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Les origines du grand G [OS]
Fanfic de Torrak

Informations sur l'auteur : Torrak
Membre depuis le 28/12/2010 à 15:04
Dernière visite le 30/04/2026 à 11:52
J'avais 17 ans lorsque j'ai obtenu cet objet. Dès lors je me suis senti observé. Je me sentais épié en permanence. Et mon comportement a changé du tout au tout. Depuis toute ma vision du monde a changé. Je me suis rendu compte de choses dont personne ne soupçonnait l'existence. Je vais vous raconter mon histoire, comment je suis devenu ce que je suis et pourquoi.

C'est le premier One Shot que je publie alors dîtes moi ce que vous en pensez en laissant des commentaires sur ce qui va ou ce qui va pas. =)

Merci à Malak pour avoir validée la fanfic

Les critiques sont les bienvenues si elles sont constructives

Edit du 28/09/14 : J'ai ré-écrit une bonne partie de ce OS selon les conseils de Sanaito et de Luxya. J'espère que mon texte en ai plus que meilleur.
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Chapitre Unique - Version 2026
Je suis rentré de la brocante en fin d’après-midi, avec cette étrange balle au fond du sac. Rouge et blanche, parfaitement lisse, presque trop parfaite. Elle attirait l’œil sans qu’on sache pourquoi.
Le vendeur me l’avait donnée. Sans raison claire. Sans discuter. Il avait insisté.
Je la posai sur mon bureau et restai un moment à la regarder. Une bande noire séparait les deux couleurs, nette, précise. Au centre, un bouton. J’avais essayé de l’enfoncer sur le stand. Rien ne s’était passé.
Pourtant… j’aurais juré que l’objet n’était pas inerte.
Je secouai la tête et quittai la chambre. J’avais besoin de bouger, de penser à autre chose.

Le soir, en rentrant, quelque chose avait changé.
Ce n’était pas visible, pas tangible, mais présent. Une impression, comme si quelqu’un… ou quelque chose… m’observait.
Je parcourus la pièce du regard. Rien. Seulement ma fenêtre entrouverte, et un oiseau perché sur la branche en face.
Mes yeux revinrent sur la balle. Je restai immobile quelques secondes.
Ridicule.
Je pris un t-shirt et le jetai dessus, comme pour étouffer cette sensation. Ça ne servait à rien. Mais je dormis mieux.

Les semaines passèrent.
Les examens approchaient, et je m’y plongeai entièrement. Travailler me calmait. Me donnait une structure. Une impression de contrôle.
Entre deux révisions, pourtant, je revenais à l’objet.
Je voulais comprendre.
Je finis par l’emmener au centre de recherche de la ville. Un scientifique que je connaissais m’accorda l’accès à une salle. Il ne posa pas de questions. Il ne le faisait jamais.
Sous le microscope, le matériau me laissa sans voix.
Sa structure était… impossible.
Trop régulière. Trop parfaite. Comme si chaque atome avait été placé avec une précision absolue. Aucun alliage connu ne présentait une telle organisation.
Je tentai une radiographie.
Les rayons X traversaient l’enveloppe sans difficulté, comme si elle n’existait pas. À l’intérieur : des circuits. Complexes. Denses. Incompréhensibles.
Un objet creux… qui n’était pas creux.
Je repartis avec plus de questions qu’à l’arrivée.

La première “vision” eut lieu quelques jours plus tard.
J’étais sur la plage, assis dans le sable. Quelque chose bougea près de mon pied. Un crabe, pensais-je. Je regardai.
Ce que je vis me fit reculer d’un bond.
La créature faisait presque un demi-mètre de large. Ses pinces, énormes, se levaient dans une posture agressive. Sa carapace brillait d’un orange vif, presque brûlant.
Instinctivement, je saisis une pierre. Je frappai.
Un bruit sec, puis plus rien.
Le silence autour de moi était… étrange.
Je relevai les yeux.
Les gens me fixaient. Pas le sable. Pas l’animal. Moi.
Je baissai le regard.
Sous la pierre, il n’y avait qu’un petit crabe, ridiculement petit. Je restai figé. Mon cœur battait trop vite. Je mis ça sur le compte de la fatigue.
Au début.

Puis il y eut le chien, un animal banal, affectueux, jusqu’à ce qu’il me regarde.
Son corps se mit à grandir. Ses muscles gonflèrent. Son pelage vira à l’orange brûlé. Sa gueule s’ouvrit, dévoilant des crocs impossibles.
Je reculai.
Il aboya.
Et tout redevint normal.

Les visions se répétèrent.
Encore et encore. Toujours plus nettes, toujours plus crédibles.
Je cessai de sortir. Je cessai de voir du monde. Je n’étais pas seulement effrayé. J’étais… en colère.

Quelque chose n’allait pas dans ce monde.

À la fac, je rencontrai d’autres personnes, comme moi.
Elles voyaient aussi. Pas toutes de la même manière, mais suffisamment pour comprendre que je n’étais pas seul.
On nous évitait. On nous regardait de travers. On nous donna un nom.
La Team Bizarre.
Ça nous fit rire, au début.

