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Les Arcanes de l'Aube de Domino



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Informations

» Auteur : Domino - Voir le profil
» Créé le 30/06/2009 à 16:10
» Dernière mise à jour le 30/06/2009 à 16:10

» Mots-clés :   Action   Aventure   Présence de poké-humains   Région inventée

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1-3 : Ixel
Père me réveille pour me dire que nous partons.

J'ignore où l'on va, mais on y va. Ca fait des jours que nous trainons dans les souterrains de ce continent pourri. Nous, les Pokémon électriques, formons une masse grouillante et nomade, vivant dans cet endroit qui en réalité est plutôt idéal pour nous. Ces souterrains sont en fait des ruines, d'après mes parents. Des ruines d'un temps ancien où elles étaient fréquentées avec assiduité. Moi je ne les vois que comme des galeries mais les plus âgés semblent y prêter un respect particulier. J'ai beau demander à Père et Mère, personne ne veut me dire où nous allons. Je préfère ne pas savoir en fait, c'est juste pour tranquilliser ma conscience.

Je m'appelle Ixel et je suis un enfant Elekid né d'un couple d'Elekable. Je suis petit, blond. Je porte sur la tête le casque d'entrainement à la maîtrise de l'électricité, qui ressemble à un gros casque audio, mais avec de longues excroissances métalliques, qui me permettent de concentrer mon électricité statique pour en faire de vrais éclairs. Et c'est plutôt cool. J'ai même un câble qui descend jusqu'à une mini batterie en attendant que je puisse la faire moi-même. J'ai les yeux plutôt rouges et un air quelque peu taciturne. C'est vrai que c'est un peu ma nature. Je porte un pull jaune avec des rayures noires qui s'arrêtent pour laisser passer un éclair noir à hauteur de ma poitrine. J'ai aussi un jean avec des bandes magnétiques autour des cuisses, toujours afin d'autogérer mon électricité.

Depuis quelques semaines, notre peuple était en effervescence, comme si quelque chose d'incroyable allait se préparer. Mes parents avaient refusé de me dire quoi, les autres Pokémon électriques aussi. Pourtant notre devise n'est-elle pas « Entre chacun de nous passe un courant qui ne saurait connaître l'obstacle du mensonge, de l'obscurantisme et de la tromperie » ?

Je suis jeune, c'est vrai - 14 ans - mais je sens qu'il se passe quelque chose d'anormal. Quelqu'un pourra me répondre. Je le cherche justement des yeux, mais l'étroitesse du souterrain m'empêche d'avoir une bonne vue d'ensemble.

Il est là ! Wattaru. Wattaru est un Voltali puissant, un de nos meilleurs guerriers. Il me regarde. J'ai de l'admiration pour lui parce qu'il est une vraie voix de la raison pour nous, il a sorti tout le peuple de situations terribles. On raconte qu'il contrôle la foudre droit venue du ciel. Je l'admire vraiment beaucoup. Il a des pointes partout, aux cheveux, au pagne, un plastron noir sur le devant et jaune sur les côtés. Il a des bras terribles, crochus, capables de percer l'acier le plus robuste. A coup sûr si quelque chose de mauvais se prépare, il saura protéger tout notre peuple.

« Wattaru ! »

Le Voltali posa son regard sur moi avec respect et tendresse. Ce respect typique des Pokémon Electriques les uns envers les autres, et cette tendresse d'un adulte face à une jeune pousse assurant le futur. Eh oui, c'est moi le futur de la Tribu Electrique. Comme tous les enfants.

« Jeune Ixel, qu'y a-t-il ? »
« Sais-tu où nous allons ? »
« Oui, je le sais. »

Je souris.

« Où ça donc ?! »
« Je n'ai pas le droit de te le dire. Ceux qui savent ont promis de ne pas le dire. »
« … C'est idiot !! Ici presque personne ne le sait ! Notre peuple est un peuple de partage, d'écoute, de communion ! »

Wattaru sourit.

« Retiens bien ces leçons des anciens, elles vont te devenir très utiles. »

Ah je déteste ça ! Que ceux qui savent manipulent leur savoir pour m'embrouiller je déteste ça. Wattaru semble confiant mais ça ne sert pas à me rassurer. Je préfèrerais une bonne mine inquiète ou joyeuse, mais là son incertitude me pèse franchement. Je suis un de ces jeunes qui veut savoir, qui veut comprendre ! On a beau nous prendre pour des bourrins, nous les électriques, nous savons aussi réfléchir. Il y a des gens très intelligents et très éclairés ici, des membres de notre communauté sont reconnus comme étant des gens hautement placés. On n'a jamais vraiment fait de pas vers les autres cités, les autres peuples. J'ai tendance à croire qu'on ne s'ouvre pas assez, qu'on reste trop repliés sur nous-mêmes. Et donc que quelque part, cette devise à laquelle on fait tous mine de croire… C'est juste une idée dans l'absolu, pas quelque chose auquel on adhère vraiment.

