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À la croisée des chemins de Abala



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Informations

» Auteur : Abala - Voir le profil
» Créé le 25/10/2011 à 12:22
» Dernière mise à jour le 25/10/2011 à 12:42

» Mots-clés :   Action   Aventure   Présence de personnages de l'animé   Suspense

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Chapitre 28 : départ
Brasegali était enfermé dans le sombre entrepôt du QG Rocket, encombré par une multitude de cages contenant diverses pokémons. Le pokémon feu de Mikiro avait été placé à côté d'une cage avec des Poussifeus qui n'arrêtaient pas de piailler. A sa gauche se trouvait un Reptincel, lui aussi dans une cage seul, qui avait réussi à s'assoupir. Brasegali avait tout tenté pour fuir : la totalité de ses attaques feu y était passée sans abîmer d'un pouce les barreaux qui l'emprisonnaient. Il s'était meurtri les membres en vain contre sa cage indestructible. Brasegali espérait que son maître Mikiro irait le chercher bientôt. Le pokémon ardent s'ennuyait tellement qu'il aurait même accueilli avec joie la venue de son pire rival, Dracaufeu.

Pour passer le temps, Brasegali se mit à former des petits cercles de feu autour de son bec avec une flammèche. Les Poussifeus piaillèrent de plus belle et commencèrent à l'imiter, en se grillant entre eux leurs quelques plumes. Amusé, Brasegali entama un Double Pied. Les pokémons poussins vinrent frapper les barreaux de leur cage avec leurs petites pattes, réveillant au passage Reptincel qui grogna. A l'étonnement de Brasegali, la cage des Poussifeus oscilla légèrement : elle devait être moins lourde et moins solide que la sienne. Brasegali s'accroupit et se propulsa jambes les premières contre les barreaux de sa cage, puis recommença. Les Poussifeus firent de même, mieux coordonnés la deuxième fois.

"Poussi poussi Poussifeu !"

La cage fit un quart de tour et les Poussifeus se secouèrent les plumes, effrayés. Puis ils reprirent vite leurs esprits et recommencèrent, tout excités. S'ils continuaient comme ça, ils allaient se rapprocher de la table avec les clés des cages, pensa Brasegali avec espoir.

"Tiens, tiens... Une rébellion" murmura une fois féminine amusée. "Tu vas pouvoir leur donner ta cage, Brasegali, puisque tu n'en as plus besoin."

Une silhouette svelte émergea de la pénombre : il s'agissait de Domino. Avant que Brasegali n'ait eu le temps de bien l'observer, un rayon rouge le rappela dans une pokéball. Domino transféra les Poussifeus dans la cage de Brasegali, puis se dirigea vers la salle d'arène. Giovanni s'y trouvait déjà. Il invoqua un Arcanin devant lui.

"Il va servir de cobaye." déclara-t-il. "Vous n'avez pas besoin d'un neutraliseur ?"

"Je contrôle parfaitement la situation." répondit Domino, qui sortit une seringue.

"Vous avez mis la dose maximale ?" demanda le Boss.

"Non, pas tout à fait. J'ai rajouté des hormones de Mackogneur à la place. Ca lui laissera une chance de survie à longue terme."

"J'ai hâte de voir ça."

Brasegali sentit qu'on l'invoquait, et avait qu'il ne reprenne totalement conscience du monde réel, il sentit son avant-bras droit se faire piquer par une seringue. Sa première pensée fut de fuir, mais une douleur phénoménale élança son bras et se propagea dans tout son corps. Sa vision devint floue et il sentit ses muscles se contracter fortement, et son corps s'agrandir. Il oublia où il était pendant un moment, puis la douleur faiblit et sa vue revint, mais teintée de rouge.

"Magnifique..." murmura Giovanni.

Il jeta un regard aux deux humains, le regard perdu. Puis Arcanin apparut dans son champ de vision et le sang monta à son cerveau sans qu'il puisse se contrôler. Il voulait fuir, mais se rapprocha du pokémon malgré lui, avec une furieuse envie de le frapper. Arcanin se mit en position défensive et montra ses crocs. Le corps de Brasegali s'enflamma alors, et son cerveau perdit tout contrôle. Il entama un Double Pied surpuissant qui brisa son adversaire. Son cri de douleur excita Brasegali qui s'apprêtait à frapper à nouveau, quand il sentit un rayon de pokéball le rappeler.

"Il est prêt." conclut Giovanni.

