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» Auteur : Silver_lugia - Voir le profil
» Créé le 04/04/2010 à 20:48
» Dernière mise à jour le 20/02/2011 à 21:25

» Mots-clés :   Absence de poké balls   Présence de poké-humains   Présence de transformations ou de change

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4 - Vers une vie meilleure ?
Aussitôt rentrées chez Margareth Hill, les hybrides se firent sermonner par la vieille maîtresse, qui les trouvait trop lentes. Heureusement, elle ne les battit pas. Nalya et Laetitia se hâtèrent de ranger les courses dans la cuisine. Lorsqu'elles eurent terminé, elles se dirigèrent vers leur chambre, espérant un peu de répit et de repos. Nalya s'assit aussitôt sur son matelas avec un soupir fatigué, aussitôt imitée par Laetitia. Les hybrides restèrent ainsi un moment, assises sur leurs matelas respectifs, tentant de se reposer malgré l'écrasante chaleur qui régnait. La pause fut malheureusement de courte durée, et la voix tant redoutée de Margareth Hill retentit :

« Hybrides ! Venez ici immédiatement ! »

Avec un soupir, Nalya se leva et se dirigea vers le salon, d'où provenait la voix. Margareth Hill, enfoncée comme à son habitude dans un de ses grands fauteuils de velours vert, les y attendait. Quelle tâche allait-elle leur confier cette fois-ci ?

« Nettoyez cette maison de fond en comble. Que ce soit terminé avant quatorze heures. » ordonna-t-elle sans plus de cérémonie.

Il était midi et demi ; les hybrides avaient donc une heure et demie pour faire le ménage. Par chance, la maison de Margareth Hill n'était pas très grande, mais Nalya savait par expérience que, lorsque celle-ci souhaitait un nettoyage "de fond en comble", le moindre grain de poussière lui était intolérable. Sans perdre de temps, Nalya se précipita vers son ancienne chambre, le placard où était entreposé tout le nécessaire pour faire le ménage. Elle tendit prestement un plumeau à Laetitia tandis qu'elle s'emparait elle-même d'un balai. Elle commença aussitôt son ouvrage.

À treize heures et cinquante et une minutes - la pendule de la cuisine avait toujours été d'une grande précision - les hybrides avaient terminé le nettoyage. Nalya s'interrogeait cependant ; pourquoi Margareth Hill leur avait-elle donné un délai ? Elle ne faisait cela que lorsqu'elle avait de la visite. Mais qui pouvait bien rendre visite à sa maîtresse ? Nalya savait que Margareth Hill n'aimait pas que ses invités la voient, aussi se dirigea-t-elle, suivie de Laetitia, vers leur chambre, où elles se feraient muettes jusqu'au départ du mystérieux visiteur. Elles pourraient enfin se reposer ! Mais, alors qu'elles passaient devant la porte ouverte de la chambre de Margareth Hill, celle-ci les interpella :

« Où allez-vous, hybrides ?
- Nous nous retirons dans notre chambre, Madame Hill, pour ne pas incommoder vos invités, expliqua Nalya avec une courbette.
- Qui t'a dit que j'avais des invités ?
- Je l'ai deviné, Madame Hill.
- Ne prend pas d'initiatives basées sur des déductions ! la réprimanda l'humaine. J'ai en effet de la visite (elle avait craché ces mots, comme outrée par le fait que son esclave ait vu juste), mais vous resterez toutes les deux dans le salon.
- Bien, Madame Hill. » fit Nalya avec une seconde courbette.

Elle s'était efforcée de ne rien laisser paraître de son étonnement. Margareth Hill avait décidément un comportement étrange. L'hybride fouinette repensa aux paroles de Will. Pourquoi sa maîtresse avait-elle acheté une nouvelle hybride, et pourquoi souhaitait-elle que ses esclaves soient présentes quand elle recevait de la visite ? Tout cela était peut-être lié.
Sans un mot, elle fit demi-tour, entraînant Laetita à sa suite. Il n'y avait pas d'autre siège dans le salon que les fauteuils de velours verts de Margareth Hill, mais les hybrides n'avaient pas le droit de s'y asseoir, aussi restèrent-elles debout. Le temps passa. Aucune d'entre elles ne parlait, et ni Margareth Hill, ni son mystérieux invité ne donnaient de signe de vie. Le silence était de temps en temps troublé par le bruit d'une calèche cahotant sur le sol pavé de la rue.
Soudain, on sonna à la porte.

