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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 31/07/2011 à 09:32
» Dernière mise à jour le 25/01/2017 à 19:36

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 30 : Des découvertes choquantes
Alors qu'ils retournaient vers Kanto à dos de leurs Etouraptor, Galatea, entre deux commentaires sur certains garçons qui n'avaient aucune honte à séduire en public un Chef d'Etat, proposa la chose suivante :

- Dites, on est pas bien loin de Nondisu, non ? Et si on allait passer un petit coucou à Clarissa et à la petite Sélène ?

Mercutio n'avait pas oublié ces braves gens qui les avaient si bien accueilli tandis qu'ils fuyaient les dutteliens.

- Ça me va, acquiesça-t-il. On a rien d'autre sur le feu de toute façon.

Il fit changer de trajectoire à son propre Etouraptor pour se diriger vers le petit pays d'Arval. Mais arrivé au village de Nondisu, ils ne trouvèrent que des ruines.

- J'y crois pas, maugréa Mercutio. Ces salauds de dutteliens n'ont pas tenu leur promesse de rebâtir ce village qu'ils ont détruit en voulant capturer Solaris !

- Il me parait en encore plus mauvais état que quand on l'a quitté, constata Galatea.

Ils marchèrent à travers les rues désertes, appelant les villageois de leur cri.

- Ils sont peut-être partis, suggéra Zeff. Je les vois mal habiter dans ces ruines.

- Non... ils ne sont pas partis, fit Siena d'une voix brisée.

Elle désigna quelque chose devant elle. C'était la grande place du village. Elle était tout aussi désolée que le reste, mais elle avait quelque chose de plus abominable. Des centaines de cadavres qui pourrissaient au sol. Tous les habitants étaient là. Galatea s'éloigna pour aller vomir un peu plus loin. Mercutio ne lui en voulut pas. L'odeur était tout bonnement insoutenable et le spectacle l'était encore plus. Même Zeff semblait bouleversé. Personne n'avait été épargné, pas même les nombreux enfants du village. Sans doute que la petite Sélène, si gentille et si vive, devait reposer là avec sa mère.

- Mais... mais... balbutia Mercutio.

Il prit une grande inspiration et hurla de rage.

- QU'EST-CE QUI S'EST PASSÉ, BON SANG ?! QUI A FAIT ÇA ?!

Siena, en larme, désigna quelque chose qui flottait au-dessus du lieu du massacre.

- Non... Impossible...

Et pourtant. C'était le drapeau de l'Empire de Vriff qui se dressait devant eux.

- Ce n'est pas possible, reprit Mercutio. C'est... c'est un piège des dutteliens ! Solaris... SOLARIS A ÉTÉ ACUEILLIE AVEC GENTILLESSE ET HONNEUR PENDANT PLUS D'UN JOUR ! ELLE A DORMI ET MANGÉ ICI ! ELLE S'ENTENDAIT SI BIEN AVEC SÉLÈNE ! ELLE N'AURAIT PAS PU !

Personne ne dit rien, trop effaré pour oser dire quelque chose.

- Elle n'aurait pas pu... répéta Mercutio, brisé, avant de tomber à genoux.

Zeff et Siena, malgré leur répugnance, agirent en vrais professionnels et allèrent inspecter de plus près les lieux et les corps. Ils ramassèrent quelques armes qui avaient été laissées là, le plus souvent dans le corps d'un malheureux. Et il s'agissaient bien d'épées ou de flèches vriffiennes.
Mercutio ne pouvait y croire, même avec la preuve sous ses yeux. Il ne voulait pas y croire. Ça devait être un coup d'Evard. Il avait attaqué Nondisu avec des soldats traîtres et avait mis ça sur le dos de Solaris. Ça ne pouvait être que ça ! Mercutio ne pouvait pas douter de Solaris ainsi. Il se l'interdisait !

- Viens, lui dit Siena d'une voix rauque. Il faut avertir Tuno et Tender. On doit...

- Solaris n'a pas fait ça. Elle est innocente ! Je vais aller lui parler... Elle va nous expliquer...

