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Le Phénix d'Argent de Yûn



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Informations

» Auteur : Yûn - Voir le profil
» Créé le 23/03/2012 à 09:58
» Dernière mise à jour le 21/03/2013 à 18:37

» Mots-clés :   Absence de poké balls   Action   Suspense

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Chapitre 4. Rencontre Péridot
Jamais, de toute sa vie, Sibylle n'avait été aussi heureuse d'être en vacances. La dernière semaine, qui avait suivi le concours, avait été très éprouvante.
Elle ne pouvait plus faire un pas en ville sans que quelqu'un ne lui demande si elle ne pouvait pas lui donner une plume, une photo ou quoi que ce soit en rapport avec le cygne flamboyant. A chaque coin de rue, des journalistes l'arrêtaient, tentant de lui arracher quelques réponses aux questions que tous se posaient et ne ramenant que son silence. Elle avait même vu sa photo dans un magasine people, c'était pour dire !

Au moins avait-elle espéré que les brimades la concernant à l'Ecole cesseraient. C'est ce qu'il se passa. Mais, elle en vint presque à regretter cette époque.
Toutes les élèves la regardaient soit avec admiration, soit avec suspicion, soit avec jalousie. Et aucune de ces situations n'était vraiment appréciable. Il ne passait pas une minute de récréation sans qu'une ou plusieurs filles ne lui demandent des explications, des détails concernant sa prestation ou son protégé à plumes. Elle avait même été convoquée chez le directeur, avec son professeur principal, pour qu'elle leur explique pourquoi elle n'avait jamais mentionné le fait qu'elle possédait un pokémon, qui plus est une telle merveille, et de ce fait pourquoi est-ce qu'elle avait séché les cours de combat depuis son arrivée à l'Ecole, alors qu'il était désormais flagrant qu'elle en avait toujours possédé un. Ce à quoi elle leur avait répondu que, certes, Takibi avait participé au concours avec elle, mais que non, il ne lui appartenait pas –ou plutôt, elle ne le possédait pas- car elle avait toujours refusé l'idée atroce de l'enfermer des heures durant dans une sphère minuscule et qui devait sentir le renfermé. Malgré leur insistance, elle avait conservé le même discours, sans donner plus de détails concernant son 'acquisition', et il s'en était fallu de peu pour qu'elle ne se retrouve pas collée ! Tout ça pour avoir gagné un concours ?! Merci du cadeau !
Sa seule satisfaction résidait dans le nouveau comportement de Kaoru. Son ancien bourreau s'était mué en agneau, l'évitant autant que possible. Son cuisant échec semblait l'avoir profondément marquée, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Aussi avait-elle accueilli les vacances avec un immense soulagement. La majeure partie de l'Ecole rentrait en effet chez elle pour les congés. Son oncle et sa tante ayant jugé que, décidément, elle s'ennuierait en venant avec eux pour leur séjour à Carmin-sur-Mer, elle ferait partie des rares personnes à demeurer dans l'internat. Ce qui signifiait davantage de temps pour aller voir Takibi, surtout qu'elle n'avait pas eu le loisir de se rendre jusqu'à sa grotte autant de fois qu'elle l'aurait souhaité.

Elle devait désormais redoubler de prudence pour emprunter la route sinueuse qui menait jusqu'à la cave où il résidait. Non pas que la roche se montrât plus dangereuse, mais surtout qu'elle avait peur qu'un de ces fouineurs de journalistes ne la suive, révélant au monde son secret.
Heureusement, le cri joyeux qui ne tarda pas à retentir au détour d'un gros rocher lui fit oublier une grande partie de ses soucis. Elle entoura de ses bras le cou de l'oiseau d'ocre venu à sa rencontre et enfouit son visage dans la pureté de son poitrail, tandis qu'il posait doucement la pointe de son bec dans son dos. Il le fit claquer de reproche.


- Oui, je sais, mais j'ai pas eu le choix. Si tu les avais vus... J'ai pas eu une minute à moi toute cette semaine. Mais promis, on va rattraper le temps perdu pendant ces vacances.

