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Chroniques des Donjons Mystère, Tome I : Timeout de Sanaito



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Informations

» Auteur : Sanaito - Voir le profil
» Créé le 22/10/2012 à 15:54
» Dernière mise à jour le 11/06/2015 à 13:32

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Présence de personnages du jeu vidéo   Suspense

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[S2] Chapitre XLII : Dette de corps
_____Magnézone, qui au départ s'apprêtait à arrêter Cresselia, sur le point de tuer quelqu'un pour la deuxième fois en à peine un jour, s'était élancé juste à temps pour rattraper Damon au cœur d'un puissant champ magnétique.

_____Juste avant que celui-ci ne bascule par la fenêtre après avoir poussé un cri déchirant, des ondes psychiques s'étaient manifestées partout sur le terrain, provoquant un terrible tremblement de terre ainsi que des vagues invisibles repoussant quiconque se trouvaient sur leur chemin.

_____À présent, tout était sens dessus-dessous. Un côté des gradins s'était effondrée vers arrière, les Pokémon incapables de voler avaient été sauvés par les Magnéti qui les faisaient flotter entre leurs aimants, utilisant la même technique que leur chef.

_____Si à première vue la mystérieuse attaque semblait n'avoir aucune cible précise, en regardant de plus près, on pouvait constater que la zone autour de Gardevoir était moins atteintes – la terre avait était craquelée et enfoncée, mais sans plus –, a contrario des environs de la nymphe lunaire.

_____Cette dernière avait été très violemment projetée contre une barrière qui avait plié, explosé, puis fondu, au point de couler comme du sirop le long de son corps, se solidifiant ensuite pour la retenir prisonnière. De toute façon, elle n'aurait pas pu se relever, assommée par le choc inattendu.


_____« Tout s'est calmé pendant sa chute, sans doute au moment où il a perdu connaissance, songea le robot en fixant de ses trois yeux le corps immobile du pseudo humain, ses bandages complètement imbibés de sang de la base du cou jusqu'à l'épaule. Il est certain qu'il a eu un rôle primordial dans cet incident. Peut-être même en est-il le responsable direct, puisque Symbios m'a rapporté qu'il a probablement des facultés mentales cachées. »


_____Il observa les alentours ravagés par la secousse sismique. La plupart des asgo constatait les dégâts, d'autres déblayaient, et certaines créatures de Type Psy avaient pris l'initiative de redresser le métal soutenant les tribunes en combinant leurs Psyko. Certaines parties étaient cependant irrécupérables.


_____« Enfin, des facultés mentales plus tant cachées que ça... », se corrigea-t-il au vu des dommages.



_____Gardevoir poussa un léger gémissement avant de soulever les paupières. Elle détailla le plafond blanc pendant un certain temps, comprenant avec difficulté que le match était fini, qu'elle était dans une chambre. Un grand trou noir s'étendait dans son esprit, entre ce moment et celui où Cresselia se préparait à lui rompre la colonne vertébrale.


_____« Je me suis évanouie, c'est certainement ce qui a interrompu le combat... Heureusement, car j'ai vraiment cru qu'elle allait me tuer. »


_____Ses trois paires d'oreilles captèrent deux autres respirations que la sienne. Elle tourna doucement la tête vers la droite, remarquant sa sœur de Type sur un tabouret, endormie, le menton posé sur le lit voisin dans lequel reposait Damon. Couché sur le côté, celui-ci faisait face à la nymphette qui put constater son extrême pâleur.

_____Elle vit ses doigts frémir, elle ferma instinctivement les yeux, préférant utiliser l'aura pour continuer de l'observer sans montrer qu'elle est consciente. Elle fut tout de suite surprise par les émotions dégagées par son esprit : beaucoup de confusion, mais aussi un soupçon de peur...

_____Le jeune homme s'agita un peu, ce qui réveilla l'espionne qui se redressa. Il s'appuya sur un coude, et en l'apercevant, il eut une réaction qui ne manqua pas de la stupéfier : il recula brusquement, se retrouvant presque assis sur son oreiller, le dos collé aux barreaux.


_____« Il est... pris de panique... », songea la doctoresse, qui le ressentait parfaitement mais n'en demeurait pas moins abasourdie.


