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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 03/07/2011 à 09:03
» Dernière mise à jour le 20/12/2016 à 19:22

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 23 : Le Devin
Mercutio faisait un rêve bizarre. Il se trouvait dans une grande salle ovale, très belle, avec des murs royaux, faits d'or et d'argent. Il y avait plusieurs colonnes tout autour de la grande pièce et chacune d'entre elles représentaient un Pokemon légendaire. Mercutio était sûr de n'être jamais allé dans une salle pareille, ni même l'avoir imaginée. Au centre de la pièce, il y avait un dôme étrange. Il était de forme rectangulaire et fait d'un mur transparent. Dedans, il y avait un Pokemon. Mercutio le connaissait, ou aurait dû le connaître, mais dans son rêve, il n'arrivait pas à se rappeler de son nom. Le Pokemon n'ouvrit pas la bouche, mais une voix, sa voix, résonna dans la tête de Mercutio.

- Ton esprit est rempli de questions, jeune humain. Il y a tant de choses que tu veux savoir...

Le décor changea. Mercutio se trouvait alors dans un vague espace flou, où il ne distinguait ni les formes, si les silhouettes autour de lui. L'une de ces ombres, la plus proche d'elle, semblait s'adresser à lui.

- Mercutio... Mon petit Mercutio... Regarde chéri, il aura tes cheveux !

Cette voix, la voix d'une femme, plongea Mercutio dans un océan de sensations qu'il pensait avoir perdu. Une chaleur réconfortante, une odeur de parfum, un sentiment d'amour jamais connu depuis...

- Maman ? fit Mercutio d'une petite voix.

Mais la voix de femme ne réapparut pas. À la place, il y avait une voix d'homme, grave et distinguée, qui elle n'éveilla rien du tout chez Mercutio.

- Tu devrais essayer avec elle. Cette petite est ton portrait.

- Donne-la moi aussi, reprit la voix de femme. Galatea veut être avec son frère.

- Ce n'est pas le cas de quelqu'un d'autre, dit l'homme.

- Siena a fini par se coucher ?

- Après avoir copieusement renversé tout le diner. Ce qui est sûr, c'est que elle, elle tient de son père.

Les voix continuèrent à parler, mais s'estompèrent peu à peu, de même que les silhouettes autour de Mercutio.

- Père ! Mère ! Revenez ! cria inutilement Mercutio.

Mais il fut ramené dans la salle circulaire avec le Pokemon en son centre.

- Toutes ces interrogations sur ta famille... Elles te consument, toi qui pourtant te satisfais de ta famille actuelle. Et il y a autre chose...

La scène changea à nouveau, et Mercutio se retrouva dans un espace infini et brillant, comme s'il flottait en l'air. Il y avait une ombre en face de lui. Quelque chose de gros et qui bougeait, et qui produisait une incroyable lumière dorée. La chose poussait un cri spécial, et Mercutio fut envahi par un sentiment d'apaisement et d'euphorie comme jamais il n'en avait senti.

- C'est lui que tu recherches désespérément, reprit la voix du Pokemon dans sa tête. Celui grâce à qui tu t'es forgé un rêve. Celui que tu nommes le Pokemon des Miracles. Tu es irrésistiblement attiré par lui.

Au grand malheur de Mercutio, il fut ramené dans la salle du Pokemon.

- Ces deux questions sont les plus importantes pour toi : qui étaient tes parents et où se trouve le Pokemon des Miracles. Mais j'en ressens encore plein d'autres en toi.

- Qui... qui êtes vous ? bafouilla Mercutio. Comment savez-vous toutes ces choses sur moi ?

- Je sais tout, Mercutio Crust. Sache qu'une de tes questions pourra trouver réponse si tu viens jusqu'à moi. Viens, et pose-moi la question de ton choix. Je te répondrai. Jusque là, adieu, jeune humain.

- Non ! Attendez, ne...


***


-...partez pas ! hurla Mercutio en se levant d'un bon de son lit.

Solaris, qui apparemment était à coté de lui à ce moment, sursauta.

- Eh bien ! Je ne sais pas qui ne doit pas partir, mais ça doit être quelqu'un d'important pour toi, plaisanta-t-elle.

Mercutio reprit sa respiration et se dépêtra de ses couvertures. Il se rappelait où il était : dans une maison de cette ville de Nondisu. Il trouva étrange et à la fois plaisant que Solaris se trouve seule dans sa chambre. Enfin, seule avec Publo sur son épaule.

- Je suis venu te réveiller, expliqua-t-elle. Fukio veut te parler pour établir la suite du trajet.