Il poussa un petit sifflement pour lui montrer son accord. L'oiseau aux couleurs du couchant se baissa alors, lui présentant son dos. Sibylle devina aussitôt ce qu'il voulait. Elle se mit sur son dos, et ils ne tardèrent pas à gagner les cieux.
Même si elle n'avait plus aussi peur que la dernière fois, elle gardait tout de même une main cramponnée à son cou gracile. Ce n'était jamais que la deuxième fois qu'il l'emmenait visiter son royaume infini, elle n'était pas encore habituée. Cependant, pour rien au monde elle n'aurait voulu ne plus revivre ça. C'était tellement grisant, cette impression de dominer le monde, de taquiner les nuages tandis que le vent lui caressait le visage ! Et puis, ce n'était pas comme si Takibi avait voulu l'effrayer en faisant des acrobaties.

Ils n'allèrent pas bien loin et ne volèrent pas si longtemps que ça. Du moins était-ce le point de vue de Sibylle, qui commençait vraiment à y prendre goût. Mais peut-être était-ce mieux ainsi. En effet, elle avait plusieurs fois senti l'envie de son protégé à plumes, qu'il avait toutefois réussi à contenir. Celle de s'élever encore plus haut, d'atteindre le Soleil, quitte à s'y brûler les ailes. Elle était soulagée de voir qu'il était parvenu à dépasser son instinct. Mais, elle le sentait : un jour, il finirait bien par rejoindre cet astre qui, elle en était à présent certaine, ne lui était pas étranger.
Mais pour le moment, elle se devait de profiter de l'instant présent. Celui où elle vivait un pur moment de bonheur en compagnie de l'être qu'elle chérissait le plus.



***
Le souverain céleste n'allait pas tarder à achever sa course lorsqu'ils atterrirent enfin. Sibylle avait les jambes qui tremblaient un peu, mais pas autant que la première fois. Elle n'était quand même pas mécontente de retrouver la terre ferme sous ses pieds, bien que cette ballade dans les airs avait été plus que plaisante.
Il était temps pour elle de laisser son protégé. Elle se retourna pour lui dire au revoir. Et comprit que quelque chose ne tournait pas rond.

Takibi s'était redressé de toute sa taille, le cou tendu, ses yeux de miel fixant intensément un point dans les arbres proches de la forêt. Un frisson parcourut son plumage, mais qui ne semblait être ni de peur ni de colère.
Sibylle tourna la tête, essayant de deviner ce qui semblait l'inquiéter. Mais rien ne lui parut inhabituel, le vent seul faisant bouger les ramures des êtres sylvestres.
Cela ne sembla pas être l'avis du cygne de sang et d'argent.
Son bec délicatement ouvragé s'ouvrit pour libérer une flamme avide, qui se jeta sur les cimes. Elle perçut alors, l'espace d'un instant, l'objet des craintes de son oiseau. Juste avant que l'arbre ne soit totalement recouvert de cet instable manteau funéraire, une flèche bleutée s'en échappa et fila au loin, vers l'horizon sanglant.



***
Cet événement l'avait assez choquée. Le soir, elle ne cessa d'y repenser, l'empêchant de gagner un sommeil réparateur. Il fallait dire que, le concours mis à part, c'était la première fois qu'elle avait vu son oiseau employer une attaque qui se voulait vraiment agressive. Qu'est-ce qui lui avait pris d'attaquer cette créature comme ça ?
Peut-être... Peut-être avait-il eu tout simplement faim. Après tout, la journée avait été longue. Et même si elle n'avait pas vraiment compris ce qu'il s'était passé, au vu de la couleur arborée par le fuyard, elle en déduisait qu'il s'était très certainement agi d'un Hélédelle. Même si c'était la première fois qu'elle en voyait un aussi véloce... Et puis, n'était-ce pas étrange ? S'il avait vraiment voulu chasser, Takibi aurait utilisé une autre technique, plus précise que mettre le feu à l'arbre où se cachait sa proie, non ? A moins qu'il n'ait réprimé son instinct au dernier moment, afin de ne pas lui offrir un spectacle désagréable. Mais, maintenant qu'elle y repensait, il lui semblait que le bref éclair qu'elle avait aperçu avait arboré une couleur plus claire que celle d'un de ces oiseaux. Bah, peut-être un simple effet de lumière, entre les brusques flammes et le couchant. Moui, ça devait être ça. Elle tirerait tout ça au clair plus tard. Et puis, ce n'était pas comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort.



