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Chroniques des Donjons Mystère, Tome I : Timeout de Sanaito



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Informations

» Auteur : Sanaito - Voir le profil
» Créé le 24/08/2010 à 18:50
» Dernière mise à jour le 15/06/2015 à 14:20

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Présence de personnages du jeu vidéo   Suspense

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[S1] Chapitre II : Apparences trompeuses
_______Alors, mon whisky, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? beugla un homme à la barbe hirsute, l'œil déjà imbibé d'alcool.

_______Ça vient, encore un peu de patience... répliqua Célia, l'une des serveuses du cabaret. Gino, on a une commande, alors charge-t-en, je ne suis pas ta bonniche !


_____Elle prit un plateau, le posa sur le comptoir et commença à placer les verres dessus. Tout en balançant un torchon à la figure du barman, Gino, qui reluquait son décolleté avec des yeux avides, elle attrapa trois bouteilles sur la grande étagère derrière elle. Elle remplit les chopes, et entreprit de faire le tour des tables pour servir les boissons.

_____Il faisait plutôt sombre, toutes les lumières étaient braquées sur la grande scène au fond du bar, afin que les clients profitent au mieux du spectacle. Par spectacle, il fallait bien sûr comprendre la chorégraphie sensuelle d'une jeune femme s'effeuillant avec grâce autour d'une barre de pole-dance.

_____Malheureusement pour Célia, cette distraction très prisée des hommes ne les empêchait pas de la lorgner du coin de l'œil, guettant la moindre maladresse de sa part pouvant dévoiler davantage ses jambes fines et galbées, que des résilles mauves mettaient en valeur. D'autant plus que le reste de sa tenue de travail ne jouait pas non plus à son avantage.

_____Comme les trois autres barmaids, elle devait être déguisée en Pokémon. Sauf que les tenues étaient relativement courtes et faciles à enlever. La première ressemblait à un Lockpin, la deuxième faisait penser à un Sidérella, la troisième à un Manternel. Quant à la dernière, la sienne, elle représentait un Magirêve. Que des créatures aux traits efféminés.


_____« Je déteste cet accoutrement », songea-t-elle en s'efforçant de ne pas perdre l'équilibre du haut de ses talons aiguille.


_____Seulement, pour pouvoir marcher correctement avec ces escarpins, tout en évitant de faire tomber son plateau, elle devait se tenir bien droite, le torse bombé, mettant en avant sa poitrine avantageuse, qu'un simple bustier violet incrusté des trois joyaux du Pokémon Spectre protégeait des regards indiscrets.

_____D'ailleurs, elle avait passé près d'une demi-heure à faire le nœud de derrière, un ruban rose pâle qui avait tendance à se desserrer rapidement, alors que c'était la seule fermeture, celle qui retenait le tout. Sans compter que les pierres rougeoyantes ornant le corsage étaient assez lourdes, surtout la plus grosse, au centre.

_____Tandis qu'elle esquissait un sourire faussement aimable au groupe d'adolescents à qui elle servait des bières, une de ses collègues, Cassandre, vint la rejoindre, le plateau sous le bras, l'air exténuée, son serre-tête à la main, ne prêtant pas attention à leurs oreilles de Lockpin traînant par terre.


_______Je suis crevée. J'ai eu mon compte pour ce soir, je pense, soupira-t-elle.

_______Ah oui ? s'étonna son amie en empochant l'argent que lui tendait l'un des jeunes garçons. Pourtant, en général, tu termines tes services, afin de toucher la totalité de ta paie...

_______Ouais, mais là, franchement, j'en peux plus. Je pense qu'après tous les gestes obscènes, toutes les mains baladeuses et tous les propos déplacés que j'ai endurée ces dernières heures, je peux aller me coucher. Sans compter les regards pervers, ajouta la cosplayeuse.

_______Pourquoi est-ce que tu ne réagis pas ? demanda l'autre demoiselle, en retournant du côté du comptoir pour chercher le reste des commandes.