On vit dans un monde très paradoxal.

Enfin bref, je retournais près de mes parents, voyant mon guerrier préféré silencieux. Soit. Je me contenterais de cela. Mais je voulais des réponses. Un nouvel harcèlement de mes parents ne fit que les rendre tendus, et les autres Pokémon de la foule n'étaient pas plus loquaces.

Sortie. Air, rare panacée.

Mais où sommes-nous ?

Ma colonne vertébrale se glace. Ce n'est ni un pré où nous avons l'habitude de sortir, ni une des forêts où nous nous appesantissons parfois après de longues marches sous terre, ce n'est pas un havre de paix en pleine prairie dirigé par quelque Rondoudou, Melofée ou Skitty charitable.

Un carré. Nous sommes dans un carré de gazon. Un carré de gazon entouré par des soldats, des Archeomire. Toute la population sort et semble aussi intriguée que moi. La foule a du mal à sortir car chaque sortant observe avec inquiétude ce qui se passe autour de lui. Forcément ça bloque et ça crée des disputes.

Mais où sommes nous ???

Cette phrase résonne. Autour, des bâtiments gris, luisants. Face à nous, un piédestal de métal. Il me semble que nous sommes à côté d'une fortification. Les gardes Airmure nous observent. Ils ont l'air menaçants et peu rassurés par notre présence. Je regarde Wattaru qui semble anéanti par ce qui se passe.

« Wattaru ? »

Il ne me répond pas.

Je me souvins alors étrangement du genre de vie que nous menions avant : Peuple nomade, nous vivons dans ces souterrains où nous avons pour habitude de cohabiter dans une certaine indolence, nous nourrissant de ce que nous trouvons au gré de nos pérégrinations. Les souterrains sont notre territoire, nous le défendons contre les envahisseurs. Nous sommes connus pour notre férocité mais également pour notre neutralité : Le Peuple Electrique, sans nation, est filant, mais il ne fait aucune différence entre les plus forts et les moins forts. Nous sommes tous conscients de vivre dans un monde de guerres mais nous n'y prenons pas part. Si on fait appel à nous, nous ne refusons pas mais nous n'acceptons pas non plus. Nous laissons le demandeur dans une non-réponse. Neutres. Nous n'avons pas d'avis sur ce conflit, nous n'y adhérons pas au point de ne pas répondre à une demande d'alliance. C'est injuste mais c'est la vie comme nous la concevons. Et si vous nous attendez sur un champ de bataille, c'est que vous ne nous connaissez pas.

En essayant d'aller hors du carré de gazon, des Pokémon électriques sont repoussés par la force psychique des Archeomire, mais sans violence. Je suis surpris. Aucune panique, nous ne sommes pas peuple à cela. Mes parents sont aussi étonnés que moi. Ils ne savaient vraiment pas où on allait. J'ai eu peur que pendant un moment ils m'aient caché des choses.

Elle apparait enfin.

Elle est grande - Au moins trois mètres - Très impressionnante grande dame rachitique au visage d'ange noir. Sa peau est d'un noir profond. Ses cheveux, blancs et plutôt courts. Elle porte sur la tête une arche qui couvre tout son flanc sans la toucher. De longs bras couvrent les bords de son corps, achevés par des brassards énormes aux poignets. Des doigts noueux achèvent ces infinis membres étranges. Elle porte une robe caractéristique de ceux de son peuple. Et pour cause. Nous sommes face à ni plus ni moins que la Reine de toute chose Forgée ou Brillante : Zehonia, la Reine Archeodong de la Nation du Métal. Elle arrive vers nous en lévitant. La trappe qui nous avait permis d'entrer disparut quand le dernier d'entre nous se pressa hors du trou.

Un frisson nous envahit tous.

Elle semble ne pas se maîtriser, sa tête penche nonchalamment sur le côté. Ses bras sont croisés le long de son corps. Ses pieds sont serrés l'un contre l'autre. Face à nous, Zehonia se ressaisit et semble alors altière et impériale. Chose étrange, ses bras métalliques bougent pour elle.

« Peuple électrique… »

Une voix d'insecte, métallique, choquante, craquelée.

