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A Guy and his Thundering Destiny de Silver Zekrom



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» Auteur : Silver Zekrom - Voir le profil
» Créé le 07/06/2011 à 21:33
» Dernière mise à jour le 05/07/2014 à 17:12

» Mots-clés :   Action   Aventure   Humour   Présence de personnages du jeu vidéo

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VIII - Situation(s) complexe(s)
Je ne l'ai pas trop cru sérieux sur le coup, à vrai dire. Tant d'infos capitales en si peu de temps, il faut un moment pour digérer ça. Toute l'équipe était comme ça, d'ailleurs. Bastiodon était cloué sur place, Noctunoir (qui avait tourné le dos à Kyurem, le saluant de son traditionnel signe de main) avait complètement tourné la tête, et semblait intéressé par ce qu'il avait entendu. Gardevoir était complètement choquée, elle se cachait à moitié de peur, en tenant et derrière mon épaule. Drak, quant à lui, regardait le sol, faisait des petits tas de sable avec sa patte et semblait pensif, semblait réfléchir. Zekrom, enfin, discutait avec Kyurem dans le fond de la salle, pour en savoir plus sur l'affaire et sur son identité ; il semblait complètement dépassé par les évènements. Qui ne le serait pas ? Nous étions les seuls à pouvoir agir, car nous seuls pouvions croire à ce scénario. Je me dirigeai fermement vers Kyurem, qui tourna sa tête vers moi, remarquant que j'allai probablement péter un énième câble.

- Attendez une minute ! Parce que... vous comptez nous envoyer dans le passé ? Et on peut savoir comment ? Parce que bon, les voyages dans le temps, c'est bien beau comme solution à tous les problèmes, mais qui vous dit que notre voyage dans le passé n'aura aucun impact sur notre présent ? Peut-être que nous changerions encore plus de choses car rien que le fait d'aller là-bas entraînera l'apparition d'êtres vivants à cette époque, ce qui n'est pas prévu non plus ! Et puis, même si on imagine que notre petite pérégrination n'a aucune conséquence, qu'est-ce qui vous fait dire que l'on réussira ?

- Oh, mais vous réussirez, assura Kyurem, toujours aussi souriant.

- Comment pouvez-vous en être si sûr ? demandai-je, exaspéré par son attitude totalement contraire à la situation.

- Car, dans le futur, vous réussissez, certifia-t-il.

J'avais du mal à comprendre.

- Pardon ?

Kyurem s'approcha de moi puis s'expliqua :

- Tout comme nous pouvons savoir le passé, nous pouvons savoir le futur, grâce à Dialga. Et, en ce moment-même, vous revenez victorieux. Mais, il y a un grand mais, vous devrez faire les bons choix, suivre votre conscience et avoir du courage pour que ce futur plus que souhaitable devienne notre présent. Vous devrez vous surpassez pour pouvoir arrêter ce type.

Je rétorquai :

- Mais, si vous voyez dans le futur, pouvez peut-être nous dire qui c'est, ce type qui veut changer le temps ?

Il soupira :

- Hélas, non. Etant donné que vous réussissez, ce type n'est plus. Enfin bon, je n'en sais pas plus.

Ce type n'est plus, dans le futur ? Ça veut dire que nous allons le...

- Et euh... Excuse-moi, mais... Tu sais ce qu'il m'arrivera, à moi, dans le futur ? hésita à demander Zekrom en s'approchant du troisième Dragon.

Kyurem se tourna vers lui, l'air déçu :

- Non, malheureusement. Dialga ne m'en divulgua pas plus. Il n'est jamais bon de connaître son avenir, comme il le dit si bien. Mais je suis sûr que tout ira bien pour toi, ne t'en fait pas.

Zekrom baissa la tête :

- Dommage. J'aurais aimé savoir ce qu'un type comme moi serait devenu, si j'aurais – on peut toujours rêver – retrouvé la mémoire un jour. Bon, tant pis.

Je m'approchai, Gardevoir lévitant à mes côtés :

- Ne t'inquiète pas. Je t'ai juré que je t'aiderai, je tiendrais ma promesse. Et puis, nous t'aimons tous, tu sais. Tu es un ami super sympa, souriai-je.

- Je confirme ! ria Gardevoir.

Zekrom fut embarrassé ; il nous remercia.

- C'est bien, sourit Kyurem. Je suis content que ce soit un dresseur si attentionné qui a finit par te sauver, Zekrom. Car il t'a délivré de ta folie meurtrière, ne l'oublions pas.

Je sursautai :

- Eh ! A propos de folie meurtrière, on sait toujours pas comment s'en est sortit Latios ! Nous sommes arrivés poursuivis par Reshiram en furie, et il commençait à se battre contre lui quand il nous a amené ici, expliquai-je rapidement à Kyurem. Il doit avoir besoin d'aide !