_______Mais je ne me laisse pas faire... marmonna la bunny-girl en l'accompagnant.

_Elle l'aida à prendre tous les verres puis la suivit de nouveau, ne sachant pas à qui servir ces boissons, puisque ce n'était pas elle qui avait pris note. Toutes deux zigzaguèrent entre les tables et les gens, dans un noir quasi-complet, ne se repérant que grâce aux rapides effets de lumières des projecteurs.

_______Pour se défendre de ces brutes, il ne faut pas se contenter de s'écarter ou de repousser une main mal placée, il faut pousser ta gueulante, et mettre des gifles ! C'est ce que je fais !


_____Le propos de Célia fit un peu rire Cassandre. La fausse Magirêve la regarda bizarrement, ne comprenant pas ce qu'il y avait de comique dans ses paroles. Sa compagne souffla un coup et reprit :


_______Si ce genre de comportement envers les clients est rapporté au boss, tu peux te faire virer. Tu as déjà frôlé le renvoi, mais bon, tu peux te le permettre, tu as ton bac, un petit diplôme, et de la famille qui t'aide dans les coups durs. Ce ne sera pas un trop gros problème si tu ne trouves pas d'autre emploi rapidement. Mais moi, je suis seule, et je ne sais pas faire grand-chose de mes dix doigts. Sans compter ma couleur de peau...

_______Oui, je sais, tu ne veux pas prendre le risque d'être renvoyée, parce que tu as eu du mal à avoir ce travail, si on peut appeler ça un travail... grimaça l'autre serveuse en redressant son grand chapeau, l'accessoire qui faisait vraiment allusion au Pokémon Spectre qu'elle incarnait. Mais si tu as un quelconque souci avec un de ces porcs, tu me préviens, entendu ?


_____Les lèvres de sa jeune amie s'étirèrent en signe d'acquiescement. Elle remit son serre-tête, ressortit son carnet de commandes de la poche arrière de son minishort chocolat, avec un pompon couleur vanille, pour rappeler la queue des Lockpin.

_____Elle recoiffa un peu ses cheveux noirs, lisses, longs et brillants, rassemblés en deux couettes au-dessus de ses oreilles. Elle plongea son regard d'un marron intense dans celui de son amie, d'un rouge profond, soutenu, tel des rubis.


_______Puisque tu es là pour me protéger, je peux reprendre le boulot pour ce soir ! lui dit-elle en tirant la langue, ravie et rassurée.


_____Il est vrai que Célia est déjà connue de certains clients pour ses violentes réactions quand on essaie de profiter un peu d'elle, et que par le bouche-à-oreille, elle s'est forgé une réputation de demoiselle séduisante, mais très peu coopérative et assez redoutable. C'est pour cela qu'en général, les habitués se contentent de la fixer de loin, ce qui est néanmoins plutôt plaisant.

_____Et rares sont ceux qui vont se plaindre au patron du pub, car ils sont blessés dans leur orgueil de s'être fait battre à plate couture par une jeune femme frêle aux airs angéliques, pourtant. Car elle ne se contente pas de cris et de gifles.

_______Eh, toi, la Magirêve !

_____L'intéressée se retourna, cherchant qui l'avait appelée – d'une façon qu'elle trouvait d'ailleurs révoltante, mais elle n'en fit pas la remarque : elle avait entendu de bien pires injures, ici.


_______Oh, c'est moi qui te cause, chérie ! Ramène-toi un peu par là !


_____Elle l'aperçut enfin, affalé sur l'un des grands bancs de cuirs qui longent les murs, entouré de sa bande habituelle, la braguette à moitié ouverte, un Cuba Libre à la main.

_____Elle ne put s'empêcher de faire la moue en le voyant, lui et ses yeux dans le vague, d'un bleu délavé, ses cheveux blonds, gras, retombant mollement devant ses paupières lourdes, et sa barbe jamais rasé plus d'une fois toutes les semaines.

