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Chroniques des Donjons Mystère, Tome I : Timeout de Sanaito



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Informations

» Auteur : Sanaito - Voir le profil
» Créé le 15/09/2010 à 18:24
» Dernière mise à jour le 10/06/2015 à 13:56

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Présence de personnages du jeu vidéo   Suspense

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[S1] Chapitre VIII : L'hystérique et le schizophrène
_______Pourquoi est-ce que tu m'empêches de faire surface ? Laisse-moi le temps de disparaître tout seul ! Parce que je ne te cache pas que je ne suis pas assez puissant pour rester longtemps... Franchement, ne trouvais-tu pas amusant que je prenne le dessus ? Que j'ose exprimer ce que tu tentes de dissimuler sous des propos acerbes ? Ou bien la perspective d'avoir une face cachée qui trouve du plaisir à tuer te fait peur ?

_______Ferme-la... Qui que tu sois, cesse de me harceler...


_____Le doigt de Darkrai frémit, tandis que la couleur de ses yeux oscillait entre le turquoise et le lapis-lazuli. Il se tint la tête entre ses deux mains, s'efforçant de revenir à lui, de faire taire cette voix, qui n'est autre que la sienne, résonnant dans sa tête de façon insupportable.


_______Tu fais exprès de ne pas comprendre, je le sais. N'oublie pas que je suis toi, nous partageons les mêmes pensées, au même moment, mais nous portons chacun un jugement qui nous est propre sur le monde. Je ne te tutoie que parce qu'il faut bien que je te nomme autrement qu'à la première personne, auquel cas mes phrases seraient incompréhensibles.

_______Peu m'importe de le savoir...


_____Il se souvenait plutôt bien de ce qui s'était passé, mais ne s'attendait tout de même pas à ce que cela ait pris une telle ampleur. Ses pupilles se rétractèrent. Il n'avait épargné personne. Ni hommes, ni femmes, ni enfants. Il avait même massacré leurs Pokémon. Mais il avait l'esprit encore trop embrumé pour s'en vouloir franchement.


_______Faux. Tu meurs d'envie d'en entendre davantage, car la duplicité de ton âme attise ta curiosité. Je suis la manifestation de la rancune que tu étouffes depuis plus d'un siècle, et au fur et à mesure que les années passent, je gagne en puissance. Jusque-là, ma faiblesse ne m'a pas permis pas de m'exprimer à travers toi. Mais avec l'emportement qu'a provoqué la mort de notre si chère Joëlle...

_______N'essaie pas de me faire croire que tu tenais à elle... D'après ce que j'ai compris, tu es essentiellement composé d'émotions négatives, il est de ce fait impossible que tu ressentes l'amour...


_____Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait, mais son instinct le sommait de se rendre immédiatement au Centre Pokémon. Le Pokémon Ténèbres se releva avec difficulté, puisqu'il voyait trouble. Il se dirigea doucement vers le bâtiment au toit rouge, en flottant placidement au-dessus des corps sans vie. Il prit son sac au passage, sans réfléchir.

_____La bataille mentale qu'il entretenait avec lui-même le détachant presque entièrement du monde extérieur, il eut du mal à se concentrer sur son itinéraire, il dut s'arrêter plusieurs fois pour s'orienter.


_______L'amour non, mais les passions qu'il provoque, oui. D'ailleurs, tu m'as inconsciemment laissé te prendre un peu en main la nuit dernière, hum ? Ne considérons-nous pas l'ardeur des sentiments comme néfaste ?... Tu ne dis rien ? Dois-je en conclure que j'ai raison ? Bien. Et puis, tu vas tellement te détester pour ce que tu as fait au village...

_______Je ne suis en rien responsable de tes meurtres...


_____Il franchit la porte automatique de l'hôpital. Le peu de discernement dont il disposait pour le moment revint à la charge. Des médicaments. Il devait trouver des médicaments. Pourquoi ? Il n'en savait rien.

_____Il descendit mécaniquement les escaliers menant au sous-sol, arriva dans la cave. Il scruta rapidement les alentours, aperçut la grande armoire à pharmacie, puis l'ouvrit. Il mit tout de même du temps à tourner la clé dans la serrure du meuble, la conversation animée avec sa propre conscience l'absorbant de plus en plus.