***
Le lendemain, lorsqu'elle s'éveilla, Sibylle avait entièrement oublié l'étrange épisode de la veille. Elle avala rapidement son petit déjeuner et fila rejoindre son oiseau.

Néanmoins, alors qu'elle s'apprêtait à s'avancer sur le chemin menant au Tunnel, elle se retourna brusquement. Il lui avait semblé... Elle avait eu l'impression que quelqu'un la suivait. Elle demeura immobile pendant plusieurs minutes, attendant un mouvement qui trahirait un potentiel paparazzi ou journaliste. Mais seul le vent se manifestait. Ah là là, elle se montrait trop paranoïaque, il fallait qu'elle se calme. Elle haussa les épaules et continua sa route.
Mais s'immobilisa une nouvelle fois, une centaine de mètres plus loin. Cette fois-ci, elle n'avait pas rêvé. Sans pouvoir l'expliquer, elle
sentait que quelqu'un observait tous ses faits et gestes. Mais qui ? Et d'où ? Il n'y avait pas tant d'arbres que cela, pas assez en tout cas pour se camoufler entièrement, mais les buissons étaient nombreux et épais.

- Qu... Qui va là... ?

Sa voix tremblante trahissait son angoisse. Mais personne ne lui répondit. La jeune fille s'avança prudemment vers les êtres sylvestres.
Les oiseaux alentours avaient cessé leur chant, comme inquiétés par quelque chose. Une forte pression régnait dans l'air. C'est alors qu'elle perçut un grondement, quelques mètres devant elle. Son corps s'arrêta sans qu'elle ne lui en donne l'ordre. Un frisson glacé parcourut son dos. Et elle croisa son regard. Des yeux de braise. Ceux d'une bête sauvage.

Cette fois-ci ce n'était plus de l'angoisse, mais bien de la peur qu'elle ressentait.
Elle n'essaya même pas de savoir à qui appartenait ce regard. Son corps agit tout seul : elle s'enfuit en direction de la montagne. Sibylle n'avait plus qu'une chose en tête. Rejoindre Takibi au plus vite. Mais elle entendait les foulées de son poursuivant. Il se rapprochait !
Elle bifurqua subitement pour suivre le chemin montagneux qui menait au repère de son protégé. Elle y était presque. Et au moins espérait-elle que l'étroitesse du sentier ralentirait cette créature...

Peine perdue.

D'un bond aérien et puissant, il prit appui sur la paroi pour atterrir devant elle avec légèreté, lui coupant ainsi la route. Ce qui le révéla enfin entièrement.
Une fourrure fournie et flamboyante dissimulait en partie son corps, sans pour autant masquer entièrement le dessin de ses muscles puissants et l'énergie débordante qu'ils semblaient renfermer. De lourds anneaux de métal noir encerclaient ses robustes pattes larges, comme pour entraver sa force herculéenne. Ses griffes n'étaient pas visibles, au bout des gants d'ivoire terminant ses membres, mais nul doute qu'elles étaient tout aussi démesurées que l'était la créature. Des cristaux finement sculptés lui sortaient du dos et délimitaient ainsi la nuée de nuages constituant la traîne de cette auguste créature. Un masque d'or, de rubis et d'opale blanche, aux traits élégamment creusés, camouflait presque entièrement son faciès. Seuls ses yeux de braise et ses crocs aiguisés étaient visibles, derrière cette coiffe royale. Son habit de seigneur était d'ailleurs complété d'une épaisse crinière que le vent agitait timidement, comme impressionné par cette imposante bête.

Sibylle recula doucement, ne quittant pas le fauve des yeux, espérant ne pas effectuer de faux pas qui, à coup sûr, entraînerait sa perte. Malheureusement, la paroi lui interdit toute retraite.
Lorsqu'il se redressa, la pression sentie auparavant revint. D'une manière encore plus accentuée. L'air ambiant en devint oppressant et accablait chaque parcelle du corps de la jeune fille. Elle ne songea même pas à appeler à l'aide l'oiseau aux couleurs du couchant. Sa voix refusait de passer le seuil de sa gorge sèche.
Il leva alors sa lourde et noble tête. Il planta son regard enflammé dans ses yeux olive. Et s'avança vers elle, d'un lent pas assuré.