**

Deux heures du matin sonnèrent quand l'alarme de Vlad le réveilla. Il était temps de partir. Le jeune garçon fit son lit puis déposa une enveloppe sur son oreiller. Elle contenait une lettre à ses parents leur expliquant son départ. Il savait qu'ils auraient du mal à comprendre, mais il n'avait pas d'autre choix. Vlad fixa son baluchon. Il contenait les économies ammassées ces dernières semaines en aidant les pêcheurs de l'île. Puis le jeune garçon ouvrit sa fenêtre sans bruit et commença à descendre avec agilité du première étage. C'était une nuit de pleine lune, au ciel dégagé. Cela convenait parfaitement à Vlad qui allait avoir besoin des étoiles pour s'orienter. Il se dirigea en direction du nord par la plage principale, vers l'habitat de Bachir. Depuis sa mort, Vlad y avait entreposé les vivres qu'il allait embarquer à bord. Il en avait pour deux semaines avant une première escale.

Durant des semaines, Vlad s'était entraîné sans son mentor à la navigation. Enzo l'avait aidé, mais malheureusement Vlad n'était pas marin dans le sang. Il ne "sentait" pas le bateau comme son camarade et pour lui ce n'était qu'une grosse structure de bois qui servait à avancer. Le jeune garçon ne comprenait pas les pêcheurs de l'île qui tenaient presque plus à leur bateau qu'à leur propre famille. La nature de Vlad le portait plus à apprécier les choses de la nature, comme le son des vagues, la sensation du sable sous ses pieds, la brise sur son visage, ainsi que toute la flaure et la faune de l'île, avec lesquels il se sentait en harmonie. Il avait du mal à apprécier quelque chose d'aussi artificiel qu'un bateau.

Bien que Vlad ne soit pas devenu spécialiste de la navigation, il avait insisté pour qu'Enzo l'aide à construire son bateau. Mateo, agile de ses doigts, avait aussi participé, bien qu'il désapprouvait totalement le projet. Il lui avait cependant forgé une statuette en cristal représentant Métamorph avant son départ. Après plus d'une heure de marche, Vlad aperçut l'habitat de Bachir. Il sortit les caisses de vivres et les tira tant bien que mal jusqu'à la plage où était amarré son voilier. Il coupa alors les cordes les retenant avec son canif et se blessa la main. Ca commence bien, pensa le jeune garçon, suçant sa main ensanglantée. Puis il poussa de toutes ses forces son bateau qui s'enfonça un peu dans l'eau, puis sauta à bord. Le vent était favorable et le jeune garçon s'éloigna progressivement de l'île.

Vlad ému devant cette vue. Il ne s'était jamais rendu compte à quel point il aimait son île, ses deux plages, sa flore luxuriante et ses habitants. Il quittait tout cela à nouveau, et ne savait pas quand il rentrerait. Le voyage allait être long sans compagnie. Pour se réconforter, Vlad tirait ressource de la beauté des étoiles et de la pleine lune dont les faibles rayons argentés miroitaient sur les vagues. Comme souvent, il avait l'impression de ne faire qu'un avec l'environnement. Soudain, un bruit le sortit de sa contemplation.

"Cora cora".

Vlad se rapprocha du bord du voilier, et observa une petite forme rose pâle se cogner contre la coque. Il s'agissait d'un Corayon qui se faisait les cornes sur le bois dur du bateau.
"Tu es gentil, mais n'abîmes pas mon voilier s'il te plait." demanda Vlad. Il aurait bien aimé capturer ce pokémon pour avoir de la compagnie, mais n'avait pas emporté de pokéballs avec lui.

Le jeune garçon pencha son bras pour caresser le pokémon, qui se laissa faire. Puis il sentit la blessure de sa main l'élancer tandis que sa paume se raclait contre la peau rugueuse du pokémon. Vlad se releva et Corayon s'éloigna. Avant de plonger, le pokémon le regarda droit dans les yeux. Soudain, Vlad eut très froid, comme s'il venait de plonger dans l'eau. Pourtant, il était bien au sec sur le pont. Les yeux de Corayon brillèrent légèrement, et Vlad sentit sa main gauche se réchauffer. Il eut alors envie de la passer sur sa main droite blessée. A son grand étonnement, le sang de sa blessure s'évapora et sa plaie se referma. Quand Vlad, releva la tête, Corayon n'était plus là. En se retournant, il eut simplement le temps de voir le dernier bout de côte de l'île disparaître à sa vue. Cette fois, il était parti pour de bon.



Le nouveau Brasegali.