_______Tss, tu es idiot de te mentir à toi-même. Tu es parfaitement conscient du fait que je n'agis que pour satisfaire tes désirs les plus inavouables. C'est toi qui voulais leur mort. Je t'ai exaucé. Donc, tu es tout aussi coupable que moi, puisque nous ne sommes qu'un. Et je disais que ta honte sera telle que je vais encore me renforcer grâce à la haine que tu nourris déjà à ton égard. Je finirai par prendre tant de place dans ton esprit qu'au final, je t'éclipserai complètement. Ce qui signifie...

_______... que tu vas t'imposer définitivement...


_____Cette révélation eut l'effet d'une gifle. Le spectre des ombres reprit pleinement possession de lui, suffisamment longtemps pour s'emparer d'une boîte cylindrique, dont il fit sauter du pouce le bouchon. Il laissa tomber trois petits cachets ovales, d'un blanc terni, dans la paume de sa main. Il les avala d'un coup, sans prendre le temps d'aller chercher à boire. Il en ressentit déjà les effets. La voix se faisait plus faible.


_______Tu essaies de m'éliminer avec l'aide de la médecine ? Si prévisible... Je te rassure, ça fonctionne. La question est... pour combien de temps ?

_______Peu importe. J'ai assez de pilules pour t'endormir durablement.


_____Pas de réponse. Il avait réussi à mettre ce deuxième esprit en veille. Mais il n'en était pas soulagé pour autant. Il avait peut-être suffisamment de médicaments pour le tenir en respect toute sa vie, mais c'est sans compter l'accroissement progressif de son énergie mentale.

_____En définitive, l'antidote ne faisait que retarder l'apogée de ce pouvoir, qui pourrait même le submerger avant d'en être à son zénith. Sa face cachée a raison. Le temps lui est compté. Ce qui ne va pas arranger ses affaires. Redevenu parfaitement lucide, il put maintenant réaliser ce qu'il avait fait.

_____Il retourna dans le hall en profanant toutes sortes d'injures à son attention. Une fois dans la salle de bain du premier étage, il reprit forme humaine pour pouvoir prendre plus facilement sa douche.

_____Il devait se débarrasser du sang séché maculant ses membres, se mêlant au sien dû à la brûlure de son bras gauche, dont la plaie engendrée s'était en partie rouverte. Le fait d'avoir changé d'apparence ne lui permettait pas de faire disparaître ses blessures.

_____Damon sortit enfin de la cabine de douche. Il prit des vêtements dans son sac et les enfila avec nonchalance. Il n'avait, pour la première fois, plus envie de reprendre son corps d'origine.

_____Il se hait. Non pas parce qu'il a tué des humains, ni même parce qu'il a massacré leurs Pokémon – puisqu'ils avaient fait, pour la plupart, le choix d'accompagner les Hommes, ils ne valaient pas beaucoup non plus à ses yeux.

_____Il se déteste car il s'est rendu compte que lui aussi, d'une certaine façon, il est capable d'être satisfait de la souffrance infligée à autrui. Même s'il n'était pas pleinement conscient de ces actes, il n'avait rien fait non plus pour s'empêcher de commettre l'irréparable.


_____« Dans le fond, les légendes humaines ne sont pas totalement infondées... songea-t-il tristement, en passant sa main dans ses cheveux blanc argenté. Eh bien, j'en ai pris beaucoup sur le dos en cent soixante-dix-sept ans d'existence... Et maintenant, il faut en plus que je devienne fou... »


_____Le jeune homme alla dans la cuisine, ouvrit plusieurs placards avant de trouver ce qui l'intéressait. Au bout d'un certain temps, qui lui parut être une éternité, il s'affaissa sur la table en sanglotant, lâchant une bouteille vide qui roula jusqu'à tomber et se briser au sol, en même temps que son âme.



_______Je ne sais pas qui tu es ni pourquoi tu es le seul survivant d'un massacre sanguinaire, mais ton aura est celle de mon sauveur... je dois donc t'apporter de l'aide à mon tour, c'est normal...



