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Team Rocket X-Squad de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 25/09/2011 à 08:54
» Dernière mise à jour le 16/10/2017 à 21:07

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 50 : Des pouvoirs légendaires
Eryl n'avait jamais vu de quoi une éruption était capable, aussi fut-elle pétrifiée en arrivant à Cramois'Île. C'était un amas de terre brune, sans aucune végétation, avec des reliefs distordus. Le volcan responsable de ce désastre d'il y a quatre ans dominait cette région morte, son sommet fumant légèrement. Quelques bâtisses avaient été rebâtîtes ; un Centre Pokemon, une infirmerie, un petit magasin, et une dizaine de maisons, tout au plus. Ça ne correspondait en rien à la description de la Cramois'Île d'autrefois : une île touristique toujours bondée avec des lieux remarquables, comme le célèbre laboratoire Pokemon ou encore le Manoir Pokemon.

Il n'y avait que trois passagers du navire, avec Eryl, qui descendirent à Cramois'Île. Après les avoir déposé, le bateau repartit sur son trajet en direction des îles Sevii, bien plus attractives. Eryl était un peu perdue, seule sur cette lande de terre pratiquement abandonnée. Comment rejoindre les Îles Ecumes, maintenant ? Où étaient-elles d'abord ? Le temps pressait. Régis et ses amis étaient en train de se battre au nord pour repousser les vriffiens, et ils n'y arriveraient pas seuls. Eryl décida d'aller au Centre Pokemon. Sans doute quelqu'un pourrait-il l'aider. Mais il n'y avait que l'infirmière Joëlle au centre, ainsi qu'un Leveinard. Ils ne devaient pas avoir beaucoup de travail par ici.

- Bonjour, fit l'infirmière d'un ton chaleureux, enchantée de voir quelqu'un dans son centre. Que puis-je pour toi, ma chérie ?

- Bonjour. Euh... pourriez-vous me dire comment aller aux Îles Ecumes, je vous prie ?

- Les Îles Ecumes ? Répéta l'infirmière Joëlle. Tu veux capturer des Pokemon Glace qu'on ne trouve que là-bas ? Ce n'est pas encore la saison de l'année où Artikodin s'y trouve, hélas.

- Non, répondit Eryl, ne sachant même pas qui était Artikodin. Je cherche Auguste, le champion.

- Oh, mais tu n'as pas besoin d'aller jusqu'aux Îles Ecumes pour le trouver alors. Il est ici, à Cramois'Île.

- Vraiment ?

- Oui, il s'entraîne dans le volcan avec ses Pokemon. Il sera de retour ce soir.

- Je ne peux pas attendre, c'est urgent. Pouvez-vous me dire comment y aller ?

L'infirmière eut l'air surprise et apeurée.

- Oh non, ma chérie ! L'intérieur du volcan est un lieu très dangereux. Il regorge de Pokemon Feu violents et de plus, il est encore allumé, et les vapeurs ou la lave peuvent...

- J'ai des Pokemon, je me débrouillerai, affirma Eryl.

- Tu ne comprends pas, se désola Joëlle. Même les dresseurs les plus chevronnés ne vont pas à l'intérieur. Seul Auguste, un expert des Pokemon Feu et des volcans, peut s'y rendre, et encore en courant de nombreux dangers...

- Des vies sont en jeu, coupa Eryl avec fermeté. Je n'ai pas le choix. La moindre minute peut compter.

Et sans tenir compte plus longtemps des objections de l'infirmière, Eryl sortit du centre et se mit à courir vers la haute montagne qui fumait encore. Elle savait que ce qu'elle faisait était une folie. Elle n'était jamais rentrée dans la moindre grotte, alors un volcan en éveil ! Mais Régis, Sacha et les autres risquaient leurs vie en combattant les vriffiens. Si Eryl ne pouvait pas les aider à ça, le moins qu'elle puisse faire était de risquer la sienne pour leur envoyer des alliés.

Mais elle fut vite épuisée à grimper sur cette pente raide rocheuse, et pourtant, elle n'était même pas au quart du volcan. Elle se demandait si elle fallait qu'elle grimpe jusqu'au sommet quand elle vit une ouverture dans la parois volcanique, comme un tunnel qui aurait été creusé. Eryl s'approcha et s'arrêta à l'entrée. Il faisait très sombre dedans, et un air chaud et sec s'en échappait. La jeune dresseuse respira un grand coup. Elle pensa à Mercutio et se dit qu'elle devait être aussi courageuse que lui. Puis elle pénétra dans le volcan.