- Mercutio, reprit Siena avec force, tu ne peux pas aller parler à Solaris. Pas après ça ! Si Vriff est bien responsable et qu'on lui dit ce qu'on a découvert... Il faut d'abord enquêter nous-mêmes.

- Quelqu'un approche, signala Zeff qui montait la garde avec des jumelles un peu plus loin.

Les quatre Rocket se cachèrent dans une des maisons détruites. Trois hommes venaient de pénétrer dans le village, en observant les alentours. C'était des vriffiens. Et l'un d'eux était Fukio. Mercutio résista à l'envie de sortir de sa cachette et de l'interpeler. Siena lui tint le bras au cas où il se résoudrait à cette initiative stupide. Fukio ne montra aucun signe de surprise ou de tristesse en voyant les morts sur la grande place. Il savait. Mercutio sentit son estomac se déchirer. Et si Fukio était dans le coup, il y avait très peu de chance pour que Solaris soit en dehors. Cette constatation lui fit l'effet d'un poignard qu'on lui enfonçait en plein cœur.

- Il se cache ici, c'est obligé, dit Fukio. Prenez position au nord et au sud. Si vous le voyez, n'engagez pas le combat et signalez votre position. Moi seul peux l'affronter.

Les soldats hochèrent la tête et partirent chacun de leur côté. Puis Fukio passa le bout de sa lame sur sa main.

- Allez, où te caches-tu, Acpeturo ? S'écria-t-il. Sors de ta cachette. Aurais-tu peur de m'affronter, vieil homme ?!

- Il faut qu'on parte d'ici, murmura pressement Siena. S'ils nous trouvent...

Mercutio ne pouvait pas sérieusement croire que Fukio les tuerait pour avoir vu ce que Vriff avait fait à Nondisu, mais il n'était plus sûr de rien, maintenant. Ils attendirent que Fukio ait quitté l'allée où ils se trouvaient pour sortir de leur ruine et courir hors du village. Sauf qu'ils avaient oublié la présence d'un des soldats de Fukio à la sortie. Il n'eut pas eu le temps de les voir, mais il entendit clairement leur bruit de pas. Il porta à ses lèvres une espèce de corne et s'apprêter à souffler dedans pour donner l'alerte, quand un homme sortit des fourrés où il était caché et d'un geste fluide, rapide et puissant, tua le soldat avec une épée à l'acier noir.

Mercutio et les autres dégainèrent leurs armes, ne sachant pas trop si ce nouvel arrivant était un ami ou un ennemi. En tous cas, il n'avait pas l'air rassurant. C'était un vieil homme aux longs cheveux blancs en queue de cheval. Son visage dur était barré de cicatrices et il lui manquait l'œil gauche. Son bras droit reposait, inerte, sur une espèce d'attelle montée à la va-vite et il ne portait sa lourde épée que de sa main gauche.

- Qui êtes-vous ? demanda Siena.

- Plus tard les questions, grogna le vieil homme. Il nous faut nous tirer de là, à moins que vous soyez motivé à aller affronter ce gamin fou de Fukio ?

- Il n'a qu'un seul garde avec lui et nous avons des flingues et des Pokemon, dit Zeff.

- T'es d'une confiance insolente, petit. Sache d'abord que Fukio n'est entré dans le village qu'avec deux de ses hommes, c'est vrai, mais une dizaine d'autres entoure les abords. Ensuite, même si vous étiez tous contre Fukio seul, vous serez morts avant d'avoir compris pourquoi.

- C'est vous qu'il cherche, comprit Mercutio. Vous êtes Acpeturo ?

- Ouaip. Et le fait même de m'avoir adressé la parole vous vaudra le même sort qu'il me réserve, les jeunes. Alors, on y va ?

Ne faisant pas confiance à ce type, mais appréciant l'opportunité de partir et vite, les Rocket firent sortir leurs Etouraptor. Ils en libérèrent un de plus pour cet Acpeturo, qu'ils comptaient bien interroger sur ce qui se passait ici. Le vieil homme monta l'Etouraptor comme s'il avait fait ça toute sa vie. Son regard était le même que quelqu'un comme le général Tender : un regard où ne s'affichait jamais la moindre peur. Quand ils furent haut dans les airs, Mercutio se tourna vers lui :

- Que faisiez-vous à Nondisu, demanda-t-il d'un ton soupçonneux.