« Vous êtes désormais, par contrat avec vos chefs, nos esclaves. La Nation du Métal déclare que désormais vous êtes ses humbles serviteurs. »

Stupéfaction. Moi-même je suis soufflé ! Comment est-ce possible !! Je regarde vers Wattaru, dépité. Il semble avoir perdu tout espoir de s'en sortir. Les négociations n'ont pas dû être à notre avantage. Mais alors vendre son peuple…

Cris, agitation, début d'émeute. Le peuple si peu violent habituellement se déchaîne. Les Pikachu balancent des éclairs partout où ils peuvent, les Elektek se rebiffent, les Pharamp crient au scandale, les Dynavolt grognent… C'est tout un remue-ménage. Je prends peur : Les foules agitées ne sont pas les plus faciles à anticiper.

« SiLEEEEEEEEEEENCE !!!! »

Son cri strident et fort avait résonné au loin.

« Wattaru. Speedrell. Joltson. »

Elle vient bien d'appeler Voltali, Luxray et Elecsprint, notre Trio d'Attaquants ! Mais pourquoi ?!

Le guerrier Voltali, le Roller boy Elecsprint et le Motard Luxray arrivent sur la scène. Je priais pour qu'ils trucident cette garce.

Il n'en est rien, et les trois traitres acceptent sans sourciller une mission absolument abracadabrantesque pour aller tuer un corps expéditionnaire en partance de la Nation du Bois. A n'y rien comprendre !!

« Papa, qu'est-ce qui se passe ?! » demandais-je en désespoir de cause.
« … C'est la fin d'une époque… » me répondit-il.

Zehonia utilise nos guerriers avec attention, et leur promet notre mort à tous si jamais ils osent la trahir ou prévenir qui que ce soit d'autre.

C'est tout un peuple qui est désabusé à présent. Les milliers de Pokémon électriques ici, j'ai l'impression de ressentir leur douleur au plus profond de moi. Je suis déçu, déçu… Je pensais être l'habitant d'un peuple correct, fier, avec une droiture… Mais rien. Les leçons des anciens… Je comprends ce que Wattaru disait. Ces leçons, je vais devoir les retenir. Un jour je serais peut-être le seul à pouvoir les dispenser.

La foule se rebelle à nouveau, plus violemment cette fois, alors que nos trois héros partent à la guerre contre un petit groupe de paysans brouteurs d'écorce partis en excursion. Zehonia sourit. En deux coups de pattes métalliques, elle repousse dans le rang ceux qui osent encore croire à la liberté. C'est assez impressionnant, les Pokémon volent, impuissants. Je reconnais quelques guerriers dont je crois avoir vu plus d'une fois la bravoure s'afficher. C'est une humiliation pour mon peuple…

Ce jour entier est une humiliation.

Zehonia s'amuse avec nous. Elle nous range en colonnes, comme de bons soldats. Les enfants pleurent. Je suis séparé de mes parents. Ma pauvre mère est même séparée de papa. J'ai comme le pressentiment que c'est la dernière fois, aujourd'hui, que je les vois. Affreux pressentiment. Mais je ne pleure pas. Mon peuple a subi assez d'affronts comme ça pour que je pleure. Je préfère encore charger mon cœur de haine envers cette immonde dictatrice sans morale aucune. Pourquoi faire de nous des esclaves ? N'a-t-elle pas assez de ses pouvoirs infinis pour la servir ? Non, il lui fallait un peuple en plus ! Nous voilà ballotés au gré de ses pouvoirs psychiques, elle nous range et nous fait marcher vers une destination inconnue, en file indienne.

En passant vers le piédestal, je porte un regard haineux envers Zehonia. Une jeune fille Mysdibule approche de la Reine et lui parle.

« Soldate Lacroix au rapport ! »

Son nom doit avoir traits aux nombreuses croix qui ornent sa tunique.

« Lacroix, les guerriers Électriques vont très probablement échouer ou me trahir. Mes informateurs me rapportent que le Membre de la Garde Evelia est avec eux. Je veux que tu ailles surveiller leurs actes. S'ils échouent, avise. »
« Bien, ma reine ! »

Je plissais les yeux. Comment peut-on accepter de servir une telle ignominie ?

Nous marchons dans la ville. Enfin, ville. La Nation du Métal semble être une étendue d'Usines.

Est-ce que par hasard nous allons travailler ici ?

Je ne veux pas le savoir… Non je ne veux pas savoir de quoi seront faites les prochaines heures. Je veux que cette journée n'ait jamais eu lieu !