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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 30/11/2011 à 13:19
» Dernière mise à jour le 25/03/2019 à 11:42

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 79 : Repartir à zéro
En dépit de tout ce qu'elle avait fait, Mercutio se sentit mal pour Solaris. Revoir enfin le frère qu'on avait perdu depuis près de cinquante ans, et découvrir qu'il avait en fait été son ennemi juré, et qu'il était mort par sa faute. Toute cette souffrance et cette tristesse que Solaris avait accumulées pendant tant d'années éclataient enfin. C'était comme un ballon. On l'avait trop gonflé d'air, et maintenant il avait explosé.

Personne n'osa faire un geste ou dire quelque chose. Solaris continua à pleurer longtemps avant que les premières personnes arrivèrent sur les lieux. Pour couronner le tout, c'étaient Octave et Djosan. À en juger par le regard du prince, Djosan l'avait mis au courant de l'identité de son père. Octave poussa un gémissement en voyant le cadavre de son père, et la première chose qu'il fit, ce fut donner un grand coup de poing dans le visage de Solaris. Octave n'y avait pas été de main morte. Solaris roula au sol, la bouche en sang. Mais elle ne parut pas plus gênée que ça par cette attaque. Elle ne fit rien pour se protéger quand Octave lui décocha un coup de pied dans l'estomac.

- Tu l'as tué ! TOI ! Et maintenant, c'est moi qui vais te tuer !

Octave paraissait avoir perdu la raison. L'expression sur son visage était tout bonnement terrifiante. Il continua à tabasser violement Solaris, sans que celle-ci ne fasse rien. Inquiet, Mercutio jeta un regard vers Djosan, mais ce dernier était agenouillé devant Lunarion, trop accablé pour s'occuper de tout autre chose. Mercutio décida d'intervenir. Il s'avança et prit Octave par les épaules.

- Ça suffit ! Maitrisez-vous !

- Lâchez-moi ! Je réclame vengeance !

- Ce n'est pas ce que votre père aurait souhaité ! Répliqua Mercutio, se cabrant sous l'effort pour retenir le prince. Solaris était sa sœur, vous le savez non ? Ses dernières paroles ont été pour la remercier et lui pardonner ! Alors calmez-vous !

Octave consentit à cesser de se débattre. Solaris se releva, en piteux état.

- Non, Mercutio, dit-elle. Laisse-le. Oui, j'ai tué votre père. C'est moi, de ma main, et personne d'autre. Mon propre frère. Si vous voulez le venger, faites donc.

Elle ramassa l'épée de Mercutio par terre et la lança à Octave.

- Je n'ai plus aucun pouvoir, continua-t-elle. Les épées me blesseront comme tout le monde, à présent. Allez-y, prince Octave. C'est votre droit.

Octave était toujours très en colère, mais aussi surpris par l'attitude de Solaris. Il se baissa pour ramasser Livédia.

- Ne faites pas ça, le supplia Mercutio. Qu'est-ce que va vous apporter ? Vous ne vous sentirez pas mieux après. Réfléchissez. Je ne défends pas toutes ses actions, mais sans Solaris, ce serait sûrement votre père à sa place, et vous, vous ne seriez même pas né. Et c'est votre tante...

Octave secoua la tête, furieux.

- Ma tante ? La belle affaire ! Et de toute façon, elle sera sans doute jugée et exécutée pour tous ses crimes. Que je la tue maintenant ou qu'elle meure plus tard...

- Solaris ne sera ni jugée, ni exécutée, intervint Irvffus d'un ton sans réplique. Tout ce qu'elle est devenue et ce qu'elle a fait, ce n'était en aucune façon de sa faute. Je le sais, car j'ai tous les souvenirs de Vriffus en moi. C'était lui le seul responsable à tout ça. Solaris est une femme d'une grande bonté, dont la destinée n'est pas terminée.

- ASSEZ ! Gronda Solaris. Je ne suis pas une femme d'une grande bonté ! Je n'ai aucune destinée ! Je ne suis qu'un monstre qui a tué son frère, et dont le meilleur ami a disparu à cause de moi ! JE VEUX QUE ÇA S'ARRETE ! JE VEUX MOURIR ! J'EN AI ASSEZ DE TOUT ÇA !

Mercutio s'avança et la prit violement par les épaules.

