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A Guy and his Thundering Destiny de Silver Zekrom



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» Auteur : Silver Zekrom - Voir le profil
» Créé le 05/02/2011 à 00:45
» Dernière mise à jour le 22/08/2016 à 13:52

» Mots-clés :   Action   Aventure   Humour   Présence de personnages du jeu vidéo

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II - Un éclair d'amnésie
Je restai figé.
Au risque de me répéter, ma surprise était indescriptible, à l'époque. Je n'avais pas encore vécu de choses de cette envergure. Avec le recul, j'aurais sûrement trouvé quelque formulation dantesque et abracadabrantesque, mais je préfère simplement me rappeler de cette image de Zekrom sur l'écran, de ce choc émotionnel indescriptible, comme le début d'une suite d'évènements qui bouleversa ma vie. De fond en comble. Du sol au plafond.

Au bout de quelques secondes, je tendis la main vers la Faiblo Ball, tremblant. Leveinard, quant à elle, essayait vainement de réveiller Joëlle. Je pris la Ball, l'écran s'éteignit. C'était vraiment possible ? Zekrom... Le Zekrom... Etait-il vraiment à l'intérieur ? Je repris les autres Ball, et l'Infirmière se réveilla à ce moment là. Leveinard sourit en voyant Joëlle revenir parmi nous. Elle se releva en titubant et en se tenant la tête.

- Oh... Ma tête... Qu'est-ce que... Chris !

Elle me vit debout devant la machine. Fallait que je dise un truc, alors :

- Oh ! Vous... Vous allez mieux ?

- Eh bien, j'ai un peu mal au crâne... Oh ! Je me souviens ! J'ai fait un cauchemar... La machine avait affichée... Des résultats très surprenants...

J'étais embarrassé.

- Ah bon ? feignis-je en me dirigeant vers la sortie. Bah, un mauvais rêve, ça arrive. Au fait, mes Pokémon sont en super forme ! annonçai-je innocemment en montrant mes Poké Ball. Merci de les avoir examinés ! Je dois y aller !

Je passai la porte en courant :

- A bientôt ! criai-je en traversant le couloir menant à la sortie.

La voix de Joëlle, surprise de me voir partir aussi vite et ne comprenant rien, se fit entendre.

- Euh... De rien... A bientôt !

Et je détalai sans demander mon reste, sentant à chaque pas de course la Faiblo Ball dans ma poche, le poids de toute une légende contre ma cuisse, qui m'exaltait, et me faisait halluciner.


Je finis par ralentir mon pas, finissant par être essoufflé. Je regardai fixement, droit devant moi, prenant machinalement le chemin de l'arène, en voulant avoir l'air normal, alors que j'étais tout sauf dans mon état normal. Mes genoux tremblaient et menaçaient de me faire tomber en repensant à ce que j'avais vu sur l'écran de la machine du Centre Pokémon. Et puis d'abord, comment Zekrom s'était-il retrouvé là ? J'avais pourtant remis la Ball dans le coffre, bien à sa place... Puis y a eu les turbulences causées par le Dragon légendaire, et... Ensuite le coffre est... Mais si mais oui bien sûr ! Ayant trébuché, j'ai fait valser le coffre avec la Faiblo Ball dans l'œil du cyclone, et la Ball est tombée sur Zekrom !




[...]