Rien que de respirer une bouffée de l'air sec et brulant qui se dégageait de ce lieu assécha complètement la gorge d'Eryl. Ses yeux lui piquèrent, mais elle n'arrivait même pas à pleurer pour les soulager. Et pourtant, elle n'était qu'à l'entrée. Elle vit que le chemin descendait plus profond et se demanda comment ça serait en bas. Il y avait sûrement des lieux plus propices à l'entraînement Pokemon. Plus elle avançait, moins la lumière était présente. Pensant qu'il pourrait l'aider et qu'il ne craindrait pas la chaleur étouffante des lieux, Eryl appela son Feunard.

Apparemment satisfait de l'atmosphère présente, le Pokemon déploya de façon majestueuse ses belles queues. Eryl lui demanda de produire quelques flammes de tant en tant pour qu'elle puisse voir où elle allait. Un des points positifs de cette escapade était qu'elle pouvait utiliser son nouveau Pokédex à loisir. Ce volcan était rempli de Pokemon dont Eryl ignorait jusqu'au nom. La plupart d'entre eux qu'elle croisait pour l'instant étaient des espèces de limaces et d'escargots faits de lave en fusion et de rochers brûlants. Il y avait aussi quelques Pokemon Roche dont plusieurs étaient familiers à Eryl.

À force de descendre, elle n'eut bientôt plus besoin de son Feunard pour éclairer les galeries. Une lumière rouge devenait de plus en plus forte au fur et à mesure de ses pas, de même que la chaleur. Enfin, elle en découvrit la cause. Elle venait d'arriver au centre du cratère, ou plusieurs mètres en dessous se trouvait une masse rougeoyante et fumante de magma en fusion. Eryl suait de toute les pores de son corps, et pouvait à peine respirer dans cette fournaise. Elle demanda à son Carapuce de la rafraichir un peu avec ses attaques eaux, mais l'eau ne tarda guère à s'évaporer, et Eryl ne voulait pas laisser son nouveau Pokemon, si petit et chétif, plus longtemps que nécessaire dans ce lieu hostile. Elle se pencha légèrement vers le trou pour tenter d'apercevoir Auguste. Regarder la lave était comme regarder le soleil, et les yeux d'Eryl ne le supportèrent pas longtemps.

Elle ne vit pas Auguste, mais plusieurs Pokemon qui semblaient se baigner en bas dans le liquide fumant. Elle pencha sa main qui tenait son Pokédex pour les enregistrer, mais dès que sa main fut au dessus du gouffre, la chaleur était telle qu'Eryl ouvrit sa main convulsivement avant de la retirer. Avec horreur, elle vit son Pokédex en train de tomber. Elle le rattrapa d'un geste vif, mais ne parvint qu'à perdre elle-même l'équilibre. Poussant un cri de surprise et de terreur, elle chuta de la falaise, mais aussitôt, une main ferme lui attrapa le poignet, la maintenant suspendue quelques mètres au dessus du magma bouillonnant. Son sauveur la fit remonter, et ne tenant plus sur ses jambes après le choc - elle était encore passée à ça de la mort - elle resta les genoux sur la roche chaude à retrouver une respiration normale.

- Eh bien, jeune fille. Ce n'est pas un endroit bien indiqué pour les jeunes dresseurs ici.

Son sauveur était un vieil homme qui portait une chemise décontractée blanche, un chapeau sur son crâne totalement chauve et des lunettes de soleil rondes. Il avait une belle moustache blanche, et se tenait sur une canne, pourtant il devait paraître plus fort qu'il ne l'était, vu qu'il avait réussi à soulever Eryl par une main facilement.

- Me... merci, souffla Eryl. Vous... vous êtes Auguste n'est-ce pas ?

- Au dernière nouvelles, je l'était. C'est pour ça que tu as affronté le volcan ? Pour un match d'arène ? La vie est plus importante qu'un badge, mademoiselle.

- Ce n'était pas pour un match, j'aurai attendu sinon, dit Eryl.