- Tu es une lâche, voilà ce que tu es ! Tu as tenu toute ces années dans la solitude et les ténèbres les plus totales. Et maintenant que tu en es enfin libérée, tu veux mourir ? Vaut mieux alors pour toi qu'il n'y ait pas de vie après la mort, sinon tu verras le visage déçu de ton frère ! Il t'a demandé de vivre pour vous deux.

Mais Solaris se remit à pleurer.

- Je... je n'ai plus rien à vivre. J'ai tout perdu...

- Alors reconstruis tout ! Tu as une vraie vie maintenant. Tu vas vieillir normalement. Tu pourras concevoir des enfants. Plein de gens ont tout perdu dans cette guerre. S'ils devaient tous se suicider, il ne resterait plus grand monde. C'est ça, une vraie vie. Il y a des épreuves, et il faut les surmonter.

Solaris continua à pleurer un moment, puis se leva en s'essuyant les yeux. Sans un mot à quiconque, elle revint auprès de Lunarion pour le serrer dans ses bras une dernière fois. Puis elle se retourna, et partit hors de la cité, l'âme autant en peine que son palais qui venait de s'écrouler.

- Elle s'en sortira, vous croyez ? Demanda Mercutio à Irvffus. Elle ne va pas se donner la mort à la première occasion ?

Irvffus regarda la silhouette de Solaris au loin qui disparue, puis dit :

- Comme je l'ai dit, je sens que sa destinée n'est pas terminée. Mais ce sera à elle de choisir sa voie. Dans le fond, elle aura été la plus grande victime de cette guerre.

Mercutio acquiesça en silence. La part en lui qui aimait toujours Solaris aurait voulu la rattraper, faire plus pour la secourir, ne serait-ce que pour honorer la mémoire d'Antyos. Mais il savait qu'Irvffus avait raison. Elle devait elle-même prendre son destin en main. Galatea avait manifestement quelque chose à demander à Octave, mais la présente situation ne s'y prêtait peut-être pas. Elle se lança tout de même :

- Je... je suis désolée mais... est-ce que vous savez comment va Siena ? J'ai senti sa présence faiblir il y a peu...

Octave cligna des yeux, et mit plus longtemps que nécessaire pour enregistrer et comprendre cette simple question.

- Siena... oui... Je crois qu'elle va bien. Elle a été grièvement blessée après l'explosion du palais, mais deux Pokemon bizarres se sont pointés et l'ont apparemment sauvée.

- Gemizuri et Geminero ? Demanda Mercutio.

Irvffus releva la tête, étonné. Il n'était pas au courant de la présence des Gémeaux ici. Octave se passa la main sur les yeux.

- S'ils ont été capables de soigner Siena, ils auraient peut-être pu guérir mon père...

Mercutio lui posa une main sur l'épaule.

- Je ne dis pas ça parce que c'est de ma sœur qu'il s'agit, mais je pense qu'Antyos n'était pas le genre d'homme à laisser périr plus jeune que lui, même s'il s'agissait d'un simple soldat, pour sauver sa propre vie.

Octave renifla et acquiesça.

- Oui, c'est vrai...

Octave se reprit un peu, regarda autour de lui et dit :

- Et maintenant, que fait-on ? Les vriffiens n'ont pas cessé de se battre même si le Vortex a été détruit. Ils ne connaissent pas le verbe se rendre, et continueront à se battre jusqu'à la mort même si ils n'ont plus aucun chef.

- Au contraire, ils en ont un nouveau maintenant, assura Mercutio. Vous.

- Moi ?

- Solaris a quitté le pouvoir. Vous êtes son neveu, et le petit-fils de l'ancien empereur Asbalkan. Vous êtes le seul héritier.

Malgré la situation, Octave éclata d'un rire sans joie.

- Vous pensez que les vriffiens accepteront d'avoir un duttelien comme empereur ?!

- Eh bien, légalement, Duttel appartient à l'Empire, désormais. Toute la région d'Elebla est à l'Empire. Et vous, tout aussi légalement, vous êtes à moitié vriffien.

- C'est... c'est fou ! S'exclama Octave. Je vous dis que jamais ces malades ne me jureront allégeance ! Ils vont continuer à se battre jusqu'à...

- On va leur laisser le choix, coupa Mercutio. Il reste une dernière chose à faire avant que tout ça soit fini.

Il venait d'avoir une idée. Elle s'était présentée tellement d'elle-même que Mercutio doutait qu'elle fut vraiment de lui.

