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Rebelling Pawns de Myssdii



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Informations

» Auteur : Myssdii - Voir le profil
» Créé le 05/08/2009 à 08:48
» Dernière mise à jour le 05/08/2009 à 08:48

» Mots-clés :   Science fiction   Sinnoh   Suspense

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The right question
Bonjour ! Désolée d'avoir tardé pour ce chapitre, j'ai eu quelques blocages, mais ça devrait aller mieux par la suite (je me suis déjà attelée au chapitre 3). J'espère en tout cas que vous aimez cette histoire (Qui a dit non ? ><)
Je sais que normalement ce serait Kali qui vous parlerait, mais il a pas voulu, me laissant tout l'honneur de vous embêter avant de vous laissez lire, haha :P *ZBAAAAFFFF*

Bon aller, je vous laisse, bonne lecture et à la prochaine !




Episode 2 - The right question


L'ascenseur remontait lentement, du moins c'est l'impression qu'eut Kagami ; tout semblait fonctionner au ralenti. Quand enfin la porte métallique s'ouvrit dans son fracas habituel, l'adolescente s'élança d'un pas rapide, se dirigeant ainsi vers la sortie du centre commercial comme si ce dernier voulait la piéger à tout jamais. Un homme blond, taillé gringalet en tenue d'électricien l'aborda en lui demandant s'il n'y avait pas un problème avec l'ascenseur ; ce à quoi Kagami répondit d'un vague "non, non ! Tout va bien" avant de franchir la double porte vitrée ornée d'annonces promotionnelles.
L'air légèrement plus frais qu'auparavant annonçait la tombée de la nuit et déjà les rues s'animaient tout doucement. La jeune fille sentait son cœur continuer sa course folle au rythme effréné de son angoisse grandissante. Dans sa tête, seule la présence continuelle d'Abra l'empêchait de céder complètement à la panique ; panique qu'elle avait eut peine à contenir lorsqu'elle se trouvait dans ce sous-sol.
L'idée que quelqu'un ait pu découvrir ce qu'elle cachait ardemment depuis des années l'avait hantée pendant longtemps, mais là il s'agissait bien de la réalité : on avait effectivement fouillé son passé et touché du doigt son grand secret. Elle n'était pas ordinaire et le savait depuis bientôt six ans, une demi-douzaine d'années pendant lesquelles Kagami avait vu ses étranges capacités se développer jusqu'à des proportions qui l'effrayaient. Et la fermeture d'une coupure profonde de son avant-bras n'était pas – et de loin – la chose la plus spectaculaire qui lui était arrivé.
Tandis qu'Abra tentait tant bien que mal de trier les fils des pensées de sa dresseuse, celle-ci s'élança, répondant à un instinct profond qui la poussait à retrouver le seul endroit où rien ne pourrait jamais l'atteindre : chez elle. Le duo s'éloigna ainsi du centre ville de Voilaroc vers les quartiers résidentiels. Il y avait longtemps que les pavillons avaient été rasés pour laisser place à des immeubles d'habitation afin de répondre à la brusque immigration dans la région de Sinnoh des années précédentes, mais quelques rares maisons se dressaient dans l'ombre des bâtiments de verre et de ciment, et Kagami habitait dans l'une d'entre elles.