- Besoin d'aide, moi ? Tu me connais mal, Chris !

Nous nous retournâmes, alertés par la voix venue du couloir par lequel nous étions entrés. En mode survivor après un combat infernal de mille jours, Latios, arriva, triomphant et fier de son exploit, couvert des traces de son rude combat contre Reshiram dont il était apparemment sortit vainqueur. Tous mes Pokémon l'applaudirent (hormis Noctunoir, qui tournait le dos comme à son habitude), Bastiodon tapant le sol, Gardevoir l'acclama, Kyurem le félicita. Devant tant d'enthousiasme, je me mis à taper des mains, devant accepter qu'il avait fait du bon boulot. Il s'avança, et s'écria :

- Merci ! Merci ! (les applaudissements enregistrés se mettent en route, apparemment à
reconnaissance vocale de ces deux mots) Ce n'est rien, vous savez, je n'ai fait que mon devoir
!

Foule en délire, ovation. Manque plus que les photographes et une fille dans ses bras, on avait l'archétype du nouveau héros. D'un coup, son regard se tourna vers Gardevoir ; tout le monde se tut. Elle rougit. Il fut figé sur place. Puis il s'approcha, avec un air séducteur, en virevoltant plus qu'en lévitant.

- Bonjour... Je vous ai déjà vu quelque part, non ?

Gardevoir rougit de plus belle.

- Oh ! Euh... Vous savez, je vous ai aperçu lors de l'accident du Tram Eclair, au Grand Marais...

Il s'approcha encore plus d'elle. Hum.

- Eh bien, laissez-moi vous dire que vous êtes la plus belle créature que j'ai croisé jusqu'à maintenant, continua-t-il avec son air charmeur en la regardant droit dans les yeux.

Je me raclai fortement la gorge. Latios me remarqua soudain, et redevint à peu près normal :

- Ah, salut ! Alors... Euh... Bien ou quoi ?

- Zekrom va bien, si c'est ça que tu veux savoir.

Il sentait l'antipathie dans ma voix. C'est bizarre, ça alors... ( <= ironie, hein.) Il rétorqua :

- Ecoute, si tu fais allusion à ce que je t'ai dit quand on était sur le chemin, sache que...

- Oh, mais garde tes explications pour toi, veux-tu. Je ne vois pas pourquoi j'écouterai un gars qui se fout pas mal des personnes autres que celles qui servent ses intérêts, ripostai-je en tournant le dos. Tu es le héros de cet instant, alors profite de ton moment de gloire avant que quelqu'un ne te le pique.

Quand on entendit, venant de la grotte d'où il était arrivé :

- Eh ! Attends-moi !

Puis, arrivant couverte de poussières et de quelques bleus aussi, Latias débarqua dans la pièce avec son air habituel de jeune fille maladroite.

- Eh bah dis-donc, la raclée qu'on lui a mise tous les deux, à Reshiminou ! Ça c'est du travail d'équipe, hein frérot ?

Je souriais sarcastiquement. Hin, hin, hin, voilà donc toute l'affaire. Latios était embarrassé. Kyurem remercia également Latias ; mes autres Pokémon aussi, chacun à leur manière. Mais ils étaient plus à foudroyer du regard Latios qu'autre chose. Lorsque Latias tourna la tête vers Zekrom. Il la salua d'un lever de patte en souriant, et avança vers elle pour se présenter. Quand elle se jeta presque dans ses pattes.

- Zekrom ! Comment tu vas ? Tu n'es pas blessé ? Tu manges bien ? Tu es en pleine santé ? Oh, comme je suis heureuse de te revoir ! sanglota-t-elle à moitié.

On se serait cru dans un épisode de série à l'eau de rose. Latios posait des questions à Gardevoir qui rougissait à chaque phrase, et Zekrom restait embarrassé, mais content que Latias s'intéresse à lui. Drak et Bastiodon se regardait, ne sachant que faire. Noctunoir continuait à ne pas bouger de place. Kyurem souriait. Je me raclai la gorge encore une fois (je crois que je vais finir par choper quelque chose à force), puis rappelai :

- Bon, ce n'est pas qu'on a à sauver le monde, mais il faudrait peut-être y aller avant qu'on s'évapore tous soudainement. Kyurem, tu peux nous donner des précisions sur ce qu'on doit faire maintenant ?

Les petits couples s'arrêtèrent de jacasser, et Kyurem reprit ses explications :

- Je vais avoir besoin d'aide. Gardevoir ?

Elle s'avança, je remarquai que Latios la zyeutait. Je lui lançai un regard de tueur, il dévia le sien en sifflotant.

- Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle au Pokémon Frontière.

Il commença sa requête :

- J'aimerai que tu utilises ton pouvoir pour nous aider à tous vous téléporter à Doublonville, dans la région de Johto. Vous devrez ensuite vous rendre dans le Bois aux Chênes, où se trouve l'Autel des Gardiens des forêts – et des couloirs temporels – Célébi. Vous le contacterez, et ce Pokémon vous aidera à voyager dans le passé, pour que vous puissiez arrêter le type. Vous irez, vous verrez, et vous l'exploserez, compris ? Puis vous rentrerez avec Célébi, vous aurez sauvé le monde, et tout sera magnifique. Vous allez vous séparez en deux groupes maintenant : Chris, avec Bastiodon, Drak, Noctunoir et Zekrom, vous serez téléporté. Quand Gardevoir, Latios, Latias et moi aurons fini cela, ces trois Pokémon vous rejoindront à l'Autel rapidement, comme ils savent si bien le faire. Des questions ?

Kyurem nous avait dévoilé le plan, qui avouons-le, était assez bien ficelé et semblait sans presque aucun accroc. Mais bon, comme toujours, c'est facile à dire, mais après...

- Il y a juste un problème, s'inquiéta Gardevoir. Je ne connais pas cette ville, et je ne peux pas téléporter quelqu'un à un endroit que je ne connais pas.

- Ne t'inquiète pas pour cela, sourit-il. Tu vas partir à l'instant avec l'un des Pokémon Eon pour qu'il te montre la ville, puis tu reviendras. Ce sera l'affaire de cinq minutes.

Latios leva soudain la tête, tout heureux de ce qu'il venait d'entendre, et Gardevoir rougit à cette idée.

- Je me porte volontaire ; je suis prêt ! s'exclama Latios.

Ben voyons !

- Aucun problème ! sourit Kyurem. Allez-y maintenant, plus vite vous serez revenus, plus vite nous nous occuperons du type. A tout à l'heure !

Je vis Latios et Gardevoir sortir de la salle, en riant tous les deux, joyeux comme un nouveau couple plein d'émotion vives, Gardevoir sur Latios. Je n'étais pas rassuré ; j'espérais que Latios n'intervertit pas les places lors de leur escapade. Quand j'eus une idée :

- Latias pourrait les accompagner, non ?

Latios s'immobilisa d'un coup ; je crus entendre « Et merde ! ». Sa sœur sauta de joie à cette idée.

- Oh, oui, ça serait marrant ! (Elle se tourne vers Zekrom, qui n'avait rien demandé) T'inquiète pas, je ferais de mon mieux ; tu verras, je serai la plus rapide !

Je renchéris :

- Et puis, ce fera une protection pour Gardevoir en plus, au cas où, insistai-je en foudroyant machiavéliquement Latios du regard, qui me faisait la gueule. Et pour Latios aussi, bien entendu. On ne sait jamais, mieux vaut être prudent !

- Eh bien, si ça ne dérange pas l'intéressée... Elle peut y aller, bien sûr, accepta Kyurem.

Latias virevolta de joie et partit rejoindre le petit couple. J'étais heureux que ma remarque eût fonctionnée.


On venait de ne plus entendre la chanson de Latias qui avait résonné dans le tunnel. Elle s'était mit à chantonner, elle était heureuse de voir Johto, qu'elle disait. Nous restâmes donc à attendre le trio dans la salle de Kyurem. Ce dernier alla s'allonger dans un coin en attendant, Bastiodon, Zekrom et Drak s'entraînaient ensemble ; ce dernier exerçant sa jambe pour être de nouveau apte à combattre. Noctunoir, lui, restait dans son coin, regardait les murs, épiait de tous côtés la caverne et les plaques de glace. J'allai voir Kyurem ; je désignai le sol à ses côtés :

- Je peux m'assoir ?

- Bien sûr, sourit-il.

Je m'assis. Je demandai, à tout hasard :

- Dites-moi, il y avait une histoire quelconque entre Latias et Zekrom, avant toute cette histoire ?

Il éclata de rire.

- Un peu, oui ! C'était le petit couple à tout le monde au travail !

- Ah oui ?! m'exclamai-je, bien que cette affirmation confirmait mes pensées. Ça explique donc le comportement de Latias...

- Oui, et Latios en était très jaloux, lui qui a toujours voulu trouver son âme sœur, m'informa Kyurem. D'ailleurs, je vois qu'il a l'œil pour Gardevoir !

Oui. Apparemment.

- Il fait ce qu'il veut, tout comme Gardevoir, donnai-je en guise de réponse.