Je sais que je mis du temps à comprendre, mais comprenez moi. Zekrom...! Et puis, qu'un Pokémon Légendaire se fasse capturer dans une Faiblo Ball... Je m'assis sur un banc qui passait par là, histoire de se poser pour réfléchir. Je sortis la Faiblo Ball, et je me mis à la regarder. Le vert clair métallique scintillait à la lumière ; les rayures kaki étaient ternes. La Ball était tiède, et j'avais une étrange impression en la tenant dans la paume de ma main, comme si je me sentais empli d'une force incroyable. Ou alors c'était moi qui délirait et qui m'imaginait des trucs. Dans tous les cas, ça prouvait pour moi une fois de plus que Zekrom était à l'intérieur. Là, dans le creux de ma main, dans cette boule de métal comme mille autres.
A ce propos, qu'est-ce que j'en fais, moi, de cette Ball ? J'en parle à quelqu'un ? Je la garde ? Est-ce que je l'ouvre ? Bon, je vais commencer par réfléchir à la situation. Je suis en possession d'un Pokémon Légendaire. Est-ce qu'on a seulement le droit de capturer un tel Pokémon ? Je suis pas en train de violer les lois de la nature, ou je ne sais quoi ? Est-ce qu'on va venir m'arrêter pour ce que j'ai fait ? L'Agent Jenny ? Ou alors la Police Internationale ? Voire pire, une organisation ultra-secrète dont personne n'a jamais entendu parler avec des méthodes d'interrogatoire horribles ? Des hommes en noirs baraqués avec des Coatox à l'air vicieux débarqueraient de nulle part, ils me balanceraient un "Veuillez nous suivre s'il-vous-plaît", et je monterais dans une grande voiture noire cheloue blindée qui sent le cuir et les coups fourrés, et on m'emmènerait, et-
Attends. Calme-toi. Après tout, c'est un accident. Mais c'est nous qui y sommes allés, nous savions bien qu'il y avait Zekrom... Nous avions risqué notre vie... Qui est le responsable dans cette histoire...?
Bon. Paniquer ne m'aidait pas. Je fais quoi alors ? Je le fais sortir ? Pas ici, en tout cas. Disons que ça créerait une légère panique générale de voir apparaître en pleine ville un Pokémon de l'envergure de Zekrom. En tout cas, fallait que j'en parle à quelqu'un. J'avais ce besoin insupportable de partager ce fardeau.
Je regardai autour de moi. Chemin désert. Vraiment personne,ces jours-ci. Je me levai donc, pris ma Poké Ball, ma Super Ball et ma Sombre Ball et les lançai dans les airs. Elles s'ouvrirent dans leurs déclics respectifs, puis, après les flashs de matérialisation, Bastiodon, Gardevoir et Noctunoir apparurent devant moi. Bastiodon sourit à ma vue, Noctunoir, les bras croisés, le dos tourné, me faisait apparemment la gueule (après l'épisode de la matinée, évidemment) et Gardevoir me sourit également.

- Contente de te voir ! Quoi de neuf ?

- On a un gros problème ! Réunion générale d'état d'urgence ! paniquai-je en agitant les bras comme un demeuré.

Bastiodon garda son calme, Noctunoir faisait toujours la gueule mais tourna légèrement son regard d'unique œil intéressé, histoire de pas louper un truc important, et Gardevoir croisa ses petits bras verts.

- Calmons-nous. Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai capturé un Pokémon !

- Mais c'est super ! sourit-elle.

- Ouais ! Génial ! Top bonheur ! m'exclamai-je. Le problème, c'est que c'est Zekrom !

La nouvelle avait de quoi faire réagir, évidemment. Bastiodon fut complètement bouleversé. Une fois le choc de compréhension passé, il se mit à faire les cents pas en courant (enfin en marchant vite, vu le poids de son armure), pris de panique, essayant déjà de trouver une solution à ce problème en marmonnant. Noctunoir le blasé haussa les épaules et continua à bouder, puis Gardevoir resta figée sur place, en me défigurant moi, mon air ahuri, et la Faiblo Ball que j'agitai dans tous les sens. Elle demanda au bout de quelques secondes :

- Mais... Comment est-ce arrivé ?

Je racontai toute l'histoire : l'arrivée de Keteleeria, la montée dans l'hélicoptère, l'aspiration par le siphon de l'ouragan, le coffre maudit, le crash sur les bords du Lac Courage, la recherche de ma Scuba Ball, les retrouvailles avec le coffre, le départ de Keteleeria, les beaux cheveux de Joëlle, le cri, la découverte de Zekrom dans la Faiblo Ball, l'excuse pourrie que j'ai sorti à l'infirmière, mon errance dans Verchamps, la conclusion que j'ai tirée, les Poké Ball que j'avais lancé, qu'ils étaient apparus, que Noctunoir me faisait la gueule, que Bastiodon stressait, qu'elle m'avait posé cette question, que j'avais raconté l'arrivée de Keteleeria, la montée dans...

- Stop ! Arrête ! Arrête ! m'interrompit Gardevoir. T'es vachement anxieux. Ça commence à me stresser aussi.

- Pardon. Mais... J'ai une arme de destruction massive dans une Poké Ball, je sais même pas si ça va précipiter le fin du monde, alors y a quand même une raison pour être anxieux !