Elle lui parla alors des vriffiens qui menaçaient d'envahir Kanto. Elle lui parla de l'attaque d'Azuria, et de Régis et de son grand-père qui tentaient de réunir tout les champions de Kanto pour stopper ces barbares.

- Ils m'ont envoyé vous prévenir, monsieur... La situation au nord est grave.

Auguste était resté sans voix pendant un moment, puis rompit le silence en se grattant sa large moustache.

- Sans doute qu'elle l'est. Hélas, depuis l'éruption, on a plus de réseau ici. Ni télévision, ni internet, ni téléphone. Heureusement que tu es venue, jeune fille. Comment t'appelles-tu ?

- Eryl, monsieur.

- Ce vieux Sammy doit te faire beaucoup confiance pour t'avoir envoyé jusqu'à moi.

Eryl se rendit compte qu'il parlait du professeur Chen.

- On se connait à peine, en fait, avoua Eryl. Mais il connaissait mes parents.

- Allons donc, ne le faisons pas attendre. Partons immédiatement. J'imagine que la bataille d'Azuria doit être terminée, à l'heure qu'il est, mais ça coute rien d'aller voir.

- Mais il n'y a plus aucun bateau pour le continent avant demain soir, fit Eryl, désespérée.

- Ce n'est pas un problème, répondit Auguste avec un sourire. Je quitte rarement mon île, mais quand je le fais, ce n'est pas en bateau. J'espère que tu n'as pas le vertige, Eryl.

Auguste se passa deux doigt dans la bouche et poussa un long sifflement. Eryl entendit, mais rien ne se passa.

- Que...? Commença-t-elle.

- Qui éclaire le ciel noir de la nuit d'une lueur rougeâtre passant à toute vitesse ?

Surprise par cet énigme, Eryl pensa d'abord à une météorite, mais elle ne se voyait pas retourner à Kanto sur un rocher de l'espace. Soudain, la lave en dessous s'agita et s'ouvrit en deux, comme Moïse ouvrant la mer rouge. Un gigantesque Pokemon en sorti. Eryl se rendit compte que c'était un oiseau, mais qui était en train de brûler, ce qui n'était guère étonnant après être sorti d'une piscine de lave. Mais apparemment, les flammes sur les ailes et la tête du Pokemon étaient tout à fait normales, vu que l'énorme oiseau ne semblait pas en souffrir. Il était majestueux avec ses ailes, sa crinière et sa queue enflammé. Eryl n'avait jamais rien vu d'aussi beau et d'aussi noble. Eryl se souvint alors des histoires que sa mère lui racontait jadis, sur trois oiseaux éternels qui parcouraient le monde et qui aidaient les âmes en peine.

- Ce... ce Pokemon est-il à vous, monsieur ? Demanda Eryl, impressionnée.

- À moi ? Arceus m'en garde. Le légendaire Sulfura n'appartient à personne. C'est juste un vieil ami qui vient souvent me rendre visite. Il aime bien le volcan de notre île, et s'en sert pour se reposer après un long vol. Il m'a sauvé la vie quand j'était enfant. Je m'étais perdu dans les montagnes, et je n'ai pu revenir chez moi qu'après avoir été éclairé par la lueur des flammes que Sulfura fit apparaître à son passage. C'est ce qui m'a décidé à devenir un dresseur de Pokemon feu.

Sulfura se posa devant eux. Eryl recula, quelque peu apeurée, mais Auguste lui s'approcha, pour caresser la tête brûlante du Pokemon qui s'était penché docilement. Auguste ne semblait ressentir aucune douleur, alors que sa main était plongée dans les flammes qui faisaient la crinière du Pokemon.

- Nous avons besoin de toi, mon vieil ami, lui murmura Auguste. Des étrangers qui mangent les Pokemon et qui veulent envahir nos terres par la force. Qu'est-ce que tu en penses ?

Sulfura poussa un long cri strident qui fit briller encore plus le feu sur son corps. Auguste sourit, l'air satisfait. Le champion de Cramois'Île, après s'être installé sur le dos enflammé de Sulfura, parvint à convaincre Eryl - au bout d'un certain temps - qu'il n'y avait aucun danger à s'asseoir sur Sulfura si celui-ci vous acceptait. Les flammes qui le saillaient ne brûlaient que ses ennemis. Et en effet, quand Eryl s'installa derrière Auguste, elle ne sentit aucune chaleur des flammes des ailes du Pokemon Légendaire. Elle osa toucher le feu, et ne ressentit qu'un léger picoti indolore.

