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Garou de GalloViking



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Informations

» Auteur : GalloViking - Voir le profil
» Créé le 24/04/2014 à 00:10
» Dernière mise à jour le 24/12/2014 à 18:06

» Mots-clés :   Présence d'armes   Présence de transformations ou de change   Région inventée   Science fiction

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Flamme intérieure
Le lendemain matin, le réveil fut plutôt rude. Le maire de Zvigold frappa à ma porte et me demanda de me lever aussi vite que possible. Bien entendu, je n'avais pas besoin de dormir beaucoup, quelques heures par nuit suffisaient. Mais un réveil aussi bruyant me paniqua et je mis du temps avant de comprendre que j'étais dans la chambre, à l'étage.

« Dès que vous êtes levée j'envoie un message radio au quartier général de l'Armée Régulière. Alors ne perdez pas de temps . »

Alors il allait vraiment le faire ? Avec sa radio trafiquée et la fréquence que m'avait donné le pilote de la veille, il allait enfin me permettre de retourner, je l'espérais, près d'Isadore. Isadore... J'avais tellement de chose à lui dire, maintenant que je connaissais ces origines. J'avais réussi à me faire comprendre auprès de Pokémon, il n'y avait aucune raison pour que lui ne me comprenne pas.

Cela m'amena à penser à ce que m'avait dit la reine à propos du maire, dans la nuit. Elle avait dit, avant de partir : « Cet homme n'est pas ce qu'il prétend être, mais vous pouvez lui faire confiance. ». Mais n'avait rien dit de plus. Peut-être cet homme n'était-il tout simplement pas la maire du village. Mais si je pouvais lui faire confiance, je n'avais aucune raison de m'inquiéter. Cela dit, je faisais confiance à tous les gens que je croisais... Cela ne changeait en fait rien.

Lorsque, après m'être bien battue, j'arrivai enfin à remettre ses bottes, je descendis les escaliers d'une manière très étrange, mais qui me permit de ne pas tomber. L'homme me sourit et dit :

« Ces bottes ne sont vraiment pas faites pour des pieds aussi étrangement bâtis que les vôtres, on dirait. Vous pouvez les enlever si cela vous chante. Je pense que l'ancien propriétaire de cette tenue ne s'en offusquera pas. »

J'aurais bien aimé en savoir plus, mais il n'ajouta rien. Il me donna, comme la veille, quelques fruits pour me rassasier. Alors que je mangeai, je constatai qu'après chaque déglutition, j'avais l'estomac qui me brûlait, et c'était extrêmement désagréable. D'où cela pouvait-il bien venir ? C'était la première fois que cela m'arrivait.

« Par ailleurs, j'ai autre chose à vous annoncer. Cette nuit, j'ai espionné des conversations de l'Armée Progressiste. Ils n'ont pas attendu longtemps pour interroger l'homme avec qui vous étiez hier. »

Quelle horreur... Je n'avais aucune idée de ce qu'il avait pu subir. Mais rien que penser à ce mot, torture, suffisait à me faire imaginer les pires scénarios.

« J'ai réussi à entendre leur interrogatoire. Vous pouvez être fière de lui. Jusqu'à son dernier souffle, il a combattu pour cacher le fait que vous soyez toujours en vie. Il est mort en avalant une pilule de cyanure. »

Alors, lui aussi était mort. Un grand vide se fit en moi. Une deuxième personne quittait ce monde à cause de moi, ou en tout cas, avait donné sa vie pour moi. Je ne m'étais toujours pas remise de la mort de l'autre pilote, celui du char, et apprendre celle-ci m'anéantit encore plus. Au fond de moi, je savais que je ne pourrais jamais me remettre de la mort de quelqu'un de connu. Un jour, je savais que j'atteindrai mes limites.

