvenait fort bien de Karus, oui. Il avait rêvé de vengeance pendant longtemps entre les murs de sa cellule, mais il savait qu'il n'était pas de taille à affronter le Généralissime de la Team Rocket, qui était autrement plus puissant dans le Flux que lui.

- Qu'est-ce que vous avez à voir avec la Team Rocket ? Voulut-il savoir.

- Rien. Mais elle compte en son sein deux Mélénis qui se sont mis au travers du chemin du seigneur Horrorscor récemment. Ce sont les petits-enfants de Karus. Le Marquis des Ombres ne les veut pas contre lui tandis que notre plan va débuter. Tu vas donc attirer leur attention sur toi. Tu peux les tuer, si tu peux.

- Qu'est-ce que ça me rapporte, de me mettre à dos la Team Rocket ? Je croyais que vous aviez trouvé un humain compatible pour Phénoména ?

- C'est le cas. Et ça tombe bien ; il est lié à la Team Rocket. Tu feras d'une pierre deux coups en l'enlevant. Tu pourras terminer ton Phénoména, et en plus tu seras dans le collimateur de la Team Rocket. Le bonheur des uns fera celui des autres, cher allié.

Vrakdale tendit sa main gantée d'où s'échappait des volutes de fumée, et Nuvos ne tarda pas à la serrer. Il n'avait plus autant envie qu'avant de faire parti des Agents de la Corruption, mais pour Phénoména, il ferait tout. Il allait enfin pouvoir achever le sort de Flux qu'il avait lui-même crée. Et alors, le monde tremblera devant Nuvos l'Infini, et les Agents de la Corruption seront obligés de le reconnaître à sa juste valeur. Et puis enfin, ce traitre de Karus allait payer. Après vingt ans d'isolement, Nuvos se remit à sourire. Les affaires allaient reprendre...


***


Ailleurs, dans un immense salon, avec au centre une table finement ouvragée en bois d'acajou, cinq humains et un Pokemon se réunissaient. Le Pokemon était humanoïde, typiquement féminin, et tout son corps violet ressemblait à la vision de l'espace, avec des étoiles et de galaxie. Il avait une étoile sur sa poitrine, et ses bras ressemblaient à deux tissus de soie volant au vent. Les cinq humains étaient très différents entre eux. Il y avait un homme richement vêtu d'un costume doré, avec des cheveux bruns soyeux et des lunettes, et portant une canne. Il y avait une jeune femme qui devait à peine sortir de l'adolescence, avec des cheveux blancs qui devenaient multicolores en bas.

Il y avait un homme portant un manteau couleur laine, une cape qui laissait entrevoir une de ses mains, totalement bandée, une écharpe et un chapeau haut de forme qui ne laissait rien voir de son visage. Le quatrième homme était habillé d'un bleu sombre, avec une cape légère aux motifs floraux, de longs cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules, et portait une moitié d'un masque blanc qui lui couvrait la partie droite de son visage. Enfin, le dernier membre de cette mystérieuse confrérie portait un costume cravate impeccable, était de forte carrure, et avait la peau sombre. Il portait des lunettes en demi-lune sur son visage sévère, couvert d'une moustache en forme de guidon grise, d'une barbe et de longs cheveux de la même couleur. On devinait à son regard et à son allure qu'il devait être une sorte de chef pour le groupe. Ce fut d'ailleurs lui qui prit la parole quand tout le monde fut installé.

- Estimés confrères, je vous remercie d'être venu si vite à cette réunion exceptionnelle. Je viens de recevoir un rapport fort alarmant de la prison du Pic Démoniaque. Esva Nuvos s'est évadé.

Il y eut de multiples réactions, assez différentes. L'homme distingué au costume en or prit ses lunettes qu'il se mit à nettoyer avec un tissu.

- Voilà qui est fâcheux.

- Nuvos ? Celui qu'on appelle l'Infini ? Fit l'homme à la moitié de masque. C'est un Mélénis raté. En quoi peut-il nous inquiéter ?

- Ce n'était pas lui qui avait tenté de créer le Phénoména ? Demanda la fille aux cheveux multicolores en jouant distraitement avec l'une de ses mèches.

- En effet, mais ce n'est pas pour ça qu'il est si dangereux et qu'il nous concerne au premier chef, répondit le chef. Peut-être certains d'entre vous l'ignorent, mais il y a vingt ans, Nuvos travaillait pour les Agents de la Corruption. Et aujourd'hui, on m'a informé que plusieurs des gardiens de la prison avaient été retrouvés morts, parfois étranglés, parfois avec des marques d'intrusions dans leurs corps, notamment dans les yeux.

L'individu à chapeau et à écharpe dont on ne voyait pas le visage s'agita.

- Notre bon ami Slender ?

- C'est sa méthode, à n'en point douter, confirma le chef.

- Alors, les Agents de la Corruption sont derrière cette évasion, conclut le Pokemon féminin d'une voix chantante. Mais quel est leur but en libérant cet homme ?

Le chef soupira, puis s'adossa au dossier de sa chaise.

- Depuis l'attaque sur l'Elysium puis la destruction de la Tour de Babel, les Agents de la Corruption s'agitent. Ce Zelan a frappé dans une fourmilière, et tous les sombres sbires d'Horrorscor se rassemblent, sans doute sur ses ordres. L'on peut craindre que la troisième guerre entre l'Innocence et la Corruption ne soit sur le point de commencer.

- Nous ne connaissons pas encore tous les détails de cette histoire avec ce Zelan, leur rappela l'homme à la moitié de masque. Nous ne tenons nos quelques informations que de cette nouvelle recrue, cette Solaris, qui ne m'inspire guère confiance.

- Elle a prouvé sa loyauté, le contredit l'homme au costume doré. Ceci dit, il est vrai qu'il nous faut en savoir plus sur cette affaire. Peut-être pourrions-nous entrer en contact avec l'un des Rockets qui ont joué un rôle majeur ?

Il interrogea le chef du regard. Celui-ci hocha la tête.

- Je vais contacter mon fils. On verra qu'il peut nous amener. En attendant, restons vigilants. C'est à nous que revient la lourde tâche de contrer la corruption grandissante et les projets d'Horrorscor. Nous, les Gardiens de l'Innocence. Que la volonté d'Erubin soit faite !

- Que la volonté d'Erubin soit faite, répétèrent les autres en cœurs.