- C'est Galatea qui a la carte, bailla Mercutio, encore envahi par les visions de son rêve.

- C'est vrai, mais ta sœur s'est levée de bonne heure pour... euh... rencontrer les garçons du village, m'a-t-elle dit.

- Ouais, elle fait ça souvent. C'est quelle heure ?

- Presque huit heures.

Mercutio ne s'étonna pas d'être sûrement le dernier réveillé. Fukio n'avait besoin que de deux heures de sommeil et partait chasser des Pokemon alors que le soleil n'était même pas levé. Zeff et Siena étaient partis s'entraîner au combat. Quant à Solaris, elle était à chaque fois réveillée pour le lever du soleil qu'elle ne manquait jamais. Mercutio se frotta les yeux et tenta de retenir les images de son rêve qui commençait à s'effacer de son esprit. Solaris le dévisagea.

- Tu as la tête de celui qui est tombé de lit, fit-elle. Tu as mal dormi ?

- Non. J'ai juste fait un rêve bizarre.

Il le raconta à Solaris, plus pour le plaisir de parler avec elle que par curiosité pour son rêve. Mais étonnement, Solaris comprit mieux que lui de quoi il s'agissait.

- C'était sans doute le Devin qui t'a contacté, dit-elle. Tu as de la chance, dis !

- Euh... le devin ?

- Ah oui, j'oubliais que tu n'es pas d'Elebla. Le Devin est un Pokemon qui se trouve dans le royaume de Duttel ; plus précisément enfermé dans une des salles du château royal à Duttelia, la capitale. On le dit capable de distinguer l'avenir, mais aussi le passé. Il sait tout sur tout le monde. Cependant, il ne parle qu'à de rares personnes qu'il choisit lui-même. Des personnes très dignes. Qu'il t'ait contacté est tout à ton honneur; ça signifie qu'il te reconnait comme quelqu'un de très grand parmi les humains.

- Il m'a dit... qu'il pouvait répondre à une question de mon choix.

- Oui, c'est le cadeau qu'il donne à ceux qu'il choisit. Normalement, les dutteliens ont l'obligation de laisser entrer dans leur château royal tous ceux qui peuvent voir le Devin. Mais ils gardent jalousement leur Pokemon miraculeux. Si j'étais toi, je ne compterais pas trop sur une entrevue avec le Devin ; pas tant qu'il sera entre les mains des dutteliens. Quelques rares personnes de mon peuple ont été choisies par le Devin et ont tenté d'aller le voir à Duttelia, mais ils ne sont jamais revenus. Les dutteliens ne sont que des tueurs et des kidnappeurs sans scrupules.

Mercutio songea à cette histoire de Devin tandis que Solaris était partie dans une tirade furieuse contre Duttel. S'il avait une occasion, il devait la saisir. Comme le Devin lui avait dit en rêve, il avait pas mal de questions dont il cherchait les réponses depuis longtemps.

- Et toi, le Devin t'a déjà contacté ? demanda Mercutio à Solaris.

-... des ours sauvages, des porcs, des assas... hein ? Oh non. Comme je t'ai dit, les personnes que le Devin contacte sont vraiment très peu nombreuses.

- Tu lui aurais demandé quoi, s'il t'avait choisie et si tu avais eu l'occasion d'aller le rencontrer ?

Solaris se tut un moment, songeuse, puis dit d'une voix triste :

- Je lui aurais demandé si mon frère, que les dutteliens ont enlevé, est encore en vie.

Mercutio oubliait souvent la raison de la haine que Solaris vouait à Duttel. Lui qui avait toujours vécu avec ses sœurs, qui était très proche d'elles, ne pouvait imaginer ce que ça faisait d'être séparer de ses frères ou sœurs. Solaris prit quelque chose qu'elle gardait dans son soutien gorge. Il s'agissait d'une petite photo, apparemment assez vieille. Solaris la tendit à Mercutio.

- C'est Lunarion, mon petit frère. Je le garde toujours contre mon cœur.

Il y avait deux enfants sur la photo. Mercutio reconnut Solaris, bien plus jeune et tout aussi jolie, qui tenait par les épaules un garçon plus jeune qu'elle, qui devait avoir cinq ou six ans. Il avait des cheveux argentés, des yeux bleus clairs, et un visage tout aussi beau que celui de sa sœur.

- Tu crois qu'il est en vie ? lui demanda Solaris. Tu crois que le reverrai ?