Bastiodon s'était arrêté et réfléchissait, tout comme Gardevoir. Noctunoir faisait (toujours) la gueule. Je me rassis sur le banc, déprimé, dépité, ne savant que faire. Gardevoir raisonna calmement:

- Bon. Tu en as parlé à quelqu'un ?

- Vous êtes les premiers à le savoir ; Joëlle pense qu'elle a rêvé, lui répondis-je en regardant dans le vide.

- On pourrait en parler à ton père ? continua-t-elle avec des airs de psychologue.

- Tu déconnes ? Ce serait la crise assurée. Il est en plein match en plus, et tu le connais...

- Alors y a plus qu'une chose à faire : connaissance !

Je ne voulus pas la comprendre.

- Je te demande pardon ?

- Fais sortir Zekrom ! proposa-t-elle aussi simplement que de prendre un café. On n'a qu'à aller dans les profondeurs du Grand Marais, il n'y a jamais personne.

Bastiodon, qui suivait notre conversation, approuva. Noctunoir, lui... bah, il faisait toujours la gueule.

- Tu... Tu es sûre ? balbutiai-je, hésitant, en regardant la Faiblo Ball.

Elle me répondit gaiement, toujours avec son sourire radieux et innocent :

- Fais-moi confiance ! Ce n'est pas comme si c'était l'autre abruti qui avait sorti cette idée !

Noctunoir se tourna d'un coup, choqué, puis asséna un Poing Ombre simple mais efficace à Gardevoir. Elle se releva, puis se jeta sur lui en criant « abruti ». S'en suivit le crêpage de chignon habituel. Bastiodon réagit à ce moment là (un peu long à la détente, que voulez vous), puis se mit à grogner en faisant le tour du ring, essayant en vain de les arrêter. Je me levai, les rappelai tous pour finir le massacre. Je me levai, déterminé, avec une idée en tête : direction le Grand Marais.


- Bonjour ! Oh, Chris ! Comment allez-vous ?

- Merci Jeanne, très bien ! Je viens prendre l'air.

Je m'approchai du guichet. Jeanne pianota sur un clavier ; c'était elle qui recevait les Dresseurs venant capturer des Pokémon au Marais ou tout simplement ceux qui venaient y faire un tour, comme je le faisais souvent avec mon père. Elle me tendit un billet de Tram.

- Voilà ! Dépêchez-vous, le Tram partira dans deux minutes !

- Merci ! Bonne journée !

Arrivé dehors, l'odeur de la nature, celle des arbres et de la terre après la pluie emplit mes narines. C'était revigorant, frais et on avait l'impression que ça nous débarrassait de la pollution qui arrivait d'Unionpolis. J'adore venir ici pour m'évader, pour ne penser à rien. Je me dirigeai vers le quai du Tram Éclair, le tramway "100% écolo ça pollue pas, c'est bon pour la nature n'est-ce pas" parcourant une grande partie du Marais. Je montai à bord, présentai mon billet au contrôleur qui me reconnut, puis m'assis sur un strapontin. Le contrôleur siffla, fit de grands gestes et les portes se fermèrent. Le Tram se mit à ronronner, avança d'abord lentement puis accéléra de plus en plus. Je regardai dehors les arbres défiler et les marais se succéder. J'avais en tête un lieu bien précis que je voulais atteindre ; ayant passé mon enfance avec le Grand Marais comme terrain de jeu, je connaissais le coin parfait pour être à l'abri des regards et pour ne croiser personne.


Au bout de quinze minutes et un arrêt aux troisième et quatrième zones, nous atteignîmes la dernière gare avant le retour du Tram. Je sortis du côté de la première zone, descendis du quai et me mis à m'enfoncer dans la végétation luxuriante du Grand Marais, en sachant où aller pour éviter les mares de boue. Après avoir croisé quelques Pokémon sauvages et une altercation avec un Vortente (je n'entrerai pas dans les détails, je remercierai seulement Gardevoir), j'arrivai à une clairière dans un bosquet éloigné du circuit du Tram, et où je n'avais jamais croisé personne. Je sortis Gardevoir, Bastiodon et Noctunoir.

- Bon. On y est, informai-je.

- Alors allons-y ! sourit mon amie.

- Vous êtes prêts ? demandai-je, en prenant en tremblant la Faiblo Ball dans ma main.

Bastiodon acquiesça, Gardevoir l'était, naturellement, et Noctunoir haussa les épaules. J'inspirai profondément. Je brandis avec confiance en Gardevoir la balle métallique, puis la lançai en l'air.