_____Damon reprit peu à peu connaissance, sans pour autant ouvrir les yeux. Il avait très mal à la tête, et une sensation désagréable en bouche. Une légère odeur de sève flottait dans l'air, il pouvait aussi entendre les crépitements du bois qui brûle. Où est-il ?

_____Il souleva la paupière masquée par ses cheveux. Il ne voyait pas très bien au travers des mèches, mais cela lui permettait d'être discret, au cas où son réveil provoquerait un quelconque évènement non désiré. Mais il ne nota rien d'alarmant.

_____Il était allongé sur un matelas tout simple, posé à même le sol, dont la couverture et l'oreiller avaient été jetés plus loin. Il posa une main à terre. Du béton. Ce n'était donc pas qu'une simple cabane, bien que les murs soit en rondins. D'ailleurs, les craquements provenaient d'une cheminée contre le mur, à quelques pas de sa couchette.

_____Il faisait plutôt sombre, mais le jeune homme ne sut dire si c'était parce qu'il faisait nuit ou parce que la maisonnette ne comptait qu'une petite ouverture. En tout cas, il n'y avait personne pour le surveiller. Pour l'instant. Il se leva, s'étira en soupirant. Des souvenirs trop nets de la veille lui revinrent progressivement en mémoire, il songea, abattu :


_____« Boire n'efface jamais la mémoire longtemps... En plus, je ne sais pas du tout comment j'ai atterri ici... »


_____Il se traîna près de la seule fenêtre présente, observa les environs. Des arbres, à perte de vue, pas la moindre autre habitation. Et même si celle-ci était en bordure d'un village, il y aurait tout de même de l'animation vers midi, s'il en croyait le réveil posé en dessous d'une lampe de bureau, sur une table près de la porte.

_____Le garçon inspecta les meubles d'un œil distrait. Il n'avait pas tout de suite remarqué le désordre. De nombreux livres ouverts jonchaient le sol çà et là, ceux dont on pouvait voir la première de couverture laissaient deviner que le propriétaire de l'humble demeure était médecin, ou un grand amateur.

_____Il comprit très vite pourquoi tous ces ouvrages étaient dispersés dans l'unique pièce. La bibliothèque le long du mur droit – si on se place à l'entrée – était déjà pleine, à cause d'encyclopédies volumineuses, en plusieurs tomes de surcroît. Dans un coin, un tas de vêtements féminins attira son attention. Il grimaça.

_____Évidemment, sous cette forme, il ne devait pas s'attendre à ce qu'un Pokémon veuille bien le secourir. Voilà qu'il va devoir sa bonne santé à une femme. Une perspective qui ne l'enchantait pas du tout.

_____Joëlle morte, il n'y a maintenant plus aucun humain pouvant se vanter d'être proche de lui. Et il n'y en aura plus. Il ne voulait pas refaire cette erreur. Si ce n'est pas l'Homme qui lui attire des ennuis, c'est lui qui en attire aux Hommes. Mieux vaut donc les éviter.

_____Damon s'approcha de l'étagère, effleura les reliures, laissant une grande trace de doigt. Il la fixa distraitement, pas assez attentif à ce qui l'entoure pour entendre la porte s'ouvrir.


_______... La poussière a pris place, ces livres n'ont sans doute plus servi pendant longtemps. J'imagine qu'il s'agit encore de ces vieilles humaines séniles qui pensent pouvoir tout guérir en psalmodiant des incantations idiotes... grinça-t-il en frottant son index contre son pouce.

_______Eh, toi, le maigrichon...


_____Le concerné eut juste le temps de se retourner pour recevoir une gifle magistrale, qui l'envoya s'écraser tête la première dans le tas de linge. Quand il la redressa, ce fut pour découvrir une demoiselle.

_____Elle était grande et svelte, ses cheveux lisses et fins, d'un pâle vert pomme, descendant jusqu'aux omoplates. Elle le dévisagea de ses yeux rubis, chargés d'une exaspération largement visible. Étrangement, ce regard parut familier au jeune homme.


_______De un, on ne fouine pas chez les gens qui vous logent. De deux, je ne suis pas vieille, et encore moins sénile, espèce de con ! hurla-t-elle. Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fabriques avec mes bouquins, hum ? Que... Aaaah !