Mercutio avait bien envie de lui dire « je ne sais pas », ce qui aurait été la réponse la plus sincère à lui donner, mais il se doutait que Solaris avait besoin d'entendre autre chose que ça. Il opta donc pour une réponse un peu plus recherchée.

- Je pense que toutes les routes se croisent, d'une manière ou d'une autre. Mes sœurs et moi, par exemple, nous ne nous rappelons pas de nos parents. Nous ne savons rien d'eux, même par leurs noms. Et pourtant, je suis sûr qu'on les reverra un jour, d'une façon ou d'une autre.

Mercutio eut l'impression de lui avoir donné une bonne réponse, à en juger par le sourire radieux qu'elle lui lança. Il aurait bien aimé se recoucher et continuer de regarder ce sourire qui le réchauffait dans tout son corps, mais il se leva.

- Allez, faut que je me dépêche, sinon Fukio va m'engueuler. Il est constamment de mauvaise humeur, ce type.

- C'est juste qu'il n'est pas très loquace, mais c'est le meilleur Chevalier que j'ai jamais eu, dit Solaris.

- Tu en as eu d'autres avant lui ?

- Oh oui, une dizaine au moins. Du fait de mon statut de princesse impériale, je suis habituée aux tentatives de meurtres ou d'enlèvement. Chevalier de la princesse est sans doute le poste le plus dangereux de tout l'Empire. Tu sais pourquoi Fukio est le meilleur ?

- Euh...

- Parce que c'est celui qui a survécu le plus longtemps.

- Je vois...

Mercutio voyait très bien, oui. Fukio était le genre de mec qu'on ne souhaitait pas vraiment croiser dans une ruelle sombre la nuit. Il était capable de vous égorger avec un stylo quatre couleurs si jamais vous regardez Solaris de travers. Solaris sortit pour laisser Mercutio s'habiller. Dans la petite salle à manger, Clarissia, leur hôte, lui avait préparé un petit déjeuner, dieu merci, sans morceau de Pokemon. Clarissia était une jeune femme qui habitait seule chez elle avec sa fille de cinq ans. Quand Mercutio et les autres étaient arrivés à Nondisu, tout le monde les avait bien accueilli.

Nondisu était l'une des rares villes qui fondaient le tout petit pays d'Arval, un état neutre situé entre l'Empire de Vriff et le Royaume de Duttel. Fukio avait jugé ces gens sans danger et avait opté pour passer une journée là-bas. Et en effet, pour que Fukio juge quelqu'un sans danger, il devait vraiment être pacifiste à 100%. Mercutio avait rarement vu des gens aussi chaleureux et aimables que les habitants de Nondisu. Ils accueillaient chez eux vriffiens comme dutteliens, sans distinction, et détestaient toute forme de violence. Les deux pays les plus puissants de la région avaient conjointement décidé d'épargner tout Arval dans le conflit qui les opposait. Aucun des deux pays n'avait le droit d'en prendre possession. Ces gens vivaient depuis toujours en dehors des guerres opposant Vriff à Duttel et ils s'en portaient très bien.

Leur but, selon Mercutio, était d'être amis avec tout le monde, apparemment. Ils ne mangeaient pas de Pokemon comme les vriffiens, mais respectaient leur coutume et s'étaient mis en quatre pour trouver des Pokemon à manger pour Solaris et Fukio. Comme ils détestaient la violence, ils avaient promis à Solaris qu'elle pouvait rester aussi longtemps qu'elle voulait ici, sans qu'elle soit inquiétée d'une tentative d'enlèvement de Duttel. Ils étaient même honorés que la princesse de Vriff vienne dans leur modeste ville. Mercutio s'installa à table en remerciant profondément Clarissia pour ce petit déjeuner fort appétissant.

- Ce n'est rien du tout, enfin, protesta Clarissia. Mangez à votre faim tant que vous serez ici, Mercutio. Ah, princesse, il reste quelques morceaux de Tauros de hier si vous voulez.

- Non, ça ira, je vous remercie Clarissia.

Sélène, la fille de Clarissia, arriva en courant sous la table et se lança sur les genoux de Mercutio.

- Tu vas me raconter encore une de tes histoires aujourd'hui, hein hein ? babilla la petite fille.

Pendant plus d'une heure hier soir, Galatea et lui s'étaient succédés pour raconter à Sélène quelque unes de leur aventures dans la Team Rocket. Si les villageois avaient pour habitude de bien accueillir vriffiens et dutteliens chez eux, c'était très rare que des étrangers d'une autre région passent par ici.

- J'ai peur qu'il nous faille vite repartir, s'excusa Mercutio. Nous devons vite ramener la princesse chez elle.