- C'est bizarre, d'ailleurs, l'histoire qu'il y a entre Latias et Zekrom, ajouta Kyurem.

- Pourquoi ?

- Eh ben, nous, Pokémon Légendaires, hormis quelques uns comme Latios ou Latias, nous sommes asexués.

Choc.

- Ah bon ?! Mais... Pourtant... A votre voix, j'étais persuadé que vous étiez un mec ! Tout comme Zekrom !

- Ah, mais ça, faut demander l'explication à Arceus, ria-t-il. C'est lui qui décide tout ça. Zekrom, Reshiram, moi, Dialga, Rayquaza, Célébi... nous sommes le sommes quasiment tous.

Je n'en revenais pas, cherchai un contre-exemple :

- Mais, enfin, Reshiram, il a pourtant une touffe de poils entre...

Il tourna sa tête vers moi :

- Et alors ?

- Bah... Euh... J'avais pensé que c'était évident que...

- Oui ?




[...]



- Non, rien, me résignai-je, toujours choqué.

Mais je ne voulais pas laisser la discussion là.

- Mais, enfin, comment vous faites pour... hum... disons... assurer la descendance ?

Il éclata de rire, encore une fois.

- Eh bien ! T'en est un, de gars curieux ! Va, ne t'en fais pas, j'aime ça. Nous autres, Pokémon Légendaires, sommes conçus pour être immortels. Mais s'il advenait je ne sais quelle catastrophe, Arceus recréera un œuf de Pokémon Légendaire. Il naîtra ensuite et prendra la place manquante. C'est aussi simple !

Puis il soupira.

- Mais c'est vrai qu'être Pokémon Légendaire peut être désespérant pour certains. Zekrom, bien qu'il était avec Latias et vivait le bonheur parfait, a toujours eu un rêve ; c'était de pouvoir avoir une famille.

J'étais touché. C'est si cruel, comme destin... On naît, on se retrouve Pokémon Légendaire, on dirige une partie du monde, mais on ne peut pas avoir de famille. C'est grâce à des cas comme ceux-là qu'on voit que les choses simples comme le fait d'être parent sont plus importantes que tout.

- Mais... Pourquoi Arceus ne peut donc pas créer uniquement des Pokémon Légendaires mâles et femelles ?

Il soupira encore une fois.

- Ce serait le bordel, pour te dire franchement. Si nous pouvions tomber amoureux de quelqu'un avec qui nous ne devons pas travailler, il y pourrait y avoir des complications et le monde pourrait sombrer. Moi aussi, j'ai été triste de ne pas pouvoir être parent.

Il sourit soudain, comme lorsqu'on se rappelle d'un bon moment.

- Je me souviens que je m'étais même préparé à l'être, il y a des millions d'années de cela, quand je débutai. J'avais acquis des connaissances incroyables, je pouvais identifier n'importe quel bébé ou autre larve de n'importe quelle espèce ! Le jour où on m'a annoncé que je ne pourrais pas, j'étais en rage, mais je finis par accepter ce fait. Après tout, j'ai un important rôle à jouer dans ce bas monde, et je veux m'assurer que chacun vive dans la justice et le bien-être, c'est ce qui compte pour moi.

Une idée me vint soudain.

- Vous vous y connaissez en œufs de Pokémon ?

Il ria :

- C'était mon péché mignon !

Je bondis alors sur mon sac à la vitesse d'un Ninjask et en extirpait la capsule chauffante contenant l'œuf. J'ouvris la capsule. Je me rendis compte à l'instant que c'était la première fois que je l'ouvris moi-même. Je la déposai à terre, et pris l'œuf. Ça alors ! Je ne m'attendais pas à ce que se soit si lourd ! Je l'apportai délicatement aux yeux de Kyurem.

- Vous pourrez me dire de quelle espèce il s'agit ?

Il fut étonné que j'en aie un en ma possession. Ses yeux scintillèrent soudain, il était émerveillé.

- Ça alors ! Bonjour, toi !

Je le lui tendis, il se redressa, le pris dans ses pattes et l'examina avec un air de connaisseur.

- Hmm... C'est bizarre... Tiens, il a la trace héréditaire ! Et cette coquille... Ces couleurs bleues... nuancées de rose... En tout cas, ça protection de carbonate de calcium – sa coquille, ndlr – est diablement résistante ! Même un Luxray ne pourrait voir au travers ! Comme il est étrange... Je crois bien n'en avoir jamais vu de la sorte. Mais... on dirait...

Il le leva en l'air pour l'exposer mieux à la lumière, le tenant du bout des griffes, et le faisait tourner lentement sur lui-même.

- Tiens donc ! C'est tout petit, mais... Regarde, là.

Il pointait la courbure de l'œuf. Je ne voyais absolument rien d'anormal.