_______Qu'est-ce qui te prend, là ? grinça l'agente. On dirait que tu t'attends à ce que je te dissèque.

_______Où... où est Gardevoir ? marmonna-t-il, toujours tendu.

_______Ici-même, espèce d'aveugle.

_______Les... les autres ?

_______Pourquoi tu me demandes comment vont les autres ?... Oh. Tu es au courant que je me suis emportée... Ne t'en fais pas, ils vont tous bien. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais l'Ombre n'a absolument rien fait de mal.

_______... Uh... Uuuuh...


_____Il plia les jambes et les serra contre son torse en les entourant de ses bras, puis il enfouit son visage dans le creux entre ses genoux. Ses épaules se soulevaient parfois, de façon saccadée.


_______Ah non ! protesta l'oiselle en fronçant le nez. Je t'ai interdit de chialer il y a une centaine d'années ! Je me doute que tu ais pu désobéir quand je n'étais pas là pour te surveiller, mais le faire devant moi, quel toupet !


_____Elle lui attrapa les cheveux pour le forcer à la regarder. Elle le dévisagea, considérant avec attention ses joues toujours plus marquées par le passage de l'eau salée. Elle esquissa une moue dégoûtée et lui donna une claque magistrale.


_______Ne t'avise plus d'enfreindre mes règles, siffla-t-elle.


_____L'humain, qui avait cessé de pleurer, la scruta à son tour, longuement. Son expression passa de la neutralité à la colère. Il lui rendit sa gifle qu'elle n'esquiva pas, tout simplement parce qu'elle n'imaginait pas qu'il aurait l'audace de riposter.


_______Et toi, respecte tes engagements ! hoqueta-t-il, son timbre de voix toujours altéré par ses précédents sanglots. Tu m'avais promis de ne plus jamais redevenir une meurtrière ! Et là tu... tu t'es laissé piéger par ton Ombre... Tout a failli recommencer...

_______Je me demande comment tu es au courant de tout ça alors que tu étais censé dormir profondément jusqu'à présent, coupa-t-elle.

_______... Une vision m'a réveillé. J'ai assisté à l'intégralité du massacre de tous les Pokémon ci-présents.

_______Et te concernant ? Que te serait-il arrivé si cette prédiction s'était réalisée ?


_____Il s'enfonça dans un profond mutisme, préférant observer la fenêtre. Son ex-associée s'ébroua et reprit sur un ton dénué d'agressivité – chose très rare, vous l'aurez compris – :


_______Le fait que tu te taises me laisse deviner qu'elle t'aurait fait ce que je pense, tu n'es donc pas obligé de répondre. Ce n'était qu'une question rhétorique.

_______Tu es en train de dire que tu savais ce qui arriverait si elle te dominait à nouveau, n'est-ce pas ? Malgré ça tu l'as laissée resurgir quand même ?


_____Ses larmes s'étaient complètement taries cette fois. Ses iris perdirent de leur brillance tandis que l'interrogée nuançait son accusation :


_______Ne crois pas que c'était volontaire. Si l'Ombre veut sortir et qu'elle en a les moyens, elle laisse rarement le choix. Je savais, mais j'étais impuissante, c'est tout. De toute façon ça ne s'est pas produit, j'ignore pourquoi. Je me souviens juste avoir repris contrôle de moi avec une barre de fer tordue me clouant par terre.


_____Il se contenta de la toiser, son visage affichant de l'amertume teintée de ressentiment.


_______... Arrête de me fixer de la sorte ! Tu sais que je déteste cet air d'enfant battu ! grogna-t-elle.


_____Il ne s'en départit pas. Elle se mordit la lèvre, entra soudainement en lévitation et sortit en claquant la porte.


_____« C'est ça. Ne reconnais pas tes torts. Fuis les responsabilités que tu as pourtant prises, comme toujours », songea-t-il, vivement refroidi.


_____Il reporta son attention sur Gardevoir, et marmonna :


_______Tu ne peux pas me cacher que tu ne dors pas, tu sais...



_____« Quelle conne ! Je foire toujours tout ! Même quand je ne pense pas à mal je fais souffrir les autres ! »


_____Cresselia donna un grand coup de poing contre le mur de sa chambre, qu'elle avait rejoint par réflexe. C'était encore là où elle se sentait le mieux pour se défouler. Elle se laissa tomber sur sa couchette, malaxant son cousin quitte à ce que des plumes s'échappent.

_____On toqua, elle redressa la tête en râlant :


_______Qui que tu sois, va te faire foutre !

_______Je crains que cela me soit impossible ZZZT, répondit tranquillement Magnézone derrière la porte.


_____Il entra, elle mordit un coin de son oreiller en se recroquevillant davantage sur son lit, comme une fillette en train de bouder.