- C'est ici que j'habitais depuis un certain temps, pour me cacher des sbires de Solaris. Ils ont fini par me retrouver, apparemment. Bref, je vous ai vu arriver sur le dos de vos grands oiseaux.

- Et vous avez profité de notre présence pour vous enfuir. Sans nous, Fukio vous aurait eu s'il avait encerclé tout le secteur.

- Et sans moi, le garde aurait donné l'alerte et vous auriez été capturés. Et sans doute tués pour que vous conserviez le silence. On est quitte.

Mercutio n'en pensait pas autant, mais il laissa tomber.

- Où devons-nous aller ? demanda Galatea.

- J'ai une grotte cachée dans laquelle je loge parfois, répondit le guerrier. Je prends la tête, suivez-moi.

Les Rocket le laissèrent passer devant, mais en le suivant de près. Acpeturo guida son Etouraptor jusqu'à une petite chaine de montagne qui séparait Arval de Duttel. L'une d'entre elle était remplie de cavités visibles depuis le ciel. Mais ce n'était pas celle-là vers laquelle Acpeturo les menait. Après avoir atterri, le vieil homme longea le mur rocheux en le touchant de sa main valide. Puis il s'arrêta à un endroit précis et d'un coup de sa large épée, détruisit le mur devant lui. Mercutio allait se demander par quelle magie une épée pouvait briser une montagne, mais le mur était creux. Il fallait vraiment savoir qu'une grotte était ici pour la découvrir. C'était la cachette idéale. Acpeturo les invita à entrer. L'endroit était naturellement sombre, mais assez large. Il y avait une couverture à un coin de la grotte, ainsi qu'une corbeille de nourriture qui avait fait son temps.

- Maintenant que vous avez cassé votre entrée, cette grotte sera visible, constata Siena.

- On la répare toujours après que je la démolis.

- On ? Qui ça on ? demanda Zeff.

- Mes hôtes.

Deux Grolem et un Gravalanch venaient de sortir d'un endroit sombre de la grotte. Acpeturo les salua comme si c'était de vieux amis. Sans rien dire ni se soucier de la présence de quatre humains en plus dans leur grotte, les Grolem remontèrent le mur de rocher en moins de deux, réduisant la luminosité de beaucoup.

- Vous allez devoir le redémolir et le reconstruire très bientôt, les renseigna Mercutio. Nous n'allons pas rester. Juste le temps de savoir qui vous êtes.

Acpeturo s'assit lourdement sur sa couverture, en enlevant ses bottes.

- Ben comme vous le savez maintenant, je m'appelle Acpeturo, fit-il en haussant les épaules.

- Et on est censé connaître ce nom ? dit Zeff d'un ton bien peu aimable.

- J'imagine que ni Fukio ni Sa Grace Eternelle ne vous ont parlé de moi, bien sûr. Après tout, je suis censé être mort.

- Vous êtes vriffien, si vous connaissez personnellement Solaris et Fukio, déduisit Siena.

- Mouais, j'ai eu la malchance de les connaître et même de passer de longues années en leur charmante compagnie.

Le vieil homme ne poursuivit pas, apparemment peu pressé de leur raconter son histoire.

- Et pouvez-vous nous dire comment vous les avez connu, s'il vous plait ? demanda Mercutio. Et pourquoi l'Empire semble maintenant vouloir vous trucider ?

- À mon époque lointaine, grogna Acpeturo, j'étais le plus puissant Chevalier de l'Empire. Ce qui m'a valu l'honneur de servir l'Empereur Asbalkan. C'était un homme bon et droit, et j'étais fier de le protéger. Mais plus tard, il m'a demandé de devenir le Chevalier de sa fille.

- Vous étiez le premier Chevalier de Solaris ?

- Mouais. De nombreuses années.

Mercutio et les autres attendirent la suite, mais qui ne vint pas.