- Alors montre-toi, Zekrom !

La Ball vola dans les airs, elle s'ouvrit vers le haut dans un son habituel, puis le rayon lumineux en sortit. Jusque, là, tout va bien, sortie normale. La lumière se dirigea vers le pied d'un arbre, puis remplit la surface que prenait le Pokémon, en décrivant l'impressionnante et gigantesque silhouette de Zekrom, de sa queue, appendice caudal monumental, à ses ailes au-dessus des bras. Puis les couleurs de la bête apparurent, le rayon lumineux se dissipa, la Ball retomba à terre. Zekrom apparu assis contre l'arbre, sa tête de Dragon penchée sur le côté, les yeux fermés, ses grandes pattes postérieures reposées sur l'herbe, ses larges ailes tombantes, ses pattes avant relâchées et pendantes, griffes rétractées, pointe de la mèche au sommet de son crâne légèrement reluisante, turbine caudale crépitante. Il semblait assoupit, le Pokémon Légendaire d'Unys.

J'étais impressionné (qui ne le serait pas ?) et aussi émerveillé de voir cette créature Légendaire en chair, en os, en écaille noires, et dans toute sa splendeur. J'avais toujours de la peine à y croire. Bastiodon regardait la bête dans tous ses sens, histoire de découvrir le mastodonte aperçu seulement dans mes livres, et surtout histoire de se demander de ce que la bête avait de si extraordinaire. Noctunoir le regardait du coin de l'œil, de haut en bas, d'un air dédaigneux. Je restai planté là comme un Simularbre à regarder Zekrom quand Gardevoir, tout sourire, commença l'approche.

- Salut ! Contente de te connaître !

Pour ne pas passer pour un con, je m'avançai et pris contact presque aussitôt que Gardevoir eut fini sa phrase :

- Heureux de faire ta connaissance ! Est-ce que tu nous entends ?

Les paupières de Zekrom se soulevèrent lentement, découvrant ses yeux rouges et jaunes ; des étincelles bleues jaillirent de son générateur, comme si un courant électrique annonçait son éveil. Le gros Pokémon cligna des yeux, se redressa, et nous regarda. Il observa l'environnement, tourna la tête de tous les côtés, et balbutia d'une voix extraordinaire :

- Où... Où suis-je ?

Gardevoir eut un soupir de soulagement : il allait bien. Je souris, en serrant les dents, complètement dépassé par les évènements, ma voix tremblante, et essayai de ne pas paraître perturbé.

- Au Grand Marais, dans la ville de Verchamps ! Bienvenue dans la région de Sinnoh !

Zekrom tourna sa grande tête vers moi, et me demanda :

- Sinnoh ? Verchamps ? Le Grand Marais ? Qu'est-ce que c'est ?

- De ? Le Grand Marais ? Eh bien... c'est un endroit où on attrape des Pokémon, un peu comme... Comme un Parc Safari, quoi, répondis-je, un peu surpris de cette question.

Gardevoir rajouta :

- Tu vas bien ?

Zekrom avait l'air complètement paumé, et nous regardait comme si c'était nous qui venions d'un monde parallèle. Il prononça enfin quelques mots en se tenant le front avec sa patte.

- Je... J'ai un peu mal à la tête... Qui... Qui êtes-vous ?

Je tendis ma main pour le saluer :

- Je m'appelle Chris, fils de Lovis le Teigneux, de Verchamps.

- Je suis Gardevoir ! sourit-elle.

Bastiodon se présenta également avec un air de bienvenue et tout content, et Noctunoir murmura son nom de manière quasi-inaudible en faisant un signe de loin avec sa main, toujours le dos tourné.

- Excuse-le, c'est un Pokémon assez froid... disons qu'il change d'humeur comme de chemise, expliquai-je à Zekrom gentiment (en baissant ma main qu'il n'avait pas serré, mais je voulais pas avoir de crampes).

- Ce n'est pas grave. Vous pouvez me dire comment je me suis retrouvé là ?

Gardevoir continua avec sa bonne humeur, apparemment amusée par le Pokémon Noir Idéal.

- Eh bien c'est très simple, en fait c'est Chris qui est tombé et qui...

Je me précipitai et parlai plus fort qu'elle :

- C'est une longue histoire, hm ? Nous en parlerons plus tard ! conseillai-je, gêné. Ce qui importe, c'est que tu sois un Pokémon en pleine santé !