Sulfura s'élança vers le haut, hors du cratère, à une vitesse telle qu'Eryl avait l'impression d'être dans une boule de feu. Son cri se perdit dans le bruit du vent quand Sulfura descendit en piqué tout le volcan. En revanche, dès qu'il commença à survoler la mer, il vola de façon plus stable pour ses passagers, quoiqu'aussi rapide qu'avant. L'eau semblait s'évaporer à son passage, alors même qu'il la survolait de plusieurs mètres. C'était autrement plus excitant qu'un voyage en bateau. Et bien plus court. Alors qu'il avait fallu à Eryl près de cinq heure pour arriver jusqu'à Cramois'île sur le paquebot, elle avait fait le retour en moins d'un quart d'heure avec Sulfura.

Comme l'avait décidé Auguste, Sulfura les amena jusqu'à Azuria. Mais la ville, en piteuse état, était déjà occupée par les vriffiens. On les voyait déambuler dans les rues pratiquement désertes, positionner leur catapulte de défense, rigoler bruyamment ou encore s'adonner à détruire violement toutes les machines qu'ils pouvaient trouver. Apparemment, les défenseurs de Kanto avaient perdu la bataille. Mais où étaient-ils ? Où était Régis ? Avait-il péri sous les coups des vriffiens ? Cette pensée donna des maux de ventre à Eryl.

- Tant pis, dit Auguste. Il serait trop dangereux d'attaquer une ville déjà prise. On va plutôt jeter un coup d'œil au foyer d'invasion, et on ira voir Samuel après. Sulfura, vers le nord !

Le Pokemon Légendaire changea brusquement de cap, vers les montagnes qui séparaient Kanto de l'Empire de Vriff. Ils survolèrent de nombreux groupes de vriffiens qui étaient en route pour Kanto. Ils furent tristement vulnérables face à Sulfura. Ils tentèrent de se défendre en utilisant leurs arcs, mais leurs flèches furent réduites en cendre bien avant d'arriver jusqu'à Sulfura. Pourtant, Sulfura aussi se retenait. Il aurait pu les griller tous sur place en quelques secondes, mais sans provoquer un incendie qui aurait détruit toute la flore et plusieurs pauvres Pokemon à plusieurs kilomètre à la ronde, d'autant plus que le feu de Sulfura avait la réputation d'être très résistant et de s'éteindre difficilement.

Alors, à la place d'un grand débordement de flammes, Sulfura empoigna deux vriffiens à la fois à l'aide de ses serres pour les brûler en plein vol. Mais passé le choc de l'apparition de l'oiseau de feu géant, les vriffiens se mirent à s'organiser. Ils brandissaient des lances pointues qui elles n'auraient pas fondu et qui pourraient infliger des blessures sérieuses à Sulfura. Aussi le Pokemon n'osa plus trop descendre, mais utilisa à la place l'attaque Lance-Soleil en plein vol. L'attaque était puissante, mais nécessitait un temps pour récupérer, et après en avoir lancé cinq à la suite, Sulfura commençait à s'épuiser.

- C'est bon mon ami, lui dit Auguste. Replions-nous maintenant.

Il restait plein de vriffiens, mais il aurait été stupide de continuer. Si Sulfura s'écrasait de fatigue, ça en serait fini d'Auguste et d'Eryl. Ils repartirent donc vers le sud. D'où elle se trouvait, Eryl pu voir plusieurs longues rangées de vriffiens s'approcher de plus en plus des grandes villes. Ils arrivaient de partout à la fois, et semblaient être illimités. Plus loin, au nord de Lavanville, une bataille avait lieu entre les forces du gouvernement et les vriffiens. Eryl se dit que ce n'était pas trop tôt que les Dignitaires interviennent.

