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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 05/08/2011 à 08:17
» Dernière mise à jour le 11/02/2017 à 15:51

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 32 : Le véritable visage de Solaris
L'Impératrice venait de rentrer à Akuneton. Toute la ville était venue l'acclamer tandis qu'elle pénétrait dans la grande place sur son immense chariot royal, escortée par toute une rangée de soldats. L'accueil que ses sujets lui réservèrent n'aurait pas été différent si Solaris venait de gagner la guerre. Les gens hurlaient des louanges éternelles à son passage, tombaient à genoux, juraient une loyauté sans faille. Ils semblaient tous en transe.

Mercutio et Galatea, vêtus pour passer inaperçus dans cette foule déchainée, étaient quelque peu en retraits du défilé. Mais Mercutio pouvait voir de là le visage de Solaris, comme sculpté dans l'albâtre, qui regardait de haut et froidement tous ces gens qui tombaient à ses pieds. On aurait dit une déesse qui contemplait d'un air dégouté une masse de pauvres mortels. À voir son regard, Mercutio ne doutait plus de ce qu'Acpeturo leur avait raconté. Il se demandait juste comment cela se faisait qu'il ne l'avait pas remarqué avant. Solaris n'avait rien fait pour le cacher, en plus, en dehors de ses magnifiques sourires. C'était une extrémiste, qui ne reculerait devant rien pour assouvir sa vengeance contre les dutteliens.

Pourtant, il tenait à lui parler. Il ne savait pas pourquoi, mais il voulait lui laisser une chance de s'expliquer, de se justifier. Peut-être qu'inconsciemment, Mercutio espérait encore que Solaris pourrait le convaincre de sa bonne foi. Quand son immense chariot atteignit les marches du palais impérial, Solaris descendit sous les génuflexions instantanées de toute la foule présente. Puis elle fit face à son peuple, toujours agenouillé, et s'adressa à lui d'une voix qui résonnait de façon spectaculaire sans se servir d'un micro ou d'autres trucs de ce genre.

- Vriffiens, mes sujets ! Je reviens triomphante du front contre nos ennemis de toujours, les dutelliens. Ils ont rampé devant moi pour que je les épargne, comme les insectes lâches et méprisables qu'ils ont toujours été ! Mais je n'en ai rien fait. Je les ai juste gardés en vie le temps qu'ils voient nos braves guerriers dévorer leurs Pokemon abjects !

La foule écria sa joie et sa sauvagerie. Mercutio et Galatea regardèrent ce spectacle comme s'ils n'avaient jamais rien vu de pareil ; ce qui était d'ailleurs le cas. Chacune des paroles résonnantes de Solaris était comme un coup de couteau dans le cœur de Mercutio.

- Je vous annonce aussi, poursuivit l'Impératrice, que nous avons finalement annexé le pays d'Arval, qui depuis trop longtemps se cachait derrière cette stupide neutralité. Ceux qui ont osé contester mon autorité là-bas sont à présent entre les mains glacées de la mort ! Ce pays nous servira à défaire plus rapidement les dutteliens. Et très bientôt, ce sera au tour du pays de Conscie qui s'est tant défilé devant nos propositions d'alliance contre Duttel. Toute la région d'Elebla appartiendra à l'Empire de Vriff, comme il se doit !

Les vriffiens éclatèrent une nouvelle fois en ovation et Mercutio commença à se sentir mal. Entendre toutes les horreurs qu'Acpeturo prêtait à Solaris de la bouche même de l'impératrice, qui avait l'air de s'en vanter profondément, lui causa une douleur horrible. Mais Solaris ne s'arrêta pas là.

- L'Empire de Vriff existe depuis plus de cinq cent ans. Notre devise a toujours été de conquérir et de dominer les autres, tout simplement car notre cause est juste ! Nous seuls connaissons la vérité ! Nous sommes le peuple élu par Dieu pour prendre possession de ce monde qui nous revient de droit. Les autres peuples de ce monde, pour la plupart des amoureux des Pokemon, ne comprennent pas la réelle puissance des hommes. Nous, Empire de Vriff, nous allons la leur démontrer ! Que notre règne soit total et infini !