_____Il vient régulièrement ici pour boire jusqu'à l'ivresse, et dans cet état, il devient complètement libidineux, quitte à utiliser la force. Gino doit souvent le jeter dehors, mais il revient toujours, se mêlant à la foule, difficilement repérable jusqu'à ce qu'il commence à siffler les employées.

_____Elle avança vers lui d'un pas assuré, en faisant claquer ses talons pour bien faire comprendre qu'elle n'était toujours pas influençable. Elle avait déjà refusé de nombreuses demandes grossières de cet individu méprisable.


_______Que puis-je pour vous ? siffla-t-elle, ne cherchant pas à prendre une voix agréable.

_______Eh, du calme, poupée, c'est pas des manières de parler comme ça à un type qui consomme, et qui donc te file ton salaire ! répliqua-t-il, ses complices gloussant bêtement, comme s'il avait sorti une bonne plaisanterie.

_______Vous prendrez ? insista-t-elle en plissant les yeux, agacée.

_______Des bières pour mes potes, lança-t-il. Quant à moi...


_____Il se leva, titubant un peu, et saisit la jeune femme par la taille, la forçant à se rapprocher de lui. Elle commença à rougir, ses poings se crispèrent. Il sentait fort l'alcool, la transpiration et le tabac. Elle se força à ne respirer que par petits coups, certaine que si elle humait encore ces odeurs infâmes, son repas précédent ne tarderait pas à refaire surface.


_______... c'est toi que je prends, finit-il.


_____Elle allait lui mettre un uppercut quand elle se ravisa, se disant que ce n'était pas vraiment le moment de provoquer une bagarre, car elle ne voulait pas se faire renvoyer aujourd'hui, alors que Cassandre est fatiguée, donc vulnérable. Elle s'en irait donc au moment le plus opportun.


_______Tiens, tu ne me fous pas de poing dans la gueule ce soir ? Eh ben, faut fêter ça ! Va chercher ces foutus bières ! brailla-t-il en la bousculant d'une main.


_____Elle ne se fit pas prier, soulagée d'être libérée de son emprise nauséabonde. Elle retourna voir Gino pour chercher les boissons demandées, cependant, elle ne le prévint pas de la présence de l'autre homme ; tant qu'il n'a pas provoqué de litiges, le barman ne se donnera pas la peine de le chasser, car il préfère attendre que l'ivrogne ait bien vidé son porte-monnaie avant de le mettre à la porte.

_____Elle lui apporta la bouteille, mais sitôt le pourboire reçu, elle s'éclipsa, se mêlant aux autres. Elle croyait enfin être tranquille, mais malheureusement, un appel à l'aide la convainquit du contraire. Ce n'était qu'une voix ténue, personne n'y prêtait attention, mais Célia avait reconnu ce cri étouffé par la foule.

_____Elle revint sur ses pas, en accélérant, écartant sans trop de délicatesse les personnes sur son passage qui la dévisageaient avec dédain, ou avec crainte, pour ceux qui avaient entendu parler d'elle.

_____Cassandre se débattait du mieux qu'elle pouvait, agressée par le pochard de tout à l'heure, qui la retenait par les avant-bras. On voyait clairement qu'il essayait de l'embrasser contre son gré, pourtant, personne ne réagissait. Dans ce cabaret mal famé de la seule grande ville de la région, située sur la petite île non loin de la Tour du Destin, il était presque normal de manquer de respect envers la gent féminine.


_______Allons, ma puce, un tout petit bisou, c'est pas dramatique ! railla-t-il, sa bande le soutenant derrière.

_______Eh, toi, fiche-lui la paix, coupa sèchement Célia.


_____Le blond ricana, mais ne libéra pas la serveuse pour autant. Il laissa son amie s'approcher de lui, avant de lui dire sur un ton arrogant :


_______Quoi, t'es jalouse ? Si tu voulais sa place, fallait pas te barrer, maintenant, elle est prise.

_______Tu la lâches immédiatement, répliqua-t-elle, au moins aussi fièrement que lui.

_______Ah ouais ? Sinon quoi ?


_____Elle lui décocha un fulgurent crochet dans la mâchoire, ce qui le déséquilibra. Il relâcha involontairement sa captive et s'étala de tout son long par terre, aux pieds de celle-ci qui eut un mouvement de recul, dégoûtée. Il se releva péniblement, du sang gouttant de sa bouche.