- Irvffus, voulez-vous bien me donner le Joyau ? Demanda Mercutio au Mélénis. Il est temps qu'il accomplisse sa dernière œuvre.

Intrigué, Irvffus n'en remit pas moins le Joyau à Mercutio.

- Merci. Il faut que je trouve les Pokemon des Gémeaux, maintenant. Octave, si vous voulez rester ici...

Le prince hocha la tête. Mais Djosan protesta :

- Non. Mon prince, allez-y. Il va se jouer quelque chose de fort important pour la suite. Vous devez y être. Je m'occuperai du roi, mon prince.

Octave baissa les yeux sur son père.

- Je veux qu'il soit enterré à Duttelia.

- Il en sera fait ainsi... mon roi.

Djosan avait plus été secoué par la mort d'Antyos qu'Octave, mais il ne perdait pas le sens des réalités. En effet, dès qu'Antyos avait rendu son dernier soupir, Octave était devenu roi de Duttel. Plus loin, la bataille faisait encore rage. Mercutio secoua la tête, désespéré par tant de sottises. Pourquoi continuer à se battre, alors que cette bataille n'avait plus aucun sens. Pour qui les vriffiens se battaient-ils, exactement ? Mercutio et Galatea virent avec soulagement Siena venir vers eux, avec Gemizuri et Geminero à ses côtés. Mercutio la prit dans ses bras, et constata que son uniforme était troué au niveau du ventre et plein de sang séché, mais il ne voyait aucune blessure.

- Les Pokemon des Gémeaux m'ont sauvé, expliqua-t-elle. Sans eux, j'y serai passée, c'est sûr.

- Je vous remercie encore, les gars, leur dit Mercutio. Mais j'aurais encore besoin de votre aide.

Remarquant l'air d'Octave, Siena alla à ses côtés. Mercutio et les autres la laissèrent tenter de le réconforter. Elle aurait bien plus de chances qu'eux. Mercutio se rappelait aussi d'Herts et d'Acpeturo, qu'il avait laissé blessés dans le palais après l'explosion provoquée par Solaris. Etaient-ils encore dans le palais quand celui-ci s'est écroulé ? Et Zeff ? Avait-il gagné son combat contre Fukio ? Mercutio doutait de supporter une autre perte aujourd'hui.

Mais ses inquiétudes n'avaient plus lieux d'être quand il vit les deux vriffiens, quelque peu sonnés, mais en vie et debout, en marge des ruines du palais. Quant à Zeff, il était reparti se battre dehors, et s'emblait bien s'éclater. Mercutio leur résuma rapidement ce qui s'était passé. Acpeturo fut bien entendu stupéfait de découvrir que le défunt roi de Duttel était en fait le petit prince vriffien qu'il avait entraîné à l'épée, il y a fort longtemps. Quant à Herts, bizarrement, il ne fit aucun commentaire, même quand Mercutio leur raconta qu'ils avaient laissé Solaris partir.

Ils retrouvèrent aussi le général Lance sous les décombres. Très mal en point, mais vivant. Il lui expliqua que pour survivre à l'attaque de Solaris, il avait utilisé la capacité Ténacité, qui lui assurait de rester en vie quelque soit la puissance de l'attaque adverse. Après que Gemizuri ait tourné autour de lui en le guérissant de ses blessures, le G-Man repartit à la bataille. Mercutio, suivi des Gémeaux, enjamba les ruines du palais jusqu'à trouver un lieu assez dégagé qui ferait l'affaire. Il expliqua alors à Gemizuri et Geminero ce qu'il attendait d'eux. Quand ils acquiescèrent avec un léger chant, Mercutio fit signe à Irvffus et Galatea d'approcher.

- J'aurais besoin de tout le Flux que vous pourrez me donner, leur demanda-t-il. J'ai le Joyau avec moi, mais ce que j'ai prévu va demander un max de puissance.

Sans rien demander de son plan, ils hochèrent la tête et lui mirent chacun une main sur ses deux épaules. Mercutio ouvrit sa main qui contenait le Joyau, et la plaça entre les Pokemon des Gémeaux. Puis il aspira peu à peu tout le Flux du Joyau, en même temps que celui qu'Irvffus et Galatea lui donnaient. Au lieu de conserver ce Flux lui-même - de toute façon, il était tellement colossal que son corps n'aurait pas résisté longtemps - il le propagea vers les Pokemon des Gémeaux.