La foule massée reprit d'une même voix cette tirade plusieurs fois :

- Que notre règne soit total et infini !
- Que notre règne soit total et infini !
- Que notre règne soit total et infini !

Solaris salua la foule en levant haut son bras, la main ouverte, comme si elle désirait y mettre le soleil dans sa paume. La foule continuait de scander la devise de l'Empire, tandis que Solaris repartait d'un pas royal vers son palais. Galatea mit une main réconfortante sur l'épaule de Mercutio.

- Je crois... qu'on a fait une grosse bêtise, murmura-t-elle.

Trop effaré pour parler, Mercutio hocha la tête. Pour une grosse bêtise, il en avait fait une, oui. Ils avaient aidé et secouru ce qui était de loin la plus grande despote psychotique de leur époque, et ils avaient failli s'allier à son empire de fanatiques conquérants.


***


Quand Solaris rentra dans sa salle du trône, elle eut la mauvaise surprise d'y trouver les seigneurs Jyskon, Falchis et Ues.

- Votre Majesté, nous nous réjouissons de votre retour, fit Falchis tandis qu'ils s'inclinèrent non sans une certaine ironie.

Solaris retint la grimace de dégout qui ne manquait jamais d'apparaître sur ses lèvres à la vision de ces trois vieillards difformes. Cela faisait des siècles qu'ils mangeaient les œufs de Pegasa pour continuer à vivre, mais si c'était là le prix de l'immortalité, Solaris aurait préféré depuis longtemps rejoindre ses ancêtres dans le mausolée impérial. Heureusement, elle n'avait pas besoin de manger ces œufs pour rester jeune.

Solaris leur fit un bref signe de tête, agacée de les avoir toujours dans les pattes quand elle était au palais. Les maîtres de l'Empire, tu parles ! Ce n'étaient tous que des lèches-bottes lâches et vénaux. Elle était la vraie maîtresse de l'Empire et ne manquerait pas de leur faire savoir le moment venu. Le seul problème était le Seigneur Vriffus. Le chef des Elus n'était pas comme ses quatre autres collègues. Solaris devait l'avouer ; Vriffus lui faisait peur. Mais elle doutait qu'il n'y ait un seul être vivant en ce monde qui ait déjà vu Vriffus et qui ne le craigne pas. Tant que Vriffus serait sur la scène, Solaris ne pourrait pas se débarrasser des autres Elus.

- Nous espérons que ta courte présence sur le front a suffi à motiver l'ensemble de nos forces, ajouta Ues.

- Nos armées sont motivées, répondit Solaris. Mais même si elles ne l'étaient pas, cela n'aurait aucune importance. La peur de ce que je pourrais leur faire s'ils me déçoivent suffirait amplement. Et puis, notre supériorité tactique est indéniable. De plus, la Team Rocket nous apportera bientôt son appui. Les dutteliens n'en ont plus pour très longtemps.

- Je l'espère, mon enfant, siffla le Seigneur Jyskon. Car notre Pegasa n'en a plus pour longtemps non plus.

- Ne vous inquiétez pas, Seigneur Jyskon. Dans une semaine, Duttelia sera à nous, ainsi que le Devin. Nous pourrons alors lui poser la question qui vous importe tant.

Solaris n'avait pu entièrement effacer les traces de moquerie de sa voix. Jyskon s'en rendit compte.

- Ne nous parle pas ainsi, gronda-t-il. Tu te plais d'être à l'abri de la mortalité tandis que notre heure approche si nous ne trouvons pas le Pegasa mâle. Mais ton éternelle jeunesse, c'est à nous que tu la dois, ne l'oublie pas, impératrice de Vriff ! Tu dois nous obéir !

Solaris haussa les sourcils d'un air ennuyé. Jadis, quelque quarante ans auparavant, ce ton aurait suffi pour l'effrayer, mais cela faisait beaucoup d'années qu'elle ne craignait plus les Elus.

- Je vous dois mon éternelle jeunesse, dites-vous ? Ce n'est pas le souvenir que j'en ai. Il me semble que j'ai décidé de l'acquérir moi-même alors que vous aviez décidé de ce destin pour mon frère !