_______Sinon ça, connard, répondit la demoiselle avec acrimonie.

_______Sale pute ! cria-t-il en attrapant fermement ses longs cheveux vert pomme.


_____Mais elle réussit à lui saisir les poignets, et y enfonça les ongles de ses pouces, le forçant à desserrer son étreinte à cause de la douleur. Il se faisait à présent face à face, tandis que des clients trop saouls les encourageaient à se battre, formant un cercle autour d'eux, prêts à n'importe quoi pour ajouter de l'animation.

_____L'homme se munit d'une bouteille vide et la lança, visant la tête de la jeune femme qui se protégea avec son plateau. Le verre se brisa et se répandit au sol, le jonchant de dangereux tessons coupants et presque invisibles dans la semi-obscurité.

_____S'apercevant que sa première offensive avait échoué, le poivrot se jeta sur elle, tentant de lui envoyer un direct du droit au visage. Elle l'esquiva en se baissant et enchaîna avec un balayage qui le fit s'écrouler lourdement à terre, s'écorchant sur les plus gros morceaux de bouteille, tandis que les paillettes de verre lui pénétraient la chair. Quand il se remit debout, sonné, elle l'acheva d'un grand coup de pied dans l'estomac.

_____Alors qu'il était roulé en boule sur le sol, se tenant le ventre en gémissant, la cosplayeuse Magirêve s'accroupit à ses côtés, en veillant à garder sagement baissée sa minijupe violette à franges ondulées virant au rose clair vers le bas.


_______Maintenant, toi et tes copains, vous allez gentiment foutre le camp, suis-je bien claire ? grinça-t-elle.

_______Et toi aussi, tu vas foutre le camp, Célia ! vociféra une voix rauque derrière elle.


_____Son patron, alerté par le tapage, avait fait irruption dans la salle, et avait assisté à la rixe. Impossible donc de nier les faits. Cassandre se tint coite, intimidée par son employeur, un homme trapu au teint rougeaud, avec de faux airs de bûcheron, et surtout encore éprouvée par l'agression précédente.


_______C'était ton dernier avertissement, mademoiselle Ketsui, je t'avais prévenue que tu serais virée si tu te remettais à malmener mes clients ! tempêta-t-il.

_______Mais ce ne sont que des rustres qui ne pensent qu'à mettre leurs sales pattes là où ils ne doivent pas ! protesta-t-elle, outrée.

_______Je ne veux pas le savoir ! Tu as outrepassé tes droits de serveuse, dehors ! brailla-t-il, impérieux.


_____Elle serra les dents afin de ne pas riposter. Du coin de l'œil elle remarqua que son amie qu'elle avait défendue au péril de son emploi s'éclipsait par la porte des clients, lui faisant un petit signe d'excuse et de remerciement, mimant le geste d'un téléphone. Soulagée, Célia se dirigea d'un pas décidé vers les toilettes et ferma à clé.

_____Une fois sûre d'être seule, elle déverrouilla le cadenas qui gardait scellé le placard où sont rangés les balais, les seaux et tout ce qui sert à faire le ménage. Elle en sortit un sac qui était dissimulé derrière une pile de serpillières. Il s'agissait en fait de ses affaires personnelles, qu'elle cachait ici pour être certaine que personne n'irait fouiller dedans. Elle le prit à la main et soupira, rassérénée.


_____« J'aurais aimé pouvoir dire correctement au revoir à Cassandre avant de partir, mais je n'ai plus envie de retraverser ce trou puant pour aller la rattraper. Je lui rendrai visite un de ces jours chez elle, lors de ses congés », songea-t-elle.