_____L'inconnue le saisit par le col de sa chemise noire pour le jeter sur le côté. Il retomba lourdement sur le matelas, n'ayant pas pu encore réaliser pourquoi elle l'agressait, alors qu'il n'avait, d'après lui, rien fait de répréhensible.


_______Nan mais c'est dégueulasse ! On ne fourre pas son pif dans mes sous-vêtements, sale pervers de mes deux ! brailla-t-elle en ramassant à la hâte tous ses habits.

_______C'est vous qui m'aviez jeté dedans tout à l'heure... répliqua-t-il avec indifférence, tandis qu'il se relevait. Bon sang, ma tête...

_______... Même ! répliqua-t-elle sèchement, en serrant ses tenues contre sa poitrine. Et puis ce ne sont pas des façons de me répondre ! Je t'ai ramené chez moi alors que tu étais complètement bourré, et je t'ai veillé toute la nuit tant ton sommeil était agité ! Tu as envoyé valser la couverture et le coussin que je me suis pris dans la tronche ! J'aurais très bien pu te flanquer à la porte tout à l'heure, au lieu de te balancer sur mon lit ! J'en ai pas l'air, mais j'ai de la force, figure-toi !

_______Je l'ai constaté, oui... marmonna l'autre en se frottant la joue gauche, un peu rougie. Eh bien je vous remercie. Voilà. Puis-je disposer ?

_______... Attends... Tu permets que je te tutoie, hein ? demanda-t-elle.

_______C'est un peu tard pour me le demander, c'est ce vous faites depuis que vous m'adressez la parole, rappela Damon en levant les yeux au ciel.

_______Je m'appelle Célia. La moindre des politesses serait de te présenter toi aussi, avant de disparaître comme ça, ronchonna-t-elle. Allez, ton prénom, ce n'est pas compliqué.

_______Damon, siffla-t-il avant de se diriger vers la sortie, en récupérant son sac accroché sur le portemanteau, luttant contre son mal de ventre et sa migraine.

_______Hé ! Nan mais qui m'a foutu une enflure pareille sous mon toit ? cria la jeune femme. Quel culot !


_____« Non, décidément, je ne vois pas du tout en quoi cette hystérique m'est familière. Je dois me tromper », pensa-t-il en ouvrant la porte.


_______Tiens tiens, il s'en est passé des choses pendant que j'étais hors-service... Dis donc, ce n'était pas très intelligent de boire autant, tu as annulé les effets des médicaments, pas de chance, n'est-ce pas ?


_____L'humain vacilla et posa un genou au sol, se tenant d'une main à la poignée. Une terrible migraine lui vrillait le crâne, tandis que la voix prenait un malin plaisir à l'amplifier.


_______Eh, ça va ? questionna Célia en s'accroupissant près de lui, posant ses vêtements sur son bureau.


_____Il ne répondit pas, fouillant frénétiquement dans les poches de son pantalon.


_______Où sont mes cachets ? l'interrogea-t-il soudainement, elle eut un mouvement de recul.

_______Je les ai pris. Il faut être fou pour prendre des trucs aussi dangereux avec de l'alcool, expliqua-t-elle.

_______Donne-les-moi, coupa-t-il, ne cherchant plus à la vouvoyer.

_______Et puis quoi encore ? Tu vas finir à l'hosto si tu...

_______Maintenant !

_______Ouh, je te fais peur, on dirait, quelle agressivité ! J'en suis flatté, je ne pensais pas que tu me considérais avec autant de sérieux. Pour la peine, je vais te percer les tympans. Ne me remercie pas, c'est cadeau...


_____Un horrible bourdonnement grave lui donna envie de se boucher les oreilles. Mais il savait que cela ne servirait à rien, juste à paraître suspect aux yeux de la demoiselle qui lui tendit doucement la boîte de comprimés. Il en reprit trois qu'il avala aussi sec que la veille.


_______... Je n'avais encore jamais vu ça... murmura-t-elle, les yeux écarquillés.

_______Quoi donc ? fit-il, soulagé d'avoir fait taire sa personnalité démoniaque.

_______... R-rien. Rien du tout. Ne... ne t'occupe pas de ce que je viens de dire, balbutia-t-elle. Euh, contente-toi de m'expliquer un peu... ce qui s'est passé à Aubier...