Elle avait du mal à contenir la colère dans sa voix. Elle n'avait jamais voulu de leur éternelle jeunesse et de tout ce qui allait avec. Mais elle l'avait prise, uniquement pour épargner ce sort à Lunarion. Si elle ne l'avait pas fait, ce serait lui qui serait à sa place aujourd'hui et elle à la sienne, où que puisse être sa place. Le Seigneur Ues eut un rictus méprisant.

- On ne t'avait rien demandé, en effet. Nous aurions cent fois préféré un homme comme empereur. Ce que tu es devenue, tu te le dois à toi, il est vrai. Mais n'oublie pas qui a capturé Dracoraure. Depuis la nuit des temps, nous ordonnons aux différents empereurs qui se sont succédés et ils obéissent. Ce ne sont que des outils. Toi, tu es un outil plus aiguisé que les autres, mais un outil quand même. Et si cet outil est défaillant, nous pouvons toujours le remplacer !

Solaris haussa les épaules, guère perturbée par cette menace. Une menace vaine, qui plus est. Elle était la dernière de sa lignée et le peuple n'accepterait jamais un empereur qui vienne d'une autre famille. De plus, ils auraient du mal à trouver un autre Dracoraure. Solaris s'installa nonchalamment sur son trône.

- Vous êtes venu me voir uniquement pour me rappeler ça ? demanda-t-elle.

- Non, Votre Majesté, répondit Falchis. Nous voulions nous entretenir avec vous d'un important sujet.

Solaris aimait bien Falchis. Enfin, disons qu'elle ne le méprisait pas autant que les autres Elus. Il avait toujours été le plus gentil avec elle dans sa jeunesse et la traitait toujours avec respect.

- Et qui est ? demanda Solaris.

- Nous avons ouï dire que le centre de production des œufs avait été découvert, fit Ues. Nous voulions juste te faire part de notre inquiétude à ce sujet.

Bien entendu, songea Solaris. Ils avaient de quoi être inquiets. Si les Elus ne mangeaient pas au moins cinq œufs par mois, ils n'auraient plus longtemps à vivre. Et plus ils vieillissaient, plus ils avaient besoin d'œufs. Or, ils avaient trop pressé Pegasa. Plus le Pokemon produisait des œufs, plus il s'affaiblissait. Ses œufs devenaient de moins en moins puissants à repousser l'heure de la mort. Très bientôt, soit Pegasa mourrait, soit les œufs n'auraient plus aucun pouvoir.

- J'ai contacté personnellement le Seigneur Evard à ce sujet, répondit Solaris. C'est sa négligence qui est à l'origine de ce désagrément.

- Nous en parlerons au Seigneur Vriffus, maugréa Jyskon. J'ai toujours pensé que c'était une erreur de confier Pegasa à cet imbécile !

- Quoi qu'il en soit, je lui ai demandé de changer d'endroit, poursuivit Solaris. Il gardera Pegasa sur son vaisseau personnel le temps que la guerre prenne fin.

- C'est fâcheux, dit Falchis. Evard serait bien capable de profiter de la présence de Pegasa à côté de lui pour manger plus d'œufs qu'il n'en a le droit !

Solaris secoua la tête. Les Elus se disaient égaux et fraternels, il n'en demeurait pas moins qu'ils faisaient preuve d'une énorme jalousie et méfiance entre eux sur n'importe quel sujet.

- Je doute qu'il prenne le risque, fit Solaris. J'ai laissé entendre que le Seigneur Vriffus pourrait être informé de ce fiasco. Je pense qu'il se tiendra tranquille.

Si Solaris craignait le Seigneur Vriffus, maître incontesté et créateur de l'Empire qui portait son nom, les autres Elus, eux, en avaient une peur au-delà de toute mensuration.

- Et qu'en est-il du traitre Acpeturo ? demanda Ues en changeant de sujet. Le général Epini nous a fait savoir qu'il avait été aperçu en Arval ?

Acpeturo... Rien que ce nom donnait à Solaris des envies de meurtres des plus soudaines et ses yeux reprirent leur teinte d'un violet sauvage tandis que ses pupilles se réduisaient à deux fentes.