Zekrom n'avait pas l'air de comprendre ce que je disais. Il pencha sa grande tête de dragon sur le côté.

- Ah, oui... Bien sûr... Mais, dites-moi, j'entends ça depuis tout à l'heure... C'est quoi un Pokémon ?




[...]




C'est choquant, hein ? Je ne trouvai rien d’autre pour décrire ce sentiment de surprise et d'aberration qui commençait à devenir habituel, et que vivaient en live pour la première fois mes Pokémon. Sur le début, je n'avais pas compris, la seconde d'après je réussis à comprendre, et les minutes qui suivirent, j'avais peur de comprendre. Après un blanc monumental, Zekrom comprit que quelque chose clochait.

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Après que je me sois remis du choc, je balbutiai :

- Tu... Tu ne sais pas... ce qu'est... un... un Pokémon ?

- Eh bien, non. C'est si important que ça ? demanda le Pokémon Noir Idéal.

Noctunoir éclata de rire, Gardevoir me regarda avec un air de « Pourquoi est-ce que tu captures que des abrutis, ces temps-ci ? », et Bastiodon aurait fait un facepalm s'il avait pu. J'évitai de perdre mon calme Zekrom attendait une réponse. Soudain, un frisson me parcourut le corps. Je demandai, craintif :

- Dis-moi, peux-tu me dire quelque chose sur toi ?

Zekrom sourit pour la première fois qu'il était sorti, ce qui me fit tout drôle, de voir ses crocs blancs et fiers, mais ce qui me rassura aussi ; avant de déclamer avec assurance :

- Bien entendu ! Je suis Zekrom !

- Oui, ça, on avait compris, mais peux-tu me dire autre chose ?

- Eh bien, je...

Puis Zekrom s'arrêta net sur ces mots. Il me fixa du regard, et fit une tête de gars stressé. Au bout d'une dizaine de secondes, il rugit :

- JE... JE NE SAIS PLUS RIEN !

S'en suivi un hurlement épouvantable, qui fit trembler les arbres et fuir des Axoloto alentours.

- Chut ! Tu vas attirer quelqu'un ! essayai-je de le calmer.

Zekrom se leva brusquement, et, affolé, se lança dans un délire à la Mewtwo.

- C'est horrible ! Qui suis-je ? Que suis-je ? Où vais-je ? Quelle est ma fonction en ce bas monde ? Je ne sais rien de ce que j'ai fait, de ce que je fais là, de qui sont mes parents ! Au secours !

- Calme-toi, s'te plaît ! Je peux tout t'expliquer ! Assieds-toi. Étant donné que je suis la seule personne que tu connaisses maintenant, je te conseille de m'écouter, ne serait-ce qu'une seconde.

Il s'immobilisa, me regarda droit dans les yeux, puis s'assit docilement.

- Étant donné que tu n'as pas tort, même sans doute raison, je veux bien t'écouter. Mais ne profite pas de la situation, hein ? C'EST HORRIIIBLE !

- Ne t'inquiète de rien, en plus, ici, on craint rien.

Pile à ce moment, un cri se fit entendre, un cri aigu que j'avais déjà entendu quelque part. Une chose perça le toit de feuilles qui nous surplombait ; cette même chose transperça l'air et fila à une vitesse incroyable juste devant nous. L'air repoussé nous éjecta sur les côtés, mes Pokémon et moi furent envoyés à deux mètres. Zekrom se fit frapper par la chose volante. Le dragon électrique grogna sous le coup, puis la chose repassa à la même impressionnante vitesse. Elle frappa une deuxième fois Zekrom en faisant le même cri aigu, puis continua sa course.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc ?! criai-je, en me relevant en titubant.

Le Pokémon à grande vitesse vola encore une fois sous notre nez avec la puissance d'un avion à réaction, puis fila par le chemin par lequel nous étions arrivés. Zekrom rugit, furieux, se mit sur ses deux pattes, prit un élan monumental, fit chauffer sa turbine caudale, et se propulsa avec une force énorme. J'étais à peine debout que je fus déjà renvoyé à terre sous la puissance de son envol. Je grognai en me relevant une deuxième fois, mais c'était pour apercevoir, au au loin, notre gros point noir voler à la poursuite de l'être vif.

- Pas par là ! C'est le quai du Tram Éclair au bout !