« Nalya ! s'écria la voix de Margareth Hill. Va ouvrir ! Toi, Laetitia, reste où tu es. »

L'humaine ne semblait pas encore faire totalement confiance à sa nouvelle hybride. Nalya remua ses membres engourdis et se dépêcha de satisfaire la demande de sa maîtresse. Elle contourna les grands fauteuils verts, sortit du salon et alla ouvrir la porte. Sur le seuil se trouvait une jeune humaine au visage encore enfantin, bien qu'il commençât à afficher une certaine maturité. Une lueur d'intelligence brillait dans son regard, où l'on pouvait lire une grande vivacité d'esprit. Ses cheveux blond cendré mi-longs étaient noués en deux couettes qui pendaient de chaque côté de son visage pointu et constellé de taches de rousseur. Elle portait une petite jupe bleue et plissée qui s'arrêtait au-dessus des genoux et un débardeur vert pomme où était dessiné un visage souriant. Une montre rose ornait son poignet gauche et des mitaines de la même couleur recouvraient une bonne partie de ses mains.
Nalya connaissait cette humaine ; c'était Sophie, la nièce de Margareth Hill. Sophie avait dix ans, et était par conséquent plus vieille que Nalya. Elle rendait parfois visite à son unique tante, souvent pendant les vacances. C'était justement les vacances d'été. Les hybrides, bien sûr, travaillaient sans relâche et ne connaissaient ni vacances ni congés, mais ces périodes de repos semblaient plaire aux humains, qui se livraient alors la plupart du temps à l'oisiveté.

« Bonjour Nalya ! s'écria Sophie avec un grand sourire. Je viens voir Tatie ! »

Nalya lui répondit par un sourire, ne pouvant pas parler aux invités sans l'autorisation de Margareth Hill. L'hybride fouinette appréciait Sophie. La jeune humaine avait de la considération pour les hybrides. Si, comme tout le monde sur cette terre, elle trouvait tout à fait naturel le fait que les humains soient supérieurs aux hybrides, elle n'en traitait pas moins ces derniers avec respect. Nalya s'écarta pour laisser passer la jeune humaine. Au même moment, Margareth Hill sortit de sa chambre et se précipita vers sa nièce.

« Ma chérie ! Comment vas-tu ? »

Elle enlaça sa nièce, bousculant Nalya qui alla se cogner contre le mur. Sophie lui lança un regard désolé, accompagné d'un haussement d'épaules, l'air de dire « Désolée, Tatie est comme ça ! » Nalya lui répondit par un autre haussement d'épaules pour signifier que ce n'était pas grave. Puis Margareth Hill emmena sa nièce dans le salon. Laetitia n'y avait pas bougé. Elle se tenait droite, mais les tressaillements de ses membres trahissaient sa fatigue. Nalya se dépêcha de retrouver sa place auprès d'elle.

« Oh, Tatie, tu as une nouvelle hybride ? s'exclama Sophie en apercevant l'hybride posipi. Elle est vachement jolie ! Salut toi ! » continua-t-elle à l'adresse de Laetitia.

Celle-ci, mal à l'aise, rougit. Nalya avait déjà remarqué qu'elle était d'un tempérament timide. Margareth Hill invita sa nièce à s'asseoir dans l'un des fauteuils de velours vert. Elle-même se mit à l'aise dans un autre de ces fauteuils.

« Ma chérie, annonça-t-elle, tu viens d'avoir dix ans. Pour ton anniversaire, j'ai décidé de t'offrir une hybride ! Au départ, je pensais t'offrir la nouvelle, mais j'ai finalement préféré te laisser choisir. Alors, ma chérie, laquelle veux-tu ? »

Sophie se leva, fit le tour de son fauteuil, et alla empoigner le bras de Nalya.

« Je ne connais pas bien la nouvelle hybride, mais Nalya est très sympa ! J'aimerais beaucoup qu'elle vienne vivre chez moi !
- C'est d'accord, ma chérie, sourit Margareth Hill. Je t'enverrai Nalya par la poste dès demain.
- Oh ? Elle ne peut pas repartir avec moi ce soir ?
- Tu sais bien que c'est impossible, Sophie. Si tu repars à pieds, Nalya risquerait de s'enfuir.
- Mais non, ce n'es pas du tout son genre ! s'offusqua Sophie. Pas vrai, Nalya ? »

L'hybride fouinette se tourna vers Margareth Hill, guettant une autorisation de parler, mais l'humaine ignora son regard.

« On ne sait jamais de quoi sont capables les hybrides. Si je te l'envoie demain matin, tu la recevras le soir-même. C'est d'accord ? »

Sophie, bien qu'un peu déçue, opina du chef. Puis Margareth Hill ordonna à ses hybrides de se retirer. Nalya et Laetitia s'exécutèrent. En quittant le salon, elles entendirent Margareth Hill demander à sa nièce si elle avait des bonnes notes à l'école, et l'intéressée soupirer.


La nuit fut agitée pour Nalya. L'hybride bouillait d'impatience à l'idée de quitter Margareth Hill pour vivre chez Sophie. Là-bas, elle en était sûre, elle connaîtrait une vie meilleure. Sophie traiterait bien son hybride. Nalya avait du mal à imaginer que la rude vie qu'elle avait menée pendant six années allait soudainement s'adoucir. Cette idée l'empêchait de trouver le sommeil. Elle passa le plus gros de sa nuit, allongée sur son matelas, à regarder la lune par la fenêtre de sa chambre. Le silence n'était troublé, à intervalles réguliers, que par la lente respiration de Laetitia. Celle de Nalya finit par s'y ajouter.

