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Chroniques des Donjons Mystère, Tome I : Timeout de Sanaito



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Informations

» Auteur : Sanaito - Voir le profil
» Créé le 07/09/2010 à 18:01
» Dernière mise à jour le 10/06/2015 à 12:47

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Présence de personnages du jeu vidéo   Suspense

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[S1] Chapitre VI : Le Diable en personne [1/2]
_____Joëlle s'éveilla lentement et, les paupières toujours closes, tâta les coussins. Personne. Les draps sont froids. Elle s'assit, inspectant la chambre, en gardant pudiquement la couverture contre sa poitrine nue. Nulle trace du livre sur la commode. Nulle trace du sac à dos. Cela faisait bientôt une semaine pourtant, mais elle n'arrivait pas, se refusait à le réaliser complètement.

_____Les larmes montèrent, mais elle les refoula. À la place, un léger sourire se dessina sur son visage. Un sourire sans joie. Le genre de sourire qui n'apparaît que pour se moquer de soi-même, lorsque l'on s'aperçoit qu'un évènement triste de notre courte vie est insignifiant face aux misères du monde.

_____La jeune femme regarda par la fenêtre, pensive. Un orage allait se préparer, rien d'extraordinaire, le contraire l'aurait même étonnée. Elle consulta sa montre posée sur la table de nuit. Il était plus de trois heures de l'après-midi. À cause des épais nuages gris recouvrant le ciel, elle avait perdu la notion du temps.

_____Elle se rhabilla sans entrain, dans le silence le plus complet. Le tonnerre était trop loin pour être audible, et la pluie ne tombait pas encore. Elle descendit tel un automate, sans un bruit, la tête baissée, fixant le sol. Ses pas la guidèrent vers la chambre de Gardevoir.

_____La gaze protégeant sa trachéotomie avait cessé de vibrer. Son pouls était stable. Elle respirait de nouveau normalement, aussi l'infirmière décida de recoudre le trou dans sa gorge. Elle se ravisa dès qu'elle prit l'aiguille entre deux doigts. Ses mains tremblaient. Elle n'arriverait à rien en opérant dans cet état.


_______... Il ne reste que toi et moi... lui murmura la demoiselle, tout en sachant pertinemment que sa patiente ne l'entendait pas, toujours endormie. Lui, il est parti. De toute façon, cela devait bien arriver un jour...


_____Elle quitta la chambre, les yeux brillants, la main sur la bouche pour s'empêcher de gémir. Elle se rendit dans le hall, et s'arrêta net, surprise. Quasiment tous les habitants du village se tenaient devant elle, serrés dans le petit Centre. Elle sécha rapidement ses larmes d'un revers de manche et leur demanda, souriante, bien qu'inquiète :


_______Puis-je quelque chose pour vous ?

_______Ne nous prends pas pour des imbéciles, Joëlle ! lança le doyen, un homme maigre au dos voûté, en brandissant sa canne devant le visage de la jeune femme qui cilla. Où est-il ?

_______Qui donc ? fit-elle, feintant l'ignorance.

_______Tu sais très bien de qui on parle ! Damon, où est-il ? beugla son fils à côté de lui.

_______Damon ?... Comment voulez-vous que je le sache ? Il est autonome, je ne suis pas sa nourrice ! riposta-t-elle en serrant compulsivement son tablier blanc.

_______Petite garce ! Tu protèges un démon, alors que tu es censée nous en débarrasser ! brailla une femme assez ronde, en la pointant de son gros doigt boudiné.

_______Ne me dites pas que vous croyez à toutes ces légendes ? soupira l'infirmière, qui réalisait enfin toute l'ampleur du désastre. Ce ne sont que des fables, effrayantes, certes, mais fictives ! Comment peut-on encore accorder du crédit à ses fariboles à notre époque ?

_______Elle doit être sous l'emprise de ce suppôt de Satan, sinon, elle n'agirait pas ainsi ! Joëlle est pleine de bon sens, alors que là, elle délire ! s'exclama le marchand de fruits et légumes. Attrapez-la, il faut la purifier !

_______Comment ? Mais qu'est-ce que vous faites, lâchez-moi ! protesta l'intéressée avec véhémence. Vous êtes devenus complètement fous ! À l'aide !