Derrière le portillon de métal légèrement rouillé, le jardin accueillit la rousse avec des parfums enivrants qui achevèrent de la calmer. C'est avec plaisir que Kagami constatait que sa mère n'avait pas perdu son don pour le jardinage depuis trois ans. Certaines plantes n'avaient pas bougé, mais de nouvelles se dressaient ici et là entre les lauriers blancs et le lilas dont les fleurs écloses dégageaient une odeur à nulle autre pareille. Les chaussures usées de la jeune fille faisaient crisser le gravier tandis qu'elle se dirigeait vers le perron. Sans frapper, elle ouvrit la porte qui grinçait encore même après tout le temps passé puis la referma derrière elle et Abra. Un bruit de casserole qui tombe sur le carrelage retentit dans la cuisine sur sa gauche, suivit par une série de pas précipités qui laissèrent débouler dans le vestibule une femme dans la quarantaine aux cheveux noirs.
– Kagami ! Oh, ma chérie ! Te voilà enfin ! s'écria sa mère en serrant l'adolescente dans ses bras.
Celle-ci étreignit à son tour la personne qui lui avait le plus manqué pendant ses trois ans passés à sillonner les routes du pays.
– Ton père ne devrait pas tarder à rentrer du bureau, on va lui faire la surprise, proposa-t-elle à Kagami avec un sourire éclatant. En attendant, tu peux toujours rejoindre ta chambre, tu dois être fatiguée, ma puce.
Après que sa mère lui ait caressé tendrement les cheveux, l'adolescente obéit sans discuter. Elle savait que sa mère mettrait son mutisme sur le compte de la fatigue et ne se douterait absolument pas de ce qui lui était arrivé. Bien qu'elle aimât sa mère plus que tout, Kagami retrouva avec bonheur la solitude et le silence de sa chambre. Cela faisait trois ans qu'elle n'y avait pas mis les pieds et l'impression d'entrer dans une chambre de petite fille perdura pendant plusieurs minutes. Ca et là, des posters représentaient plusieurs Pokémon accompagnés de dresseurs célèbres, un vieil ordinateur démodé avait été apparemment dépoussiéré plusieurs fois, et la housse de couette imprimée d'un Nidoqueen aurait plus fait le bonheur d'une fillette de dix ans que celui d'une adolescente de quatorze. Cependant c'était bien là sa chambre telle qu'elle l'avait laissée à son départ. Kagami posa son sac sur son lit et se dirigea vers son bureau. Elle ouvrit le tiroir situé sous le plan de travail et en sortit un album photo un peu poussiéreux – sa mère n'avait donc pas fouillé ses affaires personnelles, conformément à ses habitudes. A l'intérieur de nombreuses images représentant une fillette aux cheveux roux ornaient les pages ; Kagami feuilleta ainsi son album souvenir avant d'arriver à la dernière page sur laquelle trônait la photo de sa promotion. A l'époque elle était encore très petite, et donc se trouvait au premier rang. Un peu plus haut à droite elle reconnut Hikomi, Rii de son prénom, qui tenait son propre Pokémon tout juste reçu, un Toudoudou dont la couleur rose s'accordait parfaitement à la teinte de sa robe. Hikomi était l'une des rares filles de sa promotion avec laquelle Kagami s'entendait bien, peut-être parce qu'à la base elle était aussi solitaire qu'elle.
D'un soupir, elle referma l'album puis se retourna pour marquer dans son esprit cet endroit dans lequel elle se sentait enfin à l'abri. Sur le lit, Abra avait recommencé à gratter son bandage ; d'après l'infirmière, la fracture n'était pas très grave, mais il ne pourrait pas se battre avant quelques semaines. Même si ce n'était pas la première fois qu'Abra se blessait au cours d'un combat ou d'un entraînement, Kagami se sentait toujours mal à l'aise quand elle voyait son Pokémon ainsi.
L'entraînement d'Abra avait été particulier depuis qu'ils avaient commencé à se synchroniser. Il avait toujours été combattif, mais cela n'avait fait que s'accentuer à partir du moment où la Synchro est devenue parfaite entre eux : il se jetait plus aisément dans la mêlée, et combattait au corps à corps alors que son anatomie ne semblait pas l'y autoriser. Kagami savait très bien que cela venait d'elle, cet instinct qui la poussait à se battre jusqu'au bout et à se mettre en danger avait toujours été présent en elle – désormais il était aussi présent en Abra – et son voyage n'avait rien arrangé.