L'opération prit plus longtemps que prévu, à cause de la quantité de Flux que contenait le Joyau. Mercutio comptait le vider. Il en avait besoin. Quant à Gemizuri et Geminero, ils brillaient d'une lueur dorée tandis qu'entre eux d'eux, juste derrière le Joyau, quelque chose se créa dans l'air, comme un trou, donnant vers une terre vierge. Vers un autre monde.

Enfin, Mercutio avait fini. Il sentait la dernière effluve de Flux du Joyau partir vers les Gémeaux. L'ouverture qu'ils avaient créée faisait maintenant la taille d'un être humain. Mercutio se coupa du Flux et prit sa respiration. Il n'avait servi que de catalyseur, mais il avait l'impression d'avoir couru un marathon. Dans sa main, le Joyau des Mélénis avait perdu sa teinte noire. On aurait dit maintenant une perle. Mercutio le jeta par terre, et l'écrasa sous son pied. Sans plus aucun Flux à l'intérieur, il était aussi fragile que le verre dont il était fait. Mercutio se tourna vers Irvffus.

- J'espère que vous ne m'en voulez pas. J'ai jugé que cet objet avait causé assez de mal comme ça.

- Tu as bien fait, Mercutio, approuva le Mélénis. Le Flux qu'il contenait était souillé, de toute manière. Mais puis-je te demander ce que tu as fait avec tout ce Flux et l'aide des Gémeaux.

- Un nouveau monde.

Mercutio désigna l'ouverture dans l'air. On aurait dit un miroir arrondi aux bords mouvants.

- Je ne comprends pas, avoua Irvffus.

- J'ai du mal à comprendre moi-même. Je suis sûr que c'est une idée que ce satané El m'a collé dans la tête. J'ai utilisé le Flux du Joyau et je l'ai transformé en énergie pour que les Gémeaux puissent créer un monde jumeau au nôtre. S'ils ont pu dupliquer votre propre personne en deux, ils peuvent faire pareil pour tout.

- J'ai besoin de plus d'éclaircissements, intervint Galatea. Toi et les Gémeaux... vous avez créé une autre planète ?!

- Non. Pas une planète. Ça, même avec tous les Joyaux des Mélénis du monde, je n'aurai pas pu. Plutôt un plan jumeau du nôtre. Une autre dimension, pareille à la nôtre, mais totalement vierge. Sans aucune vie dedans.

Ce fut Siena qui posa la question la plus pertinente.

- Et peut-on savoir pourquoi tu as fait ça ?

- Je vais le dire. Mais autant le dire à tout le monde. Irvffus, est-ce que vous pouvez me connecter mentalement avec tous les vriffiens de la région pour que je leur parle ?

Irvffus cligna des yeux.

- Tous les vriffiens ? Ça fait un paquet de gens. Je vais avoir besoin de ton aide, Galatea.

La sœur de Mercutio donna sa main au Mélénis.

- Il me faut aussi un vriffien, dit-il, pour que je puisse cibler ceux que je veux atteindre.

Acpeturo s'avança pour donner son autre main à Irvffus. Ils durent attendre un bon moment qu'Irvffus ait fini de se concentrer.

- C'est bon, Mercutio, dit-il enfin. Touche-moi et quand tu parleras, ils t'entendront tous.

Mercutio prit une longue inspiration, et plaça sa main sur celle d'Irvffus.

- Je m'adresse à tous les vriffiens, où qu'ils soient et qui qu'ils soient. Je m'appelle Mercutio Crust, et je suis l'un des pauvres infidèles que vous avez tenté de soumettre puis de faire disparaître. Sachez une chose, avant tout. Vous avez perdu cette guerre. Vos Elus ne sont plus, et votre Impératrice vous a abandonné. Le Vortex du Chaos a cessé d'être. Vous n'avez plus aucun moyen de nous effacer de la surface de la terre, comme vous le souhaitiez.

"Tout individu choisit la façon dont il vit. Le mal n'existe pas indépendamment des êtres humains. Nous en avons eu la preuve avec Solaris. Ceux qui le servent ont opté pour cette façon d'être. Le premier de tous les choix, c'est de penser par soi-même ou d'être un mouton qui se laisse dicter des actions et pensées maléfiques par quelqu'un d'autre. Si on pense rationnellement, on limite l'action du mal. Se cacher derrière une religion sans réfléchir à ce qu'on fait, c'est le premier pas vers l'obscurité.