- Fukio est sur le coup, dit enfin Solaris. Sa tête décorera bientôt l'entrée de mon palais. Maintenant, si il n'y rien d'autre, veuillez me laisser. J'ai beaucoup voyagé et je suis exténuée.

Jyskon étira son horrible visage grêlé en une parodie de sourire.

- Oui, repose-toi bien, impératrice. Le plus dur reste à faire. Au fait, tu as ramené Némélia avec toi bien sûr ?

- Bien évidement, soupira Solaris. Elle est avec sa mère, dans les cachots.

- Cette enfant nous est très précieuse, lui rapella Ues en lissant sa longue barbe. Tu dois en prendre le plus grand soin jusqu'à qu'on ait atteint le Devin.

- Je sais, grinça Solaris.

Les trois Elus durent voir que les yeux de Solaris ne reprirent pas leur couleur naturelle, signe qu'elle était en colère et s'empressèrent donc de la saluer et de quitter la salle. C'était une petite consolation pour Solaris de savoir que les Elus semblaient la craindre un minimum. Puis bon, il y avait de quoi. Même si elle était leur « création », le pouvoir destructeur de Solaris dépassait grandement la maigre magie noire que pouvaient invoquer les Elus, du moins Evard, Jyskon, Ues et Falchis. Solaris n'était pas folle ; elle savait que les pouvoirs du Seigneur Vriffus dépassaient les siens. Mais elle ferait en sorte que cela change.


***


Mercutio, derrière la porte de la salle du trône, attendit que les trois Elus sortent pour se faufiler dedans. Aucun garde ne tenta de l'arrêter. Les capacités d'hypnose de Mortali étaient efficaces, surtout contre des adversaires qui n'avaient pas l'habitude des pouvoirs des Pokemon. Mercutio avait écouté à travers la porte la discussion entre l'Impératrice et les Elus. Il n'avait pas tout entendu, mais assez pour avoir la certitude que Solaris s'était moqué de lui, et ce sur de nombreux sujets. Par exemple, il avait bien entendu le nom de Dracoraure être prononcé, alors que Solaris lui avait certifié n'être au courant de rien. De même, Solaris avait mentionné le Seigneur Evard et Pegasa et ce n'était assurément pas pour mener une enquête. Solaris, affalée sur son trône, mit un temps à remarquer la présence d'un étranger dans la salle. Quand elle le vit, elle se redressa en colère.

- Qui êtes-vous ? Comment osez-vous entrer ici sans vous être annoncé ? Je suis sûre que si vous cherchez à vous suicider, il y a des méthodes bien moins douloureuses !

- Ouais, fit Mercutio en écartant son large manteau sombre. Je suis sûr que tu es une connaisseuse en la matière.

Le visage colérique de l'impératrice se changea d'un coup d'un seul, ses yeux retrouvant leur teinte et leur forme normale, tandis qu'elle était partagée par la surprise et la joie.

- Mercutio ?! Pourquoi es-tu ici ? Comment ça se fait que personne ne m'ait prévenue ? Demanda Solaris, surprise, en se dirigeant vers lui.

- Désolé, je n'ai prévenu personne de ma petite visite...

Songeant sans doute qu'il était venu car il ne pouvait plus se passer d'elle, Solaris se précipita pour le prendre dans ses bras. Mercutio la repoussa et recula.

- Qui... Qui y'a-t-il, Mercutio ? Osa demander Solaris en voyant l'air sombre de son regard.

- Je ne m'approcherai plus à un mètre de toi même si j'étais sur un Wailord. Tu m'as menti, Solaris, dit-il de bout en blanc. Tu m'as menti sur beaucoup de choses. Crois-tu la Team Rocket si stupide ?

- Que...

- Comment vas-tu donc bien pouvoir m'expliquer l'annexion d'Arval et le massacre de Nondisu ? Ou encore tes agissements secrets avec ce Seigneur Evard dont je voulais que tu enquêtes ? Ou encore ton âge véritable et la nature de tes pouvoirs ? Vas-y, je te laisse la parole...

Se rendant compte que Mercutio était au courant de tout, Solaris ne chercha plus à nier. Son regard s'assombrit de nouveau.