- Et euh... pourquoi l'avez-vous quitté ? le pressa Mercutio.

- Ah ! Pourquoi ? Tu me demandes ça après avoir vu ce qu'elle a fait à ce village ?

Mercutio se rembrunit.

- C'est impossible que Solaris soit mêlée à ça.

- Et pourquoi ça ?

- Elle... hésita Mercutio. Elle ne le peut pas, c'est tout. Elle est si gentille...

L'ancien Chevalier ricana dans sa barbe.

- La belle affaire, fiston. C'était elle, c'est tout. Et elle en personne. J'étais là, tu sais. Elle s'est pointée avec Fukio et deux trois soldats, il y a une semaine. Les villageois l'ont bien accueillie, jusqu'à qu'elle brandisse le drapeau de Vriff en décrétant que ce village et tout le pays d'Arval étaient désormais siens. Les villageois ont refusé et se sont soulevés. Et tu vois comment ils ont fini. Je peux d'ailleurs te dire qu'elle en a tué plusieurs elle-même, avec ses pouvoirs du diable.

Mercutio secoua la tête, dépité.

- Vous racontez n'importe quoi ! Solaris n'a aucun pouvoir du diable. Elle est attentionnée et bonne ! Vous mentez !

- Mercutio... commença Siena d'un ton de reproche.

Acpeturo grogna d'ennui.

- Tu m'emmerdes, gamin. Il me semble que je connais mieux cette folle que toi. J'ai été son Chevalier pendant seize ans !

Mercutio eut un rictus.

- Voilà qui prouve que vous mentez. Solaris n'a que dix-neuf ans, et Fukio est son Chevalier depuis huit ans. Vous n'avez pas pu être le sien pendant seize ans ! Surtout que c'est ridicule ; il faut avoir dix ans minimum pour avoir son propre Chevalier. Solaris nous l'a dit.

Le visage d'Acpeturo se tordit en un affreux sourire.

- Ouais. En revanche, ce qu'elle ne t'a pas dit, c'est son âge véritable. Tu vois, ta belle copine, elle a cinquante-quatre ans.

Il y eut un instant de silence après ces propos, que Mercutio brisa avec une exclamation méprisante.

- Vous êtes totalement timbré, déclara-t-il en se levant. Venez, vous tous, nous n'avons aucune raison de perdre notre temps avec ce fou.

- Euh... vous ne pensez pas sérieusement ce que vous dites, hein monsieur Acpeturo ? dit Galatea. Solaris ne peut avoir cinquante-quatre ans, même avec le plus puissant anti-ride qui existe.

- Comme je vous le disais, cette fille n'est pas totalement humaine, se justifia Acpeturo. Tout le monde ignore comment elle fait pour vieillir si lentement, mais elle a cinquante-quatre ans et c'est un fait. Tout le monde le sait, que ce soit dans l'Empire ou au Royaume de Duttel. Si vous voulez vérifier, c'est facile. Cherchez dans les registres impériaux de Vriff et vous aurez sa date de naissance. Son secret n'en est pas un. Difficile de garder ça secret après tout.

- Mais c'est absurde, soutint Mercutio. Comment une telle chose serait possible ?

- J'en sais rien, fiston. Les seuls qui le savent sont Solaris elle-même, les Cinq Elus, sans l'ombre d'un doute et l'ancien Empereur Asbalkan, qui a emporté le secret dans sa tombe. Il n'a jamais voulu me le dire, même à moi, son plus fidèle serviteur. Je pense qu'il en avait honte. Mais sa vieillesse ralentie n'est pas le seul pouvoir de l'Impératrice. Je l'ai souvent vue à l'œuvre. Elle peut tuer un homme sans le toucher en le faisant comme exploser de l'intérieur. Elle peut lancer des vagues de puissance destructrices. Elle peut manipuler le vent. Et on reconnait tout ça quand ses beaux yeux se mettent à luire en violet et que ses pupilles deviennent comme celle d'un chat. C'est un monstre, voilà ce que c'est.

Mercutio se souvint avec horreur qu'il avait en effet vu les yeux de Solaris changer comme ça une fois. Il se souvint aussi du duttelien retrouvé mort dans la salle où était emprisonnée Solaris.