Un jour, je revis Rebecca.
Elle n’avait pas changé. Ça me frappa immédiatement. Sa normalité. Sa stabilité.
Elle me posa des questions. Je répondis vaguement, jusqu’à ce qu’un chat s’approche. Petit. Inoffensif. Sauf pour moi.
Ce que je vis n’avait rien d’un chat.
Un prédateur, élancé, puissant, une lueur étrange sur le front.
Je n’eus pas le temps de réfléchir.
Je frappai.
Le corps vola.
— Pourquoi t’as fait ça ?!
Je la regardai.
Je n’avais pas de réponse acceptable.
— Tu as vu… ce que c’était ?
Elle recula légèrement.
— C’était un chat.
Non.
Non, ce n’était pas ça.

Quand elle me dit que j’avais changé, je voulus protester mais elle avait raison et ça m’énerva.
Le geste partit tout seul.
Le bruit résonna plus fort que je ne l’aurais cru. Sa main tremblait. Ses yeux aussi.
— Avant… tu n’aurais jamais fait ça.
Elle avait raison.
Encore.

Je restai seul ce soir-là. Seul avec la balle.
Tout s’aligna.
Les visions. Les changements. La colère.
Tout avait commencé après elle.
Je la pris dans la main.
Elle était tiède, comme vivante.

Je retournai au laboratoire.
Cette fois, je ne cherchais plus à comprendre l’objet, mais son effet.
Des capteurs révélèrent un rayonnement, inconnu, faible… mais constant.
Et surtout : présent aussi chez moi.
J’étais devenu un relais.

Avec le scientifique, nous construisîmes un amplificateur. Avec les autres, nous trouvâmes les moyens de diffuser. Le monde entier serait exposé. Le monde entier verrait.
Le jour où nous activâmes le dispositif… tout changea.
Les gens commencèrent à voir, à comprendre, à paniquer.
Les “animaux” n’en étaient pas.
Ils étaient autre chose. Plus puissants, plus dangereux, plus… réels.

Je sortis pour la première fois depuis longtemps.
La rue était méconnaissable.
Une femme hurlait, recroquevillée contre un mur. Devant elle, un chien — ou plutôt ce que je voyais désormais — grognait, son corps déformé par une puissance que personne ne soupçonnait. Ses crocs luisaient. Sa gueule semblait capable de broyer un bras sans effort.
Un homme tenta de s’interposer.
Il recula aussitôt, pris de panique.
— Éloignez-le ! ÉLOIGNEZ-LE !
Mais il n’y avait plus personne pour comprendre, plus personne pour nier.

Plus loin, une voiture avait percuté un lampadaire. Le conducteur, tremblant, refusait de sortir. Autour du véhicule, des formes se mouvaient. Des ombres. Des silhouettes que seuls certains semblaient voir clairement… et qui suffisaient à faire fuir tous les autres.
Le monde basculait.
Et pour la première fois, il ressemblait au mien.
— Gio… ?
Je me retournai.
Rebecca.
Elle était là, debout, immobile, les yeux grands ouverts. Pas sur moi, sur ce qui m’entourait.
— Dis-moi que… que ce n’est pas réel…
Sa voix tremblait.
Je m’approchai lentement.
— Tu les vois, maintenant.
Elle secoua la tête.
— Non… non, ce n’est pas possible… C’étaient juste des animaux…
Un cri éclata derrière elle. Elle sursauta violemment.
Ses yeux se remplirent de larmes.
— Qu’est-ce que tu as fait… ?
Je regardais autour de nous.
Le chaos. La peur. La vérité.
— J’ai ouvert les yeux du monde.
Elle me fixa. Longtemps.
Comme si elle cherchait encore quelqu’un d’autre derrière mon visage.
Sa voix était plus basse, brisée.
— Non… Tu nous as condamnés.
Je sentis quelque chose vaciller, puis un grondement retentit.
Tout près.
Rebecca tourna la tête, trop lentement.
Je la vis avant elle. La créature.
Massive. Instable. Terrifiante.
Elle n’avait rien d’un simple animal.
Sa taille avait triplé. Son pelage, strié de noir, ondulait comme une flamme vivante. Une crinière épaisse encadrait sa gueule, d’où s’échappait une chaleur presque palpable.
Je la tirai en arrière.
Elle trébucha, s’accrocha à moi.
— Gio… !
Je pouvais fuir.
La laisser ou rester.
Je lâchai sa main. Elle me regarda. Incrédule. Blessée.
— Tu vois maintenant, murmurai-je. Ils ne sont pas comme nous.
Je reculai. Pas elle.
Quand la créature bondit, je ne détournai pas les yeux.
Je restai seul au milieu de la rue, seul avec ce que j’avais créé.
Le mensonge était brisé.
Rebecca avait dit que j’étais devenu sombre. Elle n’avait pas compris.
Je n’étais pas devenu sombre. J’avais ouvert les yeux.
Les humains avaient peur. Ils devaient apprendre.
À dominer ou disparaître.
Je regardai une dernière fois la balle. Rouge. Blanche. Parfaite.
Elle n’était pas un objet. Elle était une clé.
Et j’étais celui qui l’avait tournée.
Je suis Giovanni.
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