Elle était à la fois totalement subjuguée et terrorisée par le fauve. Une telle prestance se dégageait de lui que l'on se sentait complètement écrasé. D'une certaine façon, ce phénomène lui rappelait la sensation qu'elle avait éprouvée lors du concours, quand le cygne flamboyant avait laissé s'exprimer son courroux.
Le lion au pelage de feu n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle lorsqu'il s'immobilisa. Il était bien plus grand qu'elle, à tel point qu'il dut se baisser. Elle sentait son souffle chaud aux relents de souffre sur son visage. Son regard inquisiteur scrutait attentivement le sien, qu'elle n'osait baisser de crainte de vexer cette terrible créature. Ses yeux semblaient voir jusqu'aux tréfonds de son âme.

Pourtant, on aurait dit qu'il manquait quelque chose à cet auguste seigneur. En ces circonstances, Sibylle aurait été bien incapable de dire quoi. Mais elle le ressentit brièvement au fond d'elle.

Elle n'eut cependant pas le luxe de s'interroger là-dessus. La situation prit en effet une tournure critique.
Un éclair brilla dans les iris du fauve herculéen. Il secoua fortement la tête, faisant danser sa couronne de fourrure ardente, en même temps qu'il effectuait un mouvement de recul. Quelque chose lui aurait-il déplu dans l'esprit de cette jeune personne qu'il semblait avoir parfaitement déchiffré ?
Un grondement rauque naquit dans sa gorge, gagnant chaque seconde en intensité. Ses babines se retroussèrent légèrement, dévoilant ses crocs immaculés. Elle devina les muscles tendus sous son épaisse fourrure. Quelques flammes véritables virent même le jour au niveau de ses lourds anneaux. Il allait l'attaquer. Et elle le savait : il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour éviter l'inévitable.

Alors que le félin majestueux esquissait à nouveau un mouvement vers elle, un hurlement furieux déchira l'air. Aussitôt, une pluie d'étoiles dorées s'abattit sur le fauve, qui ne put que minimiser les dégâts en invoquant une colonne de flamme. Une ombre passa furtivement au-dessus d'eux avant d'atterrir brusquement, se plaçant ainsi entre Sibylle et son poursuivant. Cette dernière poussa un profond soupir de soulagement en reconnaissant la silhouette de son protégé à plumes.
Takibi avait revêtu son instable parure enflammée. Un éclat de colère brillait dans l'or fin de ses yeux, un sifflement sourd s'échappait de son bec finement sculpté. Cependant, le feu qui le consumait sans le blesser était bien moins vif que lors de son combat contre la créature aquatique. Comme s'il hésitait.
De son côté, le lion avait reculé devant le cygne alors que les quelques flammes de son corps s'étaient évaporées. Il avait même légèrement baissé sa fière tête mais ne quittait pas du regard pour autant l'oiseau aux couleurs du couchant. Ses yeux se plissèrent tandis qu'un nouveau grondement roulait dans sa gorge.

Ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir attaquer. Ils se contentaient de se jauger mutuellement, figés dans des postures pas totalement agressives. Ils paraissaient surtout pris au dépourvu. On aurait même dit qu'à cet instant précis, les deux créatures maîtresses des flammes avaient complètement oublié la présence de la jeune fille.
La scène figée, qui pourtant ne manquait ni de force ni de noblesse, aurait pu demeurer ainsi pendant des heures.

Il en fut décidé autrement.
Alors qu'aucun des deux n'avait encore esquissé le moindre mouvement, de repli ou d'offense, une voix brisa l'atmosphère éprouvante de ce combat absent.


- Némée !

Aussitôt, le fauve tressaillit et tourna sa lourde tête vers le chemin descendant. Son corps se détendit en grande partie à la vue d'un homme essoufflé qui montait vers eux, mais il demeura tout de même sur ses gardes. Le jeune homme d'une vingtaine d'années, aux cheveux blond platine, ne s'arrêta que lorsqu'il fut arrivé jusqu'à lui. Il en profita pour ébouriffer l'épaisse crinière de l'auguste félin, lui arrachant un petit grondement plaintif.