- Vous ne nous avez toujours pas dit pourquoi vous avez quitté l'Empire, dit Siena.

- C'est évident. J'en avais assez d'obéir aux ordres de cette furie. Un jour, elle m'avait ordonné de tuer un pauvre bougre et toute sa famille parce qu'il ne s'était pas agenouillé assez vite quand elle est passée devant. J'ai refusé. Ça m'a valu des semaines d'emprisonnement et de tortures des mains de mon propre élève, Fukio. Puis avant ma mise à mort, j'ai réussi à m'enfuir. Mais Solaris a juré ma mort aussi sûrement qu'elle a juré celles de tous ceux qui s'opposeront à sa domination. Même quand elle avait dix ans - j'entends par là véritablement dix ans - elle était déjà d'une cruauté sans limite. Rien n'importe pour elle si ce n'est sa propre personne. Elle n'a aucune valeur pour la vie, et elle se délecte de la souffrance des autres. Son ambition est incommensurable ; elle se voit déjà Impératrice Mondiale, sans doute. Mon Empereur le savait. Il voyait ce que sa fille devenait jour après jour. Mais il était impuissant. Les Elus s'étaient accaparés la princesse et la corrompait encore plus qu'elle ne l'était déjà.

- Les Elus sont les véritables salauds alors ? demanda Zeff.

- Ce sont tous des pourritures, eux comme elle. Ils croient pouvoir la manipuler comme tous les autres dirigeants avec elle, mais les pauvres vont rapidement comprendre que rien ne peut manipuler quelqu'un comme Solaris. C'est à savoir qui trahira l'autre le premier.

- Euh... vous dîtes que les Elus manipulaient les autres empereurs avant Solaris, fit Mercutio. Vous voulez parler des mêmes ?

- Encore un truc que vous ignorez ? Les Cinq Elus sont les mêmes depuis la construction de cet Empire. Ils ont cinq ou six siècles, à quelque dizaines d'année près. Mais je doute que ce soit là le même pouvoir que celui de l'Impératrice. Les Elus n'ont pas la vieillesse ralentie. Ils continuent à vieillir comme tout le monde. Mais ils ne meurent pas, c'est tout. Leur santé est tout ce qu'il y a de plus parfait. C'est pour ça qu'on les appelle Elus ; on leur prête sans doute quelques pouvoirs divins. Ce sont eux qui ont fondé l'Empire de Vriff et qui en sont secrètement à sa tête. L'empereur ou l'impératrice ne sont là que pour faire joli. Enfin, en temps normal, car comme je le disais, il m'étonnerait beaucoup que l'impératrice actuelle se contente d'un rôle d'apparat.

Mercutio avait la tête qui tournait. En moins de cinq minutes, il venait d'apprendre que la fille qu'il aimait avait cinq fois son âge et était un despote mégalomane aux pouvoirs surhumains et que les Elus étaient des immortels. Acpeturo saisit son regard éteint et dit :

- J'imagine qu'elle a dû te séduire, fiston ? Oh ça oui, elle est douée pour ça. C'est ainsi qu'elle obtient ce qu'elle veut avant d'utiliser les menaces et la force. Un véritable ange cette petite hein ? Mais la beauté de son visage est bien loin de compenser la noirceur de son cœur.

- Je... commença Mercutio. Ce que vous dites... c'est...

- La vérité, fiston. Tu ferais mieux de l'accepter.

- Mais Solaris ne peut être totalement maléfique, protesta le jeune homme avec véhémence. D'accord, je suis amoureux d'elle, mais elle ne peut pas tout avoir simulé. Son amour pour son frère disparu, par exemple. Il était sincère, j'en suis certain ! Et quelqu'un qui a un tel amour ne peut pas être un monstre tel que vous le décrivez !

Acpeturo haussa les épaules.

- Si tu le dis mon garçon. Mais son amour pour son frère ne l'empêchera pas d'aller conquérir Duttel puis tous les autres pays qu'elle voudra en faisant des milliers de morts et en faisant naître des années et des années de tyrannie. C'est d'ailleurs ce même amour pour son frère qui l'a fait devenir telle quelle est. C'est par esprit de vengeance qu'elle désire vaincre Duttel, et ça s'est rapidement muté en haine.