Mais leur armée était minime comparé à tout ce que l'Empire de Vriff pouvait envoyer contre. Eryl le voyait très bien d'où elle était. Seulement trois appareils de guerre et environs deux cents hommes contre bien deux mille vriffiens qui s'approchaient de plus en plus de Lavanville. Et c'était pareil à Argenta, qui elle aussi faisait les frais d'une attaque. Il y avait bien une unité du gouvernement commandé par un grand blond à la tenue militaire, mais face au déferlement de vriffiens, qui en plus possédaient là trois vaisseaux volants, c'était bien peu. Eryl vit que Régis et son ami Sacha, ainsi que quelques autres dresseurs, participaient à la bataille. Avant qu'elle n'ai pu en informer Auguste, ce dernier enjoint Sulfura d'aller là-bas.

- On va les aider, dit-il. Tu es prête à te battre, Eryl ?

La jeune dresseuse hocha la tête. Elle savait que le professeur Chen n'aimerait pas la voir sur un champ de bataille alors qu'elle n'était pas vraiment une dresseuse expérimentée, mais il était hors de question qu'elle se cache en attendant que ce soit fini. Sulfura les posa au milieu des militaires et dresseurs de Kanto, dont beaucoup s'exclamèrent de stupéfaction en voyant un Pokemon légendaire atterrir devant eux. Mais quand ils virent Auguste, ils exprimèrent leur joie en vivats bruyants et tous avaient retrouvé le moral.

- Auguste ! S'exclama Régis Chen en venant les retrouver. Et Eryl ! Votre présence n'est pas de trop.

Auguste et Eryl descendirent de Sulfura, qui, une fois le dos libre, retourna dans les airs pour aller affronter les trois Ailes du Sang vriffiennes. Il les transperça proprement un par un, et les bateaux volant allèrent s'écraser au sol.

- Salut à toi, fiston, répondit le vieux champion. Je vois que Bob, Forrest et Ondine sont là eux aussi. La moitié des champions de Kanto contre ces sauvages ! C'est exaltant !

- Sacha et Pierre sont là aussi, ajouta Régis. Mais on ne peut pas compter sur des renforts venant de l'armée. Ils s'ont assez occupé en ce moment à Lavanville.

- Oui, on a vu ça. Alors on finit ici et on part les aider !

Auguste fit apparaître toute une panoplie de Pokemon Feu et se précipita dans la bataille. Eryl sorti ses Pokeball pour l'imiter, et appela Feunard, Sidérella et Ea. Elle laissa son Carapuce dans sa Pokeball quand même. Il n'avait jamais été entraîné pour participer à ce genre de bataille meurtrière.
Avant qu'elle ne se lance dans la bataille à la suite d'Auguste, Régis la retint par le bras.

- Fais attention, hein ?

Eryl lui répondit en un petit sourire confiant et partit affronter les vriffiens, avec dans le cœur un petit espoir que le beau Régis ne lui était peut-être pas totalement indifférent.


***


Sacha avait vu l'arrivée d'Auguste et de la fille qui s'appelait Eryl sur le dos du légendaire Sulfura, mais n'avait pas eu le temps de s'en émouvoir. Ces damnés vriffiens étaient partout devant lui. Ils courraient vers lui et ses Pokemon avec une rage égale à nulle autre et sans se soucier de leur sécurité. Bien entendu, la plupart tombaient sous les attaques des Pokemon ou les tirs des hommes de Bob, mais ils ne cessaient jamais d'affluer, et malgré leur puissance supérieure, Sacha et ses camarades furent vite débordés.

Juste après la bataille d'Azuria et la diffusion du message de l'Empire, Forrest et Pierre avaient reçu un message de leur famille signifiant que les vriffiens s'apprêtaient à envahir Argenta. Aussi tout le monde capable de se battre, même Ondine et les dresseurs de son arène, avaient accourut. Mais de suite après que tout les défenseurs étaient partis d'Azuria, un autre assaut des vriffiens avait secoué la ville. Et sans personne pour la défendre, elle avait été rapidement prise. Ondine en avait été informée, et sa fureur se lisait dans sa façon de combattre. Sacha la comprenait. Il ne savait que trop bien ce que ces barbares de vriffiens faisaient aux habitants d'une ville qu'ils avaient capturé. Heureusement, les trois sœurs aînées d'Ondine n'étaient pas à Azuria quand elle avait été prise.