_____Elle joignit ses mains à sa poitrine, inspira profondément. Ses cheveux ondoyèrent, comme portés par une délicate brise pourtant inexistante. Elle fut enveloppée petit à petit d'une douce lueur opaline. Quand celle-ci se dissipa, la demoiselle s'était métamorphosée en une jolie créature tout de grâce et d'élégance, la néanmoins redoutable Pokémon Gardevoir.

_____Comme elle était nettement plus fine que son apparence humaine, son costume de Magirêve était tombé au sol. Elle n'eut plus qu'à retirer son chapeau, plier et ranger le tout dans son sac.

_____Prenant le soin de laisser la porte des toilettes verrouillée dans un dernier geste revanchard, elle disparut dans un flash de lumière et réapparut des kilomètres plus loin, dans une forêt calme et dense. Ressentir de nouveau l'air pur et frais des soirs d'automne la fit frissonner de plaisir, elle qui avait passé près de deux mois à travailler dès le crépuscule dans ce bar insupportable et étouffant.


_____« Plus jamais ça ! De toute façon maintenant je dois avoir juste assez d'argent pour reprendre des études plus appropriées », pensa-t-elle.


_____L'astre de la nuit était à peine visible tant les arbres s'élançaient vers le ciel, comme s'ils cherchaient à atteindre les étoiles. Mais il faisait très sombre, et les faibles rayons lunaires ne permettaient pas à la Pokémon Psy de discerner quoi que ce soit autour d'elle.


_____« Soit, si je ne peux voir avec mes yeux, je verrai avec mon esprit. »


_____Elle baissa les paupières, les mains croisées devant la corne rouge de son torse, qui se mit à luire et prit de beaux reflets vermeils. Sa robe ondulait au rythme du vent dans les feuilles, et leur frémissement semblait chanter une douce plainte.

_____Quelque part, un Hoothoot hulula, tandis qu'un Papilusion prenait son envol, filant droit vers les cieux en battant joyeusement des ailes, dispersant autour de lui une poudre luisante, comme pour dire aux autres qu'il est heureux d'être aussi libre que l'air.

_____Tous ses sens à l'apogée de leur réceptivité, elle rouvrit ses yeux, qui prirent une légère couleur céruléenne, et dit d'une voix monocorde :


_______L'aura est avec moi.


_____Pendant quelques secondes, étrangement, rien ne se passa. Gardevoir ne percevait rien du tout. Mais ensuite, elle fut prise de vertiges, et vit de plus en plus trouble. Elle ressentit soudain une vive douleur, comme si on lui brûlait les rétines avec un chalumeau. Elle n'entendait plus, ne sentait plus.

_____La souffrance s'étendit aux autres membres, et embruma ses pensées. Elle ne réussit plus à raisonner correctement, elle eut l'impression de réfléchir au ralenti. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait peur, que ce qui lui arrivait était inhabituel, peut-être même dangereux.

_____Ses jambes la lâchèrent, et elle s'écroula tel un pantin dont on aurait coupé les fils. Sa tête heurta violemment un rocher, glissa en déchirant la peau de sa joue. Le sang s'écoula et teinta la roche d'un rouge poisseux. Enfin, elle tomba lourdement au sol, l'assommant à moitié.

_____Gardevoir perdait peu à peu connaissance, mais il lui sembla distinguer une présence avant de sombrer dans les méandres de son inconscient.


_______Est-ce que vous m'entendez ? demanda l'inconnu.


_____Non, elle ne l'entendait plus, mais au plus profond d'elle, elle sut que cette personne la sauverait. Peu lui importait de savoir s'il s'agissait d'un humain ou d'un Pokémon, car l'aura qui émanait de lui était empreinte de force et de douceur, de détermination et d'intelligence, de courage et de sensibilité.

_____Elle oubliait sa douleur tandis que l'être la soulevait doucement pour ne pas aggraver ses blessures. Et c'est sereine qu'elle s'évanouit, n'ayant plus ni la force ni l'envie de se battre contre l'inconscience.