***

La brume matinale flottait paresseusement entre les arbres, nappant la forêt d'un blanc fantomatique, au milieu duquel une adolescente aux cheveux roux marchait avec précaution, traquant le moindre bruit pouvant lui indiquer la position de sa cible. Ses pieds déchaussés frôlaient doucement les feuilles mortes, n'émettant presque aucun son. A ses côtés, Abra se déplaçait à quelques centimètres du sol, n'osant léviter plus haut pour ne pas devenir une cible facile. Le Cizayox qu'ils traquaient tous deux venait de leur échapper, pourtant Kagami était certaine qu'il était encore dans les environs. Ces Pokémon ne fuyaient jamais un combat, préférant lutter jusqu'à l'épuisement complet, il ne pouvait donc qu'être tout près, attendant le bon moment pour frapper, et cela convenait particulièrement à Kagami, âgée alors seulement de douze ans.
"Allez... Viens, montre-toi..." pensa la jeune adolescente, scrutant les alentours. Dans un coin de sa tête, Abra envoyait régulièrement des pensées d'inquiétude, voire de peur, mais Kagami n'en avait cure. Il lui fallait ce Cizayox, et pour cela elle avait spécialement prévu un allié bien utile dont la présence demeurait encore fragile dans son esprit.
L'attaque vint de la droite, surprenant le duo qui ne réagit pas assez vite. L'imposant Cizayox renversa Kagami d'un revers de pince avant de se saisir d'Abra pour le plaquer contre un tronc, sa "main" monstrueuse le maintenant bloqué. Mais c'était sans compter le don du petit psychique pour la téléportation. Il disparut en une fraction de seconde pour réapparaître aux côtés de sa dresseuse qui se saisit d'une ball bien spéciale de couleur bleu-vert, spécialement prévue pour les Pokémon de type insecte.
– Enfin te voilà, Cizayox. On commençait à s'ennuyer. Aeromite ! A toi de jouer !
Derrière l'insecte en armure surgit un papillon mauve, qui jusqu'alors avait tranquillement patienté en haut des arbres. Ses antennes fonctionnant comme un radar, la brume ne le gênait aucunement pour repérer son adversaire. Aeromite se posa sur le dos de Cizayox, juste au-dessus des ailes, agitant les siennes pour répandre sa Para-spore qui forma un léger voile jaune autour de sa cible. Le Cizayox se débattit pour essayer de le dégager, mais ses pinces menaçantes n'étaient pas assez habiles pour déloger la mite.
– Abra, Poing-éclair !
Le Pokémon chargea son poing droit d'électricité puis se téléporta devant l'insecte avant de le frapper au niveau de son abdomen, à un endroit où l'armure métallique de la mante était la moins résistante. A la grande surprise de Kagami et de ses Pokémon, la silhouette de Cizayox se brouilla, vacilla puis disparut.
– Que...
Un vrombissement assourdissant retentit derrière la rouquine qui eut un réflexe inattendu pour le puissant insecte. Instantanément, elle se retourna et d'un geste d'une précision mathématique stoppa le Cizayox dans son assaut. Nez à nez avec le Pokémon, Kagami ne comprit pas plus de quelle manière elle avait réussi cet exploit que son adversaire. Derrière elle, Abra et Aeromite ne bougeaient plus.
Dans le regard de l'insecte cuirassé, il y avait à la fois de la stupeur et du défi, tout comme dans celui de Kagami. Tous deux se dévisagèrent quelques secondes qui semblèrent durer des heures avant que le Cizayox ne se libère d'un geste violent. Sa force était beaucoup plus grande que celle de l'adolescente qui tomba au sol. Avant que l'insecte ne frappe, Abra téléporta sa dresseuse deux mètres plus loin, le maximum qu'il pouvait accomplir à l'époque. L'adolescente se redressa et commença à courir, suivie par le vrombissement de fureur de Cizayox.
– Abra, on va faire appel à ce que t'ai appris...
Le Pokémon psychique s'affola, mais les pensées fermes de Kagami mirent fin à ses protestations. L'adolescente cessa de courir pour se retourner face au danger.
– Distorsion !
Abra ouvrit ses yeux, dévoilant des pupilles d'un bleu électrique. Une pulsation, tout d'abord hésitante, se déploya autour de lui pour finalement englober Cizayox, Aeromite et Kagami. L'insecte rouge sang semblait se mouvoir au ralenti, comme englué dans le temps et l'espace.
– Bourdon !
D'un battement d'ailes, Aeromite créa une puissante onde sonore qui balaya les bois et renversa Cizayox. Au même instant, la Distorsion se dissipa et Abra perdit connaissance, l'attaque lui demandant beaucoup trop d'énergie psychique. Kagami le réceptionna dans ses bras avant qu'il ne tombe au sol puis jeta un coup d'oeil à son poursuivant. Celui-ci se releva, secoué mais encore prêt à se battre. Le temps qu'il se remette de l'attaque d'Aeromite, le papillon entraîna sa dresseuse au milieu de la forêt qui se clairsemait, espérant que leur adversaire n'oserait pas continuer en terrain découvert. Cependant alors que Kagami atteignait la sortie de bois, ce fut pour s'apercevoir qu'il s'agissait d'une voie sans issue : un torrent de glacier avait profondément creusé son lit, créant ainsi une falaise relativement haute. En contrebas, l'eau coulait avec puissance.
Le vrombissement lui indiquait que le Cizayox n'était plus très loin. En elle, Kagami entendait comme une voix lui répétant "saute", comme une obsession. Elle se saisit de ses deux Pokéball et rappela Aeromite ainsi qu'Abra, malgré les réticences qu'elle avait à le faire.
A l'instant même où la mante rouge furieuse surgissait du sous-bois, Kagami inspira un grand coup et sauta.