Revenu à la réalité des combats, il esquiva le coup d'épée d'un vriffien pour ensuite lui coller son poing dans la figure. Sacha se fit mal, mais pas autant que le soldat ennemi. Mugissant, son nez et sa bouche déversant des flots de sang, il tenta d'embrocher Sacha avant que Pikachu ne le clou sur place avec son attaque Tonnerre. Sacha n'avait jamais tué personne et ne tenait pas spécialement à s'y mettre aujourd'hui, pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'envier Bob et ses hommes qui eux, armés de mitraillettes, restaient à distance et tiraient dans le tas sans courir de véritables dangers, si ce n'était quelques flèches lancées occasionnellement.

Sacha était inquiet, car il avait vu son Méganium se faire blesser par une lance vriffienne. Il l'avait immédiatement rappelé, bien sûr, mais il avait bien vu la lance rentrer assez profondément dans le corps de son Pokemon. Et il ne pouvait pas quitter la bataille pour amener Méganium au Centre Pokemon, qui, de toute façon, était fermé. Ayant appris ce qui s'était passé à Azuria, tout les habitants d'Argenta avaient préféré fuir vers Jadielle avant que les vriffiens n'arrivent. Une décision plutôt sage. Car Sacha doutait beaucoup, qu'en dépit de leurs efforts, Argenta puisse être sauver. Les vriffiens continuaient à affluer sans cesse, alors que les Pokemon des défenseurs étaient à bout, et les munitions des soldats du gouvernement pratiquement à sec. Il vit avec horreur un des dresseurs d'Ondine se faire transpercer par une épée vriffienne, et deux Pokemon tomber mort après des attaques répétés.

- Il faut fuir, cria Sacha à Ondine qui se battait comme au début, sans signe de fatigue. Ils vont nous écraser !

- Fuir ?! répéta Ondine comme si ce mot lui était inconnu. Je n'ai pas encore atteint mon quota de vriffiens tués pour ce qu'ils ont fait à ma ville !

Sacha poussa un juron, bien décida à amener Ondine de force si besoin est, même s'il risquait ensuite de perdre l'usage de certains membres auxquels il tenait. Mais il n'y en avait pas besoin, finalement. L'air sembla se rafraichir. Il devenait lourd, pesant, comme si une violente tempête allait arriver. Le ciel devint plus sombre, de noirs nuages recouvrant le soleil. Le vent se leva. Une femme venait d'arriver au milieu des vriffiens, comme par magie. Elle devait avoir la trentaine, et était d'une froide beauté. Son visage d'albâtre était sculpté au milieu de long cheveux argentés qui brillaient comme l'éclat de la lune. Elle portait une robe noire qui lui donnait un air sinistre.

À son apparition mystérieuse, plusieurs défenseurs d'Argenta, dont Régis, Auguste et Bob, poussèrent une exclamation soulagée, comme si l'arrivée de la femme signifiait la fin de la bataille. Sacha se dit qu'il aurait du connaître cette femme, mais il n'arrivait plus à mettre le doigt dessus. Les vriffiens furent un temps désemparé en voyant cette apparition féminine apparaître soudainement au milieu de leur rang. Mais quand ils virent qu'elle possédait des Pokeball à la taille, ils se reprirent et s'approchèrent avec de grands sourires pour s'en prendre à elle. La femme leur retourna leur sourire, et leva une main.

Aussitôt, un vent noir souffla en direction des vriffiens, qui les désarçonna totalement, et les fit même souffrir. Puis elle appela l'un de ses Pokemon, un Noctali, qui lança sur les vriffiens une attaque Vibrobscur des plus puissantes. Mais le plus étonnant, c'était que sa dresseuse elle aussi utilisait les mêmes attaques que lui. De son corps sortait les mêmes rayons noirs tranchant que ceux de Noctali, et elle arrivait à se téléporter de quelques pas pour aller jusqu'à un vriffien qui ne se doutait de rien pour ensuite le tuer avec un fin couteau. Sacha reconnaissait là l'attaque Feinte des Pokemon ténèbres, et sut qui était cette femme.