- Si, regarde bien. La courbe n'est pas parfaite, pas comme à l'opposé. Il y a un millimètre carré peut-être de surface plate. Les traces de telles sortes sont dues à un choc, normalement. Mais, vu la véritable armure blindée qu'est cette coquille, c'est bizarre que le choc soit visible...

Je me défendis de suite :

- Mais il ne s'est jamais prit de coup, pourtant ! Et je ne l'ai que rarement sortit de sa capsule.

Il me demanda (fallait s'y attendre, *soupir*) :

- Où l'as-tu obtenu ?

Je bafouillai :

- Oh ! Euh... Pour faire simple, une vieille mémé faisait son show sur les quais de Joliberges et tout le monde observait son stand et je suis passé car je devais embarquer sur l'Etoile d'Unys car je devais venir et donc je suis passé devant et elle m'a à moitié agressé en me posant une seule et unique question et donc j'ai répondu que c'était mon père et donc elle a dit que j'avais raison et donc tout le monde a applaudit et donc elle m'a donné l'œuf. Voilà. C'est à peu près ça.

Il me regarda bizarrement.

- Mouais. Donc tu l'as eu d'une inconnue qui perdait la boule. En tout cas, elle t'a gâté, puisqu'il y a bien un Pokémon à l'intérieur ; je sens de la vie en émaner. Et il est assez exceptionnel pour que je ne le connaisse pas.

Je soupirai. Dommage qu'il ne put me renseigner davantage.

- Mais peut-être que j'en ai déjà vu un semblable.

- OÙ ÇA ? bondis-je d'excitation.

Kyurem refroidit mes ardeurs immédiatement :

- Oh là, calme-toi. C'était il y a bien longtemps, tu sais, et puis, je ne suis plus tout jeune non plus et puis ce n'était pas EXACTEMENT cet œuf, mais il y ressemblait grandement, et puis, tu sais, il y en a plein qui se ressemble et puis ce n'était pas une espèce très...

- Nous voilà !

Tout le monde dans la salle se tourna vers le tunnel ; Latias, accompagnée de Latios qui portait Gardevoir, entra dans la salle. Kyurem me rendit rapidement l'œuf, et se précipita sur eux :

- Alors, on peut y aller ?

- C'est ok ! approuva Gardevoir.

Je rangeai rapidement l'œuf dans sa capsule puis dans mon sac.

- Kyurem, tu disais que l'œuf...

Il ne fit même pas attention à moi.

- Ok, continua-t-il. Le groupe de Chris, ramenez vous là.

Nous nous approchâmes de Kyurem, moi déçu qu'il ne m'en dise pas plus sur le futur bébé Pokémon.

- Très bien, Gardevoir, Latios, Latias, complétez le cercle autour du groupe.

Les quatre se disposèrent ainsi autour de nous cinq (six, en comptant l'œuf). Kyurem continua les instructions :

- Bien. Maintenant, concentrez-vous, les Pokémon psy ! Visualisez Doublonville, l'endroit précis... Visualisez-le bien, dans ses moindres détails, la moindre brique d'immeuble, la moindre planche de bois, le moindre...

- En espérant qu'on foire pas tout comme la dernière fois ! s'écria soudain Latias.

Latios jura, Kyurem aussi. Gardevoir ne savait pas de quoi elle parlait.

- Excusez-moi, j'ai peur d'avoir entendu ce que je viens d'entendre... Vous avez déjà testé, mais ça a foiré ?! m'écriai-je, interloqué.

- Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer, rassura Latios, faut juste que l'on se concentre assez sur l'objectif... C'est tout ! La clé pour les téléportations de groupe, c'est la concentration ! Maintenant, laissez-nous bosser, si vous voulez pas crever comme les précédents !

Je flippai. Le sol commença à trembler d'un coup. Les quatre, les yeux fermés, se mirent à scintiller bleu, puis à léviter (bon, sur Latios, Latias et Gardevoir je n'en suis pas trop certain). Une lumière blanche sortit soudain du sol ; ces rayons lumineux nous entouraient, recomposaient le cercle décrit par les téléporteurs. C'était vachement impressionnant. Le sol trembla de plus en plus, puis un son aigu se fit entendre, un son comme celui des attaques psy, mais en continu. Il devenait de plus en plus puissant, et grandissait maintenant en décibels en même temps que les rayons de lumière blanche grossissaient ; jusqu'à remplir complètement le cercle de téléportation. Cela formait une colonne de lumière dans la salle, avec le son mystérieux en plus. Le sol sous nos pieds tremblait au moins de 7 sur l'échelle de Richter à ce moment ; des petites pierres et de petites stalactites commençaient maintenant à tomber du plafond pourtant solide. Notre groupe entier se serra les uns contre les autres ; Drak s'accrochait à ma jambe, Zekrom me tenait l'épaule, Bastiodon se colla à mon autre jambe, et Noctunoir... Non, en fait, tout le monde sauf Noctunoir, qui restait totalement impassible. Zekrom se baissa soudain sur moi, et me demanda, la gueule à côté de l'oreille :

- Dis-moi, Doublonville, ce serait pas la ville de Johto avec le fameux phare ?

