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Feuilles volantes, c'est l'automne. de Elysabeth



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Informations

» Auteur : Elysabeth - Voir le profil
» Créé le 04/12/2011 à 10:47
» Dernière mise à jour le 04/12/2011 à 11:46

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Souvenirs de pluie
Feuilles volantes, c'est l'automne. Toujours il pleut, en ce jour-ci. C'est ton jour, toi qui es oubliée depuis bien longtemps, mais qui pourtant est encore rongée par la tristesse. Tu m'as raconté ton histoire, souvenirs d'une époque noyée sous la pluie…

Je fus aimé, et j'ai aimé également. J'ai été offerte à ma maitresse lorsqu'elle eut cinq ans. Depuis, je ne la quittais plus. J'étais sa confidente, sa meilleure amie, son porte-bonheur, et bien d'autres choses encore, qui peuvent vous semblez bien futiles mais qui pour une petite fille sont indispensables.
Je l'aimais, énormément. Jamais elle ne m'aurait fait quelque chose qui aurait pu me déplaire. Mais était-elle vraiment consciente que je vivais, que je comprenais, que je voyais et entendais, moi, petite poupée insignifiante aux yeux du monde ? Comment auraient-ils pu imaginer une seule seconde que j'étais vivante ? Je ne suis pas sûre moi-même que ces souvenirs ne sont pas une invention faite de toutes pièces.

J'avais le droit à tout. Mais je n'avais besoin de rien. Je me rappelle les séances de thé avec Teddy le timide Teddiursa, Lilette la charmante Lippouti, Maorane la sage Magirêve et enfin Jok-jok le farceur Sprectrum. Mais, ces pokemon n'appartenaient pas à ma maitresse, elle était bien trop petite pour avoir autre chose qu'une poupée ou qu'une peluche.

Je pense que la pire chose qui ait pu m'arriver furent les quelques tours que je fis dans la baignoire. Je me rappelle très bien les maux de tête que j'avais en sortant. Mais quel bonheur d'être toute propre et encore plus aimée en ressortant.

Une vie si belle, beaucoup l'on sûrement enviée. Mais la vie ne tient qu'à un fil. Un fil si fin, et si fragile. Les humains ne se rendent pas compte de leur faiblesse. Ils vivent dans l'insouciance.

Ce jour là, un jour comme les autres. Ma maitresse allait partir pour aller à l'école. Habituellement elle partait sans moi, mais aujourd'hui la dame qui sait plein de choses lui avait demandée, et aux autres enfants, de ramener ce qu'ils voudraient montrer au groupe. C'est donc moi qu'elle prit, moi petite poupée insignifiante.

Arrivées à quelques mètres de l'école, nous n'avions plus qu'à traverser. Ma maitresse, comme ses parents lui avaient appris, regarda à droite et gauche, puis traversa prudemment. Une chose qui arrivait de je ne sais pas quelle rue sur la droite ne vit pas ma pauvre maitresse, car le conducteur faisait bien d'autres choses plus intéressantes que regarder la route.
Je fus lâchée sur le sol, et ma maitresse se retrouva quelques mètres plus loin, baignant dans une mare rouge. De la chose et de son conducteur, jamais plus on n'en entendit parler.

Il me semble bien que j'ai été ramassée par les parents. Mais je ne me rappelle plus. Non, je ne me souviens pas de ce qui passé ensuite. J'étais comme dans un brouillard m'empêchant de penser. Je ne comprenais pas. Pourquoi ma maitresse n'était plus là ?

Les parents me déposèrent sur cette pierre grise gravée de son nom. Je restais là bien des jours. J'étais seule parmi ces pierres levées. J'avais peur, j'avais froid. Ma maitresse me manquait. Pourquoi ne venait-elle pas me voir ? Pourquoi devais-je rester ici, sans bouger, sans personne ? Toutes ces questions auxquelles personnes ne pouvaient répondre.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée là. Un jour, un mois, un an peut-être… Je ne sais plus, je ne sais pas. Seule la tristesse était là. Et la pluie sur mes épaules. Tant de pluie, tant d'eau tombait du ciel. Les oiseaux pleuraient peut-être. Et puis un cri. Etait-ce mon cri, moi poupée qui ne savait pas parler ? Peut-être le cri du ciel alors… Je ne sais plus, je ne sais pas. De l'eau tomba de mes yeux. Ou alors était-ce la pluie ? Je ne sais plus, je ne sais pas. Mais je me suis retournée, et j'ai lu, moi poupée ne savant pas marcher. Et je me souviens avoir lu que ma maitresse m'avait abandonnée.

J'ai été une poupée misérable. Je ne suis plus qu'une sombre incarnation de la tristesse.

Aujourd'hui encore, le ciel te joint dans ta tristesse, et pleure lui aussi. Depuis combien d'années ères-tu maintenant ? Toutes ces années à trainer ta silhouette sombre…