_______Tu replonges, n'est-ce pas ZZZT ? demanda-t-il, même si c'était évident que oui, elle était sur le point de sombrer à nouveau dans ses crises de folie.

_______Je ne veux plus reprendre ces trucs qui prétendent me faire redevenir "normale", grogna-t-elle. C'est de la connerie.

_______Mais si tu sens que c'est inévitable ZZZT, tu en avaleras au moins trois, n'est-ce pas ZZZT ?


_____Il lui tendit une boîte de comprimés qu'elle fixa longuement, se remémorant la dernière fois qu'elle s'est sentie obligée d'en utiliser pour se calmer. C'était pendant qu'elle pourchassait Darkrai...


_______Je ne suis plus moi-même quand je gobe ça. Je deviens absolument gentille, altruiste, et toutes ces idioties, se plaignit-elle. Je suis tout mon contraire !


_____« Je suis ce que j'aurais dû être si ma mère n'avait pas fait la conne », ajouta-t-elle dans son esprit.


_______C'est le prix à payer, hélas ZZZT. Je préfère que tu te comportes ZZZT comme une sainte pendant un certain temps ZZZT plutôt que comme une tueuse en série ZZZT.

_______... Certes. Mais ça demeure frustrant !

_______Tu le feras en cas de nécessité ZZZT ?


_____Elle prit les pilules et les rangea dans son sac. Elle s'étonna quand son supérieur lui en tendit d'autres.


_______Je ne pense pas avoir besoin d'autant de médocs.

_______J'aurai la conscience plus tranquille ZZZT.

_______D'accord, d'accord... Et au fait, qu'en est-il du tournoi ?

_______Je l'ai annulé, naturellement ZZZT. Après ce qu'il s'est passé ZZZT, la prudence est de mise ZZZT.

_______... Et que s'est-il passé, justement ? Parce que je me suis réveillée au cœur d'un vrai bordel. C'est moi qui ai tout démoli ?

_______Non, je vais t'expliquer ZZZT...



_____Magnézone avait raconté à Cresselia les évènements, du moment où elle allait écraser Gardevoir jusqu'à celui où il avait rattrapé Damon, tombé par la fenêtre. Il lui avait aussi fait part de ses suppositions sur les facultés mentales du jeune homme. Il n'avait en revanche émit aucun doute sur son identité de Gallame. En fait, il n'avait pas mentionné ce point. Elle supposait donc qu'il n'était pas au courant du mensonge, sinon, il aurait déjà pris des mesures...

_____Elle était maintenant seule dans sa chambre, depuis plus d'une demi-heure, d'humeur morose. Le pseudo humain l'avait apparemment arrachée à l'emprise de l'Ombre, une fois de plus...


_____« Il a revécu ça... Ce doit être douloureux de me revoir ainsi, surtout qu'à présent, il sait pourquoi je peux me mettre dans cet état. Je devrais peut-être dire ou faire quelque chose... Non. Je vais encore tout gâcher. Je ne sais pas consoler. Je ne connais pas la douceur. »


_____Elle avisa la boîte de médicaments dépassant à moitié de son sac.


_____« Je suis descendue à moins de quarante pourcents, donc je ne devrais pas en avoir besoin pour le moment, mais si j'en prends juste un pour pouvoir maîtriser ma colère... »



_____Gardevoir se redressa, un peu honteuse d'avoir été prise en flagrant délit d'espionnage. Cependant, Damon ne semblait pas lui en vouloir. Il paraissait au contraire plutôt soulagé de ne pas se retrouver seul avec lui-même. Elle tritura sa couverture un instant, avant de marmonner :


_______Tu sais depuis combien de temps que je vous observe ?

_______Depuis le début. Tu respirais trop vite, expliqua-t-il.

_______... Ah. D'accord, se contenta-t-elle de murmurer, plus embarrassée encore.

_______Tu dois te poser des questions, ajouta-t-il.

_______Ben, par rapport à ce qu'a dit Cresselia... commença-t-elle.

_______Je parlais de comment s'est terminé le combat, coupa-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

_______Désolée, s'excusa-t-elle, se trouvant idiote d'avoir cru qu'il voulait aborder un sujet qui ne la concernait pas. Euh, oui, je me le demande aussi, mais je suppose que je me suis évanouie, rien de plus.

