Pikachu
Pokébip Pokédex Espace Membre Forum
Inscription

Nés pour servir de Silver_lugia



Retour à la liste des chapitres

Informations

» Auteur : Silver_lugia - Voir le profil
» Créé le 09/01/2010 à 19:12
» Dernière mise à jour le 20/02/2011 à 21:25

» Mots-clés :   Absence de poké balls   Présence de poké-humains   Présence de transformations ou de change

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


Largeur      
1 - Nalya l'esclave
Nalya frottait avec énergie la vaisselle sale, à l'aide d'une éponge imbibée de produit vaisselle. Il ne lui restait plus que quelques assiettes, et peut-être pourrait-elle prendre un peu de repos, en attendant que sa maîtresse ne lui confie une autre tâche. Nalya avait six ans. Depuis ses deux mois, depuis qu'elle avait sa forme définitive, elle servait Margareth Hill, une vieille femme sévère et cruelle. Elle avait toujours l'air hautain et pincé, et Nalya ne l'avait encore jamais vue sourire. Sa propriétaire se servait d'elle pour accomplir toutes les tâches ménagères de la maison. Rien d'anormal, puisque Nalya était une hybride. Elle ressemblait assez à une adolescente humaine, avec son petit visage en forme de coeur et ses cheveux bruns mi-longs, qui lui arrivaient un peu au-dessus des épaules. Mais ses oreilles étaient longues, recouvertes d'une fourrure du même brun que ses cheveux, et dressées au sommet de sa tête. Nalya possédait également une queue. Une longue queue, touffue et rayée de brun clair. Dotée de muscles puissants, l'adolescente pouvait se dresser dessus, tout comme les fouinettes à qui elle l'avait empruntée. Mais ce n'était pas d'une grande utilité à Nalya. La jeune fille préférait s'asseoir dessus lorsqu'elle était fatiguée. C'était en effet le seul endroit un tant soit peu élevé sur lequel elle avait le droit de s'asseoir.
Enfin, l'adolescente rinça la dernière assiette. Elle n'aurait plus qu'à les sécher, et elle aurait terminé ce travail. Peut-être, alors, aurait-elle un peu de répit, dans l'attente de sa prochaine mission. Nalya empoigna un chiffon, légèrement humide, et commença à essuyer un verre. Lorsqu'elle se fut assurée qu'il n'y restait plus la moindre goutte d'eau, elle rangea le récipient à sa place, dans l'armoire, et s'attaqua à une fourchette.

« Nalya, cesse ce que tu es en train de faire, et dépêche-toi de te préparer ! » somma Margareth Hill en entrant dans la cuisine.

De surprise, Nalya lâcha la fourchette. Elle eut heureusement le bon réflexe d'interposer sa queue entre l'ustensile et le sol. La fourchette la piqua et lui fit affreusement mal ; sa queue était l'un des endroits les plus sensibles de son corps. Mais Nalya s'efforça de ne rien laisser transparaître, pas même une grimace. Margareth Hill aurait pu la prendre pour une réponse à son injonction, et elle n'aurait pas apprécié. L'esclave se contenta d'une révérence, accompagnée d'un :

« Bien, Madame Hill.
- Et dépêche-toi, je suis pressée ! » ajouta sèchement sa maîtresse avant de tourner les talons.

Après s'être assurée que la vieille femme ne pouvait pas l'entendre, Nalya arracha la fourchette de sa queue avec un petit cri de douleur. Son beau pelage lustré était maintenant rouge et poisseux en quatre endroits. Nalya soupira, puis entra dans la minuscule pièce qui lui servait de chambre. La pièce n'avait pas de fenêtres, et sa seule source de lumière était une ampoule qui diffusait une lumière blafarde et vacillante. À même le sol, un matelas crevé s'étalait de toute sa longueur. Entre lui et le mur étaient rangées les rares affaires de Nalya : deux robes, une rose et une bleue - Nalya portait la troisième, une jaune - ainsi qu'un vieux jean rapiécé, deux T-shirts et un pull rouge. Nalya souleva ce dernier pour y trouver ce qu'elle cherchait : une charmante petite paire de chaussures noires. Trop petites, elles lui serraient les pieds et lui faisaient mal ; mais Margareth Hill ne semblait pas décidée à lui en acheter des nouvelles. Nalya s'assit sur sa queue et enfila, tant bien que mal, les chaussures. Elle brossa rapidement ses cheveux en bataille puis sortit de la chambre, et alla rejoindre sa maîtresse dans l'entrée. La vieille femme sembla agacée.

« Te voilà enfin ! Tu as mis le temps !
- Excusez-moi, Madame Hill. » répondit platement l'hybride en s'inclinant.

Margareth Hill donna une claque sur la joue de son esclave, puis la poussa sans ménagement hors de la maison, dont elle ferma la porte à double tour. Puis elle sortit un collier en cuir de sa poche, qu'elle attacha au cou de Nalya. Elle lui pinça la peau, et la douleur fut si brusque que l'adolescente ne put retenir un petit "Aïe !" Margareth Hill attacha ensuite une laisse au collier qu'elle venait d'enfiler à son hybride. Ainsi, elle ne s'enfuirait pas.

« Suis-moi ! » ordonna-t-elle.