_____Elle sentit son aura, d'un blanc immaculé, une teinte plus qu'inhabituelle, se ternir brusquement, perdant ses reflets. Elle venait de l'attrister fortement. Elle s'en voulut un peu. Elle avait abordé le sujet sans le tact nécessaire, elle venait de s'en rendre compte.


_______... Je ne sais plus du tout, répondit-il froidement.


_____Elle percevait le mensonge. Mais elle ne chercha pas à en savoir plus. De toute façon, elle a senti depuis longtemps que ce jeune homme n'est pas l'assassin de tous ces habitants. Son esprit est blanc. Celui du meurtrier est noir. Encore une coloration singulière, elle ne savait qu'en penser. En général, il n'y a que le bleu pour les personnes dont les intentions positives dominent, et le rouge pour les êtres incapables de bons sentiments.


_______Va te rallonger, cela vaut mieux, ordonna-t-elle, sans espérer qu'il obéisse.


_____Pourtant, c'est ce qu'il fit. Il semblait perdu dans ses songes. Peut-être qu'être couché lui permettait de mieux réfléchir. Elle décida de le laisser un peu. Au fond, elle ne lui en voulait pas vraiment pour les provocations précédentes – elle ne veut pas reconnaître que c'est elle qui en fait tout un plat pour un rien –, et puis, elle aussi avait besoin de calme pour méditer sur tous ces étranges évènements qui se sont produits pendant son inconscience.

_____Elle tâta machinalement ses points de suture. L'infirmière Joëlle avait fait du bon travail avant de mourir, comme les autres. Elle devait récapituler. Déjà, elle s'était réveillée vers dix heures du soir. Chaque villageois n'était plus que cadavre ensanglanté.

_____Elle les avait inspectés avec son pouvoir, après s'être bien sûr assuré qu'elle n'était pas en train de refaire un malaise. Elle avait pu ainsi retrouver des particules spirituelles noirâtres sur les corps, et en avait déduit qu'il s'agissait de l'aura du tueur.

_____C'est à cet instant qu'elle a repéré l'âme particulière de Damon, dans le Centre, et qu'elle l'a identifié comme étant celui qui l'avait retrouvé dans la forêt. Après avoir récupéré son propre sac et celui qui traînait près du garçon, elle l'a téléporté jusque chez elle, non loin du lieu de son évanouissement. Puis vient maintenant cet étrange vertige qu'il a eu il y a quelques minutes...

_____Maintenant qu'elle y repensait, elle trouva sa constatation à ce moment-là totalement illogique. Elle décida de tirer un trait sur ce qu'elle avait cru ressentir en lui pendant cet étourdissement. Elle s'était trompée, cela ne faisait aucun doute.

_____Elle le regarda discrètement. Sur le dos, les mains jointes sous sa tête, les jambes croisées, il scrutait le plafond. Il paraissait calmé. Il avait déboutonné un peu sa chemise, à cause de la chaleur dégagée par la cheminée, certainement. Célia se figea brusquement. Elle se planta devant lui, pointa du doigt sa clavicule gauche. Les mots tardèrent à sortir mais ils tombèrent comme des bombes.


_______Ce tatouage... Tu es un Pokémon, j'en suis sûre.

_______... Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? souffla le garçon, qui avait été très brièvement surpris cependant.


_____Elle tira un peu sur son décolleté pour dévoiler une marque au même endroit. Il s'agissait d'un serpent, l'ancêtre mythique de certains Pokémon reptiliens, enroulé autour d'un triangle grisâtre.


_______Tu étais un cobaye, comme moi. Tu as participé aux expériences de mon père... dit la demoiselle entre ses dents, frustrée de devoir l'évoquer.


_____Les souvenirs du pseudo humain en furent bouleversés. Voilà pourquoi cette jeune femme lui rappelait quelqu'un !


_______... Tu es le Tarsal, n'est-ce pas ? demanda-t-il.


_____Elle mit un certain temps avant de reprendre, la voix un peu tremblante :


_______... Tu me connaissais... personnellement ? Serait-il possible que tu sois...



_*Équivaut à un peu plus que dix-sept ans et demi pour un humain. Dans cette fanfic, les Darkrai ont une espérance de vie d'un millier d'années.