Par la suite, Kagami se souvint uniquement s'être réveillée en bordure de la rivière, trempée mais indemne. Il ne lui avait fallu qu'une heure pour se remettre de sa chute.



***


Ces dons qu'elle possédait l'effrayaient toujours, malgré qu'elle s'y soit habituée avec le temps. Mais Kagami était encore hantée par cette différence qui faisait d'elle quelqu'un d'anormal.
Kyû avait raison, elle avait peur de ce qui pouvait ce cacher derrière, peur de ce qu'elle était. Elle ne l'avait rencontré qu'il y a peu, pourtant il avait eu beaucoup plus d'impact dans son existence que n'importe qui. Ses dernières paroles troublaient Kagami au plus haut point : "Retourne chez toi, vois si la vie que tu as te plait avec les questions insolubles qu'elle contient. Si tu constates que ça ne te va pas, pose les questions qui s'imposent aux personnes concernées, et reviens ici demain, même heure."
– Pose les questions qui s'imposent, répéta tout haut Kagami.
Abra l'ignora, s'étant déjà installé sur l'oreiller pour faire la sieste.

L'adolescente ne ressortit de sa chambre que plus tard dans la soirée au retour de son père qui l'accueillit avec autant d'enthousiasme que sa mère. Grand, les cheveux bruns coupés courts, le père de Kagami était ce qu'on pouvait qualifier de bel homme. Son visage carré ne possédait nulle trace de sentiments négatifs et son sourire réchauffa la jeune fille qui l'enlaça avec joie – constatant par la même occasion qu'elle l'avait presque rattrappé en taille.
– Bon, maintenant fini les câlins, et poussez-vous que je puisse mettre la table ! s'exclama la mère de Kagami transportant une pile de vaiselle dans ses bras.
Après trois années passées sur les routes, la nourriture de sa mère qu'elle trouvait autrefois insipide avait un goût merveilleux pour Kagami. Pourtant elle n'avait pas la tête à manger, les mots de Kyû continuant de s'imposer dans son esprit. Mille questions résonnaient et s'entrechoquaient, mais aucune ne voulait sortir par sa bouche. Kagami restait donc muette, fixant sa fourchette avec laquelle elle effleurait le fond de son assiette et jouait avec ses petits pois. Si ça mère ne lui avait pas adressé la parole à cet instant précis, elle ne se serait sans doute jamais lancée à briser cette harmonie familiale qu'elle avait espéré retrouver en retournant chez elle.
– Tout va bien, mon coeur ? Tu n'as presque rien mangé.
– Maman...
Le ton sur lequel Kagami commença sa phrase laissait parfaitement sous-entendre que ce qu'elle avait à dire serait grave ou peu plaisant.
– Est-ce que je suis véritablement votre fille ? finit-elle en regardant tour à tour ses parents dans les yeux.
Leurs visages respectifs exprimèrent d'abord une légère surprise, puis la décontenance et enfin ils devinrent graves. Ce fut son père qui prit la parole en premier.
– Nous souhaitions te le dire avant ton départ, mais nous n'avions pas pu.
– Alors je...
– Laisse-moi finir, Kagami, l'interrompit-il en posant sa main sur le poignet de l'adolescente. Avant de t'expliquer, je tiens à te dire que, quoiqu'il arrive, nous t'aimons plus que tout. Tu es la fille que nous avons élevé et vu grandir, et tout ce qu'on te dira n'y changera rien. Tu comprends ?
Kagami acquiesça lentement.
– Merci, dit-il enfin avec un sourire chaleureux.
Puis il repoussa son assiette pour se pencher vers l'adolescente, son sourire disparaissant peu à peu, laissant la place à un faciès sérieux qu'elle ne lui connaissait pas.
– Il y a maintenant quatorze ans, ta mère a mis au monde une jolie petite fille. Fidèle à nos désirs, nous l'avons appelée Kagami. Cependant, elle est née avec un très sérieux handicap. Même si les médecins l'avaient détecté pendant la grossesse, nous avions décidé de garder le bébé.
– J'avais déjà fait trois fausses couches auparavant, ajouta la mère de Kagami. Pouvoir mettre au monde un enfant, même si sa vie aurait été difficile, était une véritable bénédiction.
– Je comprends, dit tout bas la jeune fille, pour rassurer sa mère qui répondit d'un sourire triste.
– Tout allait bien, au début, reprit son père. Mais peu après son quatrième anniversaire, Kagami est tombée gravement malade. A cause de son handicap, elle devait se faire soigner obligatoirement dans un institut spécialisé, qui se trouvait à Féli-cité. A l'époque nous habitions dans la banlieue de Féli-cité, justement pour elle. C'est sur la route, de nuit, que nous t'avons trouvée.
– Sur... sur la route ? balbutia l'adolescente.
– Tu étais simplement vêtue d'une chemise de nuit en lambeaux et pas plus âgée que notre fille. Nous nous sommes arrêtés et nous t'avons prise avec nous pour t'amener à l'hôpital par la même occasion. Peut importait qui tu étais, nous avons fait ce que nous jugions juste et responsable.
En entendant ce récit de la bouche de son père, Kagami frémissait. Ainsi ils l'avaient trouvée au bord d'une route, en pleine nuit, seule. Mais comment ?
– A l'hôpital, les médecins t'ont prise en charge aux urgences. Comme tu n'avait pas de carnet médical, ni carte d'identité, ils se sont évidemment posé des questions, mais après avoir déclaré que nous prenions l'entière responsabilité de ce qui se passait ils ont fait leur travail. Cependant, tout n'est pas allé aussi bien pour notre petite fille. L'opération s'est très mal déroulée, elle n'a pas survécu à sa maladie.
– Je l'ai remplacée, c'est ça ? J'ai remplacé la vraie Kagami Nagame pendant dix ans ? s'exclama Kagami, déroutée par ce que ses parents venaient de lui révéler.
– Non, Kagami, écoute-moi ! répondit sèchement son père. Il est vrai que cela peut paraître malsain que tu portes le nom de notre vraie fille, et il est naturel que tu penses que tu n'as été qu'un subsitut. C'est peut-être vrai au fond, à l'époque nous n'avons pas beaucoup réfléchi à ce que toi tu penserais en apprenant la vérité...
– Nous t'avons gardée le temps que se terminent les recherches sur ta famille, ajouta sa mère. Après plusieurs semaines, on nous a rapporté que tu n'existais tout simplement pas. Tu n'apparaissais nulle part dans les registres d'enfants disparus, ni dans ceux des orphelinats, nulle part. La seule possibilité était que tu sois une enfant abandonnée, ce qui signifiait, à ton âge, l'entrée dans un orphelinat. Nous avons alors beaucoup discuté avec ton père et décidé de t'adopter en accomplissant ainsi les procédures d'identité par nous-même. Pour simplifier, nous t'avons octroyé le prénom et la date de naissance de notre vraie fille. C'est comme ça que tu es devenue Kagami Nagame.
– Je suis désolé que nous ne puissions pas t'en dire plus sur tes origines. Après ton adoption nous avons complètement arrêté de chercher tes vrais parents...