« Je sais que cela vous fait de la peine, lady. Mais il y a une chose que vous devez savoir. Ce choix est le sien. Il aurait très bien pu vous dénoncer au lieu de se suicider. Qu'il parle ou non, il pensait qu'il allait se faire exécuter. »

Je savais cela. Mais cette fois, c'était différent de la mort de Brice ou du Sujet 18B. Cette fois, l'homme avait été indirectement assassiné. Et cela n'avait pas été du tout son choix. Le peu de temps que j'avais passé avec cet homme, survivant de nombreuses situations difficiles, j'avais compris quelque chose chez lui. Il n'était pas consentant à se battre, il y avait était forcé, et l'avait accepté. Lors de son long monologue, il avait voulu transmettre son expérience, son savoir sur l'histoire de cette terre, en espérant qu'une telle situation ne se reproduise plus. Et maintenant, il était mort, et la seule personne à qui il avait partagé son savoir était une créature muette...

« Encore une chose. Avant de mourir, il a dit : « Vous pouvez garder mon couteau. Il vous portera chance. ». Bien entendu, ses bourreaux n'ont pas compris, et moi non plus. Avez-vous une idée de ce qu'il a voulu dire ? »

Oui, je comprenais. Par ces paroles, il me donnait son couteau, qui avait pourtant une valeur sentimentale très grande à ses yeux. Un couteau qui liait son amitié, ou son amour, à une personne nommée Jenna, nom gravé sur le manche en bois. Je n'avais aucune idée sur la situation de cette Jenna, mais le fait que l'homme me lègue son couteau voulait dire qu'il remettait tous ses espoirs en moi.

« J'ai une autre mauvaise nouvelle à vous annoncer. J'ai essayé, pendant que vous vous leviez, d'envoyer un message, mais... D'ici, je n'arrive pas à capter la fréquence qui se trouve sur le papier que vous m'avez donné : on dirait que les arbres brouillent les messages radio, déjà de piètre qualité, venant du Sud. Il va falloir quitter le village et sortir de la forêt. »

Cela ne me faisait ni chaud ni froid. J'étais habituée à marcher je pensais que cela me ferait le plus grand bien, à condition d'enlever ces stupides bottes. Comme il l'avait dit, j'avais des pieds qui à première vue paraissaient humains... Mais en réalité, ils étaient bâtis de manière à toujours marcher sur la pointe et non la plante du pied. De cette manière, le talon ne touchait généralement jamais le sol, et cela me permettait à la fois de pouvoir très facilement amortir une chute, et de marcher sans un bruit. Porter ces bottes me forçait à poser le talon au sol, ce qui me faisait boiter et me ralentissait beaucoup.

« Alors si vous déplacer pieds nus est mieux pour vous, débarrassez-vous de ces bottes. Je vais devoir transporter la radio, qui est soit dit en passant assez lourde. Je partirai en suivant la route, alors n'hésitez pas à passer devant. Je n'y vois pas d'inconvénients si vous m'attendez à la sortie de la forêt, lady. »

Je pouvais très bien l'aider à porter sa radio. Je n'avais pas beaucoup de force, mais cet homme, très fin et grand, semblait ne pas non plus en avoir beaucoup. Comme la veille, il cherchait à éviter tout contact avec moi, quitte à faire un effort surhumain. Peut-être craignait-il quelque chose chez moi ?

« Eh bien, qu'attendez-vous pour partir devant ? J'y arriverai très bien tout seul. J'ai... Des choses à faire avant de me mettre en route. Encore une fois : ne vous inquiétez pas pour moi. »

Mes bottes furent plus rapides à enlever qu'à mettre. Me secouant les pieds pour les dégourdir, je sortis de la bâtisse en pierre, voyant que l'homme, dont j'ignorais même le nom, commençait à s'impatienter. Traversant une nouvelle fois le village abandonné, j'essayais d'imaginer pour quelle raison tous les habitants, à l'exception du maire, pouvaient bien être partis. La guerre semblait être en réalité bien loin de cette forêt, certainement l'un des derniers havres de paix. Mais me revinrent rapidement en mémoire les dires de la reine Isadoras. Les villageois avaient enlevé nombre de Pokémon, utilisés ensuite comme sujets de laboratoire. Parmi tous ceux-là, il n'y avait eu qu'un seul survivant : le fils de la reine Isadoras. Comme moi, il ne se souvenait de rien. J'avais hâte de le retrouver et de lui expliquer ce que j'avais appris. Après tout, même si je ne pouvais pas parler d'une manière compréhensible pour des humains, je pouvais me faire comprendre par des Pokémon. Isadore me comprendrait certainement lui aussi.