_______... En fait, Cresselia était ni plus ni moins sur le point de te tuer... J'ignore pourquoi elle ne l'a pas fait d'ailleurs. Bref, c'est en partie de ma faute, pardon, murmura-t-il en baissant les yeux. Je n'aurais pas dû te laisser m'embrasser. Ça l'a rendue folle.

_______Je sais que je suis indiscrète mais... pourquoi a-t-elle dit que tu lui appartiens pendant qu'elle me broyait le dos ? le questionna-t-elle, tentant à nouveau d'en savoir davantage.


_____Il prit son temps pour se décider à répondre, finalement. Après tout, à quoi ça rime de faire autant de mystère ? Ce n'est pas une ennemie, enfin, il espère que non... Et puis de toute façon, elle est tenue par sa promesse de ne pas lui nuire.


_______... Parce que c'est le cas. Une dette de corps m'unit à elle. Tant que je n'aurai pas remboursé ce que je lui dois, je dois obéir à ses ordres, à quelques exceptions près, nuança-t-il. Elle n'a pas le droit de m'obliger à me mettre en danger.

_______C'est pour ça que quand elle te poursuivait, elle ne pouvait pas te donner l'ordre de la laisser t'arrêter, parce que ça t'aurait conduit en justice, et donc à la mort, en déduisit la Pokémon psychique.

_______Certainement. Je ne peux pas te le confirmer, je ne me souviens plus. Mais ta remarque est tout à fait logique, reconnut-il.

_______C'est aussi à cause de cette sorte de lien qu'elle s'est énervée quand tu as... pleuré ?


_____Elle trouva étrange d'utiliser un tel mot en parlant de lui, habituellement si flegmatique.


_______Oui. La dette de corps date de mon enfance. J'étais une vraie fontaine à l'époque, qu'elle disait, ricana-t-il amèrement. Elle n'aimait pas ça. Pas du tout. Alors elle en est venue à m'interdire de verser une larme de plus.

_______C'est cruel, grinça-t-elle.

_______Je sais. Mais je n'avais pas le choix. Comme toi avec ton code d'honneur. Sauf que toi, tu rends un service en échange d'un autre. Moi... c'est une histoire d'argent. Il me reste un Poké à lui rembourser et je suis libre.

_______Mais tu as largement cette minuscule somme ! Tu ne te souviens pas que dans le Mont Corne, tu as trouvé un peu plus que deux cents pièces ?

_______... Je ne souhaite pas... parce que...


_____Le pseudo humain se tut, avant de reprendre d'un ton neutre :


_______... parce que j'ai mes raisons.

_______Tu préfères lui être soumis ? s'étonna la nymphette.

_______Même si je t'expliquais, tu ne pourrais pas comprendre. C'est très personnel, mais pour te donner un semblant de réponse, oui, je lui reste fidèle de mon plein gré, avoua-t-il.

_______Et cela malgré le fait que ses ordres soient arbitraires et égoïstes ?

_______N'est-ce pas à son image ? N'est-ce pas sa nature d'être injuste et égocentrique ? Après tout, qui ne l'est pas, juste un peu ? Nous sommes tous ainsi quand il s'agit de défendre ce qui constitue notre raison de vivre.

_______Je n'arrive pas à te suivre...

_______Je t'avais prévenue que tu ne saisirais pas.

_______Tu es trop vague ! Et on dirait bien que tu le fais exprès !


_____La damoiselle pinça les lèvres, irritée. Son interlocuteur ne détacha pas son regard du sien. Ses lèvres s'étirèrent imperceptiblement tandis qu'il chuchotait :


_______Si Cresselia apprend que je t'ai parlé de ça, je ne donne pas cher de notre peau.

_______... Bon, d'accord, je dois admettre que cette fois, tu as été assez bavard, je n'ai pas trop à me plaindre, sourit-elle. Une dernière chose...

_______Tu commences à m'agacer, la prévint-il.

_______Est-ce qu'elle t'aime ? Je dis ça parce que tu m'as laissé comprendre que c'est parce que je t'ai embrassé – dans le cadre de mon piège seulement, hein – qu'elle a manqué de m'assassiner...

_______Non. Elle ne m'aime pas. Du moins, pas comme tu l'entends. Elle est juste très possessive. Elle ne veut pas me partager, je n'ai pas mon mot à dire, c'est comme ça et puis c'est tout. Elle me l'a bien fait comprendre, encore récemment. C'est d'ailleurs pour cela que, dans notre intérêt commun, nous devrions surveiller nos faits et gestes.