- Tu vas devenir la chef de Vriff ? demanda l'enfant à Solaris.

- Impératrice, mais c'est pareil, confirma Solaris.

- Tu reviendras nous voir après ? J'aimerais que mes copains me voient avec toi quand tu seras impératrice. Ils vont être si jaloux !

Solaris lui caressa tendrement la tête.

- Je reviendrai vous voir, bien sûr. Je n'oublierai pas votre gentillesse.

- Tu le promets ?

- Bien sûr. C'est une promesse.

Bien des jours plus tard, Mercutio allait se rendre compte que Solaris avait en effet tenu sa promesse. Et alors, il aurait préféré qu'elle s'en abstienne.


***


- C'était inégal, c'est tout, protesta une nouvelle fois Zeff.

- C'est toi qui a tant insisté pour que je prenne mon Hariyama, je te rappelle, riposta Siena. Tu voulais à tout prix démontrer que ton Scalproie pouvait battre un Pokemon qu'il craint doublement.

- Le type de Pokemon ne compte pas en combat, maugréa Zeff.

- Bah la preuve ! Ton Scalproie est sans doute très fort, très résistant, très rapide, tout ce que tu veux, mais il n'est pas épargné par les règles élémentaires de type en combat. C'est un Pokemon acier et ténèbres, deux types qui craignent chacun le combat.

- Je suis au courant. Mais il y avait quelque chose qui clochait. Mon Scalproie aurait dû être mille fois plus rapide que ton Hariyama. Il n'aurait pas dû se faire toucher comme ça !

- Je connais les points faibles de mes Pokemon et je me suis toujours évertuée à les combler. Toi, d'après ce que j'ai vu, tu ne travailles que sur les points forts de tes Pokemon.

- Evidement ! Ça ne servirait à rien d'entraîner ses Pokemon dans les domaines où ils sont nuls !

- Eh bien apparemment si, ça sert, vu que j'ai gagné.

Zeff ne répondit pas, mais son visage exprimait tout son souhait de tirer sur tout ce qui bougeait pour se défouler. Il n'était pas habitué à perdre et surtout pas contre une fille qui devait avoir huit ans de moins que lui. Tout les deux s'étaient levés de bonne heure ce matin pour aller s'entraîner hors du village. Zeff avait insisté pour que ce soit Siena qui l'accompagne. Mercutio n'avait qu'un seul Pokemon qui de plus craignait le type Ténèbres de Scalproie, ce qui n'était pas terrible pour progresser, et il ne pouvait pas supporter Galatea et ses réflexions incessantes plus de deux minutes. À dire vrai, Siena était la seule dans l'unité avec qui il s'entendait à peu près ; ou du moins, celle pour qui il ressentait un peu moins de mépris. Son coté sérieux, militaire et froid, sans doute. Ils rentraient vers le village quand Siena remarqua plusieurs ombres en mouvement sur le sol. Elle leva les yeux vers le ciel pour y voir plusieurs Gueriaigle qui volaient, eux aussi vers le village. Des Gueriaigle qui, vu de loin, semblaient être montés.

- Les dutteliens sont de retour, informa Siena d'un ton très calme.

- Génial, fit Zeff. Allez, si on se dépêche cette fois, on pourra s'en farcir quelques uns !

- Tu te rappelles qu'on a dit d'éviter de les tuer, hein ?

- Bien sûr. Je sais ce que le corps humain peut endurer comme mutilation avant de mourir. Je ferai gaffe.

Siena accéléra le pas et prépara ses Pokeball. Puis elle songea à quelque chose.

- C'est bizarre quand même. Solaris nous a dit que ce petit pays dans lequel nous nous trouvons est un territoire neutre et qu'il y est interdit de se battre entre vriffiens et dutteliens.

- Ça les regarde, dit Zeff en haussant les épaules. Nous, nous ne sommes ni l'un ni l'autre, donc ça ne nous concerne pas.

- Essaie quand même de ne pas faire trop de dégâts collatéraux. Les villageois sont innocents et nous ont bien accueilli.

Mais Zeff ne répondit pas, trop occupé à observer les cieux. Etonnée par son air qui aurait pu passer pour de la peur, Siena leva les yeux à son tour. Elle retint un cri de surprise. Elle n'avait vu que cinq ou six Gueriaigle quand elle avait levé les yeux la première fois. Mais maintenant, il y en avait bien une trentaine qui fondait vers Nondisu... et vers Solaris.


***


Mercutio avait fini son déjeuner quand Solaris tourna vivement sa tête vers la fenêtre, tendue comme un arc.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ils sont là...