- Ta Team Rocket a-t-elle fait un travail de recherche sur ses futurs alliés ?

- Comme si on avait eu besoin ! répliqua Mercutio. Tous ces cadavres à Nondisu ne passaient pas vraiment inaperçus.

- Ces gens étaient des rebelles, Mercutio, se justifia Solaris. L'Empire avait besoin d'Arval pour battre au plus vite Duttel. Ces idiots n'ont pas vu l'opportunité des bénéfices que faire parti de l'Empire leur apporterait. Ils nous ont répondu par la violence, et...

- ...tu les as massacré toi-même, finit Mercutio. De braves gens qui nous avaient si bien accueilli. Des femmes et des enfants. Des innocents !

- L'innocence n'existe pas en ce monde, riposta Solaris. Je ferai tout et n'importe quoi pour vaincre à jamais Duttel. Je hais ce royaume et ses habitants. Tu n'as jamais haï quelqu'un au point de faire tout ton possible pour l'éliminer, toi ? Je pense que si.

- Peut-être bien, mais moi je pense qu'il existe une frontière entre la lutte et l'extrémisme. Et je pense que tu l'as allègrement franchie. Et Pegasa, dis-moi ? Qu'as-tu à dire là-dessus ?

- Je suis désolée de t'avoir menti, mais je pensais bien que tu le prendrais mal, étant un dresseur de Pokemon. Nous avons besoin de Pegasa dans notre lutte contre les dutteliens, pour apporter une paix durable à toute la région...

- Arrête un peu tes discours de paix éternelle, s'écria Mercutio avec colère. Les gens comme toi n'ont que faire de la paix. Il n'y a que la guerre qui est bénéfique à leur tyrannie !

Solaris recula, comme blessée.

- Tu... tu ne comprends pas... Je t'en prie, je veux seulement...

- Assez de tes mensonges et de tes excuses à deux sous ! Je t'aimais réellement et je me rends compte que tu t'es foutu de moi !

- Ce n'est pas vrai, riposta Solaris. Je ne t'ai jamais rien caché de moi ou de mes ambitions !

- Ah ? Et ton âge ou tes pouvoirs surnaturels alors ? D'où ils proviennent ?

Solaris se mordit les lèvres, apparemment gênée.

- C'est... compliqué.

- Bien évidement.

- Ecoute, je te raconterai tout, je te le promets. Mais ne m'abandonne pas maintenant...

- T'abandonner ? Elle est bien bonne ! S'indigna Mercutio. Tu espères me garder avec toi après tout ce que j'ai appris ? Tu espères que la Team Rocket voudra être encore ton alliée après ça ? Dès que je rentrerai, je conseillerai à mes supérieurs de laisser tomber cette alliance avec l'Empire. Du moins tant que tu en seras la chef.

- Je me fiche de l'alliance ! S'écria Solaris, presque en larme. C'est de toi dont j'ai besoin ! Je n'ai jamais menti ni fait semblant sur nous deux. Je t'aime vraiment, Mercutio !

- Ah ? Bah moi plus tellement.

Mercutio vit clairement l'effet que ces simples mots eurent sur Solaris. Il n'avait pas imaginé qu'elle tienne autant à lui. Mais ça n'avait plus d'importance, désormais. Il fit un pas pour s'éloigner et revenir vers la porte.

- Au revoir, Solaris, dit-il d'une voix laconique. C'était sympa ces derniers jours avec toi. Mais maintenant, ce qu'on peut espérer de mieux pour nous deux, c'est qu'on ne soit pas amené à se combattre un jour.

- On aurait pu avoir le monde pour nous deux, Mercutio...

Le jeune homme se retourna vivement.

- C'est ce qui t'intéresse alors ? Le monde ? La domination mondiale ?

- Et pourquoi pas ? Riposta l'Impératrice. Le monde est si chaotique, si désordonné. Un être seul et tout puissant aux commandes ne serait que bénéfique.

- Ah ? Et tu penses être cet être, j'imagine ?

