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Le Phénix d'Argent de Yûn



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Informations

» Auteur : Yûn - Voir le profil
» Créé le 20/04/2012 à 14:02
» Dernière mise à jour le 15/07/2014 à 18:50

» Mots-clés :   Absence de poké balls   Action   Suspense

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Epilogue Irisé
La salle d'attente était comble et plutôt silencieuse. Une rumeur parvenait du couloir, avec parfois l'écho d'acclamations. Ca allait bientôt être son tour. L'annonce du haut-parleur le lui confirma.

- Candidat n°77, vous passez dans cinq minutes. Veuillez vous avancer jusqu'à l'entrée de la scène.

La jeune femme poussa un soupir de soulagement. Enfin ! Elle se leva rapidement en s'étirant, prenant tout de même le temps de vérifier dans un miroir si sa tenue et sa coiffure étaient bien arrangées. Elle quitta ensuite la pièce en emportant son étui noir, sous le regard anxieux des autres participants. Cependant, elle ignorait la peur. Peu lui importait qu'il s'agisse du Grand Festival, elle avait confiance.
Alors qu'elle marchait tranquillement, une main lui saisit doucement le bras. Elle se retourna avec un sourire.


- Si tu voulais me faire peur, c'est raté.
- Oh, mais loin de moi cette idée ! Je souhaitais juste accompagner la future gagnante du Grand Festival.

La jeune femme éclata de rire devant sa réponse.

- Eh ben, on peut dire que tu es optimiste.
- Douterais-tu de toi ?
- Oh non, bien au contraire.

Sans crier gare, elle enlaça l'homme au regard d'améthyste et l'embrassa. Celui-ci parut tout d'abord surpris mais n'opposa aucune résistance. Il entoura à son tour sa taille et la serra contre lui, sans briser leur baiser.

Cinq ans avaient passé. Le suicide de Sibylle avait été heureusement évité. En partie grâce à lui, celui qui lui avait permis d'en apprendre tant sur les Dieux. Elle avait aussitôt quitté son Ecole. Le concours qu'elle avait remporté lui avait ouvert l'appétit, elle décida donc de s'engager sur cette voie. Pendant quatre ans, elle avait parcouru les différents continents pour se constituer une bonne équipe. Uniquement composée d'êtres de feu ou de vent. Il lui avait fallu moins de deux mois pour qu'elle se forge une réputation émérite. Un an suffit pour obtenir les cinq rubans, et donc se qualifier pour le Grand Festival.

De son côté, Orphée avait totalement abandonné sa villa sur l'île. Par quel miracle avait-il survécu à l'ire de la Lune, lui-même l'ignorait. Mais c'était mieux ainsi. Il était parfois préférable que certains mystères demeurent. Et, à part une imposante cicatrice lui couvrant le ventre et une bonne partie du dos ainsi qu'une légère boiterie, il s'en était plutôt bien sorti. Il tira parti de ses importantes connaissances sur les Dieux pour passer une thèse en théologie et mythologie à la très réputée Académie de Nénucrique. En un peu plus de deux ans, il était devenu une vedette incontournable du milieu, donnant des conférences sur tous les continents. Un ouvrage était même paru où lui et Cynthia, l'érudite maîtresse de Sinnoh, étudiaient ensemble un sujet sur le Mont Couronné et la mystérieuse Source Adieu.
Il n'avait pas pour autant abandonné sa passion première qu'était la musique. Certes, il n'en avait pas fait son métier. Il avait cependant créé une association dans le but de la faire découvrir aux personnes, et surtout aux enfants, de tous les continents. Sa fortune impressionnante lui avait permis de concrétiser ce projet d'un point de vue financier, sa notoriété s'était chargée de lui ouvrir les portes. Il était même en train de discuter avec la direction de plusieurs hôpitaux afin d'apporter un peu de gaieté aux patients. Mais, pour l'heure, il ne se souciait guère des négociations entamées.

Enfin leurs lèvres s'éloignèrent. Ils reprirent leur marche dans le couloir en se tenant tendrement par la main.


- Je suis encore moins inquiète en sachant qu'il viendra.
- Hum... Es-tu certaine de cela ?
- Il me l'a promis, non ?
-Certes... Mais cela remonte à longtemps. Peut-être ne s'en souvient-il plus ?

Sibylle secoua la tête, confiante.