Le son devenait assourdissant, la lumière encore plus importante, les quatre, en plus, se mettaient à crier. J'hurlai pour qu'il puisse m'entendre :

- NON ! LA VILLE AVEC UN PHARE, C'EST OLIV...

Puis un flash. Enorme. Grandiose. Spectaculaire. La lumière blanche éclatante couvrit totalement notre champ de vision, et je ne sentis plus le sol sous mes pieds, dans les hurlements des téléporteurs et le son de la téléportation.



Le trou noir. Complet. Dans ma tête. Aïe. J'entendis faiblement une voix. J'essayai de comprendre :

- E... Rév... Oi...

J'essayai d'être plus attentif, me concentrai sur la voix ; bien que très étourdi.

- Eh ! Réveille-toi ! Eh oh !

J'entrouvris doucement les yeux, j'avais mal partout, et surtout à la tête. J'entendais le son des vagues ; je sentais le sable sous mon corps.

- He oh ! Lève-toi !

Je distinguai un Drakkarmin au-dessus de ma tête, et le ciel au-dessus de la sienne. Je devais probablement m'être échoué sur la plage. Il me faisait des signes pour me réveiller. Je ne me souvenais de plus rien.

J'ouvris d'un coup les yeux, un mauvais pressentiment. Je me levai prestement :

- Par Arceus ! Je ne me suis pas transformé en Pokémon, au moins ?

J'étais sur mes pieds, mes jambes, mon corps, avec mes bras. Tout allait bien (vous avez flippé, hein ?). Je regardai autour de moi : Drak, à mes pieds, qui avait essayé de me relever, Bastiodon, qui souriait à l'idée que je me réveille enfin, Noctunoir qui regardait la mer, Zekrom qui fut soulagé.

- Enfin ! souffla-t-il. On a eu peur pour toi, tu ne te levais pas. Tu vas bien ?

Je regardai autour de moi. On était sur une plage ; c'était l'aube, le tout début, ce moment où le ciel est tout juste un peu plus éclairé que pendant la nuit par les rayons de soleil naissants. Des bateaux étaient échoués à marée basse. Le quai était juste à côté, et un pont d'embarquement n'était pas loin. J'observai rapidement la ville qui nous faisait face : une bourgade ayant l'air sympa, des maisons assez jolies ; des banderoles de polygones de toutes les couleurs étaient suspendues ici et là. Le sol de la ville était pavé. Et, à droite toute, une lumière tournoyait, en hauteur. Un phare. Bienvenue à Oliville.



- Comment ça, c'est pas Doublonville ? demanda Zekrom, qui voulait des explications. Je croyais qu'on devait y arriver directement, par la téléportation ?

- Oui, mais comme j'ai parlé d'Oliville la milliseconde juste avant, et ça leur a fait penser à cette ville, probablement. On a donc été téléporté ici. Si c'est ce qui est arrivé.

Il s'inquiétait.

- Oh, merde ! Mais comment on va faire ?

Je cherchai un plan du regard ; j'en trouvai un sur un panneau planté dans le sable à côté de l'embarcadère, nous nous en approchâmes tous, puis montrai notre chemin en le traçant avec l'index :

- Ne t'inquiète pas, Doublonville n'est pas si loin. On a qu'à prendre la Route 39, tourner à la Route 38, aller jusqu'à Rosalia, passer par cette ville, descendre par la route 37, continuer par la Route 36 jusqu'au Parc Naturel que l'on traversera, puis on va au sud par la Route 35 pour atteindre au final Doublonville ! C'est y pas merveilleux ?

Ils me regardaient tous en ayant la nette impression que je me foutais de leur gueule.

- Ah mais tout va bien ! assurai-je. C'est indiqué par le plan, no problem !

Puis, pour changer de sujet et éviter la baston, je remarquai :

- Tiens, ils sont où les gens ? Y a personne ?

Maintenant que j'y regardai à deux fois, un truc clochait. La ville était déserte, il n'y avait pas un Miaouss. Tout était éteint, sauf le phare restait encore allumé. Des papiers volaient au vent ; les portes des maisons s'ouvraient et se fermaient toutes seules à cause des courants d'air. Le ciel était gris, à mieux regarder. Le contraste avec le soleil pointant de l'aube donnait un air de temps de film catastrophe. On l'aurait crue abandonnée, comme si tout le monde avait disparu soudainement.