Bien sûr c'était totalement inutile de crier, vu leur distance. Je rappelai mes Pokémon, qui entre temps étaient aussi occupés à se relever une deuxième fois, et avec la rapidité des événements, qui ne comprenaient quasiment rien à ce qui se passait. Je me mis à la poursuite de Zekrom et de ce Pokémon en courant le plus vite possible.


C'est mignon quand j'y repense, parce que je ne sais pas ce qui m'avait traversé l'esprit. Est-ce que j'avais vraiment cru que j'avais une chance d eles rattraper avec mes petits pieds ? Bon, faut bien avouer que la course est bien un des derniers trucs dans lesquels j'excelle. Et puis, j'avais perdu de vue les deux fusées depuis quelques secondes. Et merde... S'ils arrivent au Tram Eclair, qu'est-ce que je vais sortir comme excuse ? « Ah, désolé, vous savez, c'est pas ma faute... Élever un Pokémon Légendaire, ça s'apprend vous savez... Et pour la crise cardiaque générale ? Les gens font des crises cardiaque pour rien de nos jours vous savez, mais c'est toujours pas ma faute... » Non. Il était clair que non. Et pourtant, je devais les arrêter à temps. Pourquoi c'est pas là où on en a le plus besoin qu'on installe des téléporteurs ?! Et là, un éclair de génie. La téléportation ! Quel idiot je fais parfois, je vous jure. Je lançai ma Super Ball.

- Gardevoir ! Téléport au quai numéro 1 du Tram Éclair, s'il te plaît !

Gardevoir apparut devant un moi tout essoufflé, et soupira :

- J'aurais voulu te le proposer avant, mais comme on dit : « Le dresseur fait son Pokémon », non ?

- C'est pas le moment avec tes sarcasmes ! m'écriai-je, tout rouge et le coeur palpitant. On y va, sinon je vais avoir des emmerdes !

- Hihi, c'est parti !

Elle leva les bras au ciel, puis poussa un cri mélodique. Une sphère rose prit naissance entre ses paumes, et augmenta progressivement de volume, jusqu'à nous envelopper complètement. Il y eut un flash, une sensation rassurante - je fermai les yeux et évitai d'y penser trop fort, puis nous nous retrouvions devant le quai. Il n'y avait personne. Décidément. Je jetai un coup d'œil au panneau des trains : le prochain arrivait dans 4 minutes.

- Merci, Gardevoir. Où sont-ils ?

- Je suppose que tu veux parler des missiles qui arrivent droit sur nous ?

Elle pointa l'horizon, et effectivement, Zekrom poursuivait la flèche, et ils arrivaient droit en direction du quai numéro 1.

- Par Arceus ! Qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait ?!

- Attention !

Les deux Pokémon s'approchaient dangereusement, et Gardevoir me poussa vers les bancs d'attente des Trams. Nous tombâmes à la renverse, et les Pokémonà réaction nous frôlèrent de justesse. Ils s'arrêtèrent nets, et je pus distinguer parfaitement l'agresseur de Zekrom : dans sa silhouette bleue élancée et les bras repliés pour gagner en vitesse de vol, je reconnus Latios.


Le nouveau Pokémon Légendaire du jour poussa son cri, avant de concentrer son énergie en un rayon violacé regorgeant de puissance, qui raya l'air en dessinant la silhouette d'un dragon, puis fusa vers Zekrom. Ce dernier, épuisé, n'eut pas le réflexe d'éviter Dracochoc, et se prit l'attaque de plein fouet. Après s'être remis du choc, il se concentra. Sa queue se mit à produire plus d'étincelles que pendant son temps de vol, jusqu'à s'électrifier entièrement et se recouvrir d'une couche bleue crépitante. Il rugit avec le fracas du tonnerre, et, m'apprêtant à voir des mes yeux pour la première fois la puissance de la bête, je retins mon souffle. Le grand Dragon noir s'entoura de l'électricité qui enveloppait peu à peu son corps depuis sa queue servant d'incroyable générateur...
Puis plus rien. L'électricité se dissipa comme elle était venue, aussi sec. Tout s'éteignit, et redevint silencieux, les deux Légendaires l'évitant l'un devant l'autre. Zekrom parut étonné sur le coup, puis fit la tête déjà connue de dragon stressé.

- C'est pas vrai ! Je ne sais plus comment utiliser ça !