La maîtresse monta dans une calèche tirée par des hybrides machopeurs, et ordonna à son esclave de les seconder. Nalya avait peu de forces, contrairement aux tireurs de l'attelage, mais elle se doutait que, en cette chaude journée d'été, ceux-ci devaient être épuisés. Un peu d'aide ne leur ferait pas de mal, aussi infime soit-elle. Docilement, Nalya s'attacha à l'attelage avec les deux hybrides.

« Merci... » murmura l'un deux.

Les deux hybrides travaillaient torses nus, et avaient des coups de soleil sur les épaules. Leur travail devait être extrêmement pénible. Après plusieurs minutes de marche sous un soleil de plomb, Nalya en eut la confirmation. Heureusement, le trajet fut de courte durée, et Margareth Hill, arrivée au centre-ville, fit s'arrêter la calèche. Nalya soufflait comme un tauros. De la sueur perlait sur son front, et sa tête menaçait d'exploser. Ses congénères, eux, ne semblaient pas plus fatigués que ça. Bien sûr, ils étaient essoufflés, mais pas autant de Nalya. Ils semblaient capables de tenir plusieurs kilomètres supplémentaires, alors que la jeune fille en était bien incapable. Margareth Hill descendit de la calèche, détacha son esclave, et déposa une bourse dans la paume ouverte d'un des hybrides.

« Et ne tentez pas de garder la moindre pièce pour vous. Je le saurai, et j'en informerai votre maître.
- Nous ne ferions jamais une chose pareille ! » s'offusqua l'autre hybride.

Margareth Hill ne sembla pas apprécier la répartie de l'adolescent. Mais ce n'était pas son esclave, aussi se garda-t-elle de le toucher. Pourtant, porter la main sur l'un de ses douloureux coups de soleil était très tentant, Nalya le devinait. La vieille femme rattacha sa laisse à son esclave et s'éloigna. La jeune fille se retourna et adressa à ses congénères un signe de la main, accompagné d'un sourire compatissant. Mais Margareth Hill tira sur la laisse, et Nalya, étranglée, fut forcée de regarder devant elle. Les deux femmes marchèrent quelque peu, puis Margareth Hill s'arrêta devant une petite boutique. Sur la devanture, on pouvait lire, malgré la peinture écaillée, l'inscription "Hybriderie". Nalya reconnaissait bien cet endroit. C'était de là qu'elle venait. Là que les humains achetaient leurs hybrides. Ou les revendaient. Nalya fut prise de panique : Margareth Hill voulait-elle la revendre ? Elle ne demanda pas, bien sûr, et suivit sa maîtresse dans la boutique. L'air y était d'une chaleur étouffante, imprégné d'une horrible puanteur. Mis à part un petit comptoir, on ne trouvait que des cages dans la boutique. Des toutes petites cages, avec dedans des hybrides de toutes sortes, maigres comme des clous, contorsionnés. Certains jetèrent des regards implorants à Margareth Hill. D'autres allèrent même jusqu'à lui crier :

« S'il vous plaît, m'dame ! Adoptez-moi ! »

Ce à quoi d'autres répliquaient :

« Non, moi Madame ! »

Le vendeur, agacé, passa sa main entre les barreaux d'une cage au hasard, et gifla son locataire.

« La ferme ! » hurla-t-il en accompagnant son geste.

Nalya eut mal au coeur de voir ses congénères ainsi traités. Ce vendeur semblait encore plus cruel que celui qui l'avait vendu à Margareth Hill, il y a six années de cela. Et pourtant, vendre un hybride à Margareth Hill était un acte d'une cruauté épouvantable, inimaginable. Il suffisait de regarder la propriétaire de Nalya pour deviner que c'était une maîtresse cruelle et sans coeur. Mais les vendeurs se fichaient bien de l'avenir des hybrides qu'ils vendaient. Ils se faisaient de l'argent sur leur commerce, et cette activité était légale. Que demander de plus ?
Margareth Hill observa attentivement les cages et leurs locataires. Impossible de deviner ses pensées dans son regard froid. La plupart des hybrides qu'elle visitait se tassaient contre le fond de leurs cages à son approche. Enfin, elle s'arrêta devant l'une d'entre elles, et annonça d'une voix forte :

« Je prends celui-là ! »

Nalya ne put distinguer quel hybride se trouvait à l'intérieur de la cage, mais le vendeur se dirigea vers elle pour l'ouvrir. Il détacha un trousseau de clés de sa ceinture, en examina rapidement quelques-unes, puis en entra une dans la serrure. Il tourna, et un petit clic se fit entendre. Il ouvrit alors la porte de la cage et empoigna sa locataire par le bras, la tirant sans ménagement. Elle avait de longues oreilles rouges, de longs cheveux de la même couleur - il n'était pas rare que les cheveux des hybrides prennent la même teinte que leur pelage - ainsi qu'une courte queue en forme de plus. Manifestement une hybride posipi. Nalya fut affolée par son teint blafard ; depuis combien de temps l'hybride n'avait-elle pas vu la lumière du jour ? Ayant atteint sa forme définitive, il fut impossible à Nalya de deviner son âge, mais, à en juger par son regard apeuré et ses oreilles qui bougeaient dans tous les sens, elle était sans doute assez jeune. Peut-être même venait-elle tout juste d'achever sa croissance. La jeune fille se promit de lui poser la question.
Margareth Hill attacha une seconde laisse au cou de sa seconde hybride, et sortit du magasin avec ses deux esclaves.