- On n'en sait rien, on n'a vu personne depuis qu'on a été téléporté. C'est étrange, en effet, approuva Zekrom.

Je me dirigeai vers une maison. Je bloquai la porte qui allait et venait toute seule pour ne pas me la prendre dans la figure, et entrai la tête :

- Bonjour ! Il y a quelqu'un ?

Rien. Etrange. Et flippant.

J'essayai la maison voisine ; personne non plus. J'hurlai :

- HE HO ! IL Y A QUELQU'UN ICI ?

Aucune réponse. Je commençais vraiment à stresser. Nous allions voir partout, personne ne s'y trouvait. Même le Centre Pokémon était désert, l'air abandonné. Dehors, le seul bruit audible était les vagues de la plage, le vent qui soufflait anormalement fort et les grincements des portes branlantes. Le ponton d'embarquement aussi, personne. Zekrom se répétait :

- Mais qu'est-ce qu'il se passe, ici ?

Nous allâmes frapper à la porte d'entrée du phare. Personne non plus. La ville était complètement vide de vie, hormis les plantes qui s'agitaient avec le vent violent. J'avais vraiment peur, c'était vraiment horrible de ce retrouver dans cette Oliville fantôme. Je tremblai, Zekrom regardai le ciel avec les nuages avançant très vite à cause du vent, Drak épiait tout autour de lui, Bastiodon était aussi inquiet que nous l'étions tous et Noctunoir nous suivait sans bruit, en constatant les habitants évaporés. Nous déambulions lentement comme des âmes en peine. Puis, d'un coup, un craquement. Lourd, sourd, et court. Qui résonna dans toute la ville. Zekrom se retourna brutalement :

- Qu'est-ce que c'est ?

Plus rien. Puis encore un autre, tout aussi brusque et effrayant. Lorsqu'un troisième craquement sourd, encore plus important que les autres, se fit ressentir ; je sentis le sol vibrer. Puis, je me retournai vivement, face au phare qui se trouvait à quelques dizaines de mètres : je distinguai une fissure noire sur son mur blanc. Puis, dans des craquements et tintements métalliques répétés, la fissure grossit et avança petit à petit jusqu'au sommet.

- Courez ! Ça va s'effondrer ! hurlai-je.

Nous nous enfuîmes le plus vite possible tout droit, pour sauver notre vie qui menaçait de nous être retirée en entendant ces bruits d'effondrement progressif du phare. Nous nous allongeâmes à terre en pensant être assez loin du phare, jusqu'à ce qu'un énorme bruit d'explosion de verre se fit entendre. Le sommet du phare vola littéralement en éclats, sous nos yeux, dans une gerbe de morceaux de verre. Et il s'effondra complètement, d'un seul coup, sur lui-même, dans la poussière et le vacarme des décombres s'écrasant au sol. Il n'en resta plus qu'un tas de débris. Qui... bizarrement... semblait... diminuer ? En effet, sous nos yeux, les décombres semblaient disparaître ; ils disparaissaient vraiment, peu à peu, les uns après les autres. Puis, en quelques secondes, il ne resta plus aucune trace du phare d'Oliville. Et, là, je compris tout. L'humanité, les Pokémon de notre époque et toutes leurs œuvres commençaient progressivement à être rayées de la frise chronologique de l'histoire de cette planète.



Tout le monde était en panique, et je vous réponds : c'est tout à fait plausible, vu la situation. J'avais ordonné à tout le monde de chercher n'importe quoi qui nous serait utile et de se retrouver à la sortie de la ville. Quant à moi, j'avais décidé de chercher un moyen de transport qui pourrait tous nous conduire au Bois aux Chênes. Je cherchai vainement dans toutes les rues dépeuplée, qui ne faisait que foutre la frousse. Maintenant, par moment, on entendait le bruit sourd et lointain d'un éboulement, qui signifiait qu'une autre maison venait de disparaître. Quand, par miracle, derrière la porte d'un garage d'une maison encore debout, j'aperçus les roues d'un pick-up. Parfait pour notre groupe ! Je bondis sur l'occasion, et par la même occasion dans le véhicule. J'enclenchai le levier en marche arrière, puis appuyai sur la pédale. Rien. Les clés. Bordel.

- Malchance de merde ! criai-je désespéré en tapant sur le tableau de bord avec les poings.