- Alors c'est la faute des dutteliens ! s'exclama Mercutio.

- Cesse de lui trouver des excuses, riposta le vieux Chevalier. C'est sa faute à elle en premier. On est ce qu'on désire, mon garçon. Les Elus et les dutteliens ont certes joué un rôle dans ce qu'elle est devenue, mais de toute façon, elle était promise à devenir une Impératrice bien moins modérée que son père. Le sang aurait coulé, d'une façon ou d'une autre.

Puis il les dévisagea tous les quatre.

- Je ne sais pas trop de quelle organisation vous faites partie, mais vous êtes dresseurs de Pokemon. Rien que pour ça, vous avez une raison d'être les ennemis de Vriff. Avec Solaris aux commandes, il faut vous attendre à ce que l'Empire se lance dans une croisade mondiale pour aller conquérir tous les peuples qui ne partagent pas leur croyance et aller dévorer tous leurs Pokemon.

- Vous avez un plan, je présume ? demanda Zeff.

- Et un très bon. On élimine l'Impératrice et les Cinq Elus. Privé de tête, l'Empire s'effondrera.

- Euh, par éliminer, vous entendez... commença Galatea.

- De la manière la plus efficace et durable qu'il soit. On les tue.

- J'aime ce plan, sourit Zeff. On croirait entendre un des miens.

- C'est totalement hors de question, s'exclama Mercutio. Avant d'en arriver à de telles extrémités, nous devons parler avec Solaris, mettre les choses au clair...

- Elles sont déjà claires, fiston, riposta Acpeturo. Solaris a déjà conquis tout Arval, qui s'est rendu sans discuter en voyant le sort qu'elle a réservé au village de Nondisu. Très bientôt, elle s'en prendra à Conscie, l'autre pays neutre de la région d'Elebla. Quand elle aura ces deux territoires en plus, rien ne pourra l'empêcher de conquérir Duttel rapidement. Et ensuite, quand elle aura toute la région sous sa botte, ne comptez pas qu'elle s'arrête.

- Si elle compte envahir Kanto ou Johto, elle aura une mauvaise surprise, ricana Zeff.

- Ce sera vous qui en aurez une. Ne sous-estimez pas l'Impératrice. Elle est retorse, arrogante et cruelle, mais en aucune façon idiote.

- On ne doit plus tarder, dit Siena en se levant. Il faut qu'on aille prévenir la Team Rocket.

- Oui, faites ça. Pendant ce temps, moi, j'irai à Akuneton, parler à Solaris, dit Mercutio.

- C'est suicidaire, garçon, dit Acpeturo.

- Il a raison, soutint Siena. Quand elle saura que tu sais tout sur elle...

- Je la jouerai finaud, comme à mon habitude. Faites-moi confiance.

- Je ne peux pas accepter... commença Siena en prenant son ton autoritaire de lieutenant.

- Siena, coupa Mercutio. Je t'en prie. Il faut que je le fasse. J'en ai besoin.

Siena lut dans les yeux de son frère, et comprit cette vérité. Mercutio ne pourrait jamais se battre contre Solaris s'il n'avait pas la certitude absolue qu'elle était mauvaise et qu'elle les avait trompé. Il devait la confondre et l'entendre sa propre bouche.

- D'accord, soupira Siena. Mais tu n'iras certainement pas seul.

- J'irai avec lui, dit Galatea. Pour l'empêcher de tomber à l'ennemi si jamais l'Impératrice use à nouveau de ses charmes sur lui.

- Merci de ta confiance, maugréa Mercutio.

Il était bouleversé par ce qu'il avait découvert. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de toujours ressentir des sentiments forts pour Solaris. Mais quels que soient ces sentiments, il ne les ferait jamais passer avant la survie et la paix mondiale. Si Solaris était bien ce que prétend Acpeturo, elle était son ennemie, c'était aussi simple que ça, et aussi douloureux soit-il.