- Non. Il ne peut pas. Il ne peut pas avoir oublié...

Au vu de l'expression dubitative de l'homme qu'elle aimait, elle renchérit :

- Dis-moi... Ce ne serait pas toi qui es inquiet ?
- Mais pas le moins du monde ! Et puis, ce n'est pas comme si tu avais programmé toutes tes prestations en le prenant en compte, et donc en ne prévoyant aucun plan de secours. Ce n'est pas non plus comme si tu acceptais de te marier avec moi à condition que tu remportes ce Grand Festival...
- Idiot !

Ils étaient presque arrivés à la porte menant à la scène. Ils s'arrêtèrent un peu avant. Il leur restait moins d'une minute avant son tour. La jeune femme posa doucement sa main sur la joue d'Orphée.

- C'est justement parce que je sais qu'il sera là que je t'ai dit ça. De toute façon... Tu sais bien que même si je perdais, j'accepterais ta demande en mariage. C'est juste que le faire après l'obtention de mon premier titre serait encore mieux. En plus, je suis certaine qu'il sera heureux pour nous et nous donnera sa bénédiction. Et ce n'est pas au spécialiste en théologie que je vais apprendre ça, n'est-ce pas ?

Pour toute réponse, l'homme au regard d'améthyste l'enlaça. Leur étreinte fut trop brève à leur goût, interrompue par le signal sonore annonçant qu'elle devait entrer en scène. Sibylle se dégagea à contrecœur de ses bras et se dirigea lentement vers la porte. Elle le regarda amoureusement une dernière fois... Avant d'entrer dans l'arène.

La foule n'avait jamais été aussi importante et bruyante que pour cet événement. Cela lui rappela brièvement son tout premier concours. Elle se souvenait encore du stress qu'elle avait connu, ce jour-là. Au point de lui faire faire une fausse note. Elle en rirait presque, aujourd'hui.
Sereine, elle s'avança d'un pas élégant jusqu'au centre de la place et salua le jury. Elle ouvrit alors l'étui noir qu'elle avait emporté, dévoilant un magnifique violon au bois lustré. La jeune femme le cala sur son épaule, positionna l'archet. Elle marqua une courte pause. Et débuta.

C'était sa partition favorite. Le Concerto pour violon de Tchaïkovski. Néanmoins, son interprétation n'avait strictement rien à voir avec celle, pourtant déjà très agréable, qu'elle exécutait auparavant.
Les notes étaient plus émouvantes encore que lors de sa première prestation. Elles sonnaient plus juste, étaient plus fortes, plus vibrantes d'émotion. Comme si, avec tous les événements s'étant déroulés durant son adolescence, elle avait enfin compris le message de cette œuvre, et souhaitait faire passer son espoir à toutes les personnes présentes.

Plusieurs minutes passèrent ainsi, dans un silence presque religieux uniquement troublé par l'incroyable performance musicale de la candidate. Les yeux clos, celle-ci était comme en transe, elle semblait avoir oublié jusqu'à la présence et l'existence du public. Elle ne se souciait guère des sourcils froncés qui se demandaient à quel moment elle ferait apparaître sa créature. Elle ne vivait ce moment que pour adresser une prière intense au ciel.

Et celui-ci lui répondit.

Un cri formidable emplit la voûte, couvrant en partie la mélodie s'élevant du violon. Sibylle sourit, sans pour autant s'arrêter. Une rumeur inquiète parcourut l'assistance, qui redoubla lorsqu'une ombre passa au-dessus d'eux. La masse imposante vola en cercle avant de descendre lentement, avec une grâce inégalable. Enfin, la créature toucha terre. Elle se posa juste derrière la jeune femme, qui continuait de jouer, inébranlable. L'oiseau à l'éclatant plumage vermeil courba son cou et posa la pointe de son délicat bec doré sur son bras. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle accepta de s'interrompre. Elle ouvrit les yeux, une lueur de joie dans ses iris en découvrant celui qui lui avait sauvé la vie en la rattrapant juste avant que son corps ne se fracasse au sol. Celui-là même qui, cinq ans auparavant, lui avait promis de concourir cette épreuve avec elle. Cinq ans depuis lesquels ils ne s'étaient plus revus.
Elle caressa la tête de l'oiseau divin qui siffla et secoua sa traîne d'or de bonheur.


- Je suis ravie de te revoir... Takibi.


FIN