[...]
Le Diable, banni des cieux par le Seigneur, décida d'accomplir sa vengeance. Chaque jour, il prenait l'apparence d'un ange aux cheveux d'une blancheur immaculée, et aux yeux d'un bleu céleste, pour se mêler aux hommes. Son charme était tel qu'il envoûtait les femmes les plus pures et emprisonnait les cœurs et les corps.

Or à la nuit tombée, tandis que les cieux s'obscurcissaient, sa nature sombre refaisait surface, et le regard corrompu, il entraînait sous terre ses victimes malheureuses dont nulle trace ne demeurait à la surface de la Terre. Ainsi se répandit le malheur et le péché dans le Royaume Souterrain. Quand les enfants du Mal naquirent de ses abus, l'Enfer naquit avec eux.

Cependant, insatisfait, le Diable voulut charmer la Guérisseuse bénie des Dieux. Mais sa vertu était telle qu'elle le soumit à la volonté divine et le bannit pour l'éternité au plus profond de ses abîmes cauchemardesques.
[...]

Extrait incomplet d'un texte ancien retrouvé dans le Temple Frimapic à Sinnoh - Anonyme.




_______Je vous dis que je vais bien ! Laissez-moi tranquille ! Miranda ! protesta Joëlle tandis que ladite Miranda l'entraînait chez elle, fermant à clé sa porte.

_______Je voudrais le croire tu sais, mais s'il te plaît, coopère. Et sers-toi de ça, répondit l'autre femme en lui tendant une boîte en carton contenant un appareil que l'infirmière reconnut parfaitement sans même avoir eu le besoin de s'en servir.

_______... C'est... ridicule...


_____Or un doute s'instilla en elle et, connaissant le chemin vers la salle de bain, elle alla s'isoler avec la petite machine.



_____Il était parti tôt, avant le réveil de Joëlle. Prolonger les adieux n'aurait rien apporté de bon. Il avait pris la direction de Bourg-Trésor. Ce qu'il allait y faire ? Trouver des éléments sur son passé connu de tous, sauf de lui-même.

_____Il serait obligé de garder forme humaine, il le savait. Son identité devait rester cachée. Même si pour cela, il devait être haï pour son apparence, pour ce qu'il est forcé d'être, du moins, à l'extérieur. Car son âme reste celle d'un Pokémon.

_____Damon fixa le ciel, longuement, alors qu'il s'était assis contre un rocher. En regardant la position du soleil, il estima qu'il devait être quatre heures. Il avait quitté la Forêt de l'Oubli depuis bien longtemps maintenant, et il se dirigeait vers le Mont Corne, sa prochaine étape. Mais il avait jugé bon de se reposer un peu avant.

_____Il reporta son attention sur son sac, posé à côté de lui. Il l'ouvrit et en sortit le gros livre que lui avait donné Joëlle. Il aurait pu le laisser au Centre, car il reconnaît que cet énorme ouvrage l'encombre beaucoup, mais par respect, il l'avait emporté. Peut-être lui-même tenait-il à conserver quelque chose d'elle.

_____Le jeune homme l'ouvrit à la première page, et tomba sur le sommaire. Il leva un sourcil. Il le feuilleta rapidement, sans lire, pour finalement s'arrêter vers le milieu du recueil. Là, il commença une lecture attentive, ses yeux se plissant davantage pour déchiffrer les petites lettres.


_____« ... Humpf... Quelles sont toutes ces sottises ? Il n'a jamais été question de tout cela sur notre espèce. L'imagination imbécile des humains est décidément sans limites. Hum... »


_____Il serra les dents quand il lut les dernières lignes, traitant de la provenance du texte. Il se mordit la lèvre.


_____« ... Une Guérisseuse qui renvoie le Diable en Enfer, hein... Frimapic... »


_____Son regard se voila, brouillé par des souvenirs très anciens. Mais surtout, ses jointures de doigts étaient blanchies à force de serrer le livre.


_____« ... Comment ai-je pu croire qu'elle me considérerait ainsi... »



_______Nous savions que tu reviendrais, démon !


_____Le marchand pointa un doigt accusateur sur l'humain qui se tenait en face de lui, à quelques mètres seulement. Celui-ci, les bras croisés devant sa poitrine, haussa les épaules avec nonchalance, observant les Aubiais avec un regard mi-agacé, mi-indifférent.