L'hybride fouinette ouvrit les yeux et découvrit dans la chambre la lumière de l'aube. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était endormie. Malgré sa très courte nuit, elle ne se sentait pas fatiguée le moins du monde. Comme la veille, elle retira silencieusement ses vêtements de l'armoire, prit sa douche, puis alla faire sécher sa fourrure dans le jardin de Margareth Hill. Peut-être était-ce la dernière fois qu'elle voyait ce jardin. Cette pensée ne l'incommoda pas. Instinctivement, elle monta sur une pierre et se dressa sur sa queue pour scruter l'horizon. Pas un véhicule à portée de vue. Cela n'avait rien d'anormal, il était encore tôt. Mais Nalya était si impatiente de voir arriver la poste des hybrides !
Lorsque son pelage fut tout à fait sec, elle rentra et réveilla Laetitia pour aller préparer le petit déjeuner. Le dernier petit déjeuner qu'elle préparait pour Margareth Hill. Celle-ci l'engloutit rapidement, appela la poste des hybrides, et alla s'habiller. Elle ne confia aucune tâche à ses esclaves, qui purent se reposer. Dans la petite chambre, personne ne parlait. Pour quoi faire ? Il n'y avait rien à dire. Nalya quittait la grande maison de Margareth Hill, Laetitia y restait. La situation n'avait pas à être commentée.
On sonna à la porte, et Margareth Hill alla ouvrir. Quelques secondes plus tard, la porte de la chambre exigüe qui abritait les hybrides s'ouvrait à la volée. Margareth Hill toisa Nalya d'un regard significatif. Celle-ci, sans un mot, et en s'efforçant de ne pas laisser transparaître sa joie - la vieille humaine n'aurait sans doute pas apprécié - se leva. Elle se retourna une dernière fois pour lancer un regard d'adieu à Laetitia, puis suivit Margareth Hill le long du couloir qu'elle avait arpenté sans cesse pendant six ans. Une homme de taille moyenne, habillé d'un uniforme bleu et coiffé d'une casquette de la même couleur, les attendait dans l'entrée. Sans un mot, il agrippa violemment le bras de Nalya et la traîna hors de la maison. Nalya ne se retourna pas. C'était fini. L'homme avait garé son fourgon dans la rue. Il en ouvrit une porte, poussa sans ménagement l'hybride à l'intérieur, puis claqua la porte derrière elle. Il faisait noir.

Les véhicules à moteurs étaient très peu utilisés depuis l'invention des hybrides. Des calèches les avaient remplacés dans la vie de tous les jours. Mais il était facile de s'enfuir d'une simple calèche, aussi utilisait-on toujours un fourgon blindé pour le transport d'hybrides. Bien sûr, il ne serait jamais venu à l'esprit de Nalya l'idée de s'enfuir, mais certains hybrides acceptaient mal leur condition et guettaient la moindre occasion de causer du tort aux humains. On les appelait les hybrides rebelles. Comme les autres hybrides, Nalya rêvait de liberté. Mais, contrairement aux rebelles, elle avait les pieds sur terre. Elle savait que les rebelles se battaient pour une cause perdue, et considérait que c'était se faire du mal de lutter ainsi. Nalya pensait que, pour vivre correctement, il fallait tout d'abord accepter sa condition. Voilà pourquoi elle n'avait jamais rejoint les rangs des rebelles. Son ami Will, lui, y songeait très sérieusement. Nalya espérait qu'il ne mettrait pas sa vie en danger pour la cause des rebelles.
Lorsque ses yeux se furent habitués à l'obscurité, l'hybride fouinette distingua deux silhouettes dans le fourgon. Elles semblaient dormir. Le faible rayon de lumière qui s'immisçait entre les portes du fourgon l'aida à identifier à quels pokémons ils avaient été croisés. L'un d'entre eux semblait être un hybride lucario. Des oreilles bleues et pointues se dressaient sur le sommet de sa tête. Sa queue était fine et de la même couleur. D'étranges et indescriptibles excroissances noires étaient attachées au dos de son crâne. Enfin, des pointes, sans doutes osseuses, sortaient du dos de ses mains.
Le second, quant à lui, semblait être un hybride rondoudou. Sa peau était rosâtre, son visage joufflu, son corps rondouillet ; de petites oreilles roses dépassaient de son crâne.
Nalya aurait aimé faire connaissance avec les deux hybrides, mais ceux-ci dormaient à poings fermés. Elle s'appuya contre la paroi opposée à la leur et, bientôt, le doux ronronnement du moteur et le cahotement régulier du sol du fourgon lui firent rejoindre à son tour les bras de Morphée. Dans quelques heures, elle serait chez sa nouvelle maîtresse.

Nalya fut réveillée en sursaut par un crissement de pneus. Elle eut à peine le temps d'échanger un regard interloqué avec ses congénères ; le fourgon se renversa sur le côté. Les hybrides lucario et rondoudou basculèrent sur le dos, mais Nalya fit un court vol plané avant de s'écraser contre la paroi opposée, sur le bras de l'hybride rondoudou. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de se relever et de se confondre en excuses, la lumière se fit dans le fourgon - signe qu'on en avait ouvert les portes - et une voix féminine retentit :

« Je t'avais bien dit qu'il y avait des hybrides là-dedans ! »