"Vous, vriffiens, vous avez été accablés par les mensonges de vos dirigeants. Vous avez décidé en votre âme et conscience de suivre leur religion mensongère. C'était votre droit. Si vous en étiez restés là, tous les défenseurs de la liberté vous auraient accordé le droit d'exister comme bon vous semblait. Mais vous avez décidé d'imposer votre façon de voir les choses à l'ensemble de l'humanité.

"Pour ça, vous avez fait souffrir un grand nombre d'innocents. Vous avez envahi plusieurs pays libres, désirant vivre en paix avec vous. Vous avez tué et dévoré leurs Pokemon. Vous avez brûlé leur village. Vous avez abusé de vos victimes. Vous les avez transformées en esclave. Même si vous pensiez bien agir, selon les codes et la doctrine de vos chefs, vos actes n'en restent pas moins des plus horribles et impardonnables qui soient ! Mais on a gagné, et vous avez perdu. Cela étant, je répugne qu'on finisse par tous vous massacrer car vous êtes trop bêtes pour savoir quand se rendre. Alors, je vais vous offrir deux choses.

"La première, c'est un nouveau monde. Je vous offre un monde à vous tous seuls, où vous pourrez faire ce que vous voulez et vivre comme vous le souhaitez, puisqu'il semble apparent qu'on ne peut pas vivre ensemble. Mais comprenez-moi bien. Dans ce monde, vous n'aurez aucun peuple à faire souffrir, aucun Pokemon à manger. Vous vivrez seuls avec vous-même, avec vos pieuses idioties. Alors vénérez qui vous voulez et menez l'existence qu'il vous chante. Mais ne comptez plus sur nous pour vous servir de boucs émissaires. Quand votre propre médiocrité vous accablera, nous ne serons plus là pour jouer les victimes expiatoires.

"Je sais ce que deviendra un monde où vous en serez les maîtres. Mais j'ai espoir qu'un jour, vos enfants, ou les enfants de vos enfants, comprendrons votre pathétique dérive, et établiront un monde prospère, moderne, intelligent. Mais ce sera à eux de prendre ce choix. Nous ne serons pas là pour les y inciter. Comme tous les êtres humains, ils auront le choix de rompre avec les vieilles croyances et les philosophies dépassées. Et si vous gaspillez vos vies à croire à un « monde meilleur », eh bien grand bien vous fasse, car il n'y aura ni œuvre, ni science, ni pensée, ni bonheur éternel dans le monde des morts dans lequel vous irez. À vous de choisir : dans ce nouveau monde, profitez de la vie ou jetez là aux orties. Cela ne nous concerne plus.

"La seconde chose que je vais vous offrir, c'est un choix. Aucun d'entre vous ne sera obligé de partir dans cet autre monde. Vous pouvez faire le choix de rester dans celui-ci, et de profiter de notre monde de paix et de liberté. Mais vous devrez renoncer à vos envies de dominer les autres. Vous devrez respecter votre voisin. Et plus encore, vous devrez jurer allégeance à votre nouvel Empereur, qui saura vous mener vers un empire nouveau et sain.

"Dans notre monde, où règne la liberté, chaque être humain pourra vivre comme il l'entend et croire en ce qu'il a envie de croire, avec interdiction d'utiliser la force pour imposer sa volonté à autrui, comme vous l'avez fait. Chez nous, le succès et le bonheur ne sera pas garanti, bien sûr. Tout le monde ne parviendra pas à se construire une vie à la fois libre et morale. Mais notre succès ou notre échec ne dépendra que de nous, pas de pays envahisseurs ou de religions imposées.

"Choisissez. Un nouveau monde rien qu'à vous où vous pourrez repartir à zéro, mais que vous aurez toutes les chances de gâcher si vous le salissez avec votre religion barbare, ou le monde existant, où vous devrez vous plier à nos règles, mais où vous pourrez vivre dans la lumière et dans le progrès. Le choix est votre. Pas celui des Elus. Pas celui du trône impérial. Pas celui d'Asmoth. Pour la première fois de votre vie, vous avez le droit de choisir ! Le portail vers l'autre monde restera ouvert jusqu'à la semaine prochaine. Choisissez bien, car dès qu'il sera refermé, il n'y aura plus de retour possible.