_____À peine était-il retourné au village que les habitants lui étaient tombés dessus. Il n'aurait qu'à reculer un peu pour retourner dans la Forêt de l'Oubli. Mais il n'en fit rien. Inconsciemment, il cherchait Joëlle des yeux. Mais elle était absente. Il ne sut qu'en penser.


_______Quels méfaits comptes-tu encore perpétrer ici, Damon ? reprit le vieil homme avec mépris.

_______Ce n'est que le nom que vous vouliez que je porte, répondit sèchement l'intéressé. Mais il semblerait que vous me soupçonniez dès mon arrivée, je me trompe ? Parce que j'ai bien senti que ce prénom avait une connotation péjorative – même si d'après son étymologie, il n'en ait rien. En tout cas, je préférerais que vous m'appeliez par le nom de mon espèce, puisque vous la connaissez.

_______Tss, ne prends pas de grands airs avec nous. Soit, nous ne t'appellerons plus ainsi, si ça te chante. De toute façon, un être comme toi est innommable, railla un autre.

_______Tout dépend du point de vue, répliqua le jeune homme. Mais d'après moi, vous autres humains ne vous donnez des noms que parce que vous ne savez pas vous forger une identité sur vos valeurs morales – encore faut-il en avoir, ajouta-t-il pour lui-même. Alors pour vous dissocier des autres, vous choisissez quelques lettres qui vous définissent. Selon vous, rien ne peut exister sans être nommé, c'est triste.

_______Tu n'as aucunes leçons à nous donner, après le mal que tu as fait à Joëlle ! cria soudain Miranda, une femme devant avoir dans la trentaine, qui venait souvent rendre visite à l'infirmière pour discuter un peu.

_______Pardon ? Le mal que je lui ai fait ? Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles.

_______Cesse de nier, Darkrai !


_____Elle venait de braquer un fusil sur lui. Il savait que même s'il se tenait plutôt loin d'elle, il y avait peu de chance qu'elle le rate, c'était l'une des meilleures au tir. Et il ne pouvait pas prendre le risque de bouger, car les cibles mouvantes ne lui posaient pas de problèmes. Il était forcé d'attendre qu'elle baisse sa garde pour tenter de la désarmer. Mais l'occasion se présenterait-elle ?

_____Il crispa les poings, ses pupilles rivées sur le visage de la demoiselle, dont les prunelles mauves n'exprimaient que colère.


_______Je ne te pardonnerai pas ! Tu t'es servi de mon amie comme d'un pantin pendant plus de quinze ans, et je n'y ai vu que du feu !

_______Cela ne t'est jamais venu à l'esprit que si tu ne remarquais rien d'anormal chez elle, c'était peut-être parce qu'il n'y avait rien d'anormal, justement ? siffla-t-il, l'air impassible, mais surveillant néanmoins l'arme qui le menaçait.


_____L'humaine ne s'aperçut pas que, l'espace d'un instant, le regard dudit Darkrai s'était reporté sur quelque chose derrière elle.


_______Tais-toi ! hurla-t-elle. La grande sœur de Joëlle n'aurait jamais dû te faire confiance, mais elle n'est pas restée assez longtemps pour pouvoir se méfier de toi ! En te laissant sa garde alors qu'elle n'avait que dix ans, tu as pu la conditionner, pour qu'elle pense comme toi, sans avoir besoin de recourir à l'hypnose ! Maintenant que tes mœurs sont inscrites en elle, elle n'est même plus capable de reconnaître le mal en toi ! Et on ne peut rien changer !

_______... Très joli discours, mais j'ai une question. C'est maintenant qu'il faut que je pleure ? Parce que malheureusement, les tissus de mensonges ne m'émeuvent pas le moins du monde, dit-il sur un ton sarcastique. D'autant plus que ce monologue ne m'a toujours pas permis de savoir ce que tu appelles "lui avoir fait du mal".

_______Miranda, pourquoi tu le laisses te parler ? Il t'insulte, abat-le ! rouspéta quelqu'un dans la foule derrière.

_______Non, je veux d'abord qu'il constate ce que Joëlle subit par sa faute ! Attrape et regarde ! grinça-t-elle en lui lançant une petite machine emballée dans un sac en plastique, semblable à un thermomètre.