- J'ai vécu de nombreuses années, comme tu le sais, et j'en vivrai encore beaucoup d'autres. Personne ne pourra vivre aussi longtemps que moi, pas même les Elus. Et ma puissance dépasse bon nombre de forces en ce monde. Je serai éternelle, comme mon Empire. Je serai vénérée par le monde entier, comme une déesse ! Tu verras, Mercutio !

En disant cela, ses yeux avaient pris leur couleur violette et leur forme terrifiante et son visage, d'ordinaire si beau et chaleureux, s'était mué en un affreux sourire tordu. Mercutio soupira.

- Si c'est vraiment ce que tu penses, eh bien, je crois que nous n'avons plus rien à nous dire.

- En effet, je le crois aussi, acquiesça-t-elle avec tristesse. Mais rappelle-toi de ce moment, Mercutio, comme celui où tu as laissé passer la chance de ta vie de faire partie des instances dominantes du futur monde que je m'apprête à créer.

- Tu as de grandes ambitions, mais je crains que la chute ne soit dure pour toi...

- Rien ni personne ne pourra m'arrêter, répliqua Solaris.

- Nous, nous t'arrêterons.

Solaris ricana. Avec ses yeux violet de chat et son rictus maléfique, elle n'avait jamais si peu ressemblé à la fille que Mercutio avait aimé. Mercutio empoigna son pistolet à sa ceinture, et le pointa sur la folle en face de lui.

- Je pourrai même t'arrêter ici et maintenant, ça épargnerait énormément de souffrances à beaucoup de personnes, je pense.

Solaris regarda l'arme avec autant d'inquiétude que si elle s'était retrouvée face à un Chenipan.

- C'est amusant, fit-elle.

- Quoi donc ?

- De penser que tu pourrais me tirer dessus de sang-froid.

- Tu penses que je n'en serais pas capable ?! s'énerva Mercutio.

- C'est tout à fait ce que je pense, oui. Et de toute façon, même si tu avais les tripes de le faire... tu penses sérieusement que ton engin impie puisse me faire le moindre mal ? Laisse-moi te dire, Mercutio, que quand tu t'es sacrifié pour recevoir à ma place la flèche tirée par les dutteliens, tu l'as fait pour rien.

Agacé par tant d'arrogance, Mercutio visa une de ses jambes et actionna la gâchette. La balle ne ressortit pas. En fait, elle ne pénétra même pas la chair de Solaris. Elle fit simplement un trou dans sa robe, pour retomber ensuite au sol, comme si la jambe de Solaris était faite de métal. L'impératrice n'avait même pas cillé.

- Je t'ai sous-estimé, en fin de compte. Mais je remarque que tu n'as pas tiré en plein cœur ou en pleine tête. Non pas que le résultat aurait été différent. Mon Publo ne me servait pas à me protéger des coups qu'on peut me porter. Je n'ai besoin d'aucune protection pour ça.

Le coup de feu semblait avoir réveillé les gardes que Mortali avait plongés dans les limbes. Ils se précipitèrent dans la salle du trône, leur lance braquée.

- Votre Majesté, vous allez bien ?!

- Manant ! Comment oses-tu braquer une machine infidèle sur Sa Majesté !

Les gardes s'élancèrent sur Mercutio. Le jeune Rocket sauta sur le visage de l'un d'eux avec un coup de pied, puis utilisa sa propre lance pour bloquer toutes les autres quand elles s'abattirent sur lui. Au même instant, une tempête de feu déboula dans la salle, dispersant les gardes. Mercutio en profitant pour sortir en courant, bientôt suivi de Galatea et de son Pyroli.

- Tu devais juste parler, si j'ai bonne mémoire, lui dit-elle.

- Une rupture, c'est parfois violent.

- Vous auriez dû m'appeler comme conseiller conjugal.

Ils arrivèrent sans mal jusqu'à la grande place de dehors, mais les soldats qui les poursuivaient furent bientôt rejoints par d'autres qui se trouvaient dehors. Mercutio invoqua son Mortali qui vint à aide au Pyroli de Galatea. Mais pour sortir de la ville, maintenant en alerte, ils durent avoir recours à leur Etouraptor.

- Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Galatea quand ils furent hors de danger.

- On empêche cette cinglée de s'approprier le monde, tout simplement.