Mercutio marqua une pause, puis reprit :

- Sachez que j'aurais pu tous vous tuer, pour vous faire expier tous vos crimes. J'en avais le pouvoir. Grâce au Joyau des Mélénis de votre Seigneur Vriffus, il suffisait que je me connecte à tous vos esprits vriffiens comme je le fais actuellement, et qu'à la place de parole, je vous envoie une décharge de Flux à chacun. Mais notre mission était de vous empêcher de nuire. Nous l'avons réussi, et il n'est pas question que nous ayons votre sang sur nos mains. Mais ne vous inquiétez pas. Pour ceux d'entre vous qui refuseront la défaite, et qui nous haïrons toujours, nous aurons de quoi nous venger. Nous vivrons heureux, tout simplement, pendant que vous croupirez dans votre propre mélasse.

Mercutio retira sa main d'Irvffus, et prit une longue respiration. Tout le monde autour de lui le regardait comme s'ils avaient devant eux Arceus le Créateur.

- Quoi ?

- Je n'ai jamais entendu parler quelqu'un avec une telle éloquence, affirma Octave. Et pourtant j'ai grandi avec Djosan !

- J'ai eu de l'inspiration, fit Mercutio avec modestie.

- Ou une aide extérieure, fit Irvffus avec un sourire. Quand je vous écoutais, je croyais entendre mon maître.

Mercutio fronça les sourcils.

- Et, le vieux, tu t'es pas amusé à parler à travers moi, si ?

Il n'eut aucune réponse. De toute façon, ça n'avait pas d'importance. Tout ce qu'il avait dit, il le pensait, et si El pouvait contrôler son corps, il ne contrôlerait jamais ses pensées. Acpeturo et Herts s'approchèrent de Mercutio, hésitants, comme s'ils ne savaient plus trop bien comment s'adresser à lui.

- Euh... nous voudrions aller dans le nouveau monde, si vous le permettez, dit Herts.

Mercutio les regarda, surpris.

- Mes amis, vous avez largement mérité le droit de rester ici.

- Nous le savons, et nous vous en remercions, dit Acpeturo. Mais nous voudrions guider notre peuple dans ce nouveau monde, pour ceux qui choisiront de s'y rendre. Nous aussi, nous étions comme eux, avant. Totalement aveuglés. Nous nous sommes éveillés à la lumière grâce aux autres. Moi grâce aux dutteliens qui m'ont accueilli chez eux. Et Herts grâce à vous. Nous avons un devoir envers les nôtres, aussi. Nous devons leur apprendre ce qu'on a appris de vous, pour ce que ce monde que vous nous offrez ne soit pas gâché. On a plus aucune attache ici, de toute façon. On pourra refaire notre vie nous aussi là-bas.

Mercutio hocha la tête et leur sourit.

- Je comprends. Je vous souhaite bonne chance.

Mercutio leur serra la main à tous les deux. Acpeturo alla s'incliner devant Octave, puis franchit la barrière du nouveau monde. Avant qu'Herts ne parte à son tour, Galatea s'approcha de lui.

- Attendez un moment.

Elle lui passa une main sur son visage délabré. Mercutio sentit qu'elle utilisait le Flux. Peu à peu, les terribles cicatrices et brûlures sur le visage d'Herts disparurent, laissant place à une peau lisse. Le vriffien, effaré, se tâta le visage, et ne put retenir ses larmes.

- Merci, enfants bénis du ciel, dit-il.

Puis il sauta à la suite d'Acpeturo, vers son nouvel avenir. Mercutio se tourna vers Octave.

- Ceux qui choisiront de rester auront besoin d'un nouvel empereur. Et vos sujets de Duttel ont besoin d'un nouveau roi. Vous êtes à demi duttelien, et à demi vriffien. Je pense qu'Antyos pariait sur vous pour rassembler vos deux peuples une fois pour toute.

À la grande surprise de Mercutio, Octave acquiesça cette fois sans broncher. Le jeune Rocket s'était attendu à ce qu'il soit difficile à convaincre.

- Votre discours m'a éclairé. Moi aussi, il est temps que je prenne un nouveau chemin. Mais pas en tant que duttelien. Pas en tant que vriffien. Notre Empire sera un nouvel Empire, qui rassemblera tous les peuples de la région d'Elebla. Pas l'Empire de Vriff. Pas l'Empire de Duttel. Et surtout pas l'Empire des Ténèbres. Ce sera l'Empire de Lunaris.

Mercutio eut un large sourire.

- Très joli nom, Votre Majesté.





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Note de l'auteur : Une partie de ce chapitre est inspirée de la saga littéraire "L'épée de Vérité"