J'eus un éclair de compréhension déprimant.

- Tu veux dire que t'as aussi oublié tes attaques... ?

- Tu vois d'autres explications ? grogna-t-il en se retournant vers moi.

- Excusez-moi, vous pouvez m'expliquer ? Zekrom serait amnésique ?

Latios nous avait interrompu. Déjà surpris qu'apparemment, "Légendaire" devait signifier "Sachant parler aux hommes", je lui répondis sans plus m'en étonner.

- Oui, Zekrom ne se souvient que de son nom, et encore grâce à nous, précisai-je en regardant Gardevoir.

Latios sourit en regardant Zekrom.

- Tiens ! Intéressant ! L'amnésie enlèverait également la colère de l'équilibre rompu ?

Puis il éclata de rire :

- Dire que je n'avais même pas besoin de t'attaquer, Zekrominou !

Pendant que Latios continuait son délire, Gardevoir et moi nous regardâmes, interloqués, avec pour fond sonore les éclats de rire du Pokémon Éon et la question « C'est qui Zekrominou ? » venant du Pokémon amnésique. Je ramenai Latios à la réalité :

- Pardon ? Je ne comprends pas... Tu peux nous expliquer ce qu'il s'est passé ?

Il s'apprêta à parler, mais s'arrêta net, et tourna le regard vers l'horizon.

- Euh... Cela pose-t-il un problème que mon collègue et moi soyons vus par des personnes lambdas ? Et encore, si ceux-là survivent ?

- Pourquoi ?

- Eh bien, ce que je vois arriver peut être problématique, annonça-t-il d'un air tout à fait normal, regardant toujours vers l'horizon.

J'eus un frisson : j'entendis des bruits de métal et de klaxon bien connus. Le Tram Eclair arrivait. Il avait l'air en perdition : il n'avait aucunement l'intention de ralentir et faisait des appels de détresse avec ces phares en faisant un boucan avec ses sonneries et klaxons, comme précisé. Merde. Je me souvins que, pour éviter de déranger les Pokémon du Grand Marais, ils n'avaient pas installés de poteaux électriques, tout le courant passait dans les rails ; mais avec l'électricité qu'avait dégagé Zekrom, le Tram prenait trop de vitesse ! Enfin je crois que c'est pour ça ! C'est la seule explication possible ! De toute façon, ça changeait rien ! Il allait dérailler ou s'écraser sur le bosquet qu'il y avait au bout de la ligne ! Bordel !

- C'est pas vrai ! Faut stopper ce train !

Zekrom ne comprenait rien à ce qui se passait (il posait des questions du genre « Un Tram ? C'est quoi ? »), Latios attendait patiemment dans un coin qu'on s'occupe de la situation, et Gardevoir partageait mon angoisse. J'eus une idée :

- Zekrom pourrait peut-être absorber le courant des rails ? Tu l'as bien fait dernièrement au Pokémon d'un Dresseur, je crois ? Un Pikachu ?

- Ah oui ? Tu peux me dire comment je fais ça ? demanda-t-il en me prenant au dépourvu.

- J'en sais rien ! C'est toi le Pokémon Légendaire ici !

- Je ne sais même pas ce qu'est un Pokémon, je te signale ! Et même si je le savais, je sais même plus utiliser mon corps !

(Ajoutez en fond sonore le « Ah ouais quand même » de Latios, le stress de Gardevoir et les cris de détresse du tramway.)

- T'as bien volé, tout à l'heure, et apparemment ça t'a pas posé de problème !

- C'est venu comme ça ! J'avais même du mal à me contrôler, alors c'est pour dire !

(Rajoutez ici, toujours en bruit de fond, le « Ça explique donc son air bourré de tout à l'heure » de Latios, les cris d'anxiété de Gardevoir et les crissements des roues du train fou.)

- Qu'est-ce que j'ai fait pour me retrouver dans cette merde ! Tout ça à cause de ce coffre de merde ! Cette putain de Ball serait passée juste à côté de toi, ou elle t'aurait juste relâché, je t'aurais pas capturé, et je serais rentré chez moi tranquille !

Il y eut un silence de mort (sans compter le bruit métallique qui se rapprochait funestement). Latios brisa en premier le manque de parlotte.

- Je... C'est moi ou j'ai entendu « capture » ?