Une fois sortie du village, son étrange aura de nostalgie laissée avec, je marchais sur la route, me retournant de temps à autre pour voir si le maire me suivait. Cet homme aussi mystérieux, sorti de nulle part, connaissant tout de moi. Si j'avais pu parler, je lui aurais posé de nombreuses questions. Que savait-il d'autre sur moi ? Pourquoi avoir enlevé tant de Pokémon ? Qu'étaient devenu le reste des villageois ? Et enfin... Pourquoi refusait-il tout contact physique avec moi ? Voyant qu'il ne venait toujours pas, je continuai à avancer sur la route. Finalement, n'y tenant plus, je décidai de me remettre à quatre pattes et à sprinter. Le sentiment de vitesse était tellement agréable que j'en perdis rapidement la notion du temps. J'avais l'impression que, à chaque foulée, ma sacoche portée en bandoulière allait tomber, mais elle tenait bon, et je continuais à courir, toujours plus vite.

Soudain, une douleur extrême se déclencha en moi, au niveau de mon estomac. La douleur fut telle que tous mes membres se crispèrent, et, incapable de m'arrêter correctement, je trébuchai. Après avoir effectué plusieurs roulés-boulés, je m'arrêtai enfin, au milieu de la route, extrêmement endolorie. Sur le dos, j'essayai de me remettre sur le ventre, de manière à ramper pour aller m'adosser à un arbre. Mais ma brûlure d'estomac était si douloureuse que je fus, pendant quelques minutes, incapable de faire autre chose que gémir. C'était comme si un liquide brûlant se promenait dans mon estomac et le détruisait de l'intérieur. Lorsque la douleur stomacale se calma enfin, elle laissa place à la douleur due à ma chute, qui était bien plus supportable en faisant des mouvements corrects. Je n'eus aucun mal à m'adosser à un arbre pour examiner l'étendue des dégâts.

Dans un réflexe de survie, je m'étais roulée en boule pour protéger ma tête et mon ventre. Rapidement, je constatai que les parties les plus meurtries étaient ainsi mes genoux et mes avant-bras. Alors, enlevant la veste neuve et maintenant tâchée de boue et de sang, je fis de mon mieux pour panser mes blessures. Chaque mouvement de bras me faisaient serrer les dents et la douleur fut telle quand il fut question de soigner mes écorchures aux genoux que je lâchai quelques larmes. C'était bien la première fois que je me blessais et j'avais l'impression que cela ne pouvait pas être pire. Malgré tout, je ne m'étais fait que des écorchures, rapidement désinfectée. Après quelques minutes de repos, je me remis debout, mais cette fois, je fus incapable de me déplacer autrement qu'en marchant, appuyée sur un bâton ramassé sur le bas-côté.

Pendant encore peut-être une heure ou deux, je continuai à marcher, lentement, faisant le moins de mouvement brusque pour ne pas me remettre à saigner. En effet, je n'avais presque plus de bandages, ni d'alcool pour soigner mes blessures. Ma sacoche ne contenait guère plus qu'un flacon vide, le couteau du pilote, une paire de ciseaux, à peine de quoi panser une dernière blessure, une dernière compresse, et une dernière barre « tropicale » que je ne connaissais que trop bien... Les soins demandés par le pilote avaient utilisé les trois quarts de mes ressources médicales. Une autre chose me troublait. Mes douleurs d'estomac, d'où venaient-elles ? Je ne me souvenais pas avoir mangé de choses pouvant causer de telles brûlures. Des fruits, du thé, des biscuits, et des barres vitaminées. Tout cela était parfaitement comestible. Et si cela était un problème de santé résultant de ma transformation qui était resté invisible, jusqu'à aujourd'hui ?