Puis, un miracle apparut. Le tiroir du susnommé tableau de bord s'ouvrit sous le choc, et les clés me tombèrent sur les genoux. Je remerciai Arceus pour cette pitié accordée à un boulet comme moi qui est le seul à empêcher la fin de l'humanité et des Pokémon que l'on connaît. Je les introduisis dans la serrure adéquate et mis les gaz. Le niveau de carburant était aux trois quarts, très bien. Je fonçai ensuite direction l'entrée de la ville. Je roulai avec mes connaissances de bases de conduite accompagnée, c'est-à-dire le plus prudemment possible en essayant de ne pas rentrer dans les poteaux. Je roulai mélancoliquement dans les rues d'Oliville inoccupée, en pensant à tous ses gens et ses Pokémon disparus de ces maisons sans habitant maintenant qui s'affaissaient et étaient rayées de la réalité au fur et à mesure que le temps passait. C'était effroyable pour quelqu'un qui n'avait rien demandé, sûrement plaisant pour l'abruti responsable de cette catastrophe et déprimant pour quelqu'un comme moi, qui doit empêcher que cela ne se répande à l'échelle planétaire. Je pensai aussi au fait que les Pokémon préhistoriques allaient refaire leur apparition, certains tels quels pour ceux qui avaient tout pour eux, certains encore plus évolués qui ne l'étaient dans le passé. En espérant que cela ne nous arriverait pas.


J'arrivai enfin à l'entrée d'ex-Oliville désormais. Mes Pokémon étaient tous là à m'attendre, et une once d'espoir leur apparut lorsqu'ils me virent arriver avec le pick-up. Je m'arrêtai devant eux et leur ouvris les portières en indiquant de monter. Drak vint à la place à côté de celle du conducteur, et, n'ayant que deux places dans cabine, Bastiodon et Noctunoir se mirent sur l'espace ouvert à l'arrière. Je demandai à Zekrom ce qu'il comptait faire, il m'assura qu'il allait pouvoir voler tout le long du voyage. Une fois tout le monde en place, nous sortîmes d'Oliville par la Route 39.


- Alors, qu'est-ce que vous avez trouvé ?

Drak posa des paquets de mouchoirs et trois bouteilles d'eau sur le tableau de bord. Bastiodon avait déniché une corde, des barres de chocolat et de céréales, avec quelques boîtes de nourriture Pokémon générale. C'est la moins nourrissante, mais au moins elle convient à n'importe quel type de Pokémon. Zekrom avait ramené un briquet et une bâche, une de celles assez grandes pour recouvrir des remorques. Noctunoir me montra tout naturellement des caisses d'explosifs et une arme à feu.

- Où est-ce que t'as trouvé ça ? sursautai-je à la vue de ces engins dangereux.

Il regarda Zekrom, qui volait à côté de la voiture, du côté de ma fenêtre, à gauche. Il comprit qu'il devait m'expliquer.

- Il est allé trouver le commissariat, et il en est ressortit avec ça. Et encore, je lui ai repris les grenades et les bombes lacrymogènes qu'il voulait emmener.

Je n'en attendais pas moins de Noctunoir. Ils rangèrent tout ça à l'arrière, et les choses les plus compactes (et moins dangereuses) allèrent dans mon sac. Nous roulions depuis un moment sur la route 39, qui était déserte elle aussi, et retournée à l'état de plaine, avec quelques arbres au loin. Tous les paysages étaient comme ça. Le chemin de terre indiquant la route commençait à être peu à peu recouvert par la pelouse. Je tournai enfin à droite pour entrer dans la route 38 ; tout droit se trouvait Rosalia. Soudain, la voiture se secoua violemment, on eût dit que j'avais roulé sur un ralentisseur à pleine vitesse.

- Oh là ! Qu'est-ce qu'il se passe encore ? grognai-je après avoir été assez brutalement secoué. Tout va bien, derrière ?

Ils allaient bien, Drak également. Il n'avait pas mis sa ceinture de sécurité, car elle était trop petite pour lui. Enfin bon, on allait pas s'embêter avec des problèmes de sécurité routière, surtout dans un moment pa... Aussi soudainement, encore un choc violent.

- Merde, à la fin ! Qu'est-ce que c...

Puis, dans un formidable vacarme, et dans un rugissement tout aussi impressionnant, la voiture fut envoyée dans les airs, telle une bagnole volante incontrôlable. Nous hurlâmes durant deux affreuses secondes de vol plané en pick-up avant d'être rattrapés et remis à terre par Zekrom ; les deux à l'arrière avaient eu plus peur que mal. Lorsque je m'aperçus avec effroi ce qui faisait maintenant face à Zekrom dans le rétroviseur.

- MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE TRUC ?!

A toute première vue, on aurait dit un Minotaupe. La seule différence, c'était sa taille de trois mètres et son énorme armure d'acier que l'espèce avait gagnée au fil des milliers d'années. Bordel.