_____« ... Elle en met du temps... Tant mieux, comme ça, je peux crocheter la serrure. Encore un effort... Ça y est ! »


_____Joëlle, avec une de ses barrettes tordue, déverrouilla la porte de la salle de bain où Miranda, après avoir récupéré l'appareil utilisé et profité de son choc, l'avait enfermée. Elle se rendit dans la cuisine et regarda par la fenêtre, espérant voir ce qui se passait à l'extérieur.

_____Toutes les rues étaient vides. De fines gouttes de pluies commençaient à tomber, tandis que de gros nuages noirs étaient brièvement éclairés par de l'électricité mal contenue.


_____« Le vent va bientôt se lever... Cet orage promet d'être violent... », pensa-t-elle.

_____« Tu n'as aucunes leçons à nous donner, après le mal que tu as fait à Joëlle ! »


_____La jeune femme sursauta. Ce qu'elle venait d'entendre, c'étaient les cris de Miranda, elle les reconnaîtrait entre mille.


_____« Cesse de nier, Darkrai ! »


_____Ses pupilles se révulsèrent. Elle se dirigea à la hâte vers la sortie, ouvrit précipitamment la porte – si bien qu'elle claqua contre le mur avec violence – et s'élança au dehors, courant dans les flaques.


_____« Je ne te pardonnerai pas ! Tu t'es servi de mon amie comme d'un pantin pendant plus de quinze ans, et je n'y ai vu que du feu ! »


_____Grâce aux éclats de voix, elle réussit à retrouver tous les habitants, réunis à l'entrée du village. Cachée derrière les poubelles, elle jeta un œil discret à la scène. Ce qu'elle vit la stupéfia : Miranda tenait Damon en respect en le visant avec son fusil, prête à tirer à tout moment. Tous deux étaient encerclés par les autres.

_____L'infirmière allait sortir de sa cachette pour protester quand un regard furtif du pseudo humain l'en dissuada. Étrangement, il semblait vouloir attendre quelque chose.

_______Tais-toi ! hurla Miranda. La grande sœur de Joëlle n'aurait jamais dû te faire confiance, mais elle n'est pas restée assez longtemps pour pouvoir se méfier de toi ! En te laissant sa garde alors qu'elle n'avait que dix ans, tu as pu la conditionner, pour qu'elle pense comme toi, sans avoir besoin de recourir à l'hypnose ! Maintenant que tes mœurs sont inscrites en elle, elle n'est même plus capable de reconnaître le mal en toi ! Et on ne peut rien changer !


_____Joëlle saisit pourquoi son compagnon lui avait fait comprendre qu'elle devait rester dissimulée. Si elle se montrait, la situation déjà critique risquait réellement de tourner à la tragédie.


_______... Très joli discours, mais j'ai une question. C'est maintenant qu'il faut que je pleure ? Parce que malheureusement, les tissus de mensonges ne m'émeuvent pas le moins du monde, dit-il sur un ton sarcastique. D'autant plus que ce monologue ne m'a toujours pas permis de savoir ce que tu appelles "lui avoir fait du mal".

_______Miranda, pourquoi tu le laisses te parler ? Il t'insulte, abat-le ! rouspéta quelqu'un dans la foule derrière.

_______Non, je veux d'abord qu'il constate ce que Joëlle subit par sa faute ! Attrape et regarde ! grinça-t-elle en lui lançant le fameux appareil qu'elle avait fait utiliser à Joëlle, qui comprit immédiatement où elle voulait en venir.


_____« Bon sang, bon sang... », ne put que songer la demoiselle, recroquevillée pour ne pas être repérée, se rongeant nerveusement les ongles.

_____Elle observa la réaction du soi-disant démon. Il était immobile, silencieux. Pour le coup, il n'avait rien à répondre, il s'attendait à tout, sauf à ça. Il n'aurait même pas cru cela possible.


_______Ne fais pas l'étonné, ça ne prend pas avec moi, pesta Miranda en chargeant le tir. Tu as prémédité ton coup, j'en suis sûr. Pour t'assurer une descendance !

_______Tu veux dire qu'il a... commença quelqu'un.

_______Oui ! répondit-elle sans attendre la fin de la phrase. Et pour cela, je vais me faire un plaisir de l'abattre !