Je m'écriai, en brandissant avec rage l'objet inanimé que je tenais pour responsable :

- Oui ! Capture ! J'ai capturé Zekrom dans cette Faiblo Ball ! Tout ça à cause d'une connasse de turbulence que môssieu avait créé pour je ne sais quelle raison, qui m'a fait tomber, et qui a fait que cette Ball lui tombe sur le crâne ! D'ailleurs, retour, Zekrom !

Je pointais la sphère verte vers le Pokémon susnommé, et le faisceau rouge en sortit, comme à son habitude. Il rappela Zekrom, qui me regardait avec un air profondément choqué et attristé. J'étais trop sur les nerfs pour y faire attention. Une fois la Ball rangée, je rappelai Gardevoir également, et je demandai à Latios de se mettre sur le côté. Il me demanda pourquoi un abruti dérangé comme moi lui donnait un tel ordre. Je répondis, résolu, emporté par mon énervement :

- Je vais arrêter ce tramway !

Avant qu'il n'ajoute la moindre réflexion, je descendis prudemment sur la voie et me positionnai à une distance que je trouvai avantageuse. Je me mis face au train qui arrivait à toute berzingue. Je sortis ma Poké Ball, priai pour que ça marche, et criai en lançant l'objet devant moi :

- Montre-moi ce que tu as dans le ventre ! Je crois en toi, Bastiodon !

Bastiodon apparut, et eut l'air complètement perdu en voyant qu'il se trouvait sur des rails. Je lui ordonnai :

- Un train arrive droit devant ! Renforce ta défense avec le plus de Malédictions que tu peux, utilise Tête de Fer et arrête-moi ce truc !

Il me regarda profondément, l'air quand même apeuré. Latios murmurait derrière : « Dommage, ils avaient l'air de bons petit gars, à part peut-être l'humain abruti qui a un sérieux problème ».

- Ne t'inquiète pas ! Ça va bien se passer ! Fais-moi confiance ! le rassurai-je en foudroyant le tram du regard.

Il savait qu'avec ces paroles et cette détermination, il pouvait me faire confiance. Il approuva en souriant, confiant lui aussi désormais, regarda son objectif, inspira profondément, et une aura rouge l'enveloppa. Le Tram était vraiment proche maintenant. Je distinguai les signes de détresse du conducteur qui me disait de dégager de la voie. De la sueur perlait sur mon front. Et si ça ne marchait pas ? Si Bastiodon ne supportait pas le choc ? Et si le Tram Eclair nous pulvériserait tous les deux, et nous écrasait contre les arbres ? Et si... c'était la fin ? Je n'avais pas le temps de me poser ces questions, et encore moins d'essayer d'y répondre ; je devais croire en lui, croire en mon plan. Lui d'ailleurs me faisait amplement confiance, alors, après tous ces matchs que nous avons remporté, cela ne pouvait que bien se passer. Les gouttes salées qui roulaient sur mes joues arrivaient maintenant à ma bouche. Le stress montait, mais je devais rester concentré. Il fallait assez de puissance pour Bastiodon. Il enchaînait Malédictions sur Malédictions depuis un moment déjà. Il fallait juste attendre le bon moment. Tout était une question de timing. Puis l'image triste de la figure de Zekrom me revint en pleine face. Son air triste, choqué. Qu'est-ce que je lui avais donc dit ? J'étais totalement désemparé... Je... Je ne savais plus quoi faire... Pourquoi donc est-ce que tout ça m'arrive maintenant ? Aujourd'hui ? Hier tout allait bien, et là-

- MACHIN ! Réveille-toi ! Ça urge !

Latios me ramena à la réalité. Le tram fou. C'était le moment béni. J'inspirai, puis je hurlai :

- Tête de Fer, maintenant !

Bastidon ouvrit les yeux soudainement, puis rugit. Sa tête se mit à devenir couleur argent, elle brilla au soleil, éclat d'un métal indestructible. Bouclier regardait l'ennemi en face qui chargeait : le train entrait en gare à tombeau ouvert, accompagné des hurlements des voyageurs enfermés. Le conducteur me fit un signe désespéré et pria pour sa vie en voyant le bastion qui comptait stopper net la folle lancée de l'engin. Il se précipita dans les compartiments de derrière, hurla « Accrochez-vous ! ». Puis, au crissement perçant de l'acier sur de l'acier grésillant d'étincelles, s'ajouta un fracas métallique assourdissant ; le Tram Éclair entra en collision avec Bastiodon.