Marion Karennis, une des puissants dresseurs du Conseil des 4, mais aussi une disciple de Peter Lance dans les arts G-Man. Tout comme son maître qui maîtrisait le pouvoir des Pokemon Dragon, Marion parvenait à utiliser certaines attaques des Pokemon Ténèbres. C'était là la puissance des Aura Gardien, qu'on appelait aussi G-Man ; les fameux humains très rares qui partageaient leur ADN avec celle d'un Pokemon en particulier, en l'occurrence pour Marion, Noctali. Les vriffiens durent sans doute se dire qu'ils avaient à faire là à une créature du diable, et ça, bien plus qu'une immense armée devant eux, leur fit prendre peur. C'était la première fois que Sacha voyait de la peur sur le visage de ces soudards.

Cette peur alla en s'accentuant quand un autre personnage apparut derrière eux. C'était un homme de l'âge de Marion, étrangement vêtu. Il portait un masque qui lui recouvrait une partie du visage, et un costume violet avec des dentelles qui aurait pu s'apparenter à la tenue d'un magicien de cirque. Ses yeux étaient le plus effrayant, car ils n'avaient pas d'iris ni de pupilles. Ce n'était que deux orbes luisants comme des soleils. On en voyait rarement un sans l'autre, aussi Sacha reconnut-il là Clément Psuhyox, lui aussi membre du Conseil des 4, et lui aussi apprenti G-Man auprès de Peter.

Il avait à ses cotés un Xatu. En un parfait ensemble, lui et son Pokemon utilisèrent des pouvoirs psychiques si puissants que les vriffiens furent littéralement balayés. Certains furent propulsés plusieurs mètres au dessus du sol pour retomber s'écraser en un bruit écœurant, d'autres étaient projetés contre des bâtiments de la ville avec une force inouïe, ce qui conduit au même résultat funeste que les autres. Au bout d'un certain temps, les vriffiens qui restaient ne demandèrent pas leur reste et prirent leur jambe à leur cou. L'air satisfait, les deux G-Man allèrent retrouver les champions de Kanto, qui s'étaient rassemblés dans une stupeur commune devant la puissance de ces individus.

- Maître Peter vous salut, commença Clément. Il regrette de n'avoir pu venir en personne vous aider, mais il est occupé dans l'Est, où les vriffiens viennent juste de prendre Lavanville. Ils nous a donc envoyé à sa place pour défendre Argenta.

Régis coula un regard aux innombrables cadavres de vriffiens tués par les pouvoirs de Clément et Marion.

- Ce n'est pas grave, on se contentera de vous, parvint-il à dire. Je doute que Lance lui-même aurait fait mieux.

Marion haussa les sourcils.

- Oh, bien sûr que si, dit-elle d'une voix neutre. Sauf que quand le maître utilise ses propres pouvoirs, la ville résiste rarement. Il intervient seulement pour reprendre les villes déjà prise, pas pour les protéger.

Sacha connaissait un peu Peter. Ils avaient combattu ensemble quelque fois contre des Team criminelles. Il ne l'avait jamais vu utiliser ses pouvoirs de G-Man, mais sa réputation n'était plus à faire. Peter Lance était à la fois le Maître Pokemon de Johkan, un Maître G-Man des plus puissants et le général en chef de l'armée du gouvernement. À lui seul, il avait mit fin à plusieurs guerres et démantelé plusieurs organisations criminelles. Son exploit le plus récent est d'avoir vaincu le terrible Masque de Glace, leader de la Neo Team Rocket, qui avait provoqué la terreur à Johto pendant près de deux ans. D'ailleurs, selon les rumeurs, Clément et Marion avaient été les sbires de Masque de Glace jusqu'à que Peter les fasse revenir du bon coté. Ils ont ensuite intégré le Conseil des 4 pour suivre l'enseignement à la fois Pokemon et G-Man du Maître.

- Que devons nous faire maintenant ? Demanda Forrest aux deux Elites.

- Nous, on va retourner auprès de Maître Peter, répondit Clément. Si vous voulez continuez à nous aider en défendant la région, vous êtes les bienvenus. Mais il est bon de vous prévenir que même le Maître est pessimiste devant les forces en présence. Ce qu'on a affronté jusque là n'était qu'une partie infime des armées de l'Empire. Tout Kanto deviendra bientôt un énorme champ de bataille. Et Maître Peter doute fortement qu'on puisse arrêter les vriffiens seuls.

- Il nous faudrait un miracle pour gagner, acquiesça Marion.