- Je croyais pourtant t'avoir dit que j'acceptais que tu viennes avec moi uniquement si tu restais sage !

Le lion ne répondit rien, goûtant sa plaisante punition. L'être qui semblait être son maître se tourna alors vers Sibylle et le cygne flamboyant. Ce dernier avait également dissipé ses flammes. En revanche, le sifflement dubitatif qu'il poussa et le regard méfiant qu'il lança au nouveau venu ne manquèrent pas d'étonner la jeune fille.
Le jeune homme se tourna vers eux et marqua une pause en voyant l'oiseau aux couleurs du couchant. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise... Mais un sourire radieux vint aussitôt éclairer son visage alors qu'il s'approchait joyeusement de Takibi, les bras grands ouverts.


- Je suis tellement heureux de te revoir, Apollon ! Et quel plumage splendide ! Tu es encore plus rayonnant que la dernière fois !

Il voulut tendre la main pour toucher ses plumes mais un claquement de bec sec l'en dissuada. L'homme toussota légèrement, apparemment gêné mais guère surpris par la réaction du cygne flamboyant.

- Hum... C'est vrai qu'au vu de ce qu'il s'est passé la dernière fois, il est normal que tu ne te souviennes pas vraiment de moi...
- Euh... Excusez-moi, mais...

Pour la première fois, l'homme se rendit compte de la présence de Sibylle. Il posa sur elle ses iris d'améthyste.

- Ah, bien sûr ! Quelle impolitesse de ma part ! Veuillez m'en excuser, mademoiselle... ?
- Sibylle. Sibylle Eurydice.
- Je suis enchanté de vous connaître, Mlle Eurydice. Surtout que, d'après ce que j'ai vu quant à la réaction d'Apollon, c'est vous qui vous êtes occupée de lui pendant tout ce temps. Mais je parle, je parle, et je ne me suis toujours pas présenté. Il faut dire que revoir mon cher oiseau me transporte de joie !

D'un mouvement distingué, il inclina légèrement le buste, une main sur la poitrine l'autre dans son dos.

- Je me nomme Orphée Euterpe, dernier descendant de cette riche famille. Et voici l'un de mes compagnons : Némée, le lion légendaire des volcans.

Derrière lui, le noble fauve se contenta de hocher la tête. Le jeune homme blond posa une main douce sur son masque royal.

- Je suis navré qu'il vous ait fait ainsi peur... Il ne faut pas lui en vouloir : il était aussi enthousiaste que moi à l'idée de revoir Apollon. Et il ne m'a même pas attendu ! Mais bon, en tant qu'Entei, et donc messager du Soleil, il est logique qu'il ait souhaité le rejoindre au plus vite. Surtout après une si longue absence...

Sibylle était de plus en plus perdue. Comment ça, cet homme connaissait son protégé à plumes ? Pourquoi l'appelait-il Apollon ? Pourquoi parlait-il de disparition, d'absence ? Et, qui plus est, elle n'avait pas rêvé, il sous-entendait bien qu'il lui appartenait, non ?!
Finalement, la question qui lui brûlait les lèvres franchit le seuil de sa bouche.


- Vous... Vous connaissez Takibi ?
- Takibi... ? Ah, Apollon, vous voulez dire ! Bien entendu que je le connais ! ... Cependant, c'est une assez longue histoire, et nous ne serons pas très à l'aise ici. Aussi, que diriez-vous de vous rendre chez moi ?
- Hein ? Mais je ne veux pas vous déranger, et puis...
- Me déranger ! Allons, vous êtes celle qui s'est occupée d'Apollon... Enfin, de Takibi, puisque tel est le nom que vous lui avez donné. Votre présence m'honorerait, bien au contraire ! De plus, il y a bien longtemps que je n'ai plus discuté avec quelqu'un d'autre. Alors, qu'en dites-vous ?
-Eh bien...

Elle leva la tête vers le cygne flamboyant. Il n'avait pas l'air très à l'aise avec cet Orphée. Après tout, il était étrange qu'un inconnu se montre aussi ouvert. Et qui sait si elle pouvait lui faire confiance, surtout au vu de l'attitude de Némée ?
En même temps... Il semblait en savoir long sur lui. Si cela lui permettait de mieux le comprendre, alors...


- ... C'est d'accord.