La nuit fut longue pour Kagami qui resta longtemps dans sa chambre à regarder le plafond. Elle n'avait pas obtenu de réponse, seulement de nouvelles questions. La discussion avec ses parents s'était poursuivie pendant quelques heures, l'adolescente ne voulant pas les laisser tranquilles tant qu'ils ne lui avaient pas rapporté chaque détail concernant la nuit où ils l'avaient trouvée. Mais ni ses parents, ni la police n'avaient pu trouver qui elle était, ni d'où elle venait. Pourtant, Kyû, lui l'avait trouvée. Est-ce qu'il détenait un indice qui avait échappé aux yeux de tout le monde ?

Le lendemain, Kagami se décida à retrouver le mystérieux garçon. Même si ce n'était pas encore l'heure convenue, elle se rendit au centre commercial. Devant les portes vitrées, elle hésita, en proie à de nombreux doutes, pourtant elle ne sembait pas avoir le choix : Kyû était la personne qui semblait en savoir le plus sur elle. Si elle voulait ses réponses, c'était ici qu'elle les trouverait. Kagami franchit donc le seuil du grand magasin avant de se diriger à pas lents vers les ascenseurs. Une fois devant celui qu'elle avait utilisé la veille, elle appuya sur le bouton. Les portes s'ouvrirent directement sur la cabine éclairée.

A l'intérieur même de la cabine, négligemment appuyé contre le miroir du fond, Kyû l'observait de ses yeux gris, les bras croisés sur la poitrine. Devant l'air surpris de Kagami, il eut un sourire énigmatique.
– Je savais que tu viendrais.