Lorsque j'atteins enfin l'orée de la forêt, je fus forcée de me cacher les yeux de ma seule main libre. Le soleil était à son zénith, il était probablement dans les environs de midi. Alors, me mettant à l'ombre d'un arbre, je m'assis, complètement à bout de forces. Le maire me verrait très certainement ici et je décidai de manger la barre que m'avait donné le pilote la veille. Rangeant le fin papier qui lui servait d'emballage dans l'une des poches de ma veste, je la mangeai sans grande faim. Quelques dizaines de minutes plus tard, alors que j'essayais de s'endormir pour reprendre des forces, mes douleurs d'estomac reprirent, encore plus violentes que les précédentes. La douleur fut telle que, cette fois-ci, elle me fit perdre connaissance au bout de quelques minutes.



Je fus réveillée par le maire je ne saurais dire combien de temps plus tard. Visiblement très inquiet, il me secouait le bras en me parlant.

« Eh, vous allez bien ? Debout, par pitié ! »

Alors que je m'apprêtai à ouvrir les yeux, il s'éloigna subitement de moi. Les yeux ouverts, je constatais qu'il était tard ; le soleil se couchait au loin, et le ciel était orange. Je vis aussi qu'il avait installé la lourde radio directement sur le sol de la route, non loin, simplement séparée de la boue par une couverture. Visiblement soulagé, il me dit :

« Lorsque je vous ai vue dans cette position, complètement recroquevillée sur vous-même, j'ai vraiment cru que vous étiez morte. Vous ne devriez pas me faire des frayeurs pareilles ! »

Plus facile à dire qu'à faire. J'étais encore complètement endolorie, la position dans laquelle je m'étais évanouie n'étant pas la meilleure. Malgré tout, mon estomac semblait ne plus me faire souffrir pour le moment. Encore une fois, je me demandai pourquoi il me faisait souffrir autant. Me redressant, je vis que le maire s'était maintenant installé devant sa lourde radio verte, pleine de boutons et de cadrans.

« Bon, c'est parti. Alors, voyons voir ce que ça donne avec votre fréquence radio... »

Il semblait savoir ce qu'il faisait. Rapidement, après quelques manipulations, un grésillement sortit de l'appareil. Il tourna encore quelques boutons, quand, enfin, les parasites cessèrent et une voix se fit entendre.

« -Vous êtes sur une fréquence privée. Veuillez vous identifier ou quitter cette fréquence sur le champ.
-Je suis le maire du village de Zvigold. Je demande une évacuation de toute urgence.
-Attendez une minute. Je vais vous passer mon supérieur.
-Faites vite ! »

Plusieurs minutes passèrent. Mes courbatures avaient laissé place à une nausée, mais cela restait supportable. Le maire, quant à lui, restait penché sur sa radio, attendant une réponse de la part d'un homme mieux gradé que le précédent. Il se tourna vers moi pour voir comment je me sentais, et me sourit, voyant que la situation était stable. Soudain, une voix autoritaire se fit entendre. Le maire s'empressa de se retourner vers sa radio.


« -Allô ? Le maire du village de Zvigold ? Ne vous foutez pas de moi. Le village de Zvigold est désert depuis longtemps. Si vous voulez faire une farce, elle est de mauvais goût.
-Le Sujet 8F est avec moi. Et elle a besoin de soins d'urgence.
-J'ignore comment vous connaissez son existence, mais elle morte il y a quelque jour, suite à un incident technique.
-Je vous répète encore une fois qu'elle juste à côté de moi et qu'elle est en mauvaise état. »

À peine avait-il dit ça qu'une nouvelle fois, je fus frappée par de violentes douleurs d'estomac. Encore une fois, je fus obligée de me recroqueviller pour essayer, en vain, de la calmer. Alors que, la douleur ayant atteint un niveau qui m'était jusque-là inimaginable, je recommençai à me faire perdre conscience, j'entendis :

« -Elle est en train de refaire une crise ! Vous devez envoyer des secours ou elle va y passer avant demain soir !
-J'espère que vous êtes sérieux. Si vous me racontez des conneries, vous serez fusillé sur place. Où êtes-vous ? »

Alors que le maire donnait les coordonnées de notre position à l'homme, une fois de plus, je m'évanouis.