_____» Elle ne peut pas me priver de ma liberté de penser, ni de mon droit d'expression. Donc au lieu de me défendre d'apprécier les gens, elle m'empêche de me rapprocher d'eux physiquement. Jusqu'à nouvel ordre, je n'ai pas le droit ne serait-ce que de te toucher l'épaule, et vice-versa.

_______L'amitié passe par le contact aussi, alors nous n'avons pas l'autorisation d'être... simplement amis ?

_______Si, mais de loin.


_____Il y eut un court silence lourd de sens pour l'une comme pour l'autre. Amis, était-ce vraiment le mot qui convenait ? La doctoresse resongea à la rose en satin qu'elle avait retiré de ses cheveux pour ne pas l'abîmer pendant le match. Elle l'avait rangée dans son sac. Si elle la remettait maintenant, comment l'interpréterait le garçon, qu'imaginerait-il ?


_____« ... Et qu'est-ce que ça représenterait à mes propres yeux ? Suis-je en train de me dire que... c'est plus qu'une simple barrette ?... Non ! Je ne veux pas, je ne peux pas, je n'ai pas envie d'être... amoureuse... »


_____De son côté, l'humain repensait à la fin du duel qui l'opposait à elle. Ce qu'il avait failli lui dire en sachant très bien qu'il allait transgresser une règle de son ex-associée, mais surtout si tôt après la mort de Joëlle...


_____« Comment le prendrait-elle ? Se vexerait-elle d'avoir été si rapidement... "remplacée" ? »


_______Les morts n'agissent plus, imbécile, siffla son Ombre. Mais moi oui. Tu n'as plus d'avenir, il m'appartiendra tant que ton âme sera noircie par cette tristesse qui enfle, alors pourquoi te tortures-tu l'esprit avec ?


_____« Puisque tu es si sûr de ma disparition prochaine, pourquoi t'acharnes-tu à gâcher mon présent ? »


_______... Tu peux me la remettre ?


_____Gardevoir, assise sur le bord de son lit, désigna la fleur de tissu écarlate dans le creux de sa main. L'intéressé esquissa une grimace :


_______Je viens de t'exposer le fait que je ne peux pas...

_______Ce n'est pas un contact affectif, Damon, susurra-t-elle en lui adressant un clin d'œil. Je t'ai demandé un petit coup de main, rien de plus.


_____L'iris artificiellement rouge de l'humain s'éclaira d'un soupçon de malice, il prit l'accessoire, s'approcha d'elle et entreprit de le mettre sur un côté de sa mèche triangulaire.


_______Ce n'est qu'un petit coup de main, rien de plus, c'est bien ça ? minauda-t-il.

_______Tu as bien entendu, rit-elle. Ce n'est pas par amitié mais par politesse...


_____Contourner les lois établies à force d'appliquer le donnant-donnant avec tout le monde, n'était-ce pas devenu sa spécialité ?



_____Cresselia entra sans frapper au moment où Damon remettait la rose rouge dans les cheveux de son équipière. Celui-ci lança un sarcasme du tac-au-tac :


_______Si tu t'énerves encore comme pendant le tournoi, je pleure jusqu'à ce que déshydratation s'ensuive.

_______... Je ne vais pas me mettre en colère pour si peu, répondit tranquillement la concernée, ce qui ne manqua pas de surprendre le jeune homme et l'autre Pokémon Psy. Je suis venue simplement pour te demander de m'excuser pour tout à l'heure.


_____Il y eut un court malaise avant que le garçon marmonne, déconcerté :


_______Je te pardonne, mais...


_____Il n'ajouta rien, ne sachant pas trop ce qu'il pourrait dire de plus. Il nota un petit objet dans sa patte, mais ne put identifier ce que c'était. L'espionne s'en alla après un très léger sourire, sincère quoiqu'un peu crispé.

_____Elle disparut dans le couloir et retourna dans sa chambre. Elle resta dos collé à la porte, observant la boîte de comprimés qu'elle tenait encore fermement.


_____« Sans en avoir pris un, je sais que j'aurais étranglé Gardevoir. Je ne ressens plus vraiment de haine véhémente pour l'instant, et quand les effets du cachet se seront dissipés, l'incident sera moins présent dans mon esprit, donc je n'aurai pas besoin de passer mes nerfs. Cependant... »


_____Elle posa son poing serré contre son cœur battant de façon régulière, mais si profondément qu'il donnait l'impression de vouloir s'échapper.


_____« ... j'ai toujours mal, ici... »