Mercutio n'eut pas le temps de demander qui. De toute façon, il le sut quelques secondes plus tard, quand le toit de la maison explosa sous l'action d'un tir aérien. Tout autour de la ville, des Gueriaigle montés d'hommes en armures dutteliennes étaient en train de bombarder chacune de ses habitations avec des attaques Ultralaser. Sélène et sa mère hurlèrent quand le toit de leur maison fut déchiqueté par le tir. Mercutio s'était instinctivement précipité sur Solaris pour lui faire bouclier de son corps.

- Fuyez ! hurla Mercutio à la mère et à sa fille. Sortez d'ici !

Mercutio se leva de sur Solaris. La princesse avait l'air un peu secouée, mais semblait aller bien. Mercutio, en revanche, avait reçu une lourde tuile sur le crâne et commençait à avoir le vertige. Mais ce n'était pas le moment de tomber dans les pommes.

- Viens, fit Mercutio en relevant Solaris et en la tirant par le bras. Il faut rejoindre les autres.

- Ces chiens de dutteliens ! cracha Solaris. Comment osent-ils attaquer cette ville en dépit de nos accords de non-agression contre ces gens ?!

De dehors, malgré le chaos ambiant, Mercutio pouvait entendre les appels désespérés de Fukio qui recherchait Solaris. Puis une voix résonna d'en haut. Une voix au ton ampoulé que Mercutio connaissait.

- Que nous sussions que vous êtes là, princesse de Vriff, déclara Djosan Palsambec depuis son Gueriaigle. Je vous serais grandement reconnaissant de vous montrer pour qu'on puisse éviter plus de destruction envers ces pauvres gens innocents. Que mon honneur en souffrît lourdement !

- Ne bouge pas, souffla Mercutio quand il vit que Solaris s'apprêtait à sortir. C'est-ce qu'ils veulent.

- Mais les villageois...

- On va s'occuper de ces ploucs. Mais toi, reste cachée ici !

- C'est votre faute s'ils subissent ça, princesse Solaris, continua Djosan. Votre présence chez eux a mis ces gens dans la situation où ils se trouvent. Vous êtes la seule responsable, assurément. Vous saviez que nous vous pourchasserions où que vous alliez, morbleu !

La colère de Solaris eut raison de sa réflexion et de la poigne de Mercutio. Elle se libéra de son étreinte et se précipita dehors. Mercutio jura et courut après elle.

- Vous dites que c'est de ma faute, sales chiens de dutteliens ?! clama Solaris. Vous êtes des lâches et des traîtres ! Que faîtes-vous des accords que nos deux pays ont conjointement passés pour qu'on ne se batte pas dans le pays d'Arval !

Djosan dévisagea la princesse avec satisfaction et agacement.

- Ne faites point comme si vous vous souciez de la sécurité de ces gens, dame Solaris, riposta le chevalier duttelien. Nous connaissons votre but réel et nous ferons tout pour vous en empêcher.

- Et nous, nous ferons tout pour que vous laissiez Solaris tranquille, s'exclama Mercutio.

- Que vous m'eussiez surpris la dernière fois, Mercutio Crust ! Ça ne se reproduira point cette fois, sur mon honneur et ma fierté ! dit Djosan et s'empara de ses deux Pokeball.

- Non, s'il vous plait, ne vous battez pas ici, intervint Clarissia qui tenait sa fille Sélène pleurant dans ses bras. C'est un pays de paix.

Djosan hocha la tête en se lissant ses énormes moustaches roses.

- Que je vous présentasse mes plus profondes excuses, gente dame. Je vous promets que le royaume de Duttel vous dédommagera de tout ce qui aura été causé ici. Mais nous sommes obligés. Nous ne pouvons laisser un pareil monstre monter sur le trône de Vriff.

- Si monstres il y a ici, ils proviennent de Duttel ! clama Solaris.

Elle tendit le bras et Publo, sur son épaule, tourbillonna pour venir s'y accrocher de tout son long. Au bout de la main de la princesse, il prit la forme d'un pistolet, qu'il avait appris en imitant celui de Mercutio. Puis Solaris visa les guerriers dutteliens en haut. Avant que Mercutio n'ait pu l'en empêcher, elle tira et une balle en forme de gelée bleue percuta un des Gueriaigle, qui s'écrasa en criant de douleur. Le dutteliens qui le chevauchait tomba au sol avant son Pokemon et ne bougea plus. Il n'en fallut pas plus pour que les hostilités généralisées ne commencent.